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 « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Lun 28 Nov - 21:08


« Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »
Les rencontres d'une vie
« Tu m'écoutes Greg ? »

Pour la centième fois au moins, je levais les yeux au ciel. Il n'arrêterait jamais, celui-là. Bien sûr que non, je ne l'écoutais pas. Bien évidemment que non, je ne le lui dirais pas. L'envie avait beau ne pas lui avoir pris depuis un sacré nombre d'années, je savais parfaitement qu'il était capable de me faire faire un vol planer comme pour rire. Les années ne m'avaient pas vraiment étoffé, au contraire d'Alexandre. Depuis qu'il n'avait plus croisé de chasseur ou de braqueur, il avait considérablement repris en forme physique, et j'avoue que des fois je m'en méfiais, surtout lorsque sa cadette se retrouvait dans les parages. Elli et moi, c'était toujours d'actualité, et bien plus encore d'ailleurs. Mon regard de père inquiet fit le tour de la pièce à une vitesse record en y songeant et j'avisais Lyra dans un coin, particulièrement calme pour l'occasion. Elle aurait pu être notre fille de sang, avec son caractère mêlant habilement mes frasques et les taquineries de sa mère adoptive. Seulement, sa peau était légèrement métissée et elle n'avait ni mes yeux ni ceux de ma blonde. Au même titre que Bastien, mon sang et ma fierté, Lyra était ma fille, même si Elliana et moi l'avions adopté après nous être installés ensemble et nous être pacsés. Nous étions toute une famille recomposée, puisque Bastien était mon fils, certes, mais il était né peu avant que je ne rejoigne Etretat. Seulement, sa mère était tombée malade et il vivait sous notre toit depuis tout petit, et c'était comme s'il était le sang d'Elli', tout en connaissant pertinemment l'histoire. C'était un peu à s'arracher les cheveux, cette histoire, c'était vrai. Mais pour autant, tout était parfaitement à sa place depuis le temps, tout le monde le savait bien.

« Sweety, j'te cause ! »

Je tournais finalement un regard en coin au blond qui, penché par dessus le bar, me regardait avec l'air d'attendre quelque chose. J'émis un bruit légèrement pincé entre mes lèvres en signe d'agacement et son regard s'alluma d'amusement. Il adorait me foutre hors de moi. Et réciproquement, pour être tout à fait honnête. Sauf que là, il me sous-estimait, et c'était assez agaçant. Vraiment. Je lui lançais donc le torchon que j'avais à la main pour toute réponse, faisant fuser un rire du fond de la salle. En tournant la tête de l'autre côté, je croisais un regard identique au mien, celui de mon fils, qui piqua aussitôt du nez. Trop tard pour lui. Je me dirigeais vers la table sur laquelle il travaillait, jetant un coup d'œil à son travail. L'option papa sévère avait été compliquée à trouver mais maintenant ça me servait bien avec un fils qui ... me ressemblait beaucoup trop. En mieux quand même.

« Tu as fini tes devoirs pour rire comme ça ? - Non, mais je pourrais toujours raconter que tu attaques Tonton Alex ... Tu vas encore te faire tirer les oreilles ! - Et ça te fait rire ? - Bah un peu quand même ! »

Je ne pus m'empêcher de soupirer théâtralement, levant les bras au ciel et faisant rire tout le monde. Ils allaient me rendre fou. Plus que je ne l'étais déjà. Un patron de bar fou et vieux avant l'heure, radotant sur dix ans d'une vie merveilleuse. C'était peut-être bien ça, leur but ultime !

« Bastien, tu remontes avec Lyra finir tes exercices et commencer à te préparer pour tout à l'heure. Je connais quelqu'un qui va me tuer si elle vous trouve encore ici en rentrant dans ... Bientôt. »

C'était dit avec énormément de douceur et d'humour pour contrebalancer avec les ordres strictes que je donnais. Un bisou à chacun avant qu'ils n'empruntent l'escalier du bureau pour rejoindre le beau duplex qui jouxtait le bar et je pouvais me reconcentrer sur l'espèce de pile électrique qui me tenait lieu de beau frère. Des fois, je devrais le filmer. Surtout lorsqu'il s'agissait de ses filles ou de Clary, en fait. Il n'était vraiment, mais alors vraiment pas le même. S'il ne me stressait pas autant, ça serait hilarant.

