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 « La vie est une rencontre » † Cam & Ben

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Jeu 19 Oct - 17:20












Camille & Benjamin

Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. Alors, gardez les yeux ouverts !

Je souffle lentement dans l'air brumeux, et le nuage de vapeur qui s'échappe de mes lèvres se retrouve vite perdu dans le léger brouillard ambiant. D'un geste assuré, je remonte le col de mon blouson en rentrant la tête dans les épaules. Au téléphone, ma mère s'agace avec une facilité déconcertante. Je me retiens de devenir désagréable avec elle, mais il se pourrait que ma patience ait atteint ses limites. Elles n'étaient de toute façon pas très élevées avec ma génitrice.

« Non. Non, je ne viendrais pas passer Noël chez toi avec les Lorant. Il faut que tu arrêtes de m'organiser ce genre de traquenards.
- Alors tu passes encore Noël chez ton père ?!
- Non, je t'ai dit qu'ils partaient à la Réunion.
- Donc tu viens à la maison !
- Non. Je fais le réveillon avec Elli et Alexandre, et le jour même je suis de garde.
- Comment tu peux me faire une chose pareille ? »


Mon soupir est lourd, agacé. Je vais devenir mauvais comme la peste si les choses continuent de la sorte.

« De la même façon que tu m'as fait vivre l'enfer quand j'étais plus jeune. Je te laisse, je te rappelle.
- Camille ! »


Mais j'ai déjà raccroché. Mon regard a accroché une silhouette désormais familière, au bout de la digue, et une fois de plus cette sensation que je redoute m'a frappée. D'un geste, je glisse mon téléphone dans ma poche de jean et passe une main bien moins assurée dans mes cheveux un peu trop longs. Depuis mon passage dans l'armée, je les préfère plus courts, mais ce n'est pas de l'avis général alors je laisse aller.

Je me mets en marche, réduisant la distance qui nous sépare. Ça me demande du courage. Ce que je ressens est, pour moi, contre nature. C'est étrange et inquiétant, quand je suis seul à y penser, mais en sa présence, c'est juste nouveau et, comme tout ce qui est nouveau, ça me paralyse presque. Je ne sais jamais sur quel pied marcher, mais ça pourrait être bien pire. Découvrir d'autres choses, c'est sommes toutes déroutant.

Comme chaque fois, je ne peux m'empêcher de détailler ce que j'ai sous les yeux, et de me demander pourquoi. Sauf que maintenant j'ai cessé de me battre contre ce qu'il se passe entre nous. Comme l'a dit une fille qui me connaît à la perfection ... Les filles, ça ne m'a jamais réussi, c'est peut-être bien ça la raison. Se donner un peu d'ouverture d'esprit ne nous tuera pas. Comme chaque fois, je passe une main légèrement raide sur ma nuque, preuve de ma nervosité. Comment agir ? C'est un dilemme dont même un doctorat ne saurait me sortir, visiblement.

Devoir lever un peu le regard pour le regarder droit dans les yeux, c'est aussi déroutant. Je n'ai pas l'habitude d'être avec quelqu'un de plus grand que moi, et ça bascule légèrement le rapport de force. C'est assez drôle,  quand on y pense, parce que c'est quand même moi le plus sanguin de nous deux. Et je peux malgré tout me le permettre.

Mes yeux sont toujours d'une sincérité confondante. Bleus clairs, si facilement froids, ils reflètent à cet instant les tensions qui m'animent. Agacement, colère face à ma mère qui, une fois de plus, a atteint les frontières de ma tolérance à son égard. Incertitude face à lui. Instabilité installée par celui que je suis et qui me perturbe un peu plus chaque jour. Je suis un livre ouvert, et je m'oblige à le rester avec lui. C'est ma façon de lui être honnête. Enfin, mes lèvres ébauchent un sourire qui en dit long.

« Salut. »

Mon murmure rauque flotte doucement dans l'air matinal, juste entre lui et moi.
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Embrasé, désarmé, je me suis constitué prisonnier.
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Benjamin Giron

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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Jeu 19 Oct - 22:27



“Ne laissez pas les gens négatifs voler votre joie. Lorsque vous perdez votre joie, vous perdez votre force.”



 « La vie est une rencontre ». Benjamin & Camille

Etretat n'était certainement pas le lieu idéal pour un automne doux et sec. C'était même plutôt l'opposé. Ben' avait toujours du mal à se faire à ce temps toujours humide, à cette brume régulière et à cette fraîcheur de bord de mer. Souvent son sud natal lui manquait, la clémence du temps, la douceur des températures et toute la bonne humeur qui va avec. Benjamin ne comptait pas pour autant changer de région, la Normandie était un endroit calme, plaisant et il avait un travail qui lui plaisait. En plus de ça il s'était fait des amis, avait ses habitudes et depuis assez récemment, il avait même quelqu'un. Tout n'était pas facile et même s'il savait qu'un grand pas avait été effectué, il restait beaucoup de chemin à parcourir. Mais il était prêt à faire ce qu'on avait fait pour lui, apprendre à aimer pleinement, sans aucune gêne ou aucune crainte. La situation était donc assez compliquée, sans pour autant faire peur au sudiste.

