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 Second Chances ○ Cléo Haspel

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Benjamin Giron

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Date d'inscription : 23/01/2016






MessageSujet: Second Chances ○ Cléo Haspel   Sam 23 Jan - 11:34


Cléo Haspel

I'm untouchable darkness, a dirty black river to get you through this. In the mouth of madness, down in the darkness


Nom : Haspel
Prénom(s) : Cléo Lucie Joséphinei
Surnom(s) : Clé, mais en fait ça dépend plus des personnes
Âge : 25 ans
Date & Lieu de naissance : 12/05/1990 à Poitier
Situation familiale : Célibatirei
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle
Particularités : Le corps de Cléo est recouvert de marques en tout genre. Pour commencer il y a les longues cicatrices le long de ses cuisses, sur son ventre, à la base de son cou, vestiges de tortures passées. Mais il n'y a pas que ça, son dos est marqué de cicatrices, le fouet ne pardonne pas. Et pour finir il y a sa main droite qui est elle aussi marquée d'une large cicatrice sur le dos de la main et une plus petite dans la paume du à un clou planté lors d'une autre séance de torture. Sinon Cléo est une jeune femme athlétique, musclée même, les sports de combat aidant nettement à sa forme physique.
Habitudes : Elle se terre un peu chez elle, pour elle sortir est une véritable épreuve (même si ça va beaucoup mieux depuis quelques temps). Lorsqu'elle sort, ce n'est qu'en présence de sa chienne Khaleesi ○ Cléo a besoin de sport, elle va courir tous les matins et au moins deux fois par semaine elle va dans une salle de combat pour s’entraîner. ○ Cela fait maintenant des mois qu'elle ne s'est pas dévoilée un peu, elle se cache et parle peu, préférant être discrète et éviter les gens. En plus de ça, elle est devenue très pudique et ne va porter que des vêtements trop grands et souvent d'homme.
Métier-Etudes : Palefrenière
Groupe : Habitant
Avatar : Brittany Robertson

Anecdotes
Son enfance a été des plus normales, enfin ce qui peut être normal dans une famille de militaire ○ Elle est entrée dans l'armée après avoir fait une école ○ En mars 2015 elle a été kidnappée lors d'une mission à Bamako au Mali, elle y a vécu les pires heures de sa vie avec des menaces, des tortures ○ Son retour en France a été également une épreuve et elle est encore en acclimatation, avec de fréquentes rechutes dans son comportement et son moral, elle a réussi à remonter une sacrée pente malgré tout et cela en partie grâce à Khaleesi, sa chienne ○ Son arrivée à Etretat est le résultat d'une envie d'indépendance, de retrouver une vie presque normale.



Caractère

Je pense qu’il est difficile de définir le caractère de Cléo, non pas qu’elle soit dure à cerner, mais plutôt que ce qu’elle a vécu l’a changée à vie. Irrémédiablement. Aujourd’hui c’est une jeune femme méfiante qui peut avoir des réactions violentes et imprévisibles. Avec son entrainement et ses capacités, elle peut mettre à terre un homme qui fait le double de son poids et peut être même le rendre inconscient. Elle est depuis quelques mois agoraphobe, mais se soigne, c’est d’ailleurs pour cela que vous ne la verrez jamais sans son chien. Si vous tenez à la vie, ne la surprenez pas, appelez là avant de vouloir la toucher…
Dans la vie de tous les jours Cléo est quelqu’un de très simple, qui essaie de se reconstruire. Elle évite tout contact avec les miroirs et se fait aussi discrète que possible. Plus vraiment féminine, elle n’a aucun gout pour le badinage, la drague, ou même le sexe. Sa vie se résume a sortir son chien, essayer d’aller faire des courses (même si le drive est devenu son meilleur ami), de manger sainement, de faire du sport et bien sur de prendre soin des différentes cicatrices recouvrant son corps. Elle a une grande passion pour les livres et le sport, surtout les sports de combats.
Cléo a une grande force de vie, elle est en général souriante et aimable, mais elle peut être vite irascible et se fatigue très vite en compagnie de monde autour. Si elle se sent en confiance, elle aime rire et même faire des blagues, ou quelques traits d’esprit, par contre si elle ne se sent pas à l’aise, elle ne décrochera pas un mot et aura plutôt tendance à fusiller du regard. Ne vous fiez pas aux apparences, c’est une jeune femme avec du caractère qui ne se laisse pas marcher dessus et elle n’aura pas besoin d’hausser le ton, elle est capable d’être glaciale et autoritaire si nécessaire, après tout, elle n’était pas rien dans l’armée…

acidbrain




Derrière l'écran
Prénom-Pseudo : Hehe
Âge : 22 ans
Pays : France
Fréquence de connexion : All the time
Inventé ou scénario : Inventé
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Benjamin Giron

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MessageSujet: Re: Second Chances ○ Cléo Haspel   Sam 23 Jan - 11:34


Histoire




Cléo Lucie Joséphine Haspel, née le 12 mai 1990 à Poitiers
Je ne sais pas si écrire m’aidera, mais voilà, mon cher psy a décidé qu’il serait utile de tenir un journal. Je dois dire que je me sens particulièrement stupide à mettre sur papier ce que j’ai vécu, et puis écrire ce que je ressens… Comment suis-je censée deviner chaque sentiment qui m’anime ?! Enfin voilà, il parait que c’est une technique qui marche pur beaucoup de monde alors je vais essayer de m’y tenir…

3 mai 2015
Cela fait exactement 49 jours que je suis sortie de cet enfer. Je ne sais pas ce qui est le pire : la douleur physique ou les cauchemars qui m’assaillent même éveillée. Je revois tellement de choses lorsque je ferme les yeux, les bruits aux alentours sont comme amplifiés et je sursaute à la moindre porte qui grince, au moindre chuchotement qui traverse le mur. Je crois que je préférais encore lorsque j’étais inconsciente, il n’y avait ni cauchemars, ni douleur, en réalité il n’y avait rien… Les médecins m’ont dit que j’aurai pu y rester, que mes blessures étaient graves et qu’il me faudrait des mois pour m’en remettre. Si seulement ils savaient à quel point j’ai approché la mort. Je ne me suis jamais autant battue pour vivre, c’était un combat de chaque instant, un combat que je livrais contre mon corps qui atteignait ses limites. J’ai vécu 8 jours d’enfer, mais j’ai l’impression de ne pas avoir totalement quitté cet endroit, j’y suis coincée et je ne trouve pas le moyen d’en sortir. Je n’arrive plus à dormir, et les médicaments ne m’aident pas, ils me forcent à dormir, mais ils m’emprisonnent également dans mes cauchemars. Ce n’est que par un effort de volonté intense que je sors du sommeil, transpirante, en hurlant et pleurant. Je suis fatiguée, tellement fatiguée.