« Pour la millième fois Alex, oui, tout est arrivé. Tout sera prêt à l'heure prévue. Rentre chez toi avant que les filles ne se doutent de quelque chose. Je gère tout. Et si je ne gère pas bien ta sœur me fera la peau de toute façon. Anaïa et Tessa auront l'anniversaire parfait qu'elles méritent. Et maintenant zou, je ne veux plus t'avoir dans les pattes, tu m'empêches de travailler ! »

Qu'il était agaçant le papa poule ! Il avait dit de Florent, à une époque, mais il était encore pire. Bon, OK, ça avait réussi à Ronan aux dernières nouvelles, et la vie de rêve des Chevalier se poursuivait à Paris, raison pour laquelle ils ne seraient pas là pour l'anniversaire des jumelles Leroy. Mais bon, quand même quoi. Je savais m'occuper de mon bar et de son ambiance, et puis j'avais quelques surprises de mon cru à poser. J'avais donc fini par mettre manu militari à la porte un mec tatoué et plus épais que moi, ce qui devait être assez drôle à voir vu la situation. Mais j'avais finalement eu le champ libre pour installer le bar.

Et une fois les lieux propices à l'anniversaire de mes deux nièces, j'avais pu me laisser tomber dans le bureau, sur le vieux canapé, pour observer par la porte mon petit bout de paradis. Dix ans. Plus ou moins. C'était le temps que j'avais passé dans ce vieux bâtiment. La maison serait tombée en ruine depuis longtemps si je n'avais pas racheté les murs pour en faire un local commercial - L'Edelweiss, mon bébé, mon bar, mon paradis - et un superbe duplex sur deux étages dans lequel on vivait bien à quatre. Là, peuplé de ballons roses et des cadeaux déposés au préalable à l'attention des filles, il était différent, mais ça ne m'empêchait pas de voir les dix plus belles années de ma vie défiler au coin de ce bar.

Derrière l'ébène et le marbre noir du massif de travail, j'avais eu des fous rires mémorables, et le premier dès l'ouverture. Il fallait dire qu'une certaine adorable petite blonde en avait eu après mes fesses. Heureusement pour moi, elle en avait toujours autant après. Ouais, heureusement, parce qu'elle avait bossé un été ici et qu'elle m'avait littéralement fait tomber pour elle, allez savoir pourquoi. Moi qui avais tendance à me lasser avant elle, j'avais découvert une autre définition d'aimer avec elle, et pour cette raison j'étais un homme heureux, depuis. Au coin de ce bar, j'avais aussi appris l'existence de Bastien, et tout ce que ça apporterait dans ma vie. Sa mère m'avait laissé le choix, bien sûr, mais c'était mon fils et Elli' avait compris tout de suite. La question ne s'était pas vraiment posée, en réalité. Mon fils, mon sang, ma vie et ma bataille. De même qu'on avait pris la décision d'adopter Lyra dans ce même bâtiment. Notre fille, notre petit ange. Ce bar était mon tout, mon autre grand amour. Parfois on me reprochait d'aimer autant quelque chose d'aussi matériel, mais ils ne pouvaient pas comprendre. Il était mon rêve de gosse.

Il y avait aussi eu des tempêtes au coin de ce bar. Des engueulades monumentales prises dans la tête parce que j'étais toujours aussi inconscient. Les années m'auraient à peine calmé s'il n'y avait pas deux enfants dans ma vie. J'avais fait encore pas mal de conneries, et ça c'était parfois moyennement terminé. Systématiquement j'avais pris pleine tête au coin du bar, mais j'avais toujours répondu par un sourire. Seulement, parfois, le bar me rappelait un accident qui aurait pu me coûter très cher même en n'étant pour l'occasion coupable d'aucune autre folie que d'avoir entendu un bruit après la fermeture. Les joies d'habiter au dessus.

