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 "L'avenir a le don d'arriver sans prévenir." Alex & Clary

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Clarissa Charmant
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MessageSujet: "L'avenir a le don d'arriver sans prévenir." Alex & Clary   Mar 28 Avr - 0:08



Tout le monde a droit au bonheur, mais personne n'a le droit de détruire celui des autres.



"L'avenir a le don d'arriver sans prévenir.". Clarissa & Alexandre
Encore une semaine de stage qui reprenait. Normalement Clarissa aurait dû être en vacances, sauf que voilà, avec son stage ce n'était pas possible, elle avait un certain nombre d'heures à faire et comme elle ne pouvait pas travailler pendant ses heures de cours, il fallait bine qu'elle ait une solution et cette solution était le travail durant les vacances. La jeune femme aimait son stage, il n'y avait aucun problème la dessus, mais depuis quelques temps elle avait un doute sur son avenir professionnel. Elle ne se voyait pas aller plaidoyer et se battre pour un client, cela était quand même assez embêtant puisqu'elle avait quand même pris plutôt cette voie là... Par contre, son stage lui avait permis de s'ouvrir un peu plus, de prendre sur elle, et le contact avec les clients dans le bureau de Monsieur de Bressac devenait plus naturel et aisé. Elle savait qu'elle pouvait devenir l'une de ses avocates dans une entreprise, ou même pour des particuliers, mais la plaidoirie en soit n'était pas faite pour elle. Elle n'avait pas le caractère et le charisme suffisant. Heureusement, avec ce stage, elle avait pu s'en rendre compte et elle savait ou ne pas aller et elle commençait vraiment à savoir vers quelle voie partir et se spécialiser. Il y avait ce master en M2 sur l'environnement qui avait l'air pas mal, et nettement plus dans ses cordes. Etre juriste dans le droit de l'environnement, sur Etretat, c'était franchement pas mal !

Mais pour l'instant Clary devait finir son année et surtout son stage afin de validée cette grosse partie de ses notes. La fin approchait vite, il ne lui restait plus beaucoup de semaines de cours et seulement deux semaines de stages, alors franchement elle pourrait survivre à cette dernière ligne droite avant de profiter de ses vacances. La blondinette arrivait donc à positiver sur cette semaine de stage, elle avait rendu le dernier dossier que Gabriel lui avait demandé quelques temps plus tôt et donc elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle allait devoir faire. La seule chose vraiment bien, était qu'elle était presque complètement autonome. Elle pouvait s'occuper d'un dossier en entier avant de le présenter à son patron alors que quelques mois encore il y avait certaines étapes qu'elle devait présenter avant de pouvoir monter un dossier complet. La seule chose qu'elle n'avait pas le droit de faire en tant que stagiaire était la plaidoirie, mais cela ne la gênait pas plus que ça, surtout qu'il n'y avait pas à plaider sur tous les dossiers qu'elle faisait. Des fois elle n'était là que pour conseiller les clients. Le dernier client qu'elle avait vu était un homme d'un certain âge, qui aurait pu être son grand père, et qui avait besoin de conseil pour son voisin qui voulait le mettre dehors avec des tas d'excuses. Ce n'était pas simple ce genre de dossier, elle avait eu besoin de quelques conseils de son patron, mais d'après lui, elle avait de bonnes idées et de quoi monter un dossier solides qu'il pourrait facilement apporter devant le juge.

Tout cela avait donné confiance en elle, parce qu'il fallait le dire, Clarissa n'était pas le parfait exemple de la fille débordant de confiance en elle. Depuis quelques semaines elle se sentait un peu mieux dans sa peau. Pleine de doutes sur son avenir, mais mieux dans sa peau, plus à l'aise avec son corps et les bêtises qu'elle avait tendance à sortir. C'était des plus agréable, aussi bien pour elle que pour ceux l'entourant. Mais bon, cela n'allait pas lui dire ce que ses deux semaines de stages allaient lui réserver... Elle arriva donc au travail, comme d'habitude à 10h00, après avoir fait tout ce qu'elle avait à faire et surtout avoir révisé un peu, quelque fois qu'elle tombe sur un cas un peu particulier... Habillée d'un pantalon tailleur rayé noir et gris, d'une chemise à manche courte gris clair et de sa veste noire et grise assortie au pantalon et d'une paire de bottines à talon noires, la jeune femme passa la porte du bureau de Gabriel et elle s'assit en face du bureau, prête à recevoir les ordres. En étant présente plus que deux semaines, elle se doutait qu'elle n'aurait pas grande mission, mais bon, il fallait bien qu'il lui donne un peu de travail, même des photocopies ça lui allait. Clarissa se vit confier des petites taches dans la matinée et elle eu droit d'apprendre qu'elle allait réaliser une entretien avec un client, seul à seule. Ce n'était pas le premier, mais bon, elle n'en avait pas fait beaucoup non plus. Son patron lui annonça qu'il lui donnerait le peu de détail après l'heure du déjeuné et qu'après cet entretien elle devrait lui préparer le dossier de ce client si nécessaire.