5 mai
J’ai encore fait ce cauchemar horrible ou je vois cet homme, ce monstre, me tailler le ventre, j’entends encore le son de sa voix, la fraicheur de la lame sur ma peau nue, ses questions incessantes. Je n’ai jamais rien dit. Mais ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, je voulais que cela cesse. Après trois entailles, il avait très bien compris que je ne dirais rien, ils n’en étaient pas à leur coup d’essai et c’est vers Thomas qu’il s’est tourné ensuite, qu’il lui a posé les questions. Thomas n’était qu’un soldat, il n’était au courant de rien de très important, ce n’était pas mon cas… Je me suis réveillée en hurlant lorsque j’ai vu la lame entrer de nouveau dans le cou de mon subalterne. Cette vision hante chaque instant de ma vie, si ce soldat est mort, c’est bien par ma faute. Je suis ici et pas lui.

Je pense que la guérison physique est bien plus rapide que la guérison psychologique. J’ai revu un médecin aujourd’hui et mes plaies cicatrisent bien, il y a de grandes chances que je puisse réutiliser ma main pratiquement comme avant, mais je ne parviens pas à regarder les vestiges de ce kidnapping. Bientôt tout ceci ne sera plus que des traces, des marques sur ma peau… Mais ça signifie tellement de choses, tellement de souffrance. Chaque cicatrice correspond à une nouvelle torture et je ne peux retirer de mon esprit les images de ce que j’ai vécu pour avoir chacune d’elles. Mes parents disent qu’ils comprennent, mais je vois bien qu’ils commencent vraiment à s’inquiéter, je ne veux voir personne, en fait non, je ne veux pas qu’on me voit, qu’on me regarde avec pitié et compassion. Je ne sors pas, jamais, sauf pour aller à mes rendez vous médicaux. Il m’a fallut une semaine avant que je ne sorte de ma chambre et je ne me sens pas capable d’affronter le monde extérieur. On peut dire que j’ai peur de la foule, j’ai également peur de ce que je vais ressentir lorsque je me retrouvais dans la même situation qu’à Bamako. Alors je reste chez moi.

8 mai
Je pense que je n’étais vraiment pas prête à faire ce que j’ai fait aujourd’hui… Sortir en ville, c’était beaucoup trop, même à 7h30 du matin. Il n’y avait pas grand monde dans les rues de Poitiers et l’air était bien plus frais que ce dont j’avais l’habitude en Afrique, j’arrivais à faire de la buée avec ma respiration et je sentais mes joues me picoter. Bien sur je ne suis pas sortie seule, mon père et ma mère m’accompagnait, c’était une petite balade familiale pour essayer de me remettre doucement dans le bain d’une vie presque normale. J’en avais eu l’idée après avoir lu l’inquiétude sur le visage de mes parents, ils craignent vraiment que je ne ressorte jamais de la maison et je me pensais capable de gérer la situation, après tout j’étais avec ma famille, des gens proches, qui savaient ce que j’avais vécu et comment ils devaient agir. Les ruelles de ma ville natale ne devaient pas être un obstacle insurmontable. Alors je leur avais proposé de venir avec moi faire un petit tour, à peine quinze minutes hors de la maison, à une heure ou les passants ne se bousculaient pas. Seulement ça ne se passa pas vraiment comme ça… J’ai honte de ce que j’ai fait, de ma réaction, mais c’était un réflexe tellement ancré à présent. J’ai agressé quelqu’un, je l’ai senti me prendre l’épaule et j’ai senti la peur, la terreur même m’envahir avant de se transformer en adrénaline. J’ai attrapé la main posée sur mon épaule et par un mouvement souple j’ai fait une clé de bras et j’ai plaqué la personne contre le mur le plus proche, la clouant sur le mur, ne lui laissant aucun moyen de s’échapper. J’aurai pu la tuer, j’aurai pu tuer cette voisine qui venait de sortir de chez elle et qui voulait prendre de mes nouvelles, mes doigts étaient prêts à l’étrangler. Je ne me souviens pas vraiment de la suite, je me revoie uniquement courir à pleine vitesse pour rentrer chez moi, pour retrouver mon calme, ma sérénité et surtout ma sécurité. Cette scène était tellement semblable à mon enlèvement… Sauf que je n’avais pas pu réagir aussi vite, j’étais déjà inconsciente à cause du chloroforme.

12 mai
Aujourd’hui c’est mon anniversaire… Mes parents ont prévu une petite soirée avec la famille. Il n’y aura pas grand monde, la famille n’est pas très étendue, je sais que mes parents seront là, ainsi que mamie Joséphine et Elise ma cousine. Ce n’est pas un gros repas, mais mes parents veulent marquer le coup, l’année dernière je n’étais pas là pour mon anniversaire, j’étais en mission en Afrique, et avec ce qui s’est passé il y a deux mois, je pense qu’ils avaient envie de fêter autant mon anniversaire que mon retour… Je ne sais pas encore comment ça va se passer, je n’ai pas vu ni ma grand-mère, ni ma cousine depuis plus de six mois et je sais que j’ai changé… Tout ce que je veux c’est pouvoir retrouver une part de vie normale, juste pouvoir passer une soirée avec des gens autres que mes parents sans craindre de me faire attaquer.

