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 « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Lun 28 Nov - 21:08


« Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »
Les rencontres d'une vie
« Tu m'écoutes Greg ? »

Pour la centième fois au moins, je levais les yeux au ciel. Il n'arrêterait jamais, celui-là. Bien sûr que non, je ne l'écoutais pas. Bien évidemment que non, je ne le lui dirais pas. L'envie avait beau ne pas lui avoir pris depuis un sacré nombre d'années, je savais parfaitement qu'il était capable de me faire faire un vol planer comme pour rire. Les années ne m'avaient pas vraiment étoffé, au contraire d'Alexandre. Depuis qu'il n'avait plus croisé de chasseur ou de braqueur, il avait considérablement repris en forme physique, et j'avoue que des fois je m'en méfiais, surtout lorsque sa cadette se retrouvait dans les parages. Elli et moi, c'était toujours d'actualité, et bien plus encore d'ailleurs. Mon regard de père inquiet fit le tour de la pièce à une vitesse record en y songeant et j'avisais Lyra dans un coin, particulièrement calme pour l'occasion. Elle aurait pu être notre fille de sang, avec son caractère mêlant habilement mes frasques et les taquineries de sa mère adoptive. Seulement, sa peau était légèrement métissée et elle n'avait ni mes yeux ni ceux de ma blonde. Au même titre que Bastien, mon sang et ma fierté, Lyra était ma fille, même si Elliana et moi l'avions adopté après nous être installés ensemble et nous être pacsés. Nous étions toute une famille recomposée, puisque Bastien était mon fils, certes, mais il était né peu avant que je ne rejoigne Etretat. Seulement, sa mère était tombée malade et il vivait sous notre toit depuis tout petit, et c'était comme s'il était le sang d'Elli', tout en connaissant pertinemment l'histoire. C'était un peu à s'arracher les cheveux, cette histoire, c'était vrai. Mais pour autant, tout était parfaitement à sa place depuis le temps, tout le monde le savait bien.

« Sweety, j'te cause ! »

Je tournais finalement un regard en coin au blond qui, penché par dessus le bar, me regardait avec l'air d'attendre quelque chose. J'émis un bruit légèrement pincé entre mes lèvres en signe d'agacement et son regard s'alluma d'amusement. Il adorait me foutre hors de moi. Et réciproquement, pour être tout à fait honnête. Sauf que là, il me sous-estimait, et c'était assez agaçant. Vraiment. Je lui lançais donc le torchon que j'avais à la main pour toute réponse, faisant fuser un rire du fond de la salle. En tournant la tête de l'autre côté, je croisais un regard identique au mien, celui de mon fils, qui piqua aussitôt du nez. Trop tard pour lui. Je me dirigeais vers la table sur laquelle il travaillait, jetant un coup d'œil à son travail. L'option papa sévère avait été compliquée à trouver mais maintenant ça me servait bien avec un fils qui ... me ressemblait beaucoup trop. En mieux quand même.

« Tu as fini tes devoirs pour rire comme ça ? - Non, mais je pourrais toujours raconter que tu attaques Tonton Alex ... Tu vas encore te faire tirer les oreilles ! - Et ça te fait rire ? - Bah un peu quand même ! »

Je ne pus m'empêcher de soupirer théâtralement, levant les bras au ciel et faisant rire tout le monde. Ils allaient me rendre fou. Plus que je ne l'étais déjà. Un patron de bar fou et vieux avant l'heure, radotant sur dix ans d'une vie merveilleuse. C'était peut-être bien ça, leur but ultime !

« Bastien, tu remontes avec Lyra finir tes exercices et commencer à te préparer pour tout à l'heure. Je connais quelqu'un qui va me tuer si elle vous trouve encore ici en rentrant dans ... Bientôt. »

C'était dit avec énormément de douceur et d'humour pour contrebalancer avec les ordres strictes que je donnais. Un bisou à chacun avant qu'ils n'empruntent l'escalier du bureau pour rejoindre le beau duplex qui jouxtait le bar et je pouvais me reconcentrer sur l'espèce de pile électrique qui me tenait lieu de beau frère. Des fois, je devrais le filmer. Surtout lorsqu'il s'agissait de ses filles ou de Clary, en fait. Il n'était vraiment, mais alors vraiment pas le même. S'il ne me stressait pas autant, ça serait hilarant.

« Pour la millième fois Alex, oui, tout est arrivé. Tout sera prêt à l'heure prévue. Rentre chez toi avant que les filles ne se doutent de quelque chose. Je gère tout. Et si je ne gère pas bien ta sœur me fera la peau de toute façon. Anaïa et Tessa auront l'anniversaire parfait qu'elles méritent. Et maintenant zou, je ne veux plus t'avoir dans les pattes, tu m'empêches de travailler ! »

Qu'il était agaçant le papa poule ! Il avait dit de Florent, à une époque, mais il était encore pire. Bon, OK, ça avait réussi à Ronan aux dernières nouvelles, et la vie de rêve des Chevalier se poursuivait à Paris, raison pour laquelle ils ne seraient pas là pour l'anniversaire des jumelles Leroy. Mais bon, quand même quoi. Je savais m'occuper de mon bar et de son ambiance, et puis j'avais quelques surprises de mon cru à poser. J'avais donc fini par mettre manu militari à la porte un mec tatoué et plus épais que moi, ce qui devait être assez drôle à voir vu la situation. Mais j'avais finalement eu le champ libre pour installer le bar.

Et une fois les lieux propices à l'anniversaire de mes deux nièces, j'avais pu me laisser tomber dans le bureau, sur le vieux canapé, pour observer par la porte mon petit bout de paradis. Dix ans. Plus ou moins. C'était le temps que j'avais passé dans ce vieux bâtiment. La maison serait tombée en ruine depuis longtemps si je n'avais pas racheté les murs pour en faire un local commercial - L'Edelweiss, mon bébé, mon bar, mon paradis - et un superbe duplex sur deux étages dans lequel on vivait bien à quatre. Là, peuplé de ballons roses et des cadeaux déposés au préalable à l'attention des filles, il était différent, mais ça ne m'empêchait pas de voir les dix plus belles années de ma vie défiler au coin de ce bar.

Derrière l'ébène et le marbre noir du massif de travail, j'avais eu des fous rires mémorables, et le premier dès l'ouverture. Il fallait dire qu'une certaine adorable petite blonde en avait eu après mes fesses. Heureusement pour moi, elle en avait toujours autant après. Ouais, heureusement, parce qu'elle avait bossé un été ici et qu'elle m'avait littéralement fait tomber pour elle, allez savoir pourquoi. Moi qui avais tendance à me lasser avant elle, j'avais découvert une autre définition d'aimer avec elle, et pour cette raison j'étais un homme heureux, depuis. Au coin de ce bar, j'avais aussi appris l'existence de Bastien, et tout ce que ça apporterait dans ma vie. Sa mère m'avait laissé le choix, bien sûr, mais c'était mon fils et Elli' avait compris tout de suite. La question ne s'était pas vraiment posée, en réalité. Mon fils, mon sang, ma vie et ma bataille. De même qu'on avait pris la décision d'adopter Lyra dans ce même bâtiment. Notre fille, notre petit ange. Ce bar était mon tout, mon autre grand amour. Parfois on me reprochait d'aimer autant quelque chose d'aussi matériel, mais ils ne pouvaient pas comprendre. Il était mon rêve de gosse.