Le bar était fermé depuis un moment et j'avais fini la petite comptabilité du soir, enfermant la recette en lieu sûr avant de monter me coucher. À l'époque Elli ne vivait pas encore là mais il lui arrivait de passer la nuit au bar quand elle se permettait un peu de relâche dans ses études. C'était justement le cas ce soir là et heureusement pour moi. J'avais fini par me glisser contre elle, profitant d'une de nos rares nuits à deux, mais un bruit légèrement récurrent m'empêchait de fermer l'oeil. Ça aurait pu être un appareil mal éteint ou la vibration de quelque chose, et mon côté maniaque m'avait poussé à aller vérifier. À demi endormi, j'avais fini par tomber sur une bande de voleurs en couche culotte et ça avait assez mal fini pour moi. Dans la panique générale, ils avaient réussi à me faire heurter le coin du bar avec ma tête dure. Et le noir complet. En avait résulté une période de grand noir pour moi. Un œdème cérébral avait comme anesthésié ma mémoire et pendant plusieurs semaines j'avais été à peine moi, ne reconnaissant pas mes proches, sujet à des accès de colère incontrôlables. J'avais failli perdre Elli et Louis dans la bataille. J'ai du être un vrai calvaire pour eux. Mais ils avaient tous les deux réussi à faire vibrer mes cordes sensibles et à faire ressortir leur bon vieux Greg de la boîte. Pas plus sage mais complètement moi pour le coup. Le souvenir n'avait strictement rien d'agréable vu ce que j'avais enchaîné durant cette période de crise mais il était aussi attaché à mon vieux bar. Comme les heures de guitare, les concerts, les acoustiques piano-voix pendant que je composais. La musique y avait pris beaucoup de place, comme chez mon père, mais c'était pour ça qu'il était désormais connu. Et c'était pour ça que j'y étais aussi bien.

L'heure arrivait, mais Elli manquait toujours à l'appel. C'était étonnant mais pas inhabituel. Son travail lui demandait énormément de temps mais il la rendait épanouie alors je ne pouvais que l'accepter. Et puis, j'avais toujours un peu de place dans son emploi du temps, ce qui m'allait bien. Les enfants pouvaient compter sur elle, c'était bien le principal. Un sourire malicieux étira mes lèvres et je pris la guitare, commençant à placer quelques notes avant d'y poser aussi ma voix. C'est à ce moment là que la porte menant de l'intérieur à l'appartement s'ouvrit et je penchai la tête en arrière, un sourire aux lèvres, continuant distraitement de jouer ma mélodie. Lorsque des mains fines passèrent dans mes boucles brunes, je fermais les yeux avec un petit air d'être parfaitement bien. Je posais finalement la guitare sur le côté, me levant pour contourner le fauteuil et enlacer la jolie blonde qui venait de faire son entrée. Je posais finalement un baiser sur ses lèvres avant de lui chatouiller la taille.

« On ferait mieux d'aller se préparer. Alex est hyper speed aujourd'hui. Enfin, plus que d'habitude quand il s'agit des filles en tous cas ... »

Mon sourire malicieux se transforma progressivement en quelque chose de beaucoup plus sensuel et je  pris le chemin des escaliers en entraînant ma chère et tendre, dansant à moitié en sifflotant l'entêtant air de Sweet Darling. Je manquais - encore - de rater la marche de l'escalier et finis assis dans les marches, déclenchant les rires des enfants. Je levais la tête dans l'échelle de meunier pour les regarder, penchés au dessus du vide, riant aux éclats d'un énième « instant Greg ». Je fis la moue en prenant mon ton sérieux, ce qui n'allait pas du tout ensemble, mais bon, on ne me referait pas.

« Voilà pourquoi on ne joue pas dans les escaliers ! Qu'est-ce que je vous avais demandé ? Zou, allez vous changer ! »

Je me relevais finalement, faisant craquer ma carcasse maltraitée par mes folies tandis que quatre petits pieds partirent en martelant le parquet ancien de l'étage. Je me dirigeais à leur suite dans les escaliers, les doigts liés à ceux d'Elli', ne quittant pas du regard la volée étroite qu'il fallait emprunter pour rejoindre notre lieu de vie. L'appartement avait été laissé aux soins de ma blonde, complètement dépitée par ma vision de la décoration d'intérieur en arrivant. J'avais donc abdiqué, lui laissant chaque chois important, et au final j'avais bien fait parce que l'ensemble nous ressemblait vraiment. Je glissais finalement mes bras autour d'Elliana, l'embrassant amoureusement avant de poser mon front contre le sien, serein.