Mon problème pour l’instant est le choix de ma tenue, ma mère n’acceptera pas que je reste dans un de mes t-shirt trop grand et l’un de mes pantalons de jogging afin de camoufler le plus de traces possibles. Je pourrais me mettre en robe, les marques de mon kidnapping ne se concentrent quasiment que sur mon dos, mon ventre et un peu en haut de mes cuisses… Je ne compte bien sur pas la longue estafilade à la base de mon coup, stigmate d’une tentative d’intimidation, et ma main encore bandée. Mais une robe… je me dévoilerai tellement. Je ne sais pas trop ce que je vais faire, je sais ce que je devrais faire, mais je sais également ce que je ne suis pas prête à endurer, surtout face à des personnes qui ne m’ont pas vu juste après mon retour chez moi…

13 mai
La soirée c’est passé bien mieux que ce que j’imaginais, je ne mettais pas aperçue que ne côtoyer que mes parents et mes médecins m’avait enfermé un peu plus dans ma bulle. Mamie était tellement heureuse de me voir et puis personne ne m’a posé de question, c’était presque comme avant. Je n’ai pas mis de robe, mais j’ai pu voir le sourire de ma mère lorsqu’elle m’a vue passer la porte de ma chambre avec mon jean blanc slim, ma tunique noire et blanche et mes chaussures à talon noires. J’avais même fait un effort de maquillage pour masquer la cicatrice à la base de mon cou et les cernes sous mes yeux fatigués. Je pense avoir retrouvé une part de moi, la part de féminité que je mettais refusée jusqu’à présent de dévoiler. J’ai également retrouvé le sourire durant cette soirée. C’était une bouffée d’air frais dont j’avais besoin. Pouvoir penser à autre chose, se remémorer des souvenirs d’enfance, les bêtises que j’avais pu faire, les réussites et les échecs de ma cousine et moi… Tout cela m’a coupé de ma douleur, aussi bien physique que mentale. Je n’ai plus pensé à ce que j’avais vécu durant ces 8 jours, mais je me suis souvenue de ce que j’avais fait avant, plus jeune. Je ne pourrais pas assez remercier mes parents pour ma soirée d’anniversaire, elle m’a reboostée, m’a redonnée le moral que j’avais perdu depuis quelques temps.

Qui dit anniversaire, dit cadeau, et je n’ai pas été déçue des miens, bien au contraire. Elise est arrivée avec un chien, rien que ça… Il s’agit d’une belle petite femelle malinois croisé berger allemand de deux ans du nom de Khaleesi. Mes parents et Elise se sont mis d’accord pour m’offrir cette chienne, elle a été dressée comme tous les autres chiens d’Elise et je sais déjà qu’elle sera mon bouclier contre les agressions du monde extérieur. Ma cousine élève des chiens depuis des années pour les gendarmes ou les militaires et elle avait gardé Khaleesi et sa sœur Sansa pour elle. J’avais déjà eu l’occasion de croiser les deux chiennes pendant mes courtes visites chez Elise et Khal et Sansa sont des chiens extra, dressées au doigt et à l’œil, d’une gentillesse extrême pour le peu qu’on n’agresse pas sa maitresse ou qu’on ne lui donne l’ordre d’attaquer. Avoir Khaleesi pour moi sera l’occasion d’affronter les rues de Poitiers un peu plus sereinement et ça sera également le moyen de devoir sortir de chez moi pour apprendre avec Elise les différents ordres que ma chienne connait. J’ai presque hâte de sortir avec elle, mais pour l’instant on va devoir s’apprivoiser l’une et l’autre, mais c’est en bonne voie, Khal est une chienne géniale et je ne peux que remercier Elise pour son cadeau.
Ma grand-mère n’a pas été en reste, elle ne m’a pas fait de cadeau à proprement parlé, par contre elle m’a donné un chèque qui me permettrait de me rhabiller pour les quinze prochaines années, ou pour m’acheter une belle petite voiture si je n’en avais pas déjà une. Mes parents m’ont offert pleins de petits cadeaux, tel que des livres, des bijoux, de nouveaux vêtements (plus ce que je porte en ce moment –donc t-shirt, sweat et jogging), mais aussi du parfum et des affaires pour Khaleesi. J’avais oublié ce que c’était de fêter son anniversaire avec sa famille, j’avais même oublié ce que c’était de vivre vraiment avec sa famille. Je pense avoir ouvert les yeux sur ce que mes parents vivent depuis mon retour, je suis là sans vraiment l’être, je ne participe pas, je suis un peu comme éteinte… Il faut que cela change.

19 mai
J’ai eu deux belles journées depuis mon anniversaire. La première était il y a 3 jours. Elle a débuté par un rendez vous chez mon chirurgien, il devait m’annoncer le verdict final pour ma main et il s’avère que le clou qui a transpercé ma main n’a abimé qu’un nerf et que les os se ressolidifiaient correctement. Il me reste encore quelques semaines d’attelles et des pansements à changer, mais je serai capable de bouger ma main presque normalement, il n’y a que la tendre complètement qui pourrait être difficile, mais au moins je pourrai couper ma viande seule et arrêter de demander à quelqu’un de le faire pour moi. Après cette bonne nouvelle, car il était possible quand même que je ne puisse pratiquement plus utiliser ma main, je suis allée voir Elise avec Khaleesi pour apprendre les bases des ordres, je sais à présent la faire aboyer sur demande, s’asseoir, se coucher, rester au pied, j’ai eu quelques difficultés avec ce dernier ordre, mais Elise est un très bon prof et Khal très patiente. Un début de relation s’installe entre nous, je suis surement un peu plus laxiste quand aux permissions dans la maison que ma cousine, mais c’est une chienne intelligente et après quelques tentatives de dépassage de limites, elle a compris ce qui était autorisé ou non. Bref je pense qu’on est sur la bonne voie et la prochaine étape est la sortie en famille.

La seconde belle journée était aujourd’hui. J’ai eu le plaisir de revoir un de mes camarades de l’armée. Je n’avais pas eu de contact avec l’armée, en dehors de leur psy, depuis mon rapatriement en France. Ce sont mes parents qui s’étaient occupés de tout, ne venant me voir que pour des signatures. Cédric était également en charge d’une troupe militaire, il était également au Mali quand je me suis faite attaquer à Bamako, mais lui était sur une frontière. On a évolué ensemble, on a combattu ensemble et entrainé ensemble. On peut dire qu’il s’agit de mon plus proche ami. Il m’a donc fait la surprise de débarquer chez moi. A peine deux semaines qu’il est rentré chez lui et le voilà devant ma porte. Je pense que c’est la première fois que je sautais dans les bras de quelqu’un, mais il était en Afrique, il sait ce que c’est et il sait également qui je suis. Je ne me suis jamais caché devant mes camarades hommes, ni femmes d’ailleurs, j’ai toujours été entière, mais comme tout le monde, on ne dévoile pas toujours tout à tout le monde… Cédric était l’un des seuls à me connaitre vraiment. Il faut dire qu’en plus d’avoir fait l’école militaire ensemble, nous étions au lycée ensemble. On se connait vraiment. Et de pouvoir le voir après tant de temps était comme un soulagement. On a discuté longtemps, de sa mission, de la mienne et pour la première fois j’ai mis des mots sur ce que j’avais vécu, j’ai pu avouer le nombre de fois ou j’aurai pu, ou j’étais sur le point d’abandonner. Il ne connait pas les détails des tortures que j’ai subi, je ne suis pas encore prête à tout dire, mais j’ai pu me libérer d’un poids immense, les sentiments qui me rongeaient depuis si longtemps furent expulsés. Alors oui j’ai peut être pleuré, j’ai peut être eu du mal à certains moments à trouver les mots justes, peut être que je me suis remémorée des passages que je souhaite oublier, mais le voir, parler avec lui… C’était retrouver un morceau de moi, encore. Je sais que je me reconstruis petit à petit, que cela va prendre du temps avant que je ne sois capable d’agir comme avant, de penser comme avant, mais ce sont de petites victoires que j’affectionne tout particulièrement.