Il y avait aussi eu des tempêtes au coin de ce bar. Des engueulades monumentales prises dans la tête parce que j'étais toujours aussi inconscient. Les années m'auraient à peine calmé s'il n'y avait pas deux enfants dans ma vie. J'avais fait encore pas mal de conneries, et ça c'était parfois moyennement terminé. Systématiquement j'avais pris pleine tête au coin du bar, mais j'avais toujours répondu par un sourire. Seulement, parfois, le bar me rappelait un accident qui aurait pu me coûter très cher même en n'étant pour l'occasion coupable d'aucune autre folie que d'avoir entendu un bruit après la fermeture. Les joies d'habiter au dessus.

Le bar était fermé depuis un moment et j'avais fini la petite comptabilité du soir, enfermant la recette en lieu sûr avant de monter me coucher. À l'époque Elli ne vivait pas encore là mais il lui arrivait de passer la nuit au bar quand elle se permettait un peu de relâche dans ses études. C'était justement le cas ce soir là et heureusement pour moi. J'avais fini par me glisser contre elle, profitant d'une de nos rares nuits à deux, mais un bruit légèrement récurrent m'empêchait de fermer l'oeil. Ça aurait pu être un appareil mal éteint ou la vibration de quelque chose, et mon côté maniaque m'avait poussé à aller vérifier. À demi endormi, j'avais fini par tomber sur une bande de voleurs en couche culotte et ça avait assez mal fini pour moi. Dans la panique générale, ils avaient réussi à me faire heurter le coin du bar avec ma tête dure. Et le noir complet. En avait résulté une période de grand noir pour moi. Un œdème cérébral avait comme anesthésié ma mémoire et pendant plusieurs semaines j'avais été à peine moi, ne reconnaissant pas mes proches, sujet à des accès de colère incontrôlables. J'avais failli perdre Elli et Louis dans la bataille. J'ai du être un vrai calvaire pour eux. Mais ils avaient tous les deux réussi à faire vibrer mes cordes sensibles et à faire ressortir leur bon vieux Greg de la boîte. Pas plus sage mais complètement moi pour le coup. Le souvenir n'avait strictement rien d'agréable vu ce que j'avais enchaîné durant cette période de crise mais il était aussi attaché à mon vieux bar. Comme les heures de guitare, les concerts, les acoustiques piano-voix pendant que je composais. La musique y avait pris beaucoup de place, comme chez mon père, mais c'était pour ça qu'il était désormais connu. Et c'était pour ça que j'y étais aussi bien.

L'heure arrivait, mais Elli manquait toujours à l'appel. C'était étonnant mais pas inhabituel. Son travail lui demandait énormément de temps mais il la rendait épanouie alors je ne pouvais que l'accepter. Et puis, j'avais toujours un peu de place dans son emploi du temps, ce qui m'allait bien. Les enfants pouvaient compter sur elle, c'était bien le principal. Un sourire malicieux étira mes lèvres et je pris la guitare, commençant à placer quelques notes avant d'y poser aussi ma voix. C'est à ce moment là que la porte menant de l'intérieur à l'appartement s'ouvrit et je penchai la tête en arrière, un sourire aux lèvres, continuant distraitement de jouer ma mélodie. Lorsque des mains fines passèrent dans mes boucles brunes, je fermais les yeux avec un petit air d'être parfaitement bien. Je posais finalement la guitare sur le côté, me levant pour contourner le fauteuil et enlacer la jolie blonde qui venait de faire son entrée. Je posais finalement un baiser sur ses lèvres avant de lui chatouiller la taille.

« On ferait mieux d'aller se préparer. Alex est hyper speed aujourd'hui. Enfin, plus que d'habitude quand il s'agit des filles en tous cas ... »

Mon sourire malicieux se transforma progressivement en quelque chose de beaucoup plus sensuel et je  pris le chemin des escaliers en entraînant ma chère et tendre, dansant à moitié en sifflotant l'entêtant air de Sweet Darling. Je manquais - encore - de rater la marche de l'escalier et finis assis dans les marches, déclenchant les rires des enfants. Je levais la tête dans l'échelle de meunier pour les regarder, penchés au dessus du vide, riant aux éclats d'un énième « instant Greg ». Je fis la moue en prenant mon ton sérieux, ce qui n'allait pas du tout ensemble, mais bon, on ne me referait pas.

« Voilà pourquoi on ne joue pas dans les escaliers ! Qu'est-ce que je vous avais demandé ? Zou, allez vous changer ! »

Je me relevais finalement, faisant craquer ma carcasse maltraitée par mes folies tandis que quatre petits pieds partirent en martelant le parquet ancien de l'étage. Je me dirigeais à leur suite dans les escaliers, les doigts liés à ceux d'Elli', ne quittant pas du regard la volée étroite qu'il fallait emprunter pour rejoindre notre lieu de vie. L'appartement avait été laissé aux soins de ma blonde, complètement dépitée par ma vision de la décoration d'intérieur en arrivant. J'avais donc abdiqué, lui laissant chaque chois important, et au final j'avais bien fait parce que l'ensemble nous ressemblait vraiment. Je glissais finalement mes bras autour d'Elliana, l'embrassant amoureusement avant de poser mon front contre le sien, serein.

« J'ai eu ta mère au téléphone, elle voulait savoir ce qu'on faisait pour la fin d'année. Du coup je lui ai répondu que tu avais réussi à avoir des congés et qu'on passerait sûrement Noël ensemble. Ils étaient très contents que je leur propose de venir à Etretat histoire de voir tout le monde en même temps. Puis j'ai eu ma mère au téléphone pour la même raison et comme mon père ne peut pas fermer le bar, elle voudrait qu'on aille à Morzine. C'est le casse-tête. » Le casse-tête qui me faisait sourire en coin, ouais. « Du coup j'ai appelé Clary et j'ai rappelé tes parents et ... A moins que vraiment ça te dérange de passer Noël avec toute notre famille, on part quelques jours pour Morzine. J'ai réussi à avoir une maison pour tes parents et ton frère et nous quatre ... On a le studio de l'Etoile d'Or rien que pour nous. Si ça te va bien entendu. Je peux toujours annuler, mes parents comprendront. Je n'ai rien assuré, j'ai dit que je voyais avec toi au cas où tes congés étaient décalés ou ... »

C'était sincère. J'avais essayé de dépatouiller le truc, pour que tout le monde y trouve son compte. Pour la mère d'Elli' et son beau-père, il ne manquerait que Sav', qui serait à l'autre bout de la France avec des camarades de classe - et celui qu'on soupçonnait fortement être sa moitié, mais les deux aînés n'aimaient pas trop la voir grandir, surtout Alex bizarrement - mais ils auraient leurs petits-enfants tous en même temps, et pour mes parents c'était le même topo. Sans compter que ça serait une semaine de relâche pour tout le monde - ma mère allait nous mettre au pas et nous forcer à mettre tous les pieds sous la table, assurément. Mais ça serait une grande première, et ça pourrait ne pas être mal. Bon, j'imaginais déjà que j'allais me faire incendier si je posais un ski sur la piste - mais la première serait passée depuis longtemps - et que si j'essayais d'embarquer mon beau-frère j'allais me faire allumer royalement. Mais sinon ça pouvait être vraiment, mais alors vraiment bien.

Il allait falloir se changer et être prêt pour l'arrivée des jumelles à leur anniversaire surprise, et pour ça il allait falloir que je me détache de ma femme et que je ferme ma gueule. Carrément, oui. Alors c'était ce que j'avais fait, et j'en avais profité pour virer mon tee-shirt de travail et l'envoyer voler en direction de la salle de bain, pour le moment fermée, dans l'optique de le ramasser en y entrant. Seulement l'exploit voulu qu'il finisse accroché à la poignée de porte et je retournais un sourire triomphant à Elli'. Ouais, j'étais carrément fier de mon exploit con. Mais il y avait un tas de petits trucs cons qui me rendaient fier. Enfin, il y en avait un qui n'était visiblement pas si con que ça puisqu'après s'être moqué de moi quelqu'un avait fait de même. Mais soit, il fallait que je vous le raconte.