Ben' arriva sur la digue le premier, il n'était pas toujours le plus ponctuel, mais il faisait des efforts et cela payait, il n'était presque plus jamais en retard. Le jeune homme s'arrêta face à la mer et observa le mouvement des vagues. Les mains dans les poches de son jean, le manteau fermé jusqu'en haut et une écharpe entourant presque la moitié de son visage, son regard chocolat était perdu dans l'immensité bleu, enfin ici plutôt grise. Il ne savait toujours pas comment il en était arrivé là, si c'était son côté j'en-foutiste ou son humour à la con qui avait fait pencher la balance, mais il se retrouvait dans une relation qui lui demandait de l'énergie et même si peu de choses pouvaient l'inquiéter, il craignait quand même des fois de faire peur. Néanmoins, il préférait être naturel et peut être des fois un peu chiant plutôt que de jouer un rôle et ne pas se sentir bien. Depuis des années il vivait parfaitement bien, il était en harmonie avec qui il était et ce qu'il faisait, cela n'allait pas changer.

Sortant son téléphone de la poche de son manteau, Ben se retourna pour faire face au peu de personne se promenant sur la digue. Comme depuis quelques jours le temps n'était pas des plus beaux et les marcheurs se faisaient plutôt rare. Il regarda l'heure et en profita pour envoyer un message à ses parents histoire de leur donner signe de vie. Quand il releva la tête, il aperçut Cam qui avançait dans sa direction. Il quitta les différentes applis en route sur son téléphone avant de le remettre dans sa poche et de poser son regard sur l'arrivant. En le voyant s'approcher, Ben pouvait deviner la tension qui habitait le corps de Camille et cela se confirma lorsqu'il arriva à son niveau. Cam n'était certainement pas le plus relax des deux et souvent cela amusait beaucoup Ben, lui qui prenait toujours tout comme ça venait sans se prendre la tête, il avait l'exact opposé devant lui. Les yeux noisettes de Ben se perdirent un instant dans le bleu glacial du regard de Cam et c'est sa voix qui le sortit de sa contemplation. Sans plus de cérémonie, le jeune sudiste embrassa Cam sur le coin des lèvres, son petit sourire en coin présent.

"Salut"

Ben planta de nouveau son regard dans celui de Cam et le scruta un instant. Il aimait cette sincérité qu'il y avait entre eux, le fait de pouvoir lire en Camille comme dans un livre ouvert. Tout cela lui évitait au moins de faire une trop grosse gaffe ou de pousser le jeune homme trop loin.

"Si c'est juste notre rendez-vous qui te met dans un état pareil, faut vraiment qu'on s'inquiète Cam'... Promis je vais essayer d'être sage."

Les derniers mots étaient prononcés avec le sourire. Benjamin n'appréhendait jamais un rendez-vous avec Cam, mais il avait bien compris que ce n'était pas le cas du nordiste et que du coup il devait réfreiner quelques envies parfois un peu saugrenues qui pouvaient lui venir en tête.
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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Ven 20 Oct - 7:47












Camille & Benjamin

Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. Alors, gardez les yeux ouverts !

Les confrontations avec ma mère, en plus de ne pas être rares, étaient généralement éprouvantes pour mes nerfs. J'étais revenu complètement détraqué de mon engagement dans l'armée, cassé, comme un jouet brisé,
et c'est ce qui avait rendu les choses bien pires. Il ne lui avait jamais fallu plus de quelques minutes avec moi pour me faire sortir de mes gonds, mais désormais c'était pire, surtout quand, comme aujourd'hui, je n'arrivais pas à fermer ma gueule. En même temps parfois elle le cherchait bien.

De fait, en arrivant pour mon rendez-vous avec Ben, je n'étais plus qu'une boule de tension. Déjà qu'à l'accoutumée ce n'était pas vraiment la détente, avec ma mère passée par là, c'était le bagne. J'avais failli faire demi-tour et annuler, ce qui n'aurait pas été une première, mais par contre c'était contre productif pour construire une relation saine sur de bonnes bases solides. J'en étais donc là, nerveux, au fond furieux, mais face à lui, la voix rauque. N'importe qui verrait, à notre façon de nous faire face et de nous observer avec cette intensité, que quelque chose flottait dans l'air entre nous.

D'autant plus que Benjamin n'était pas du genre à se formaliser de la présence de passants, et lorsque ses lèvres effleurèrent les miennes, un sourire les étira timidement. C'était nouveau et pourtant je commençais enfin à m'y faire. C'était assez difficile pour moi de lâcher prise, mais la patience du sudiste m'aidait clairement à arrêter de penser.

Sous l'intensité de son regard, je baissai un peu le nez. Le regarder par dessous mes cils devenait une habitude qui me permettait de garder un peu d'aplomb. Ne pas tourner la tête était un combat. Mais j'étais taillé pour ça, maintenant, que je le veuille ou non. Sa répartie me fit rire doucement, et je tendis lentement la main afin que mes doigts glissent lentement contre les siens.

« Si c'était le cas, tu ne penses pas que j'aurais annulé ? » Je lui souris doucement, timidement. « Surtout, ne t'empêche pas d'être fou, ça fait ton charme. » Je passai une main dans mes cheveux, signe de nervosité, mais aussi d'agacement par ces mèches rebelles. « C'est ma mère. Elle va me rendre fou, un jour. »

Je fronçai le nez, particulièrement agacé. C'était difficile d'en parler avec Ben, pour le moment je gardais précieusement certaines blessures. Ma famille éclatée et mon frère parti trop tôt, c'était quelque chose que je ne voulais pas lui confier trop vite. Je n'avais pas peur qu'il s'en serve contre moi, non. Juste qu'il ne sache pas quoi en faire. En fait j'étais fracturé depuis bien plus longtemps qu'on pourrait le croire.