22 mai
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Je suis enfin sortie de chez moi, et pas que pour aller dans jardin, je suis allée en ville. Il n’était pas très tard, peut être 9h quand je suis sortie avec mes parents et il faisait beau, un peu frais, mais avec le stress j’arrivais à peine à sentir la fraicheur de l’air, je n’entendais même pas les oiseaux chanter ou les voitures passer auprès de moi. La seule chose rassurante était la laisse que je tenais fermement, m’accrochant à elle comme si ma vie ne dépendait… et c’était peut être le cas… Khal est restée à mes pieds, ça me rassurait de savoir que si quoi que ce soit m’arrivait elle était capable d’agir, je n’étais pas seule. Mes parents m’entouraient et on a commençait à se balader, d’abord en silence, j’était bien incapable de prononcer un mot, bien trop occupée à observer les gens passer près de moi, à regarder, scruter même, chaque mouvements qui pourraient être suspects. C’était épuisant, je n’étais pas capable de me déconnecter un instant de tout ce mouvement autour de moi. Et puis on est passé devant la boulangerie, celle dans laquelle j’allais chercher mon gouter en sortant de l’école, celle là même ou papa passait toujours quand il rentrait de mission pour nous apporter leurs délicieuses nougatines du Poitou. Quand je rentrais de l’école et voyais un paquet de ces confiseries je savais que mon père était à la maison et que sa mission était terminée. C’était un peu une habitude qu’il avait prise et que j’appréciais. Mais lorsque l’on est passé devant cette boulangerie, l’enseigne à vendre me fendit le cœur et c’est ainsi que mes parents m’expliquèrent pourquoi c’était à vendre. Discuter m’aida à me détendre, j’étais un peu plus sereine. Toujours sur mes gardes mais je regardais moins ce qui m’entourait. C’était une nouvelle victoire !

Ensuite ma mère a repris le travail, elle est infirmière libérale maintenant et je sais qu’elle aime son métier, surtout depuis qu’elle ne se trouve plus à l’arrière de champs de bataille. L’armée est une histoire de famille, je n’ai pas été la première à m’engager, loin de là… Mais ma mère a quitté l’armée après m’avoir eu, elle est devenue infirmière en hôpital avant de se mettre à son compte et depuis mon retour elle a tout stoppé pour s’occuper de moi… J’ai du la pousser à reprendre le travail, je sais qu’elle me sent encore fragile, mais je ne pense pas être capable de me retrouver et de guérir en étant constamment avec ma mère. Le premier jour a été difficile, je me suis sentie seule et perdue, j’ai d’abord commencé par tourner en rond avant d’oser attraper la laisse de Khal et de partir en balade. Mon corps va mieux, c’est ma tête qui a du mal à guérir et je pense que c’est aussi parce que je n’ai aucun but depuis mon retour à part celui d’aller mieux… Je suis allée faire un petit tour, passant par des chemins ou il y avait peu de chance de croiser du monde et surtout en gardant bien ma chienne auprès de moi. Et ça c’est plutôt bien passé. Je crois que je vais me remettre à courir avec Khal, ça nous fera sortir et puis je pourrais retrouver ma forme physique comme ça.

30 mai
Je ne sais pas ce qui a provoqué ma rechute… Peut être le fait d’être tombé nez à nez avec un homme lors de mon footing… Ou bien la grippe que j’ai attrapée, en tout cas je ne faisais plus beaucoup de cauchemars et il y a 7 jours ça a été le défilé de l’horreur. Je ne sais pas si j’étais fiévreuse ou non, en tout cas mon cauchemar commencé comme un rêve, je courrais et Khal était avec moi, on se trouvait en bordure de forêt et comme plus tôt dans la journée je suis tombée nez à nez avec un homme. Il n’avait rien de vraiment effrayant, mais j’ai été surprise et j’ai fui, aussi loin que possible. En réalité je n’ai pas fui cet homme, je me suis excusée d’avoir manqué de lui rentrer dedans et j’ai continué mon chemin avec une allure correcte. Sauf que dans mon rêve je le fuyais, et je courrais toujours plus vite, jusqu’à ce que j’entende des pas derrière et que je me retrouve face à l’un de mes agresseur en Afrique. Ce n’était pas celui qui m’avait planté le clou dans la main et lacéré différentes parties de mon corps, non celui-ci était celui qui avait commencé les tortures, c’était celui qui m’avait fouettée à sang. Il tenait sa ceinture dans la main et avait ce regard sur moi… J’ai hurlé jusqu’à ne plus avoir d’air dans mes poumons. Mon réveil a été violent, j’étais en sueur et incapable de bouger, totalement paralysée par la peur. Chaque nuit cet homme venait hanter mes rêves et je me réveillais plus terrifiée que jamais. Je n’ai pas réussi à mettre les pieds dehors pendant presque 4 jours, et c’est à peine si j’arrivais à sortir dans le jardin. C’est à peu près deux jours après mon premier cauchemar qu’on m’a dit que j’avais la grippe et la fièvre est grimpée en flèche. Je devais lutter contre le virus, mais aussi contre ces images qui inondaient mon esprit.