C'était normalement invisible pour le commun des mortels dans la plus classique des situations, et loin d'être méchant, au contraire. Juste au niveau du cœur. Un vrai symbole. Tatoués dans ma peau, il y avait d'abord eu le prénom de Bastien quand il était entré dans ma vie. Et puis, plus tard, celui de Lyra. Et Alex avait pleuré de rire en l'apprenant. Puis il avait eu Tessa et Anaïa. Et il s'était fait tatouer leur prénom à travers les entrelacs des tatouages de son biceps, en bien visible. Et ça avait été mon tour de rire. Mais bon, ça c'était le truc pas franchement concerté, j'avoue, mais c'était une drôle de résonance. Encore un des trucs que je partageais un peu paradoxalement avec mon beau-frère qui, un jour sur deux, rêvait de me tuer puisque, tout bêtement, j'étais avec sa petite sœur. La raison ultime pour mourir sur place, ouais. J'étais bien content d'être fils unique, ça m'évitait tout un tas de prises de têtes. Mais ça me perdait aussi un million de fou rires. Enfin, faux. De sang j'étais fils unique, mais de cœur ... Ah de cœur c'était bien différent ...

Ma vie avait tourné autour d'une seule personne durant des années. Mon meilleur ami, mon frère. Louis avait rythmé la plupart des grands moments de mon existence, de mes premiers déboires d'ado à l'achat de mon bar. Je n'aurais sûrement rien pu faire sans lui. Mais sa santé le rattrapait, la plupart du temps je m'inquiétais pour lui. Il était condamné, on le savait. Et j'étais maintenant loin de lui, incapable de profiter de nos dernières années. Nos vies s'eloignaient progressivement et c'était impossible de nE pas ressentir ce pincement au coeur au quotidien.

Moi qui avais été élevé avec seulement une grand-mère pour toute famille en dehors de mes parents,
J'avais désormais une grande famille pour m'entourer. Une femme et deux enfants, pour démarrer. Rien que ça c'était assez pour faire de moi un homme comblé à vie. Mais j'avais aussi deux nièces, deux gamines aussi adorables que leur mère. Le père, c'était une autre paire de manches. En fait, Alex était compliqué, mais je pouvais toujours compter sur lui, et honnêtement il manquerait à ma vie en cas d'absence. Puis il y avait des amis qui nous étaient proches. Camille, le meilleur ami d'Elliana, était comme un oncle pour les enfants, et on avait fini par s'entendre, tous les deux. C'était peut-être bien dû au fait qu'il soit avec Benjamin depuis quelques années, maintenant. Rester jaloux aurait été ridicule. Devenir pensif, c'était de plus en plus courant avec moi. J'étais plus facilement silencieux, même si on n'aurait sûrement jamais cru ça possible venant de moi. Malgré ça, je souriais toujours aussi facilement et ne manquais jamais une occasion de faire rire la galerie. J'étais un pitre et cela ne changerait jamais.

Pour la soirée, j'avais accepté de faire un effort vestimentaire. Déjà que j'avais des mèches folles qui bouclaient contre mes tempes, si en plus je restais en simple tee shirt, je me ferais tuer. Alors, j'avais opté pour le jean sombre, moulant juste ce qu'il fallait pour me faire un fessier plus qu'interessant, pour rester poli. Je savais que ma blonde avait un faible pour ce pantalon. Avec ça, une chemise grise très claire et satinée, Remontée sur mes avants bras. Elle faisait tirer mes yeux clairs sur le gris, eux qui oscillaient entre le vert et le bleu. J'avais un vrai regard de caméléon. Pour faire bonne mesure, je tirais mes cheveux en arrière, avant de rapidement capituler et opter pour mon habituel style coiffé décoiffé. Trop d'efforts tuent l'effort.

Enfin, l'heure arrivait, et l'heure de rouvrir la porte pour la soirée privée aussi. Je descendus en souplesse les escaliers et vérifiait une dernière fois que tout était parfait. Même Alex ne trouvait rien à me reprocher. Il ne nius restait plus qu'à attendre les invités pour l'anniversaire surprise des jumelles.

Emi Burton

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Mon royaume assiégé, elle a annexé mon canapé.
Embrasé, désarmé, je me suis constitué prisonnier.
Elle veut de la vie en grosses coupures,
Enfant de luxure tout ce qu'elle touche brûle.
Possédée, possédée. Bien accroché à son cœur de gitane.
Dans les veines du sang d'apache, comme si
Bonnie fumait Clyde pour partir avec le cash.
C'est l'escalade, le road trip puis le crash comme
Une marquise de Sade qui fait dans le White Trash.
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MessageSujet: Re: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Lun 23 Oct - 22:38





Elliana
Te souviens tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ?


La journée était particulière, Elliana avait déjà reçu au moins une dizaine de messages de la part de son frère et de Clary. Pourtant elle était certaine de leur avoir dit qu'elle était de garde pendant la nuit et qu'elle bossait toute la journée. Mais comme c'était pour Alex et sa tendre, elle leur avait répondu dès qu'elle le pouvait, les rassurant sur les festivités prévues le soir même. Elli' était heureuse de pouvoir les aider à organiser une fête d'enfer pour ses nièces, mais ils devaient quand même savoir que cela faisait 10 ans qu'elle n'était plus serveuse à l'Edelweiss et qu'elle bossait à l’hôpital, c'était Greg qu'ils devaient embêter. Arrivé en début d'aprem, elle avait gentiment envoyé bouler son frère, lui rappelant qu'elle avait du travail, que sa femme n'était pas la seule à pouvoir avoir des enfants et qu'elle devait faire son job. Alex ne lui faisait plus peur depuis bien des années, ça ne la gênait absolument pas de l'envoyer bouler, même si elle faisait presque une tête de moins que lui, qu'elle devait faire la moitié de son poids. Il avait son caractère et elle avait le sien. Et puis, même si elle sentait toute la tension chez son frère, elle savait qu'il comprendrait et qu'il allait se tourner vers Greg.

La jeune femme avait hâte que la journée se termine, elle n'avait pas vu ses enfants depuis presque deux jours, la nuit avait été longue avec trois accouchements dont un qui s'était présenté assez mal. Bref, la journée commençait à être longue et là, Elli ne rêvait que d'une bonne douche, un truc à manger et faire un calin à toute sa petite famille. Jamais elle n'aurait penser avoir ce genre d'entourage, son fils, ou plutôt le fils de Greg était apparu de façon totalement impromptue dans leur vie et même s'ils ne s'étaient jamais rien réellement promis, elle avait accepté de jouer le rôle qu'on lui demandait. Elle avait d'abord été l'amie de son père, puis en quelque sorte sa mère adoptive. Elle le considérait aujourd'hui comme son propre fils tout en laissant la place au souvenir de sa véritable mère et Bastien avait retrouvé un certain équilibre quand sa mère est décédée. Ensuite il avait été évidant qu'elle et Greg ne pourrait avoir d'enfants, elle ne pourrait pas donner la vie, mais cela ne les arrêta pas pour autant, ils agrandirent leur famille avec une petite fille. Ils étaient devenues une vraie famille sans vraiment qu'elle ne s'en rende compte, ils avaient tous pris une place importante dans sa vie et dans son coeur et aujourd'hui elle se demandait ce qu'elle ferait sans eux. Greg était son pilier, elle savait pouvoir compter sur lui et ils se connaissaient par coeur, s'en était assez troublant, mais aussi tellement agréable.