« J'ai potentiellement oublié ce qu'on avait prévu aujourd'hui ... »

Un éclair d'amusement traversa mes prunelles  et je redressai un peu le menton, soutenant de nouveau son regard pleinement. Ces yeux là pourraient me faire faire des folies un jour ou l'autre. En soi, qu'on soit ensemble, pour moi, s'en était déjà une sacrée.

« Ta semaine s'est bien passée ? »    

La mienne, comme toujours, avait été longue, éprouvante, et fatigante. Se voir peu comme ça, ce n'était pas idéal, mais bon, on démarrait comme on pouvait. Nous avions tous les deux des métiers de passion, prenants, et nos emplois du temps n'étaient pas nécessairement toujours en accord, mais au moins nous comprenions réciproquement nos occupations et la fatigue qu'elles pouvaient engendrer.
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Benjamin Giron

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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Lun 23 Oct - 18:27



“Ne laissez pas les gens négatifs voler votre joie. Lorsque vous perdez votre joie, vous perdez votre force.”



 « La vie est une rencontre ». Benjamin & Camille

Voir Camille n'était jamais une source de stress, loin de là même, Ben était toujours heureux de pouvoir passer du temps avec le jeune homme, même s'il avait compris depuis un moment déjà qu'il avait intérêt à prendre son temps s'il voulait que tout cela aboutisse à quelque chose. Pour Cam', ça semblait tout à fait différent, leurs premiers rendez-vous l'avaient mis dans tous ses états et il était même arrivé qu'un moment prévu ensemble n'ait pas lieu. Ben ne l'avait jamais mal pris, il comprenait que tout ça puisse être perturbant, un peu terrifiant aussi et avec le temps, il avait compris que Camille n'avait pas eu une vie toute rose et que sur énormément de points ils différaient. Mais c'était cette différence qui l'attirait, il aimait beaucoup cette fragilité qu'il cachait sous ses grands airs, il y avait aussi toute cette passion pour ce qu'il faisait, Ben l'admirait beaucoup pour le choix de sa vocation, jamais il n'aurait pu continuer aussi longtemps des études. Et puis niveau différence, on ne pouvait pas faire mieux, entre le nordiste et le sudiste, le regard de glace et le regard de braise, le réservé et l'extraverti de compet', le novice et l'expérimenté, bref tout un monde les séparait et pourtant ils s'étaient plus ou moins trouvés.

Benjamin salua comme il se devait le jeune homme et il ne put retenir une plaisanterie. Il se permettait de plaisanter parce que la phase critique de l'annulation de rendez-vous avait l'air d'être passée et qu'il espérait bien que ce n'était pas le fait de le voir qui le rendait aussi maussade. Le regard que lui lança Camille le fit sourire, Ben était du genre à fixer les gens sans aucune gêne, c'était d'ailleurs ce qu'il faisait tout le temps avec Cam, mais ce dernier avait du mal à toujours soutenir son regard et il avait pris pour habitude de baisser légèrement la tête pour le regarder par en dessous. Cette timidité était toute mignonne et en plus de ça, ça lui ajoutait un charme fou. Sa réponse le fit rire, oui il aurait surement annulé, mais ils étaient quand même passé au dessus des annulation alors ça aurait été encore envisageable. En tout cas le sudiste n'avait aucun doute quant au fait que sa folie lui donnait du charme, ou si ce n'était du charme, au moins quelque chose en plus. L'explication qu'il lui donna était largement suffisante pour Ben, il avait compris que Cam' n'avait pas forcément de bons rapports avec sa famille, ce n'était pas vraiment comme lui. Benji' serra la main de Cam tout en haussant les épaules.

"Je suis sûr que l'inverse est vrai aussi, si tu savais à quel point je rends fou ma mère... Je me demande comment elle fait pour survivre."

Son sourire s'élargit et il détourna un instant la tête pour observer un vieux couples main dans la main les regarder comme s'ils étaient des aliens ou que quelque chose allait leur sortir du crâne. Ben leur fit son plus beau sourire avant de remettre toute son attention sur son beau nordiste. Il secoua la tête en riant.

"Sérieux, comment tu fais pour te souvenir de tes cours de médecine si t'arrive même pas à te rappeler ce qu'on a prévu alors qu'on en a parlé pas plus tard que hier soir..." Ben l'embrassa rapidement "Ils ont annoncé un temps dégueu et je pense que je passe assez ma vie dehors et toi pas assez alors  on s'était dit qu'une marche sur la digue et un restau serait un bon compromis. On pourra même finir chez moi si tu veux."

Ben sourit de plus belle et entraina Cam sur les bords de digue. Le temps n'était peut être pas au beau fixe et les températures celles de l'été, mais il fallait quand même que le pauvre interne voit un peu de paysage. La conversation s'enchaina alors qu'ils vagabondaient.

"Comme d'hab, la saison est finie, il fait moche et froid et c'est la chasse... Autant te dire que je fais pas ce que je préfère... Enfin ça m'a pas empêché de tomber sur quelques pervers et un ou deux gamins défoncés sur les falaises... Je suis certain que ta semaine n'était pas si mal ?"

Benjamin n'avait aucune idée de ce que pouvait faire Cam, il savait qu'il bossait à l'hopital mais que c'était pas pour autant qu'il avait fini ses études, il savait aussi que c'était long et fastidieux mais c'était tout. La médecine ne l'avait jamais attiré, trop de malades et trop d'études. Tout en marchant Ben n'avait pas laché la main de Camille et il dessinait des cercles avec son pouces sur sa peau. Il n'était pas timide, réservé ou autre et Cam lui plaisait vraiment alors il avait souvent des petits gestes pour montrer son affection. Il évitait les gestes trop marqués pour l'instant, se retenant à grand peine.
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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Lun 23 Oct - 22:35












Camille & Benjamin

Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. Alors, gardez les yeux ouverts !