Je n’ai pas réussi à écrire avant ce jour, en fait je n’ai rien fait depuis le début de mes cauchemars à part aller sortir Khaleesi et à lire. Je n’ai pas envie de ressortir plus que ça, j’en ai assez de me battre avec mes souvenirs. Mon cher psy dit que tout le monde peut être sujet à une rechute avec ce que j’ai vécu, mais je pensais vraiment aller mieux… sauf que voilà que mon esprit me montre exactement le contraire. Je suis à bout, à tel point que je me suis même assommée de médicaments pour pouvoir dormir un peu. C’était bien sur une erreur, une terrible erreur. J’ai eu encore plus de mal à me sortir de ma terreur nocturne. Alors maintenant je passe mon temps à somnoler entre deux balades et les repas. Je m’endors sur mon livre alors que c’est une chose qui ne m’arrivait jamais avant… Encore une fois mon psy me dit que je devrais voir du monde, parler, arrêter de comater et me prendre vraiment en main. Il n’a pas conscience à quel point c’est difficile quand on a que 2 heures de sommeil correctes…

3 juin
Je ne sais pas ce qui m’agace le plus… le fait que mon psy me dise que le fait que je sois en colère soit positif ou mon manque cruel de confiance en moi alors qu’avant il n’y avait pas plus à l’aise que moi, en toute circonstance. Non mais c’est vrai quoi, je m’énerve toute seule à ne pas réussir à aller chercher du pain toute seule, à ne pas avoir envie de sortir, de voir du monde alors que depuis toute petite je suis des plus sociables… Ce n’est pas pour rien que j’étais inscrite dans plusieurs clubs de sport. Je devrais peut être retourner dans une salle de karaté, ou de jujitsu… ou bien trouver un club de khrav maga, il parait qu’il y en a de plus en plus. Ou alors le combat n’est plus fait pour moi et alors je me rabattrais sur l’équitation. Je ne sais pas trop ce qui pourrait m’aider à évacuer toutes ses émotions négatives qui m’habitent. Il y a tellement de peur, de colère, mais aussi de l’incertitude. Bref, sortir de chez moi me parait presque impossible et en même temps j’ai envie d’avancer. C’est un dilemme qui me met encore plus en rogne car je pensais avoir passé ce stade, mais non, je suis retombée bien bas et je ne sais pas comment remonter la pente.

Mes parents s’inquiètent de nouveau pour moi, mon père donne moins de cours de pilotage et il ne fait plus autant de baptêmes en avion depuis quelques temps. L’impact que mon état moral a sur mes parents m’énerve d’autant plus. Je n’ai pas envie qu’ils s’inquiètent pour moi, je veux qu’ils vivent leur vie, qu’ils fassent ce qu’ils veulent, ils ont bien passé l’âge de faire du baby-sitting, même si je suis leur fille. Donc je suis coincée chez moi, avec mon pauvre chien qui est mon épaule pour pleurer et mes parents qui ne savent plus quoi faire de moi…

5 juin
J’ai revu Cédric ce matin, il est passé avant de partir en vacances avec des potes. Il m’a, encore une fois, été d’une grande aide. Je lui ai reparlé de ce que je ressentais et de ce qui m’emprisonnait chez moi, cette crainte de revivre des choses horribles et de me réfugier chez moi. Bien sur il m’a dit que c’était normal, tout le monde me dit que c’est normal… Et puis quand je lui ai parlé de cette drôle d’envie de refaire du sport, de retrouver quelque chose d’avant l’Afrique, d’avant Bamako, il m’a dit que je ne devais pas hésiter et que ce ne serait que bénéfique. Je crois que c’est le premier depuis des jours à me faire sourire et c’est drôlement agréable d’être détendue, à l’aise avec quelqu’un. Peut être que je n’ai pas changé tant que ça au fond… Peut être que j’ai voulu aller mieux trop vite et que c’est ce qui a causé une rechute si dure. En tout cas il m’a dit que peut être même je devais complètement changer d’air, partir de chez mes parents pour ne plus avoir de lieu ou me réfugier… Je trouve que cette méthode est radicale et assez violente, mais peut être que ça serait une solution… Il faut que je garde cette idée au chaud, pour quand je serai prête à affronter le monde.

6 juin
C’est décidé je vais reprendre un sport ! Bon, je ne sais pas encore lequel, parce que j’ai encore des cicatrices fragiles et un peu douloureuses et puis avec ma main ça ne va pas être pratique. D’ailleurs je ne sais même pas si mon médecin va accepter que je reprenne une activité physique, mais j’en au discuté avec mes parents et ils ne sont pas contre, mon père, en bon ancien militaire qu’il est, veut même me donner un coup de main pour me remettre en état. Je pense que me voir ainsi m’activer alors que je suis une vraie larve depuis presque 2 semaines le booste à m’aider. Il sait comment gérer mes entrainements, c’est quelque chose qu’il connait très bien, alors il doit sauter sur l’occasion pour être actif dans ma guérison. En tout cas je ne lui ai pas dit non, ça ne peut pas me faire de mal de me remettre à en chier. Non mais c’est vrai quoi, j’ai toujours eu un mental d’acier grâce à mon père, c’est d’ailleurs grâce à lui que je suis entrée dans l’armée et que j’ai aussi bien réussi. C’est aussi grâce à lui que je suis encore là, la torture… et bien c’était de la torture et avec les entrainements douloureux de mon père j’ai pu gérer certains moments. Par contre j’ai eu beaucoup plus de mal à gérer la mort de deux de mes collègues. On est jamais préparé à ça, peu importe l’entrainement qu’on ait eu avant.

Il va falloir aussi que je reprenne les sortie de Khal et là encore mon père c’est proposé de m’accompagner les premières fois. Je n’ai pas encore accepté parce que c’était quand même notre truc à Khal et moi… Il faut que je retourne voir Elise pour qu’elle me donne deux trois conseils et surtout pour que je me sente plus à l’aise avec ma chienne quand je sors. Je sais qu’elle est capable de beaucoup de choses mais j’ignore comment les lui demander et je ne suis pas une habituée des demandes d’ordres… à part le « au pied », le « assis » et le « non » quand elle fait une bêtise, ça ne va pas beaucoup plus loin. En fait je devrais surement y aller beaucoup plus souvent, ça serait bénéfique et pour Khaleesi et pour moi. Voir du monde autre que mes parents ou mon psy ne peut pas être mauvais de toute façon. Bon donc c’est décidé, il faut que je me mette doucement au sport et que je m’instruise un peu sur l’éducation qu’a suivie Khal.