Les dernières heures de services lui semblèrent durer des heures et elle ne put retenir un soupir de soulagement quand elle grimpa dans la voiture. Une grosse soirée l'attendait, mais elle avait hâte. Elli adorait ses petites, ou moins petites, réunions de famille, surtout quand c'était pour fêter un anniversaire ou noël. Il y avait toujours une bonne ambiance et même si des fois il y avait de petits couacs, ça s'arrangeait assez rapidement et personne n'était trop rancunier, normalement. En plus de ça, avec son boulot elle n'avait pas forcément l'occasion de voir son frère et sa famille et même ses amis, alors toute opportunité était bonne à prendre. L'anniversaire des jumelles s'annonçait très bien et de toute façon Elli savait qu'elle pouvait faire confiance à Greg pour que tout se déroule correctement. Elle avait donné quelques directives avant de partir, mais pour le plus gros du travail, elle laissait faire son homme. Et puis elle savait qu'elle pouvait compter sur son frère pour dire ce qu'il avait à dire, d'ailleurs elle en avait eu la preuve quelques heures plus tôt. Toujours était-il qu'elle devait commencer par rentrer, voir ses deux petites crapules et passer sous une bonne douche avant de pouvoir profiter de la soirée.

De retour au bar, Elli passa la porte avec le sourire. Peut être qu'elle n'avait pas eu une garde facile et surtout que ça avait été long, mais elle faisait toujours en sorte que les problèmes de boulot restent à l'hôpital afin de pouvoir profiter pleinement de Lyra et Bastien et aussi parce qu'elle trouvait que Greg n'avait pas besoin de subir des sautes d'humeur à longueur de temps à cause de sa fatigue, de journées merdiques ou juste d'une garde un peu longue. Donc comme toujours, Elliana laissa le travail derrière la porte de chez elle et ce fut d'autant plus facile qu'elle pouvait entendre la guitare de Greg et même sa voix. Elle adorait toujours autant l'entendre jouer et même si les moments de ce genre étaient assez rares, elle ne manquait pas d'en profiter Elli s'avança dans la pièce et se posa derrière Greg, le laissant finir tout en passant ses mains dans ses cheveux. Des fois elle se demandait comment ils en étaient arrivés là, si on lui avait demandé il y a dix ans comment elle voyait sa vie, Elli n'aurait jamais pensé qu'elle aurait une famille avec Greg, encore moins qu'elle vivrait des moments difficiles mais qu'elle resterait un peu comme une constante, plus jeune elle savait qu'elle pouvait être un soutien pour certains,
mais jamais elle n'aurait pu deviner que cette faculté, cette envie d'être présente pour quelqu'un serait autant mise à l'épreuve. Pourtant elle était là, avec Greg et leur petite amourette était devenue une chose bien plus sérieuse. Même si Elli avait connu l'amour avant le montagnard, elle n'arrivait pas à comparer les deux relations, il y en avait un qu'elle n'avait jamais pu laisser tomber, un avec qui elle se voyait faire le reste de sa vie sans avoir à faire de concessions, un avec lequel elle avait voulu traverser les épreuves mises sur leur chemin.

Lorsqu'il se leva pour la prendre dans ses bras, elle s'y blottit avec plaisir. La tête levée vers lui, elle ne put s'empêcher de le pousser quand il commença à lui chatouiller la taille.
Et la remarque sur son frère finit par la faire rire. Elle avait bien vu qu'Alex était sur ressort, et pourtant les jumelles n'étaient même pas encore ado et en âge d'exiger des choses improbables pour leur anniversaire. Souvent la demoiselle se demandait comment allait survivre son frère avec ses jumelles quand celles-ci commenceraient à sortir. Déjà qu'il avait eu du mal avec elle, encore plus avec Sav', alors là... Les pauvres allaient surement avoir droit à de véritables sermons ! Heureusement qu'elles pourraient compter sur leur tata cool. Mais pour l'instant Elli était bien trop occupée à suivre Greg dans son délire et à sautiller au rythme de son sifflement. Et comme souvent cela se termina par une chute dans les escaliers ce qui lui fit lever les yeux au ciel avant de rire de bon coeur.
Le rire des enfants fit lever la tête d'Elli qui secoua la tête face à la remarque de Greg.

"Quand je viens vous voir je veux que vous soyez prêts, et on oublie pas son linge sale dans le bac !"

Elliana n'avait pas vraiment eu de mal à trouver sa place en tant que maman, même si avec Bastien ça avait été totalement inattendu, elle avait pratiquement élevée sa petite soeur pendant les premières années de sa vie alors devoir s'occuper d'un enfant n'avait pas vraiment de secret pour elle. La nordiste avait juste du apprendre à être plus ou moins flexible face aux exigences qu'elle pouvait avoir, mais à présent elle avait trouvé un juste milieu, sévère mais juste. Pour l'instant elle n'avait pas à se plaindre de ses deux loustics, ils étaient adorables la plupart du temps. Elli suivit Greg et elle se laissa aller à son baiser une fois la volée de marches montée. Elle serra doucement Greg dans ses bras,
son sourire aux lèvres et les yeux posés dans son regard. Le jeune homme lui expliqua alors qu'il y avait tout une organisation pour Noël et qu'il avait tenté de tout gérer au mieux. Greg essayait toujours de tout faire pour que tout le monde soit satisfait et sur ce point ils étaient bien pareils. Elliana faisait toujours en sorte qu'il y ait le plus de personnes contentes et heureuses, même si parfois cela signifier devoir se creuser un peu fort la tête.

"Mes congés n'ont pas bougé et de toute façon il est hors de question que je laisse ma place... Alors non ça me gène pas du tout de passer nos vacances à Morzine, les enfants vont être ravis de pouvoir passer un Noël à la neige en plus. Et puis je pense que ça nous ferait pas de mal de changer d'air. Par contre t'as interdiction de faire la moindre connerie ! Faut juste voir avec Clary si ça marche pour ses parents, je voudrais pas qu'ils disent qu'on kidnappe leurs petits enfants."

Elli se décrocha de Greg et l'observa faire son petit manège, un rire léger s'échappa de ses lèvres et elle lui tapa le bras avant de rejoindre leur chambre. Le choix de la tenue ne lui prit pas trois ans, elle n'avait pas quinze mille tenues qu'elle pouvait porter et comme il était quand même question de l'anniversaire de ses nièces, elle comptait faire un effort vestimentaire. Une robe serait donc de la partie, ainsi qu'une paire d'escarpins. Elli opta pour une robe grise et noire longue, ouverte jusqu'aux genoux, de chaque côté et avec un dos plongeant. Sa poitrine étant presque inexistante, à son gout, elle préférait nettement mettre sa chute de rein en valeur plutôt que son décolleté inexistant. Après s'être douchée, elle avait enfilé sa robe et avait choisi de se faire un maquillage léger, en revanche elle prit le temps de boucler ses cheveux courts histoire d'avoir l'air coiffé. Maintenant il n'y avait plus qu'à passer voir Bastien et Lyra pour s'assurer qu'ils avaient une tenue correcte et surtout qu'ils étaient prêts. Pour le reste, il ne restait plus qu'à attendre les invités.



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MessageSujet: Re: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Jeu 2 Nov - 20:58












Camille & Co

« Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »

En ouvrant les yeux, la première sensation que j'eus fus celle d'une main glissée dans mes cheveux. Un sourire étira mes lèvres alors que je passai une main joueuse le long du torse qui se dévoilait à ma vue. Paresseusement, je relevai la tête, appuyant mon menton contre l'épaule qui se présentait devant moi. Et un sourire de plus traversa mes lèvres. Ça, c'était trop bon, mais horriblement rare. J'avais juste envie de m'en délecter.