Malgré tout le stress que pouvait m'occasionner un rendez vous avec Ben, le plus difficile était toujours de s'y rendre. Après, les choses se passaient plutôt très bien. Ce n'était pas simple, au contraire même puisque pour moi c'était nouveau et très inquiétant par définition, mais comme d'habitude mon instinct de survie prenait le dessus lorsque je me retrouvais dans une position qui m'était étrangère. Et puis, il me faisait rapidement oublier ce qui pouvait se passer dans ma vie, comme une prise de tête avec ma mère par exemple. C'était bien agréable quand même. Il ne lui fallait pas deux heures pour me faire rire doucement.

« À part décider à peu près tout sur un coup de tête, je suis facile à vivre, crois moi. »

Ou pas. J'étais quand même parti dans l'armée comme ça. Il y en avait quelques uns qui m'auraient volontiers étripé pour ce genre d'idées. Finalement, j'avouai au sudiste que j'avais oublié le programme de notre sortie dans la bataille de mon dernier poste de travail, amusant visiblement beaucoup Benjamin. Un sourire un brin effronté étira mes lèvres en écoutant sa réponse avant qu'il ne m'embrasse. Je me laissai plus que volontiers faire, mes doigts glissés entre les siens. À l'écoute - ou réécoute - du programme, un sourire glissa sur mes lèvres.

« Excellente question ! Si j'ai la réponse je te la donne. »
Il fallait avouer, je ne savais pas moi même comment je m'en sortais avec tout ça. C'était plutôt dense ce que j'etudiais, mais c'était aussi le premier plan de ma vie. « Tu sais que je vois quand même le ciel tous les jours et tout ? » Je lui tirais la langue. « Mais le programme me paraît plutôt sympa. »

Je pris la route avec lui, laissant ma main dans la sienne.
C'était une habitude très récente. En fait, il fallait avouer que jusque récemment, je me défendait facilement au moindre contact physique, et aller contre cette attitude relevait de la lutte intérieure. Mais ça commençait très doucement à payer. Je savais clairement que Ben attendais juste que j'accepte de lui en donner plus, et même si j'en avais très envie, ça me fichait une trouille monstrueuse. Mais bon, un pas après l'autre nous avancions, à coups de petites victoires sur moi.

Échanger des banalités était aussi quelque chose qui m'aidait. Moins je me prenais la tête pour démarrer et mieux je me portais. Et puis, entendre le brun parler de son travail était souvent divertissant, et aujourd'hui ne faisait guère exception. Un sourire amusé se ficha sur mes lèvres lorsqu'il détailla un peu sa journée et je haussais finalement les épaules avec nonchalance.

« Ça semble fin drôle dis moi ! » Je passai ma main libre le long de mon menton, réfléchissant rapidement à ce que je pouvais ou non de ma semaine. « Eh bien, il n'y a pas eu de décès donc c'était une bonne semaine, même si je suis tout bonnement épuisé. »

La période commençait à se faire difficile, et physiquement je le sentais, mais pour le reste je ne voulais pas sembler me plaindre, ce que je faisais me plaisait tellement que je pouvais faire un tas de sacrifices pour y arriver. Finalement, je m'arrêtai, gardant la main de Ben dans la mienne, mes doigts jouant contre les siens.
Un sourire un peu serein passa sur mon visage et je lançais ce que j'avais en tête depuis un certain temps.

« J'ai une question qui me trotte dans la tête depuis un moment, mais t'es pas obligé d'y répondre. C'est juste ... Pourquoi moi ? »
Je secouais finalement la tête, lentement. « En fait je ne sais même pas s'il y a une réponse à cette question. »

Je lui souris. Autant j'étais capable de prendre la mouche facilement, autant là j'étais juste foncièrement curieux.
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Benjamin Giron

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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Mar 7 Nov - 22:32



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 « La vie est une rencontre ». Benjamin & Camille


La famille s'était toujours un peu compliqué, Ben en savait quelque chose, le fait qu'il ait assumé sa bisexualité au lycée n'avait pas facilité les choses. Sa famille d'adoption avait toujours était pleine d'amour, de joie et même s'il y avait eu des hauts et des bas, tout s'était toujours arrangé. Après son annonce ça n'avait plus était le cas. Ses parents avaient d'abord eu du mal à comprendre et puis à accepter, ensuite ils s'étaient rangés du côté de leur fils, voyant ce qu'il pouvait endurer au lycée. En revanche le frère de Ben n'avait pas était aussi tendre et un énorme fossé les avait séparés. Alors tout était devenu moins facile dans la famille. Sans compter que Ben ne se cachait pas et des fois s'était aussi à ses parents de devoir prendre sur eux. Alors oui, le sudiste savait qu'il en avait fait voir de toutes les couleurs à sa mère, et que des fois encore il la rendait folle. Mais ils restaient une famille malgré tout et c'était le plus important. Cela ne l'empêchait pas pour autant de comprendre le point de vue de Cam. Même s'il avait eu écho de quelques changements brusques dans sa vie, quelques choix rapides et que ce n'était pas vraiment en sa faveur. Mais pour le moment le jeune homme n'avait pas à se plaindre du comportement de son compagnon, comme il le disait, il était assez facile à vivre. Pour l'instant, car après tout ils ne se connaissaient pas tant que ça.