9 juin
Comme prévu mon médecin m’a déconseillé fortement les sports qui pourraient aggraver ma situation, donc en fait tous les sports que je pratique depuis que je suis gamine. Par contre rien n’empêche mon père de me donner quelques « cours de sport adaptés à ma situation ». Comme si j’étais handicapée, non mais franchement ! Au moins j’ai le droit de courir et de faire les exercices de bases. De toute façon, il faut bien que j’avoue que je ne suis plus en condition pour faire ce dont j’étais capable avant. Rien qu’en allant courir hier je me suis aperçue que je n’avais plus aucun souffle, que mes jambes me portaient beaucoup moins loin et que je pouvais faire un malaise assez vite si je n’écoutais pas un peu plus mon corps. Avoir fait la larve pendant deux semaines était une sacré mauvaise idée ! Mais bon, je ne suis pas guérie non plus de ma peur du monde, ou même des gens en général. Quand je sors c’est de très bonne heure et je ne vais pas en ville, mais en rase campagne. Au moins en campagne je vois ce qu’il y a autour de moi et si je croise quelqu’un je peux soit changer d’itinéraire, soit me mettre suffisamment loin pour ne pas être frôlée. En écrivant ça j’ai l’impression d’être complètement folle. Je me souviens quand j’étais petite, je n’étais pas du genre à éviter le contact, même plus grande d’ailleurs… Je n’étais pas farouche, loin de là. Mais pour l’instant je me contente du fait d’être capable d’aller courir avec Khal. Elle, moi, c’était juste ce qu’il fallait, elle me motive, m’aide à me surpasser. Cette chienne est ce dont j’avais vraiment besoin et je ne pourrais pas assez remercier ma famille pour ce cadeau. Elle me maintient à flot la petite Khal.

Sinon je me suis fait deux sessions avec ma cousine en deux jours, c’est assez fatiguant comme après midi, mais qu’est ce que j’apprends sur Khal et sur les autres chiens… Pendant mon apprentissage Elise gère également le dressage d’autres chiens et c’est impressionnant ce qu’elle peut faire avec un chiot ! Je comprends qu’on lui demande ses chiens pour l’armée ou la gendarmerie. Du coup aujourd’hui je suis capable de lui demander des choses un peu plus spécifiques, elle est même capable d’attaquer à la demande et j’avoue ne pas vouloir me trouver à la place de celui qu’elle attaque parce que c’est une vraie boule de muscles. Elise m’a dit aussi que si je courrais, je pouvais investir dans un harnais plus confortable pour la chienne et que je pourrais même m’accrocher à elle. Elle m’a donné le nom de cette discipline, mais j’ai déjà oublié. En tout cas ça serait à tenter… Il faudrait aussi que j’arrive à sortir chercher du pain, ça pourrait peut être être utile un jour…

15 juin
Cette semaine a été quelque peu éprouvante, mon psy m'a un peu malmené. Il veut savoir à quel stade j'en suis, ou quelque chose comme ça. Notre séance a duré plus longtemps que d'habitude et il m'a fallut une journée entière pour m'en remettre. Il parait que c'est normal, et que c'est même bénéfique de se faire pousser un peu, mais je m'en serais vraiment passé ! Je ne pensais pas avoir si peu avancé, mais le fait est là, je suis encore très loin de la femme que j'étais avant. Alors c'est décidé, je vais devoir prendre sur moi et sortir acheter cette foutue baguette. Ca ne  m'enchante pas vraiment car je sais d'avance que je vais être stressée, que je vais observer les moindres faits et gestes des passants et que ça va me vider de mon énergie. Je vais peut être quand même y aller avec mes parents... Ne pas être seule, après tout, tous les deux ont connu les guerres ou en tout cas les zones de conflits et ils seraient aptes à m'aider si je me sens oppressée et incapable d'avancer. Il faut que je leur en parle...

Sinon j'ai continué mes séances avec Elise et je continue de m'entrainer tout doucement. Je sens peu à peu la différence, mon corps me parait plus familier, je suis plus à l'aise et surtout je suis capable de courir plus longtemps sans avoir l'impression que mes poumons sont en train de bruler et que mon cœur explose. Mes blessures ne me font pratiquement plus mal, enfin à part ma main, mais là je pense qu'il va falloir encore un peu de temps avant de ne plus rien ressentir.

18 juin
Je suis enfin sortie en ville. J'ai choisi l'horaire le moins passant et mon père m'a accompagnée, ainsi que Khaleesi. C'était une véritable épreuve, j'avais l'impression que tout le monde m'observait et que j'étais une bête de foire. Surement juste une impression, enfin je l'espère. A part ça... je ne sais pas encore si j'ai apprécié ou non... C'était un moment plus stressant encore que je ne l'imaginais et plus d'une fois j'ai du serrer la laisse de Khal le plus fort possible pour me rassurer et ne pas partir en sens inverse. Personne ne m'a frôlé, j'ai pu acheter du pain sans paraitre pour une folle. J'ai bien senti que la boulangère avait envie de me poser des questions, mais elle s'est retenue et je lui en suis reconnaissante. Parler avec un ami qui a connu à peu de choses près la même chose était une chose, mais parler à une inconnue de ce traumatisme... ce n'était pas envisageable...

19 juin
Nouvelle séance avec mon psy... des fois je me demande si ce n'est pas lui qui devrait consulter ! Après sa dernière séance qui m'a achevée, voilà qu'il veut que j'écrive noir sur blanc tout ce que j'ai vécu. Il veut que j'évacue... Et si je n'étais pas prête à évacuer ?!

20 juin
Bon, j'ai réfléchi et je crois que ce n'était peut être pas une si mauvaise idée que ça... Alors pour commencer je vais faire une liste des tortures que j'ai vécu, ça sera surement dans le désordre, mais des fois c'est un peu embrouillé dans ma tête. Par contre je ne vais pas décrire ce que j'ai vécu, ça c'est personnel et même mon psy ne saura pas ce que j'ai subi, à quel point ça pouvait être dur par moment. Allez, on commence :
- Fouettée
- Noyée
- Lacérée
- Plantée avec un clou
- Torturée psychologiquement (cris des camarades et autres trucs dans le genre...)
- Arrachage d'ongles
- Menaces en tout genre (avec exécution de la menace ensuite puisque je ne coopérais pas).
Je crois que j'ai fait le tour, ce qui, est pas mal je crois...

24 juin
Sortie shopping avec ma mère... c'était presque drôle puisque je ne pouvais pas rentrer avec Khal dans les magasins et que donc ma chère maman me montrait ce qu'elle trouvait par la vitrine. Ca n'a pas duré très longtemps, à peine une heure et quand je suis rentrée j'étais littéralement morte de fatigue. Plus je passe de temps dehors et plus je me sens à l'aise. Je suis continuellement sur le qui-vive et j'ai l'œil un peu partout, mais je ne sursaute plus à chaque portable qui sonne ou à chaque personne trop proche de moi. Je pense que c'est un bon début de sociabilisation. Enfin, je n'en suis pas encore à discuter avec des passants, mais j'arrive presque à sourire à un enfant qui passe.