Clary se mit donc en action et commença par classer les dossiers dont Gabriel aurait besoin dans la semaine, elle passa ensuite quelques coups de téléphone afin de prévenir de l'avancée de choses pour certains clients et savoir ce qu'ils comptaient faire. Elle imprima ensuite des feuilles qu'on lui avait demandé et vers 12h15 elle déposa le tout sur le bureau de monsieur de Bressac. Elle retourna ensuite dans sa voiture et alla se poster sur le peu de digue restante pour sa pause casse croûte. La blondinette s'enfila son sandwich, sa pomme et son cookie en moins de 15 minutes, mais elle resta à observer les mouvements des vagues sur le sable. Il y avait un peu de passage sur la plage, mais très peu osés aller mettre ses pieds dans l'eau. Surtout que par endroit on pouvait encore voir des débris de la digue, il devait donc encore être dangereux de se balader sur la sable. Elle faillit s'endormir au moins 5 fois à observer les mouvements hypnotiques des vagues et décida donc de retourner au cabinet, de toute façon elle savait que son rendez vous n'arrivait pas avant 14h30 alors elle allait prendre son temps pour finir de ranger les dossiers classés. Elle prit donc le chemin du cabinet et s'enferma dans son bureau afin de pouvoir faire son tri et son rangement sans déranger Gabriel.

Clary en était à son avant-avant-avant dernier dossier lorsqu'on frappa à la porte. Gabriel passa la tête par la porte et lui demanda si elle avait de quoi noter, ce qui était un peu bête puisqu'elle passait son temps à prendre des notes afin de ne rien oublier, elle acquiesça donc et s'apprêta à noter le nom du client qui allait arriver dans une petite demi-heure. Lorsqu'elle entendit le nom que son patron prononça, elle se dit que ce nom lui disait quelque chose, bah oui, monsieur Leroy sonnait familier. Elle nota donc le nom et laissa Grabiel quitter la pièce. Toute à son rangement, Clarissa réfléchit sur ce nom et après seulement trois minutes elle eut un flash. Elle savait à qui appartenait ce nom. Monsieur Alexandre Leroy, le jeune homme avec qui elle avait passé un moment pendant la tempête voilà quelques mois plus tôt. Il l'avait perturbée, vraiment perturbée avec ses remarques, ses grands yeux clairs et cette manière nonchalante qu'il avait de faire les choses. Elle se souvenait aussi de son pull sur ses épaules, de son parfum, de son regard posé sur elle et de la chaleur qui l'avait envahie quand ils s'étaient mis à parler ensemble. Il fallut vingts bonnes minutes avant que Clarissa n'arrive à maîtriser le rouge lui montant au visage. Elle s'occupa les mains sans vraiment réussir à s'occuper l'esprit, elle passa son temps à regarder l'heure et quand elle vit qu'il ne lui restait plus que quelques minutes, elle sentit une boule se former dans son ventre. Elle inspira une paire de fois avant de remettre les choses sur son bureau à leur place et de se lever. Elle passa dans le bureau de son patron pour le prévenir qu'elle allait prendre son rendez vous et se dirigea ensuite dans la salle d'attente. Avant d'ouvrir le porte elle inspira profondément et entra dans la petite pièce pur faire face au jeune homme. D'une voix assurée, et elle ne était très fière, elle prit la parole
.

"Monsieur Leroy, je vais vous recevoir dans mon bureau."