Le programme n'étant plus dans les mémoires de tous, Ben se fit un malin plaisir de taquiner la mémoire quelque peu défaillante du nordiste et sa réponse le fit rire. C'était quand même fou qu'il puisse apprendre autant de chose et ne pas se souvenir de leur rendez-vous. Ou alors c'était justement parce qu'il avait bien trop de chose en tête que du coup il n'avait même plus une petite place pour se rappeler de ce qu'ils avaient prévu. Sa remarque sur le fait qu'il ne voyait pas assez le soleil fit mouche et Ben leva les yeux au ciel. De toute façon, ici la plupart du temps c'était un ciel gris, plein de nuage qu'il était possible de voir, Cam' manquait plus de soleil que de voir le ciel, mais c'était tout de même un bon début.

Ils se mirent en marche le long de la digue, main dans la main à discuter de leur semaine, de petites banalités, de choses qu'ils avaient vécu, vu. En général Ben croisait des choses assez surprenantes, et c'était d'ailleurs souvent dans des endroits surprenants. Il trouvait toujours amusant de raconter ses histoires à Cam, il y avait toujours de quoi rire et puis c'était l'occasion de partager quelque chose. Le plus souvent le nordiste restait plus évasif et c'était normal, Ben n'aurait pas été super content d'apprendre que le médecin croisait à l'hôpital racontait à tout va ses problèmes persos... Même s'il en avait déjà entendu des vertes et des pas mures par quelques amis urgentistes. Toujours était-il que cela ne surprit pas le sudiste sur le manque d'information sur la semaine de Cam et encore moins par le fait qu'il soit fatigué. La saison était certainement une des pires, il ne faisait pas beau, il y avait souvent du vent, la nuit tombé bien plus vite et le froid s'installer. Il y avait largement de quoi déprimer. Et ne pas trouver l'énergie qu'on peut avoir par de belles et longues journées ensoleillées.

Camille stoppa leur petite balade et le jeune homme se tourna vers Ben. Ce dernier posa son regard chocolat sur son compagnon, curieux. Et la question qu'il lui posa le fit sourire, de ce petite sourire en coin, amusé et attendri. Il était vraiment sérieux ?! Non parce qu'alors c'était surtout à Ben à poser cette question, il était quand même celui qui avait tout changé dans la vie de Cam et jamais ils ne s'étaient donnés d'explication. En fait Ben n'avait pas besoin d'avoir d'explication, les choses se passaient comme elles se passaient et c'était tout. Enfin, comme il voyait quand même que le pauvre Cam était sérieux et qu'en plus toute cette histoire pourrait les faire avancer, Ben réfléchit un instant à sa réponse.

"Tu sais que tu te poses de drôles de question quand même... Camille... T'es quelqu'un de terriblement beau, tu caches un petit coeur sensible sous tes airs d'homme fort, t'es très drôle, même si souvent tu me fais rire à tes dépends, t'es quelqu'un de bien, loyale, aimant et puis t'es terriblement beau... Ouais je sais je l'ai déjà dit, mais c'est vrai alors..."

Ben haussa les épaules en souriant. Il n'avait pas de réelle raison qui faisait que c'était Cam plutôt qu'une ou un autre. Surtout qu'en réalité, il n'avait rien de ses précédentes relations. Camille était beaucoup plus... virile que les mecs avec qui il était sorti par le passé. Mais ça ne s'expliquait pas vraiment ses choses là. Le jeune homme se pencha sur le brun pour l'embrasser et lui murmurer ensuite.

"Je peux pas te dire pourquoi toi exactement, mais c'est toi et c'est tout ce qui compte."

Même si Ben était souvent très léger dans ses discussions, ne prenant pas grand chose au sérieux et surtout pas lui. Il était capable d'un minimum et là il n'avait même pas d'effort à faire. Cam comptait pour lui et il n'avait aucune gêne à le lui dire ou le lui montrer. Il embrassa la joue du jeune homme avant de redresser la tête et de planter son regard dans l'azur de celui de Camille.

"Si j'avais pas autant faim, je te jure que je t’emmènerai chez moi pour t'apprendre deux trois trucs Cam !"

D'accord, le sérieux ne durait jamais bien longtemps, même s'il y avait une part de vérité dans ce qu'il disait. Il était attiré par Cam, aussi bien par la personne qu'il était que par son physique. Mais il lui laissait tout le temps dont il avait besoin, ils n'étaient pas des bêtes quand même.
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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Mer 8 Nov - 21:05












Camille & Benjamin

Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. Alors, gardez les yeux ouverts !

Mine de rien la balade avec Benjamin c'était agréable. D'accord, j'avais à la base oublié notre programme de l'après-midi alors qu'on en avait parlé pas plus tard qu'hier soir, mais ça avait au moins eu le mérite de l'amuser. Heureusement qu'il était patient de bien plus d'une manière, sinon ça ne serait pas aussi facile, mais à ma hauteur je trouvais chaque fois des moyens mignons de me faire pardonner. Puis, je faisais des efforts quand même.

Toujours est il qu'il manquait juste un peu de soleil pour rendre le programme tout à fait parfait, mais que c'était déjà bien suffisant pour en profiter pleinement. Seulement, après un échange devenu habituel à propos de nos quotidiens, comme souvent lorsque je n'étais pas pleinement occupé, mon esprit partit à la dérive et je finis par arrêter de marcher pour poser une question ... Existentiellement bête. Concrètement je pourrais vivre sans avoir la réponse, mais j'étais aussi curieux et très intéressé par la réponse.