J'ai refait des séances avec Khal et notre relation n'en est que meilleure. On se comprend beaucoup mieux et puis j'apprends pleins de petits détails sur sa vie, pour son bien être et son équilibre. J'en apprends aussi beaucoup sur mon propre équilibre et mon bien être. En fait les choses simples sont les meilleures et je dois vraiment me contenter de mes petites victoires quotidiennes, comme je me contente de nos victoires journalières à Khal et moi.

26 juin
Aujourd'hui je me suis découvert une nouvelle phobie... j'ai l'impression que dès que j'avance un peu, je recule aussitôt. Ma mère a voulu aller à la piscine, chose que je n'ai pas fait depuis des années il faut le dire. J'ai longtemps hésité avant d'accepter de l'accompagner. Déjà à cause de ma main, ensuite à cause de mes cicatrices un peu partout et puis... il y a toujours du monde à la piscine. Alors pour me décider ma maman m'a acheté LE maillot de bain parfait, il recouvre une bonne partie de mes cicatrices et principalement celles de mes cuisses et de mon dos. Pour ce qui est de ma main... c'était peut être une fausse excuse, je ne sais pas trop. Du coup je suis partie avec elle à une heure ou seuls les retraités peuvent venir, surtout qu'il faisait vraiment beau alors presque tout le monde était en piscine extérieure. L'épreuve du vestiaire ne fut pas si terrible, il n'y avait pas grand monde et je me suis surprise à être presque détendue. Surtout que bon... je n'avais pas Khaleesi avec moi. Quand j'ai vu le bassin j'ai eu comme un doute, une sorte de malaise. Il y avait vraiment beaucoup beaucoup d'eau et très vite le malaise s'est transformé en panique. Je ressentais presque encore la brulure de mes poumons en inhalant de l'eau, la douleur dans ma poitrine, l'impossibilité de respirer. Je n'ai pas pu rentrer dans la piscine... Je ne pensais vraiment pas que je serai ainsi prise de panique à la simple vue de la piscine. Je prends une douche quotidienne et l'eau ne me gêne absolument pas, bien au contraire... Du coup on est repartie et je suis allée courir jusqu'à ce que je n'en puisse plus. Encore un sujet que je vais devoir aborder avec mon psy...

29 juin
Je pense que je vais finir par partir de la maison. Oui, c'est une idée soudaine, et il y a beaucoup de chance que cette idée change, mais je me suis rendue compte que je m'appuie continuellement sur mes parents et je passe mon temps à leur demander des conseils... je n'avais pas fait ça depuis... au moins 5 ans... Et ça me gêne de redevenir une adolescente incapable de savoir quoi faire et surtout si ce qu'elle fait est bien. Je ne sais pas ou je pourrais aller, peut être dans un endroit calme, ou il n'y aurait pas trop de monde, un endroit en pleine campagne... En plus je suis sure que les jobs d'été on commençait, ça pourrait être une idée. Il faut que j'approfondisse un peu mes recherches.

A part ça, et bien... je ne vois pas grand monde à part ma famille et mon psy, même les médecins ont commencé à me laisser tranquille. Toutes mes cicatrices sont refermées et maintenant il n'y a plus qu'à éviter l'exposition au soleil, ce qui n'est franchement pas bien difficile puisqu'il est hors de question que je me montre ainsi. Je ne me suis pas regardée dans le miroir depuis des semaines et je n'en ai aucune envie... Je n'ai jamais vraiment trouvé que j'étais jolie, mais je n'avais pas à me plaindre, et là... Et bien là c'est un véritable carnage, je déteste ces longues lignes qui parcourent mon ventre, mes cuisses, mon dos... Ma mère me dit que ce n'est pas si terrible que ça et que de toute façon elles vont s'estomper avec le temps, mais je ne supporte pas la vue de ces traces de mes tortures. Elles ne sont peut être pas horribles, mais elles me rappellent, à chaque fois que je les regarde, les souffrances que j'ai subi. Je préfère donc éviter tout contact avec un miroir... Enfin voilà, je crois que je me suis assez plainte pour aujourd'hui.

4 juillet
Bon, c'est décidé, je vais partir un mois comme recluse dans le fin fond de la France. Je vais aller dans un refuge d'animaux et y travailler en tant que bénévole. Mon psy est enchanté que j'aille à la campagne m'occuper de bêtes, il me rabâche les oreilles avec sa théorie de la guérison grâce aux animaux... Bon, il n'a surement pas tort puisque Khal m'a été d'une précieuse aide, mais la façon qu'il a de le dire... Bref, je prépare mes valises depuis deux jours, le départ est pour dans 3 jours et je dois encore préparer deux trois trucs. J'ai presque hâte de me retrouver livrer à moi même, même si je sais que l'expérience pourra aussi bien être bénéfique que néfaste... Je vais devoir prendre sur moi et surtout essayer de me retrouver, seule. Enfin bref, pas de pc pendant mon séjour alors je ne risque pas d'écrire ce que je fais et ce que je ressens. Peut être que je vais embarquer un calepin pour continuer à écrire, et peut être que j'aurai le courage de recopier une partie ici. Mais franchement je n'en vois pas trop l'utilité...

9 aout
Me voilà de retour de ma longue escapade dans le milieu du bénévolat avec les animaux. J'ai peut être été dure avec mon psy et l'équithérapie est un vrai miracle. Bon, je ne suis pas capable de me regarder dans une glace, mais mon rapport aux autres s'est nettement amélioré. Je me cache toujours sous mon tas de vêtements informes et je ressens le besoin de m'entrainer quotidiennement, mais je suis capable d'avoir une discussion posée avec plusieurs personnes à la fois, je ne panique plus quand je me retrouve en ville. Je ne peux pas dire que je suis à l'aise, j'en suis encore loin, mais j'ai appris à être discrète et je ne m'appesantie plus sur le regard des gens, je trace mon petit bonhomme de chemin, le plus vite possible le plus souvent, mais sans sursauter à chaque coin de rue.