Ça, c'était la sieste avec mon mec. Un gendarme et un médecin en centre hospitalier, ça donne un mélange assez compliqué à organiser, et je prenais chaque moment que l'on m'offrait avec Ben. Quand j'étais rentré, épuisé et à bouts de nerfs de ma garde, j'avais pensé que rien n'aurait pu me détendre assez pour que je sois en mesure de me rendre à l'anniversaire des filles de Clarissa et Alexandre. Mais ça, c'était sans compter sur le fait que mon homme était exceptionnellement rentré plus tôt du travail.

Le point positif de vivre avec lui, c'était ... De vivre avec lui. Passé le côté bordélique qui m'avait fait péter les plombs au départ, je n'avais absolument rien à regretter. Il était toujours là quand il le fallait, pour tout. Profiter d'un moment ensemble était notre priorité commune. Le décider à me suivre pour une après midi sous la couette n'avait pas été si difficile. J'en avais bien profité. Pas besoin de vous faire un dessin.

J'avais fini par m'endormir, lové contre lui, laissant les galères du boulot loin de notre appartement, au final. Mais il était plus que temps de nous lever, sinon nous allions finir en retard, et ça serait plutôt embêtant. Je me redressai finalement, appuyé sur un coude de chaque côté du sudiste, pour poser un baiser ferme sur ses lèvres. Il savait depuis longtemps que pour les réveils en douceur et les matins à prendre le temps, il ne fallait en aucun cas compter sur moi.

« Faut qu'on se bouge avant d'être à la bourre. » Afin d'alléger un peu le truc, je fis glisser mes lèvres le long de sa mâchoire. « J'ai promis à Elli que pour une fois on serait à l'heure. »

Je quittai finalement le lit, sans pour autant embarquer la couette, chose dont j'étais bien plus que capable. Je me dirigeai plutôt vers le dressing, que j'ouvris afin de trouver une tenue. Pas facile tout ça. Je jetai un coup d'oeil vers le lit, avant de choisir un jean somme toute classique, mais qui me mettait en valeur d'après un certain quelqu'un. Avec ça, un tee shirt noir éclaboussé de tâches de couleur vives. L'ensemble pouvait sembler banal, mais il devrait plaire à ma moitié, puisque pour une fois je ne me prenais pas la tête et que de toute façon c'était lui qui m'avais offert le haut. Je me dirigeai ensuite vers la salle de bain.

Je me glissai rapidement sous la douche. L'eau chaude acheva de me réveiller. Je secouai la tête, pensif une fois de plus. Ah, cette vie. Réussir mes études check. Rencontrer quelqu'un check. M'engager dans une relation sérieuse check. Bon. Du coup les deux derniers critères m'avaient poussé à allonger la liste de ce que j'avais fait de ma vie avec des choses que je n'aurais jamais imaginées. Assumer ma sexualité check. Faire mon coming out check. C'était encore la partie facile du truc. La suite par contre ... Le présenter à mes parents check. Pas facile. Affronter leurs regards sur nous check. Difficile. Assumer totalement mes sentiments check. C'était sûrement le plus délicat. Après le reste c'était une promenade de santé.

Pêle mêle, nous avions rencontré nos amis respectifs, commencé à vivre ensemble, acheté un appartement, Ben avait changé de carrière, du moins en partie, j'avais changé d'établissement suite à quelques petits soucis avec des collègues ... Enfin la vie avait suivi son cours, quoi. Et j'étais aujourd'hui très amoureux de mon homme, aussi improbable que ça ait pu me paraître avant. Mystère et boule de gomme sur la façon dont j'en étais arrivé là. Ce n'était pas vraiment que je veuille m'en plaindre mais ... La plupart du temps j'y réfléchissais encore.

Je coupai finalement le jet d'eau, sortant de la douche enroulé dans une serviette moelleuse. Je retins le vieux réflexe qui me poussait à secouer la tête, au risque d'envoyer une quantité astronomique de gouttes d'eau frapper les murs et les meubles de la salle de bain. Mes cheveux étaient désormais plus longs, et après de longues années à secouer la tête dès que quelqu'un tendait la main vers mon crâne, j'avais fini par m'habituer à la manie de mes proches de vouloir glisser les doigts dans ma tignasse brune.

Je m'essuyai rapidement. Maintenant, je ne faisais même plus attention à ce que j'avais comme cicatrices sur le corps. Pourtant il y en avait quelques-unes quand même. D'abord, les petits impactes qui couraient sur la majeure partie de mon torse, restes de l'explosion d'une mine lors du passage de mon dernier convoi militaire, juste avant le retour à la maison. Il s'agissait de petites mouchetures visibles uniquement lorsque ma peau avait son joli hâle d'été, ou lorsque l'on savait qu'elles et étaient là. Il y avait ensuite l'impressionnante brûlure qui courait sur l'un de mes flancs, vestige de l'incendie qui avait failli emporter ma meilleure amie. Au travers de cette blessure qui n'avait rien de joli, la trace irrégulière d'un coup de couteau qui avait salement amoché la peau à peine cicatrisée qui avait prit le coup pour une fille partie du jour au lendemain. J'avais sur le visage une trace du même genre, si ce n'est qu'elle était à peine visible, récoltée de la même façon.

Avec un soupir, je sautai dans mes fringues. À trop réfléchir j'allais nous mettre en retard. Mais je devais avouer que le reflet que je renvoyais me plaisait beaucoup. J'avais meilleure mine avec quelques heures de sommeil réparateur. Je coiffai rapidement mes cheveux, avec une touche de cire pour les envoyer un peu en arrière, avant de me parfumer et de sortir de la salle de bain. En croisant Ben, je ne pus m'empêcher de lui voler un baiser en rappelant l'heure du départ. Il nous restait un peu plus d'une heure pour arriver à l'Edelweiss, qui se trouvait à quelques ruelles de notre petit cocon. On était sensé y arriver. De toute façon, au cas contraire, j'allais juste y laisser ma tête, puisque la morue risquait de me sauter à la gorge. Le retard était devenu une véritable habitude.

En attendant que Ben sorte de la salle de bain, j'entrepris de répondre aux messages que j'avais en attente sur mon téléphone portable, ainsi qu'à quelques mails professionnels. Depuis quelques temps j'étais passé pro dans l'art de gérer ma vie et ma carrière. Évidemment, ma priorité restait mon homme, et de loin même, mais je profitait parfois d'un peu de temps libre à la maison pour avancer sur mes demandes de rendez vous et autres arrangements de planning d'astreinte. La plupart du temps mon emploi du temps se greffait sur celui de Benjamin, mais ça n'était pas non plus toujours le cas. Et je détestais quand ça ne collait pas.

Le plus long fut encore d'échanger avec ma mère. En dix ans, elle avait eu le temps d'avaler la pilule, mais pour autant ma relation avec mon homme ne lui plaisait absolument pas. Du coup notre relation était toujours aussi tendue, et parfois je me demandai si elle ne me foutait pas volontairement en rogne pour que je coupe les ponts avec elle. Ça serait très pratique que son fils homo soit en prime un fils indigne qui brisait le coeur de sa pauvre maman. Échanger avec elle relevait du combat, mais j'avais de l'expérience. Pour autant ma bouche était pincée lorsque Ben sortir de la salle de bain, preuve d'une nouvelle tension chez moi. Il avait malheureusement l'habitude. Un sourire passa sur mes lèvres tandis que je l'observai.

« Eh bien, il semblerait que cette fois nous puissions être en avance. » Là il faut quand même applaudir. Je me levai en m'étirant, dévoilant une bande de peau claire entre mon jean et mon tee shirt. Mon regard de glace n'avait pas quitté celui chocolat de mon homme. « Question bête qui attend potentiellement une réponse bête. T'es prêt ? »

Sachant que j'étais pro aussi dans les questions bêtes ... Et ça depuis très longtemps d'ailleurs. Pour autant mon sudiste ne s'en était jamais vraiment plaint. Il le prenait plutôt avec humour et dérision, ce qui me rendait invariablement taquin. Ce genre de traits de caractère étaient récents. J'avais réussi à laisser de côté pas mal de mes problèmes d'avant pour enfin redevenir quelqu'un de plus léger, même si certaines blessures ne pourraient jamais cicatriser et que certaines peurs restaient viscéralement ancrées en moi. Mais quand même j'allais mieux.