Comme je m'y attendais, cette question amusa Ben. Il fallait dire que ça devenait une habitude aà force, je me questionnais pour ainsi dire en continu pour tout. Je savais que je pensais trop, mais il était impossible pour moi de mettre mon cerveau en mode pause, et la plupart du temps je me heurtais au côté pas sérieux de mon sudiste. Mais parfois, comme maintenant, il prenait quelques secondes avant de répondre, preuve qu'il devenait sérieux, et je tendis l'oreille.

Bien évidemment le début de son explication me fit rire doucement. Oui, c'était pas nouveau, que je sois beau, et ça faisait souvent de moi un homme convoité, et puis je n'y pouvais pas grand chose au final. Mais instinctivement ma main libre se positionna sur les cicatrices qui couturaient mon flanc. C'était bien évidemment superficiel, mais je doutais que Ben s'y attende et je ne savais pas trop comment je pourrais le lui expliquer. Simplement et factuellement, sûrement, mais bon. En tous cas j'appreciais sa franchise et ne pus m'empêcher de lui sourire à la fin de son explication. Je répondis volontiers à son baiser, avant d'afficher un sourire taquin.

« Rassure toi, tant que j'ai des questions improbables à poser c'est que je suis vivant. Puis, je suis un scientifique, j'aime beaucoup les explications logiques. Cela dit, j'aime beaucoup aussi ce qu'on essaye de faire fonctionner, que ça ait une explication ou non. Et je retiendrai que tu me trouves beau, ça m'obligera à quelques efforts pour éviter de me faire jeter. »


Évidemment, ce que Ben ajouta, à propos de la faim de loup qui semblait le tirailler et du programme qu'il aimerait appliquer pour le reste de son après midi, me fit rire et je le regardais à nouveau par en dessous. Je n'étais pas sûr d'être capable de le suivre sur le terrain sur lequel il comptait m'enseigner des nouveautés, du moins pas forcément tout de suite, mais pour autant J' étais curieux et, il fallait l'avouer, avide de temps à passer avec lui, même si je n'avais pas encore forcément son aisance pour lui faire savoir qu'il comptait pour moi. La preuve, j'avais le droit à une petite déclaration mignonne, et en retour il n'avait pas grand-chose, le pauvre. Ça se débloquant petit à petit mais c'était difficile de savoir si c'était ou non suffisant.

« Si tu as si faim, on peut aller manger tout de suite et finir l'après midi chez toi ... Ou chez moi, comme tu préfères. Quoi que tu décides, je n'ai rien de prévu avant demain huit heures. »

j'étais donc tout à lui. Il me connaissait déjà assez pour savoir qu'il n'obtiendrait pas tout pour le moment, mais progressivement il obtenait un peu plus. Il fallait dire les choses. Maintenant que j'assumais que c'était lui qui m'attirait ... Je le désirais, vraiment. Mais il y avait cette part d'inconnu qui l'empêchait de me jeter à l'eau. Prendre un peu de temps ça me convenait très bien. Mais il y avait aussi des avancées, comme le fait que je lui propose de venir chez moi, ce qui était une première. Il fallait dire que mon appartement était mon sanctuaire, la zone protectrice dans laquelle je pouvais me réfugier, et j'aimais peu que les gens y entrent, à quelques exceptions prêt. Inviter Ben, c'était le faire entrer un peu plus dans ma vie, mais je refusais d'en faire toute une cérémonie débile.
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Benjamin Giron

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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Jeu 9 Nov - 21:50



“Ne laissez pas les gens négatifs voler votre joie. Lorsque vous perdez votre joie, vous perdez votre force.”



 « La vie est une rencontre ». Benjamin & Camille


Les questions de Camille ne surprenait plus vraiment le sudiste, ni certaines de ses réflexions, il s'en amusait même plus qu'autre chose. Le plus souvent Ben répondait sur le ton de l'humour, comme il avait l'habitude de le faire, mais il y avait toujours une petite part de sérieux cachée derrière ses pitreries. Et puis il lui arrivait d'être sérieux, c'était principalement le cas lorsqu'il sentait que la personne en face de lui avait besoin de la vérité et avec une certaine retenue. Et là il sentait bien que même si Cam' ne lui demandait pas vraiment de répondre, il en avait besoin. Et il le comprenait, pas mal de choses étaient assez nouvelles pour le jeune homme et un tas de questions devaient se bousculer dans sa tête. Enfin Ben le voyait ainsi, car lui ne s'était jamais posé autant de questions, il avait toujours foncé, fait ce qu'il avait envie de faire sans se prendre la tête. Seulement Camille n'était pas de ce genre.

Ce fut donc avec sérieux qu'il répondit aux interrogations de Cam, mais bon, il ne pouvait pas que rester sérieux trop longtemps et il insista sur le physique avantageux de son homme. Il n'y avait pas à dire, il avait ce qu'il fallait ou il fallait, enfin pour ce qu'il en avait vu. Le sudiste posa son regard sur le jeune homme et sa réponse le fit clairement rire. Pour être vivant, il était même sacrément en forme pour poser pareille question ! Et l'esprit logique de Cam amusait presque autant Ben que ses questions, mais cela était plus que normal, le nordiste était un homme qui réfléchissait beaucoup, surement trop, donc il était normal qu'il soit logique. Mais Ben était surtout content qu'il tente le coup et qu'ils se laissent une chance, parce qu'il fallait quand même dire qu'au tout début c'était très loin d'être gagné. Mais à présent ils avaient plus ou moins commencé à construire un petite quelque chose. Et apparemment Cam comptait s'investir dans ce quelque chose puisqu'il continua sur le fait qu'il allait devoir faire des efforts s'il ne volait pas se faire jeter. Ben en rit, il n'était pas de ceux qui ne fonctionnaient qu'avec le physique, même s'il appréciait avoir une belle plastique devant lui et que c'était d'abord le physique de Cam qui l'avait attiré. A présent qu'il connaissait plus le jeune homme, il pouvait dire que le physique ne faisait pas tout et qu'il avait bien des facettes qui lui plaisaient.