« J'ai eu ta mère au téléphone, elle voulait savoir ce qu'on faisait pour la fin d'année. Du coup je lui ai répondu que tu avais réussi à avoir des congés et qu'on passerait sûrement Noël ensemble. Ils étaient très contents que je leur propose de venir à Etretat histoire de voir tout le monde en même temps. Puis j'ai eu ma mère au téléphone pour la même raison et comme mon père ne peut pas fermer le bar, elle voudrait qu'on aille à Morzine. C'est le casse-tête. » Le casse-tête qui me faisait sourire en coin, ouais. « Du coup j'ai appelé Clary et j'ai rappelé tes parents et ... A moins que vraiment ça te dérange de passer Noël avec toute notre famille, on part quelques jours pour Morzine. J'ai réussi à avoir une maison pour tes parents et ton frère et nous quatre ... On a le studio de l'Etoile d'Or rien que pour nous. Si ça te va bien entendu. Je peux toujours annuler, mes parents comprendront. Je n'ai rien assuré, j'ai dit que je voyais avec toi au cas où tes congés étaient décalés ou ... »

C'était sincère. J'avais essayé de dépatouiller le truc, pour que tout le monde y trouve son compte. Pour la mère d'Elli' et son beau-père, il ne manquerait que Sav', qui serait à l'autre bout de la France avec des camarades de classe - et celui qu'on soupçonnait fortement être sa moitié, mais les deux aînés n'aimaient pas trop la voir grandir, surtout Alex bizarrement - mais ils auraient leurs petits-enfants tous en même temps, et pour mes parents c'était le même topo. Sans compter que ça serait une semaine de relâche pour tout le monde - ma mère allait nous mettre au pas et nous forcer à mettre tous les pieds sous la table, assurément. Mais ça serait une grande première, et ça pourrait ne pas être mal. Bon, j'imaginais déjà que j'allais me faire incendier si je posais un ski sur la piste - mais la première serait passée depuis longtemps - et que si j'essayais d'embarquer mon beau-frère j'allais me faire allumer royalement. Mais sinon ça pouvait être vraiment, mais alors vraiment bien.

Il allait falloir se changer et être prêt pour l'arrivée des jumelles à leur anniversaire surprise, et pour ça il allait falloir que je me détache de ma femme et que je ferme ma gueule. Carrément, oui. Alors c'était ce que j'avais fait, et j'en avais profité pour virer mon tee-shirt de travail et l'envoyer voler en direction de la salle de bain, pour le moment fermée, dans l'optique de le ramasser en y entrant. Seulement l'exploit voulu qu'il finisse accroché à la poignée de porte et je retournais un sourire triomphant à Elli'. Ouais, j'étais carrément fier de mon exploit con. Mais il y avait un tas de petits trucs cons qui me rendaient fier. Enfin, il y en avait un qui n'était visiblement pas si con que ça puisqu'après s'être moqué de moi quelqu'un avait fait de même. Mais soit, il fallait que je vous le raconte.

C'était normalement invisible pour le commun des mortels dans la plus classique des situations, et loin d'être méchant, au contraire. Juste au niveau du cœur. Un vrai symbole. Tatoués dans ma peau, il y avait d'abord eu le prénom de Bastien quand il était entré dans ma vie. Et puis, plus tard, celui de Lyra. Et Alex avait pleuré de rire en l'apprenant. Puis il avait eu Tessa et Anaïa. Et il s'était fait tatouer leur prénom à travers les entrelacs des tatouages de son biceps, en bien visible. Et ça avait été mon tour de rire. Mais bon, ça c'était le truc pas franchement concerté, j'avoue, mais c'était une drôle de résonance. Encore un des trucs que je partageais un peu paradoxalement avec mon beau-frère qui, un jour sur deux, rêvait de me tuer puisque, tout bêtement, j'étais avec sa petite sœur. La raison ultime pour mourir sur place, ouais. J'étais bien content d'être fils unique, ça m'évitait tout un tas de prises de têtes. Mais ça me perdait aussi un million de fou rires. Enfin, faux. De sang j'étais fils unique, mais de cœur ... Ah de cœur c'était bien différent ...

Emi Burton

_________________
Mon royaume assiégé, elle a annexé mon canapé.
Embrasé, désarmé, je me suis constitué prisonnier.
Elle veut de la vie en grosses coupures,
Enfant de luxure tout ce qu'elle touche brûle.
Possédée, possédée. Bien accroché à son cœur de gitane.
Dans les veines du sang d'apache, comme si
Bonnie fumait Clyde pour partir avec le cash.
C'est l'escalade, le road trip puis le crash comme
Une marquise de Sade qui fait dans le White Trash.
White Trash


© KYO


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