J'enfilais finalement ma veste en cuir et une paire de Doc Marten's. Tout le monde trouvait que ça me donnait un petit air rock qui n'allait bien, mais pour moi le seul intérêt c'était d'être bien dans mes pompes. Et puis, vu la hauteur de semelle de ce genre de chaussures, je gagnais quelques petits centimètres manquant par rapport à Ben. On trouve les points positifs que l'on veut ! J'ouvris finalement la porte de l'appart, laissant mon cher et tendre passer devant moi avant de refermer à clé et de me mettre à dévaler les marches qui menaient à l'extérieur.

Une fois dehors, je glissai la main dans la poche arrière du jean de Ben avec un sourire entendu. C'était un geste possessif que j'adorais accomplir. J'étais un jaloux impulsif, et même si je n'avais pas vraiment de raisons de l'être, j' adorais prouver que ce mec canon était à moi, tout comme j'assumais pleinement d'être à lui, maintenant. Après tout ça ne pouvait être que donnant donnant, vu qu'on avait quand même deux caractères suffisamment affirmés. Mais c'était parfait comme ça.

Sur le chemin vers l'Edel, nous avions échangé quelques banalités, après tout ça faisait aussi partie des facettes d'un couple. Et au final rien n'était jamais réellement banal entre nous deux. Nos métiers ne se ressemblaient jamais et, même si nous étions tous deux tenus au secret professionnel, nous arrivions à énormément échanger sur nos journées. De fait, traverser les ruelles fut rapide, et lorsque je poussai finalement la porte du bar, je ne pus m'empêcher de rire. C'était ... Rose comparé à l'ambiance pleine de cachet du lieu, tout en vieux bois sombre patiné et marbre noir.

« J'adore la nouvelle déco ! »

Moi me moquer ?? Jamais !! En riant toujours, je me détachai de mon homme pour aller saluer Elli et Greg avant de recevoir une Lyra toute courante dans les bras. Je la calai finalement sur ma hanche, tandis qu'elle entourait ma nuque de ses deux petits bras d'enfant. Je rejoignis finalement Benjamin, un sourire aux lèvres, ma nièce dans les bras.

« Je tiens à préciser que nous sommes à l'heure. » Je penchai la tête de côté. « Et que, du coup, je n'avais pas oublié. »

Bah ouais. Parce qu'il y a des choses qui ne changeront jamais !
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Benjamin Giron

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MessageSujet: Re: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Mer 7 Mar - 22:20



“Ne laissez pas les gens négatifs voler votre joie. Lorsque vous perdez votre joie, vous perdez votre force.”



 « La vie est une rencontre ». Benjamin & Camille


Des après midi comme ça arrivaient bien trop peu souvent. Pour une fois Ben avait pu quitter le boulot un peu plus tôt après s’être arrangé avec un collègue. Et c’est un après midi option sieste crapuleuse qui avait remplacé la paperasse au bureau. Ben adorait ses instants avec Cam. Il ne leur avait fallu que quelques mots pour finir sous la couette et finir par s’endormir dans les bras l’un de l’autre. Le sudiste était souvent pris par son travail, avec des horaires parfois impossibles, mais Cam n’était pas toujours mieux loti. Il leur arrivait de se croiser rapidement pendant plusieurs jours sans vraiment avoir le temps de discuter et les jours semblaient alors véritablement longs. Mais ils avaient tous deux des métiers passionnants et ils l’avaient choisi. En plus de ça, Ben ne pouvait pas se plaindre non plus parce que Cam faisait toujours en sorte de trouver du temps pour eux. Ben en faisait autant, comme en ce jour, mais c’était quand même compliqué. Le jeune homme n’avait jamais vécu pour le boulot, loin de là, mais il avait compris depuis quelques années qu’être bien dans son travail et avoir une place stable étaient quand même mieux. Et le salaire qui allait avec également.

Toujours était-il qu’ils étaient allongés dans leur lit, dans leur appart’ et que l’après midi avait été nettement meilleur que celui qui était initialement prévu. Ben dormait, comme la marmotte qu’il était et se furent les caresses de son homme qui le sortirent de sa douce torpeur. Mais ce n’était pas suffisant pour donner envie à Ben de se réveiller totalement. Il était bien là, installé avec l’homme qu’il aimait. Seulement ce n’était pas l’avis du nordiste qui finit par lui grimper dessus et l’embrassa. Ben grogna plus pour la forme. Il ne s’y faisait pas à l’énergie débordante de Cam au réveil. Il lui fallait toujours quinze ans avant d’émerger et encore, il ne répondait que par grognements plus ou moins compréhensibles. Et même s’il adorait être réveillé par les lèvres de Cam, Ben ne pouvait s’empêcher de râler. Il finit par ouvrir un œil avec les paroles du jeune homme. L’anniversaire des jumelles… C’était tous les ans… c’était rien s’ils arrivaient en retard non ?! D’après Camille c’était grave, alors si ça tenait à Cam d’arriver à l’heure, Ben ferait un effort pour ne pas mettre trois plombes à se préparer.

Le sudiste regarda partir Cam avec un œil appréciateur. Il aimait vraiment son corps, ce mec était parfait. D’accord, tout un tas de marques abimées sa peau, mais cela faisait partie de lui et Ben ne trouvait rien de moche dans tout ça, bien au contraire. Il savait que son homme avait vécu des choses bien difficiles et ces traces n’étaient qu’une infime preuve tangible de ce qu’il avait pu surmonter pour en arriver là. Le jeune homme suivit du regard Cam et fut particulièrement content de son choix de vêtement, surtout ce jean là… Le corps d’Apollon disparut de son champs de vision et Ben referma les yeux un instant. Si on lui avait dit des années auparavant qu’il serait installé avec un homme qui remplissait sa vie comme personne ne l’avait remplie avant, qu’il serait amoureux, heureux et qu’il avait trouvé une espèce de stabilité, il ne l’aurait jamais cru. Il savait qu’il avait évolué, surement dans le bon sens, il ne laissait presque plus trainer ses fringues partout, mais surtout il n’avait pas évolué seul et c’était surement la meilleure partie de l’histoire. Ben se retourna et enfouit sa tête dans son oreiller en grognant de nouveau. Il entendait l’eau de la douche et était à deux doigts de rejoindre Cam, mais il savait que s’il mettait à exécution son idée ils ne seraient jamais à l’heure. A la place il sortit du lit s’étira longuement avant d’ouvrir l’armoire et de réfléchir un peu à ce qu’il allait mettre. Très vite son choix se porta sur un jean noir et un t-shirt gris avec l’inscription en bleu roi « ma marque de fabrique la ponctualité à deux trois heures près », c’était un cadeau de Cam et en plus c’était parfait pour ce jour.