Elle n'y allait pas par quatre chemins, de toute façon Gabriel avait du le prévenir qu'il aurait à faire à elle et non à lui, ce ne devait donc pas être une surprise... Sauf que pour elle s'en était une quand même, après tout elle s'était retrouvée en mini short et débardeur devant cet homme, rougissante comme une adolescente, ce n'était pas vraiment une super bonne première impression... Mais pour le moment elle devait plus se concentrer sur son travail et le fait d'être la plus professionnelle possible. Elle devança donc Alexandre et entra dans son bureau ou elle lui présenta le fauteuil en face de son bureau. Elle prit soin de ne pas louper son propre fauteuil et sortie un stylo avant d'oser regarder le jeune homme en face.

"Que puis-je pour vous ?"

BY .SOULMATES


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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: "L'avenir a le don d'arriver sans prévenir." Alex & Clary   Dim 3 Mai - 21:36




« L'avenir a le don d'arriver sans prévenir. »

ҩ
Moteur et action ! Voilà une journée qui n'allait pas être des plus banales. Vous m'imaginez, moi, assis dans le bureau d'un avocat pour parler de mes petites bêtises et de mon joli casier judiciaire ? Eh bien vous feriez mieux de vous y faire parce que c'était exactement ce qui allait se passer. Déjà, j'avais bossé cette nuit, et encore une fois j'avais dû plus que prendre sur moi pour ne pas étriper monsieur le barman ; Maël était de retour, et ça ne me plaisait pas le moins du monde ! Sans compter que les nuits, j'en avais ma claque. C'était bien beau, tout ça, mais ça ne me laissait plus vraiment le temps de sortir, et j'en avais plus besoin que jamais. J'avais les nerfs à fleur de peau et, il faut l'avouer, les hormones en ébullition. Eh oui. Bon et puis aussi je dormais peu et j'avais tendance à vivre presque normalement le jour ; les nuits me cassaient petit à petit et j'avais bien hâte de pouvoir changer de job. Mais ça, ce n'était définitivement pas pour maintenant. Avec mon petit souci de casier judiciaire et mon absence totale de formation, j'avais bien du mal à trouver quelque chose ; et quand bien même je serais intéressée par une formation ou une offre d'emploi, mon casier bloquait l'affaire. Après tout il fallait les comprendre, je n'avais rien de franchement engageant avec ma retenue et mon look de badboy, et c'était sans compter sur la mention « violent » qui allait sur mon casier. On m'avait parlé d'une possibilité d'esquiver ce souci technique, et c'était pour cette raison que j'allais me rendre chez un avocat. Ah je vous jure, c'était toute une expédition ça encore !

Déjà j'avais du appeler mon père pour récupérer les détails administratifs de mon dossier, et rien que ça, ça avait été du grand art. Il fallait dire que je lui en voulais de m'avoir caché l'existence de Robin. Il l'avait toujours plus ou moins su, qu'il avait un fils, même s'il ne l'avait pas connu. Il aurait pu m'en parler, quand même, ça faisait une paire d'années que j'étais un grand garçon, malgré les conneries apocalyptiques dont j'étais capable lorsque je m'y mettais. Un enfant. Un véritable enfant. Mais ce n'était pas à la colère d'un enfant que mon père se heurtait, mais bel et bien à celle d'un jeune homme qui se sentait trahi. Ah c'était beau de dire qu'on se disait tout dans la famille, mais ce n'était qu'un mensonge parmi tant d'autres ! Toujours est-il que je l'avais appelé, et que j'étais remonté dans le nord sur mes deux jours de repos. La cohabitation sous le toit avait été tendue, mais bon, l'appel de Savannah restait le plus fort … Elle me manquait ma petite princesse, et puis elle n'y était pour rien, elle … Pas plus que sa mère, et même si j'avais parfois une réflexion ou un ton plus piquant avec mon père, j'avais fait en sorte de ne pas mettre à feu et à sang la maison. Elles ne le méritaient pas. Et finalement j'étais rentré dans le nord et j'avais recommencé ma petite vie. J'avais travaillé et le soleil m'avait saqué du lit après quatre heures de sommeil. Et voilà, j'avais rendez-vous chez l'avocat dans l'après-midi.