D'ailleurs là tout de suite, avec toute cette conversation, il avait bien deux trois idées pour faire oublier tous ces questionnements à Camille. Et même s'ils n'en étaient pas vraiment là, il en fit part à son compagnon et il le laissa le prendre comme il le voulait. Ce n'était pas la première petite pique qu'il lançait à Cam et Ben espérait bien qu'un jour il arrête d'être gêné, il acceptait parfaitement le fait qu'ils n'en soient pas au même point, mais n'empêche que cela ne les empêchait pas d'en parler, sauf que le sudiste sentait que pour l'instant c'était pas tout à fait ça. En général il ne répondait pas ou alors esquivait plus ou moins. C'était même ce qu'il faisait à ce moment précis en proposant d'aller manger, sauf que pour une fois, il répondit quelque chose qui surpris et en même temps flatta Ben. Pour l'instant il n'était encore jamais entré chez Cam, il s'était déjà retrouvé devant la porte mais ça n'avait jamais été plus loin. Ben quant à lui était capable d'ouvrir sa porte à n'importe qui et le fait d'inviter quelqu'un à entrer n'avait rien d'exceptionnel. Enfin c'était toujours différent quand il s'agissait de quelqu'un qu'il appréciait, qu'il appréciait vraiment beaucoup.

"Je t'assure que tu vas regretter cette invitation mon chat..."

Ben planta son regard dans celui de Cam et lui sourit de manière la plus innocente possible. Le pauvre Cam savait pourtant que la tornade Benjamin ne se gênait pas vraiment, chez lui ou non, et qu'il était tout à fait capable de mettre une bazar monstre à lui tout seul. Mais Ben avait bien noté que le jeune homme était prêt à le faire entrer dans sa vie pour de vraie, parce que pour l'instant il avait tendance à garder encore pas mal de choses pour lui et l'intérieur de son appartement était l'une de ces choses.

"Allons manger avant que trop d'idées me viennent en tête."

Avec le sourire, Ben reprit sa marche, la main de Cam dans la sienne. Ils déambulèrent encore un peu avant de se retrouver devant un petit resto sympa de la ville. Sans vraiment demander l'avis de Cam puisqu'ils y étaient déjà allés avant, Ben entra et s'installa dans le coin qu'on leur indiqua. Comme à chaque fois, le repas traîna un peu, ils avaient des tas de choses à se raconter, sur eux, leur vie, leur passion et tout sujet qui pouvait leur venir à l'esprit.

Benjamin sortit du restaurant le ventre plein, le sourire aux lèvres et le coeur léger. Ces moments passés avec Camille étaient toujours agréables et en plus de ça il savait qu'il avait encore le reste de l'après midi avec son homme. Tout était parfait. Avant de se remettre en route, le jeune homme se tourna vers Cam avec son sourire en coin, celui qui indiquait clairement qu'il avait une petite idée en tête.

"Alors... chez toi ou chez moi ? Je te préviens, je peux pas te promettre que je vais réussir à respecter ton rangement militaire."

Son sourire s'élargit. Il savait Cam organisé, enfin toujours plus que lui en tout cas et pour le moment il ne comptait pas se mettre au rangement militaire.
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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   Mer 15 Nov - 12:37












Camille & Benjamin

Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. Alors, gardez les yeux ouverts !

Notre relation commençait à marcher, et c'était plaisant. Il y avait quelque chose de très instinctif dans nos échanges, notre façon de prendre les choses avec amusement le prouvait. Le début avait été assez difficile pour moi, Ben me déstabilisait vraiment avec une facilité déconcertante, avec sa façon de tout prendre à la légère ... En apparence. En apprenant à mieux le connaître, j'avais fini par comprendre comment il fonctionnait, et de fait, j'avais fini par m'adapter. Mais il était tellement de tout ce que j'avais connu avant ... C'était une bonne partie de ce qui me faisait me dire pourquoi pas, parce que peut-être bien que je ne m'y blesserais pas en route. Et ce qui me retenait, c'était à la fois la peur de l'inconnue et une vieille blessure qui ne semblait pas vouloir cicatriser. Mais avec lui, tout allait pour le mieux, et je me tranquillisais progressivement.

Il y avait aussi des progrès. Déjà, je commençais à poser mes questions bêtes quand elles venaient, sans trop m'inquiéter des réactions du sudiste. Au final, il riait souvent, généralement à mes dépens, mais au moins j'avais des réponses lorsqu'il en avait. Il fallait prendre ça au second degré la plupart du temps, mais ça rendait les conversations faciles et agréables. Et puis, je lui accordais aussi de plus en plus. Il y avait des petites victoires. Sortir à deux, s'embrasser devant les passants, se tenir la main en marchant, c'était autant de petites choses que je n'aurais jamais cru possibles, mais c'était juste devenu normal, et ça me plaisait réellement. Puis, je faisais un pas en avant après l'autre, et les choses suivaient leur cours. Donc, mon nouveau petit pas en avant dans notre relation était de proposer à Ben de venir chez moi finir l'après-midi, et sa réponse me fit rire, clairement. Ma réponse sortit du tac au tac.