En attendant que madame sorte de la salle de bain, Ben se dirigea vers la cuisine et se servit un grand verre d’eau qu’il avala d’une traite avant de retourner trainer dans le lit. Avantage avec son boulot : pas de travail à la maison. Et puis il n’aurait pas eu le temps de faire grand-chose puisque Cam sortait et que c’était maintenant à son tour de passer par la case salle de bain. Enfin avant le nordiste ne put s’empêcher de lui rappeler l’heure à laquelle ils étaient censés partir, et s’il ne l’avait pas embrassé Ben aurait grogner un peu plus fort que ce qu’il fit. En un rien de temps il se retrouva sous la douche, qu’il expédia bien rapidement. Il s’enroula une serviette autour de la taille et frotta énergiquement ses cheveux avec une serviette. Contrairement à Cam, Ben ne faisait aucun effort capillaire, de toute façon il n’en avait jamais fait et ne comptait pas s’y mettre maintenant. Il finit de se sécher et enfila ses vêtements, mit une touche de parfum quand même et c’est en se regardant dans le miroir qu’il constata qu’il aurait par contre pu faire un effort de rasage. Trop tard, et la flemme en plus. Et puis ils l’avaient déjà tous vu avec un début de barbe lui mangeant le visage, ce n’était pas catastrophique.

En sortant de la salle de bain, Ben retrouva un Cam contrarié et il se demanda ce qui pouvait le rendre ainsi, mais il savait que s’il avait voulu dire quoi que ce soit, ça aurait déjà été fait. Et puis c’était pas comme s’il avait gardé sa tête de pas content, un sourire s’était dessiné sur son visage et Ben ne chercha pas plus loin. Un sourire s’afficha à son tour sur ses lèvres, les yeux posés sur Cam qui se levait, un rire finit par s’échapper à la question du jeune homme.

« Je suis prêt, mais tu sais que si tu veux pas arriver en avance je peux trouver un moyen de retarder notre départ… »

Son sourire s’élargit et il fit un clin d’œil à Cam. Bien entendu qu’il n’allait pas les rendre en retard, il savait que ce genre d’événement était important pour Cam et que la ponctualité l’était encore plus quand il était question de promesse à sa meilleure amie, mais Ben n’avait pas pu s’empêcher de le taquiner. Le sudiste récupéra sa veste en cuir et enfila une paire de converse. Quand il se retrouva à côté de Cam il n’eut même pas à baisser les yeux pour savoir qu’il portait ses Doc’s et cela l’amusa. Ben n’avait aucun problème avec sa taille, ce n’était pas vraiment le cas de Cam qui aimait bien être à la ma hauteur que lui.

Ils finirent par prendre le chemin de l’Edelweiss et c’est la main dans la poche de l’autre qu’ils traversèrent les ruelles d’Etretat tout en discutant de tout et de rien. Le chemin passa a une vitesse impressionnante et ils pénétrèrent dans le bar en avance. Enfin dans le bar… qui ne ressemblait plus réellement au bar auquel ils étaient habitués. Tout était habillé de rose et le charme du lieu en prenait un sacré coup. Cam rit de bon cœur devant cette effusion de princessitude et Ben l’accompagna volontiers. Il salua Greg et Elli toujours autant amusé.

« Il n’a pas oublié, ça c’est sûr, il a dû me répéter au moins quinze mille fois l’heure à laquelle on devait partir »

Bastien fit son apparition et Ben le taquina en lui ébouriffant les cheveux et le bousculant un peu. Il s’entendait plutôt bien avec la petite famille formée par Greg et Elli et pour une raison inexplicable, il était assez proche de Bastien, surement parce qu’il était le maître des pitreries et des blagues limites.

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MessageSujet: Re: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Lun 2 Avr - 17:42












Cléia & Co

« Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »

« Salut Val' ! Visiblement tu es encore occupé au garage, donc j'espère que tout va bien et que tu n'as pas d'imprévu ! Je suis coincée sur l'autoroute pour le moment, du coup je pense que j'irais directement à l'Edelweiss en rentrant. J'ai hâte qu'on puisse se poser un peu tous les deux, tu m'as manqué cette semaine. Je t'aime ! »

Après avoir raccroché, je soupire et jette un œil noir au GPS accroché au pare-brise de la voiture. Deux heures de route ... Si je roule dès à présent. Cet arrêt m'agace prodigieusement, parce que j'espérais rentrer à la maison avant de repartir. Je n'ai pas vu Val de la semaine, et même si on s'est appelés tous les jours, il m'a manqué. J'ai besoin de passer un peu de temps en tête à tête avec lui. Une semaine complète de congrès c'était bien beau, mais ça restait quelque chose de nerveusement éprouvant pour moi, et mon seul moyen de me ressourcer, c'était de profiter de mon homme.

On avait emménagé ensemble après que j'ai obtenu mon doctorat et mon poste d'enseignante-chercheuse à l'université d'Etretat, mon premier et seul choix à vrai dire. Enfin, rectifications. J'avais emménagé chez Val dans un premier temps, le temps de savoir un peu ce qu'on voulait, où on voulait aller. Changer de régions, peut-être, s'il le voulait. Mais à deux, c'était certain. Seulement les opportunités s'étaient présentées une à une pour nous pousser à rester dans la région, et nous ne nous étions pas battus contre cette idée. Les choses allaient dans le même sens pour nous deux, c'était pour moi tout ce qui importait. Puis on avait fini par faire nos cartons et acheter notre petit truc rien qu'à nous, plus proche du garage qui appartenait désormais au toulousain. C'était bien plus pratique pour lui de rapprocher, et pour moi, ça n'était pas bien dérangeant non plus.

Non, en fait, dans notre nouvelle petite vie pas si rangée que ça, le gros problème, c'était les temps que je passais en déplacements professionnels. Dans ces moments-là, Val restait à Etretat, et moi je me baladais toute seule au milieu d'un drôle de monde de chercheurs. J'avais alors la douloureuse impression d'être totalement sans défense, sans protection, et je détestais ça viscéralement. En un sens, c'était vrai. Valentin était mon roc, mon pilier, mais aussi mon refuge. Depuis le début, j'avais pu compter sur lui, et il ne m'avait, dans ces occasions, jamais déçu. Il avait toujours été là pour moi, même quand je n'étais pas facile, ou complètement hystérique. Des crises, il en avait endiguées plus d'une. Mais il était resté là, et je devais saluer chaque fois sa patience. Heureusement quand même, j'avais fait de gros progrès, pour ne pas parler de miracles, en matières de relations. Les résultats étaient bien plus que concluants.

Après avoir pesté comme une folle dans ma voiture et manqué de péter les plombs très sévèrement deux fois de suite, j'avais fini par rejoindre Etretat en fin d'après-midi. Encore un peu et j'aurais bien cru que je n'arriverais jamais. Bien entendu j'avais eu Clary au téléphone pour lui annoncer mon hypothétique non arrivée, ce qui ne l'avait pas rendue sereine du tout, et j'avais moi aussi commencé à sérieusement stresser d'arriver un jour ou l'autre. Définitivement, il était dangereux de nous laisser toutes les deux. Mais finalement, j'étais arrivée entière et vivante et à l'heure, même si pour l'heure, il s'agissait quand même de me dépêcher un peu parce que j'étais borderline. Je jetais un œil dans le miroir intérieur de la voiture, histoire de m'assurer que mon maquillage n'avait pas coulé et que ma coiffure ressemblait encore à quelque chose, avant d'enfiler mon trench coat en cuir noir et de sortir de la voiture.

Pour l'occasion, petite Cléia était réellement devenue grande. J'avais bien été obligée de laisser mes tenues trop passe-partout derrière moi, et il fallait avouer qu'on me remarquait désormais. Là, par exemple. Je portais un tailleur à jupe gris clair sur une chemise blanche à jabot noir. Avec une paire d'escarpins noirs et un maquillage léger pour mettre en valeur mon teint clair et mes lèvres rouges, c'était clairement une tenue qui faisait son petit effet. Elle était complétée par un chignon bas sur ma nuque et légèrement desserré pour alléger l'effet. C'était typiquement mes tenues pour les présentations de conférence. Quand au trench, c'était une pièce achetée sur un coup de tête il y avait longtemps déjà, mais je savais tout l'effet qu'il pouvait avoir sur mon homme. C'était assez plaisant.