J'avais donc quand même pas mal de temps devant moi, mais ce n'était pas du luxe. Le petit déjeuner prit un bon moment, déjà. Et puis j'avais fait un minimum de ménage, ensuite, pour finalement aller courir. C'était un petit plaisir que j'avais repris avec le printemps qui était de retour et mon corps qui me répondait mieux. J'évitais la forêt, désormais, mais la plage par les plaines c'était tout à fait agréable, il fallait l'avouer ! Ça me permettait de me remettre un peu en état. J'avais quand même perdu pas mal de masse musculaire, entre le braquage duquel je m'étais à peine remis avant d'en rajouter une couche avec ma rupture et ma descente aux enfers, qui était à peine terminée que je prenais une balle dont je me remettais à peine. Deux ans de galère, voilà ce à quoi j'avais eu le droit ! Enfin bref, ce n'était pas franchement le sujet du jour en vérité. J'avais donc été courir une bonne heure, de quoi faire un véritable décrassage. Au final, c'était vrai, j'étais une fois de plus vidé de toute énergie, mais c'était une bonne fatigue, une fatigue que j'aimais. C'était bien meilleur que d'avoir simplement travaillé pour une misère et de se traîner une journée durant pour m'en remettre. En rentrant, j'étais passé sous une douche bien chaude et surtout bien méritée. Enfin nécessaire surtout. Je ne vous ferais pas un dessin, ça n'était pas du luxe, là. Mais bon, franchement, j'étais bien dans ma peau. Ça faisait vraiment du bien de bouger et de le sentir après. En sortant de ma douche, je pris un minimum de temps en salle de bain ; il fallait que je m'habille de circonstances pour mon rendez-vous, et aussi que je m'occupe de mes cheveux dégoulinants. Ça recommençait à être la guerre là-haut donc il fallait que je gère l'affaire avant que ça ne disjoncte totalement. Le rendez-vous chez le coiffeur ça venait, encore deux jours de patience ..!

Au final, j'étais en tenue de combat assez tôt relativement. Il fallait le dire, je n'avais pas de grands efforts à faire pour paraître présentable dès lors que mes cheveux ne faisaient pas sécession. Je n'allais pas sortir le grand jeu du costard cravate pour l'avocate – dixit le mec que j'avais eu au téléphone – parce que bon, ça ne me ressemblait pas du tout. Je m'en tiendrais à l'effort minimum, et c'était déjà pas mal. L'effort minimum ? Un jean près du corps noir et une chemise de marque blanche avec les revers de manches et de col fuchsias. C'était le genre de couleurs qu'on ne s'attendait pas forcément à me voir porter mais au final ça m'allait plutôt bien. C'était un flashant contraste avec mes grands yeux glacés. J'adorais comment ça faisait ressortir mon regard, d'ailleurs. Enfin bref, vous voyez le niveau de l'effort, quand même. Et puis avec tout ça, il était l'heure de manger. Et je vous voyais déjà venir, vous, à me dire que j'aurais pu cuisiner avant de m'habiller, que j'allais sentir le graillon, et patati, et patata. Et je vous le dis comme je le pense ; zut ! Je n'avais qu'à sortir des restes de poulet et de riz du frigo, ça n'allait pas me tuer, et ça serait très bien comme repas. Avec un verre de jus de fruit ça serait même parfait. Donc la tenue ne risquait rien tant que je mangeais proprement, et honnêtement je pensais être capable de me débrouiller jusqu'à ce niveau-là. Mission réussie avec brio, de même que pour la vaisselle et le lavage de dents post repas. C'était parfait comme réussite ça ! Bon allez, je vais arrêter mes bêtises et reprendre un peu de sérieux, parce que mine de rien, il était tant d'y aller. J'allais à pieds jusqu'au centre ville, ma vieille titine étant partie faire un tour chez le garagiste pour un petit souci de direction assistée. Ah elle me lâchait ma vieille, et c'était bien triste !