« Crois-moi, il y a des choses que j'ai déjà bien plus eu l'occasion de regretter dans ma vie. »

Et puis ... A moins qu'il ne décide de me séquestrer ... Ouais, non, je n'étais même pas sûr de vraiment m'inquiéter de quoi que ce soit. Il s'agissait de Benjamin, et il pouvait bien me dire ce qu'il voulait, je savais qu'il ne pourrait pas me forcer la main. Sans compter que, même s'il me surpassait un peu en taille et qu'on devait avoir des gabarits plutôt équivalents ... J'avais cette espèce d'énergie instinctive qui me donnait une certaine protection, au final. Il n'était pas sorti de l'auberge s'il lui prenait une vraiment mauvaise idée, aussi improbable que ça puisse me paraître. J'eus finalement un sourire en coin pour lui en baissant légèrement la tête, le regardant du coin de l'œil.

« Comme si ça allait changer quelque chose. »

Je ne me fis évidemment pas prier pour le suivre jusqu'au restaurant, ma main glissée dans la sienne, et à vrai dire on aurait bien pu manger n'importe où, ça m'était plutôt égal. Dans mon genre, je n'étais vraiment pas difficile pour ça, mais il y avait certaines autres choses, par contre, pour lesquels j'étais sacrément plus compliqué. Toujours est-il que le repas se passa bien, en toute simplicité. Une conversation générale sur l'un et sur l'autre, très légère, de bons plats, un environnement plutôt calme, il ne m'en fallait pas plus pour apprécier pleinement le moment et c'était très agréable pour moi de réussir à me poser totalement, ne pas trop réfléchir, simplement laisser venir.

En sortant du restaurant, complètement calé et pour le moins détendu, je ne pus m'empêcher de rêvasser une seconde sur une après-midi à lézarder devant un film, même si ce genre de projet attendrait une après-midi sans Ben. Je voulais profiter pleinement de lui, de sa présence, et commencer à ronfler dans le canapé après vingt minutes de film, ça n'était du coup pas du tout la bonne technique. Mais, clairement, je ne regrettais pas de devoir me mettre à un autre programme, ça ne serait pas moins agréable, pour sûr ! La question fut donc de savoir si l'on poursuivrait chez lui ou chez, et ce qu'ajouta le sudiste me fit sourire, de ce sourire effronté dont je me servais très rarement avec lui.

« Chez moi, c'est plus près, mais tu vas devoir faire un effort. Pour les parties communes, tu te débrouilles avec ma colocataire. Pour ma chambre ... On devrait trouver un terrain d'entente. »

Parce que, même sans le moindre sous-entendu, il était certain qu'on finirait dans ma chambre, pour la bonne et simple raison que je n'avais aucune envie que ma coloc', qui était aussi accessoirement une de nos coéquipières de horse-ball, ne vienne interrompre ... quoi que ce soit. J'avais juste envie qu'on soit à deux, tranquilles, de quelque chose de facile et d'agréable. J'étais concrètement assez fatigué par mes études, alors je n'avais la plupart du temps pas envie de me prendre la tête plus que dans ma normale, et c'était pour ça qu'être à deux c'était bien ; le sudiste avait cette faculté de prendre les choses comme elles venaient, et je pouvais me laisser aller instinctivement, ça marchait très bien. Bien sûr, parfois c'était nécessaire de me creuser un peu les neurones, mais ça en valait clairement la peine. J'attrapais finalement la main de Ben, ne lui laissant pas vraiment la possibilité de protester, même si je doutais fortement qu'il le ferait, avant de prendre la direction de la maison.

En insérant la clé dans la porte, la question me vint à l'esprit de savoir s'il y aurait quelqu'un ou non, même si ça ne changeait pas grand-chose au final, comme réponse. D'ailleurs la réponse était non, nous étions seuls vu qu'il ne restait pas de manteau accroché dans l'entrée. Après avoir invité le sudiste à entrer, j'avais donc refermé la porte derrière nous et accroché mon manteau sur le porte manteau mural, laissant Ben faire de même, jusque là ça devait quand même être dans ses cordes niveau rangement, sinon on était vraiment très mal barrés tous les deux, parce que j'étais quand même un brin maniaque. Je glissai finalement de nouveau mes doigts entre ceux du brun, désireux de réduire un peu l'espace entre nous, et lui souris.

« Je te fais visiter rapidement, histoire que tu ne risques pas de te perdre dans un couloir. »

J'avais dit ça avec une pointe d'amusement, et je lui avais, en effet, fait rapidement visiter la maison. En même temps, les choses étaient assez simples, il n'y avait pas trente six couloirs et pièces non plus, et l'agencement était plutôt très logique. Nous atterrîmes donc assez rapidement dans ma chambre. Elle était plutôt très spacieuse, et assez cosy, malgré une atmosphère assez froide. Et, comme il devait s'en douter, tout y était rangé au cordeau. Ne traînaient que deux stylos sur mon bureau, et l'habitude voulut que je les range dans le pot avec les autres, dans un mouvement complètement dicté par l'habitude uniquement. Je restai un temps silencieux, le temps de laisser à Ben tout le loisir de faire le tour de ma chambre, avant de me laisser tomber dans le canapé qui se baladait dans un coin de la chambre, à l'opposé du lit. Un sourire plutôt serein aux lèvres, je lançai juste :

« Bienvenue chez moi. »
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MessageSujet: Re: « La vie est une rencontre » † Cam & Ben   

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« La vie est une rencontre » † Cam & Ben

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