Je respirais finalement un grand coup pour me défaire des tensions de la route avant de pousser la porte du bar. A l'intérieur, tout était rose, ce qui était assez étonnant vu les goûts du propriétaire. Le changement de décor prêtait à sourire, et je ne me fis pas prier. J'allais saluer tout le monde avec un grand sourire et beaucoup de bonne humeur, prenant quelques petites nouvelles au passage parce que, il fallait le dire, se retrouver tous ensemble était très rare, surtout ces derniers temps, avec les occupations de chacun. Le garage prenait énormément de temps à Val, qui ne comptait toujours pas ses heures, et je remplaçais sur tous les déplacements une de mes collègues. Et puis il y avait Elli et Cam tous les deux dans le médical, ce qui voulait dire des horaires atypiques, quoique Ben ne soit pas mieux d'ailleurs avec son travail, et Greg ne pouvait fermer son bar pour un oui ou pour un non. Et à ça il fallait aussi ajouter un travail prenant pour Clary, Alex qui venait tout juste de se lancer dans son affaire, Camilla et Jake qui passaient leur vie entre les Etats-Unis et Paris principalement pour les tournages de l'acteur, Flo' et Céleste partis pour la capitale ... Non, des grosses réunions - de famille pour ainsi dire, mais quelle famille ! - il n'y en avait vraiment pas souvent, mais elles étaient la plupart du temps très intéressantes.
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MessageSujet: Re: « Te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ? Quand nous dansions sous la neige ? »    Ven 20 Avr - 16:57




 

Valentin et Cléia
te souviens-tu de ce matin d'hiver, il y a deux ans ?

La journée était encore une fois longue, Val n’avait pas comptait ses heures cette semaine. Il avait profité de l’absence de Cléia pour se mettre à jour dans la paperasse et tout ce qui pouvait toucher à l’administratif. Tout ça n’était absolument pas son truc et il lui avait fallu du temps et pas mal de petites erreurs pour réussir à s’organiser et surtout à faire les choses à temps. La paperasse était clairement quelque chose qu’il détestait et il reculait toujours pour le faire. Sauf que là… Clé n’était pas là, les soirées paraissaient particulièrement longues, même s’il était épuisé par le travail au garage, il se sentait seul et la maison était vide. C’était donc un verre à côté de lui, la table recouverte de feuilles qu’il se lançait dans ce travail fastidieux. Et même si maintenant que l’administratif était terminé, il avait toujours autant de chose à faire au garage et il avait commencé sa journée à 7h. Il était en train de changer la roue d’une petite Clio quand on l’avait appelé pour un dépannage. Une voiture sur un bas-côté et pas moyen de la redémarrer. Le toulousain avait alors confié sa boutique à son employé et était parti sur place. Il était revenu plus d’une heure après avec la voiture et se pencha sur le problème. C’était une jeune fille qui apparemment n’avait pas son permis depuis longtemps et sa voiture depuis encore moins longtemps. Elle n’y connaissait rien et savait à peine répondre aux questions qu’il lui avait posé. Après avoir jeté un œil sous le capot, il s’est avéré que c’était un problème de démarreur et la demoiselle avait dû appeler ses parents pour savoir quoi faire. Le jeune homme était donc revenu avec la voiture pour réparer tout ça.

Après le déjeuner il s’était lancé dans la restauration d’une ancienne moto. Depuis quelques années il s’était embarquer dans la restauration d’une moto des années 50 et même si cela lui avait pris de nombreuses heures, il avait adorait et les propriétaires avaient été ravis du résultats. Val s’était donc mis à restaurer de vieilles motos, parfois il faisait aussi quelques aménagements sur des voitures. Ce n’était pas son travail principal, mais il aimait ça et il était plutôt doué, ce qui lui permettait d’en demander un bon prix. Il était plongé dans le montage du moteur quand il leva les yeux et vit l’heure. Il allait être à la bourre ! Surtout qu’il avait de l’huile partout et que ce n’était même pas envisageable de sortir dans cet état là. Le jeune homme termina quand même ce qu’il avait à faire et après s’être longuement lavé les mains, il se dirigea vers son bureau. Deux appels en absence, dont un de Clé. Le téléphone à l’oreille, Val entreprit de retirer son bleu de travail et enfila un sweat. Il ne serait donc peut être pas le seul à être en retard. Bonne nouvelle. Moins bonne nouvelle : il allait encore devoir attendre un peu avant de voir Clé et c’était clairement frustrant. Une semaine s’était long, trop long et en plus de ça il savait que c’était encore pire pour Clé. Il avait remarqué que ce genre de congrès ne l’enchantait guère et franchement… ça le saoulait de pas pouvoir être là pour elle. Donc là tout de suite il avait envie de pester pour quelque chose dont il ne pouvait rien faire. Au lieu de ça il attrapa son casque, rangea son téléphone dans sa poche et rejoignit sa moto.

En arrivant il ne trouva pas la voiture de Clé et soupira. Il n’allait même pas la croiser avant de rejoindre tout le monde. C’était chiant, vraiment. Il détestait quand elle partait aussi longtemps. Son côté protecteur surement, côté qu’il avait largement découvert en sa compagnie. Ils avait essuyé plusieurs tempêtes, mais cela n’avait jamais changé ce qu’il ressentait pour ce petit bout de femme. Et encore aujourd’hui, même si c’était une adulte responsable, capable de se gérer comme une grande, il avait ce besoin, viscéral, d’être là pour elle. Mais il ne disait jamais rien sur les départ de Cléia, préférant garder ça pour lui. Il était hors de question qu’il interfère dans sa carrière. Qui était-il pour l’empêcher de faire ce qu’elle voulait et ce en quoi elle était douée ?! Val rentra et déposa son casque à l’entrée avant de balancer ses vêtements au fur et à mesure jusqu’à arriver dans la salle de bain. Une longue douche plus tard, il était devant l’armoire. Il opta pour un jean noir, une chemise gris clair avec les surpiqures noires. Il savait qu’il était à la bourre et savait aussi qu’il allait se faire taper sur les doigts et ça c’était non envisageable. Il récupéra sa veste en cuir et ses clés de motos avant de sortir avec son casque sous le bras.

Quand il arriva devant l’Edel’, il reconnut la voiture de sa chère et tendre et ses muscles se détendirent sans qu’il n’ait remarqué auparavant qu’il était autant tendu. Il passa la porte du bar et s’arrêta une seconde. C’était quoi tout ce délire ?! Tout était rose, et pas n’importe quel rose, un bon rose princesse qui franchement piqué les yeux. Le toulousain parcourut la salle des yeux et constata qu’il n’était pas en retard – en même temps à l’allure à laquelle il avait roulé…- et que Clé était bien là. Il s’arrêta pour saluer tout le monde, finissant par la principale. Il enroula ses bras autour d’elle, son sourire aux lèvres et l’embrassa. La tout de suite il aurait préféré ne pas être autant entouré mais c’était ainsi.

« La semaine a été longue Princesse »

Il l’embrassa sur le front et glissa son bras autour de sa taille. Val retourna son attention sur tout le petit monde. Il y avait un moment qu’il ne les avait pas vus. Ce n’était pas vraiment faute d’habiter loin les uns des autres, mais plutôt des emplois du temps qui ne leur laissaient pas beaucoup de choix. Et il était surement le premier à avoir des horaires pourris qui ne lui donnaient pas toujours envie d’aller chez l’un ou l’autre. Mais il était heureux de les retrouver et puis c’était pour quelque chose de bien. Les filles de Clary et Alex allaient être gâtées, un véritable anniversaire de princesse, le couple Leroy n’avait pas fait les choses à moitié.




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