Je parlais d'équithérapie et c'est exactement le terme à employer. Lisa, la maîtresse de maison, a plusieurs chevaux et elle a de l'expérience dans le domaine. Elle m'a laissée le droit de déambuler dans les écuries et les pâtures comme je le souhaitais. J'ai passé des heures avec les chevaux, les ânes et les poneys. Au début je ne supportais pas qu'ils me touchent, on s'est fait peur une paire de fois, mais ce contact léger, constant m'a aidé à comprendre que je n'avais rien à craindre... et j'ai pu commencer à accepter le contact humain, même si c'est impossible encore lorsque je suis surprise... Un bénévole un jour est arrivé derrière moi et il pensait surement que je l'avais entendu, il m'a taper l'épaule et...  il s'est retrouvé le nez dans le sable, le bras sur le point d'être cassé. Alors oui, ça va mieux, mais je ne gère pas encore toutes mes réactions, surtout celles dictées par la surprise ou la peur... Je crois que je vais essayer de garder un pied dans le monde des chevaux... C'est nettement plus simple de communiquer avec eux qu'avec les Hommes.

13 aout
J'ai enfin revu Cédric, cela faisait une éternité, enfin j'ai l'impression. Il a rencontré quelqu'un et apparemment c'est le grand amour. Je suis ravie pour lui, en tant que militaire c'est pas vraiment facile d'avoir une relation stable, et je sais de quoi je parle. Du coup on a passer une après midi complète à raconter nos petites mésaventures personnelles et il a été surpris de mon optimisme. C'est vrai que depuis que je suis rentrée je me sens mieux. Mais bon, ça ne m'empêche pas de faire encore régulièrement des cauchemars, surtout quand je suis vraiment fatiguée. J'ai juste appris à faire avec et à laisser passer ce mauvais moment avant de retomber dans le sommeil. Mes parents aussi ont arrêté de se lever au moindre de mes cris ou au moindre chouinement bizarre.  En tout cas cette nouvelle pour Cédric me réjouit plus que je ne l'aurai imaginé, c'est un peu comme s'il ouvrait une nouvelle page. Peut être que j'arriverai à ne faire autant un jour...

16 aout
Je crois avoir trouver l'endroit idéal pour la rentrée ! Il est peut être un peu tard pour m'inscrire, mais quand j'ai vu le site sur internet, je me suis dit que c'était là bas que je voulais aller. Il s'agit d'une académie équestre. Bon ça se situe en Normandie, à Etretat pour être exacte, mais ce n'est pas le plus important. Peut être que je vais réussir à y trouver ce que je veux. Je sais bien qu'il y aura du monde, de l'agitation et que c'est assez loin du calme que j'ai vécu pendant un mois, mais il est peut être temps d'avancer et de me lancer... Ma carrière dans l'armée est finie, personne ne voudrait de moi après ce que j'ai vécu, je suis à la retraite et je dois trouver quelque chose à faire du reste de ma vie. Quelque chose qui soit en adéquation avec le nouveau moi. Je pense que je vais appeler demain et je vais voir si je peux intégrer les lieux ou si mon nouveau départ devra attendre encore, dans un autre endroit.

18 aout
Et bien je dois dire que mon psy ne me manquera pas vraiment... Je suis peut être un peu trop vache avec lui, il m'a aidé à avancer, à faire face à certaines de mes plus grandes craintes et il a su me guider dans le bon sens, la guérison n'est pas un chemin facile, mais il m'y a conduit peu à peu. Et là je vais devoir continuer avec quelqu'un d'autre sur Etretat. Car, oui, je peux intégrer Horse Beautiful dès le mois de septembre. Ca ne me laisse pas énormément de temps pour me préparer mais peu importe, si je prends plus de temps il y a des chances que je fasse marche arrière. Alors maintenant je dois faire mes cartons et commencer à meubler et remplir mon nouveau studio. J'ai de la chance, les animaux sont acceptés et Khal va donc pouvoir m'accompagner et être en quelque sorte mon pilier. Je suis autant excitée, que nerveuse et presque angoissée. J'ai prévu de commencer à amener des affaires dans la semaines et faire le tour des lieux rapidement. Faire un aller-retour dans la journée risque exténuant mais ça sera déjà un bon début !

26 septembre
Comment expliquer ce qui s'est passé... Une violente rechute sont les seuls mots qui me viennent. Il a suffit d'une soirée, d'une nuit plutôt pour que le travail de plusieurs mois soit réduit pratiquement à néant. Pas longtemps avant que je parte pour la Normandie, on a été cambriolé. Sauf que ce jour là j'étais seule chez moi, mes parents étaient partis manger chez des amis et je savais qu'ils rentreraient tard dans la nuit. Toutes les portes, les fenêtres étaient fermées, j'étais dans ma chambre avec Khal et... ils ont été très discret, jusqu'à ce qu'ils arrivent près de la chambre et que Khaleesi ne se mette à grogner. J'ai fermé mon ordinateur posé sur mes genoux, j'ai attrapé la première chose qui m'est venue (un crayon bic) et je me suis approchée de la porte. J'ai vu l'ombre passer et le reste est assez flou. Je crois avoir lâcher le collier de Khal que je tenais sans m'en rendre compte, de lui avoir ordonné d'attaquer et il y a eu un bouquant du diable, du verre briser... Je n'ai pas vraiment eu le temps de faire quoi ce soit, les deux voleurs étaient partis avant que je ne réalise.

Après cette nuit mes cauchemars ce sont empirés, je suis devenue paranoïaque et j'ai passé des heures sans pouvoir dormir. Je ne peux pas dire qu'aujourd'hui je vais mieux. Je suis juste capable d'en parler, j'arrive à dormir quelques heures et je ne ressors de chez moi que depuis quelques jours. Je ne sais pas pourquoi mon cerveau recoupe le cambriolage avec mon kidnapping, mais je commence vraiment à fatiguer. Il est surement temps que je change d'air et je pense qu'Etretat n'est pas une si mauvaise idée, même si je vais devoir faire face à mes démons seule. C'est une étape à passer et je ne vois pas autrement que de la passer sous peine de finir complètement folle.

28 septembre
Et voilà, le départ est pour aujourd'hui. Dans quelques heures je vais monter dans ma voiture et aller affronter cette nouvelle ville seulement accompagnée de ma chienne. J'appréhende beaucoup, vraiment beaucoup, mais si je fais demi tour maintenant je ne serai peut être plus capable ensuite de reprendre cette décision, alors le départ se sera aujourd'hui.

acidbrain

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Second Chances ○ Cléo Haspel

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