Bref, trêves de conneries pour un petit moment. J'avais pris la chemise contenant mon dossier au complet, quelques fois que ça serve, mon téléphone portable dans la poche arrière de mon jean, ma veste en cuir avec mes papiers d'identité et mes clés d'appartement. Avec tout ça j'étais largement prêt à entamer une petite marche digestive. Campagne, puis ruelles. Mon domaine de prédilection. Je flânais clairement, et pour peu que je croise quelqu'un, c'était un sourire qui passait sur mon visage. Franchement, aujourd'hui, la vie n'était pas si terrible, le réveil passé. Il y avait pire comme journée, au final, même si l'administratif ça avait quand même tout ce qu'il fallait pour me saouler. Mais soit, il fallait que je me lance si au final je voulais changer de métier et donc profiter un peu plus de la vie. Ça ne serait pas du luxe. Avec toutes mes pensées, j'arrivais finalement cinq bonnes minutes en avance pour mon rendez-vous, et j'eus à patienter dans une petite salle. De quoi me laisser le temps de vérifier ce que j'avais comme papiers sur moi. Ça me paraissait plutôt suffisant pour illustrer mes propos le plus précisément possible. Après pour le reste je connaissais suffisamment bien mon discours du parfait petit prisonnier. J'avais une certaine rancœur envers la justice ; j'avais pris cette peine pour mon implication manifeste dans les actions de la bande. Il y en avait tellement d'autres qui n'avaient eu qu'un rappel à l'ordre et quelques heures de travaux généraux pour faire bonne mesure ! Moi ça avait été la case prison sans appel. Enfin, j'aurais pu faire appel, mais la peine aurait pratiquement été purgée avant que les choses ne bougent. Et le budget familial y serait passé. Un sourire délicatement amer était passé sur mon visage.

Puis j'avais relevé les yeux sur la porte du cabinet qui s'ouvrait. C'était mon heure, ça. Je dois avouer qu'en avocate, je m'attendais à peu près à voir n'importe quelle femme, voir une femme dans la quarantaine en tailleur stricte et chignon sévère, le visage fermé. Pas vraiment à voir cette petite blonde qui rougissait dès que j'ouvrais la bouche ou que je la regardais trop longtemps. J'hésitais franchement, là, entre le rire, parce que définitivement ça pourrait être marrant, comme rendez-vous, si je voulais bien oublier le contexte, ou alors simplement une sorte d'incompréhension. Elle n'était pas étudiante, elle ? Bah oui, elle m'avait parlé de fac, chez le kiné, que je sache … Je n'étais pas fou quand même ? Alors bon, c'était bien beau tout ça, mais alors parler de mon casier judiciaire avec la stagiaire qui vivait à l'académie, ça me plaisait quand même moyen. Elles étaient super rares, les personnes qui savaient pour mon inculpation ! Elli', Flo' et sa chérie, Cam' et son homme, Raph' peut-être, Sha mais elle était partie … Euh ce n'était pas mon sujet préféré, quoi ! Pourtant je ne dis rien, après tout si ça venait à se savoir ce serait une faute professionnelle de sa part, et puis si elle bossait ici ce n'était sûrement pas pour rien. Alors, après quelques secondes à l'avoir observée avec un intérêt clinique, un sourire presque prédateur étira mes lèvres tandis que je me levais. Ça promettait d'être drôle, en fait, malgré tout. J'emboîtais finalement le pas à la demoiselle, toujours sans avoir prononcé un mot, juste ce sourire sur les lèvres. Je n'allais pas commencer à faire de vagues tout de suite, tout de même ! Je m'installais donc plutôt calmement dans le fauteuil qu'on me proposait, attendant que Clarissa ne soit opérationnelle au travail. Lorsqu'elle me demanda ce qu'elle pouvait faire pour moi, un sourire amusé passa sur mes lèvres. Me faire rire, déjà, et elle n'en était pas loin.

« Je vais faire simple ; j'ai un problème assez contraignant de casier judiciaire. » Sur ce, je posais la pochette de documents sur le bureau, pour en sortir l'extrait judiciaire qui me serait généralement demandé pour rechercher un travail. Il comportait toutes les mentions problématiques. Ça serait une belle image de mes dires. « Quelqu'un m'a parlé d'une éventuelle possibilité d'effacement du casier judiciaire, et c'est pour ça que je suis venu me renseigner. »

Simple et efficace, avec toujours ce même sourire. Bon, et si on le prenait du bon côté, ce rendez-vous ? J'allais la faire cuire à petit feu celle-là.


Alexandre ҩ Clarissa