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 « Nul ami tel qu'un frère ; nul ennemi comme un frère. » † Alexandre & Robin

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « Nul ami tel qu'un frère ; nul ennemi comme un frère. » † Alexandre & Robin   Dim 8 Mar - 21:59




« Nul ami tel qu'un frère ; nul ennemi comme un frère. »

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La nuit avait été... Agitée, c'était bien le moins que je puisse dire. Visiblement je n'avais pas mis trop longtemps à reprendre mes vieux et vilains travers. J'avais bossé jusque trois heures, seulement, parce que je n'étais encore qu'à mi-temps pour ma reprise, et ça m'avait permis de me fondre dans la masse, après. Rien ne me l'interdisait, d'ailleurs. Il n'y avait que mon épaule qui ne supportait pas de porter trop longtemps les plateaux, et encore, ça commençait à aller de mieux en mieux. Bientôt, je repasserais à temps plein. Et j'avais hâte parce que franchement, c'était bien beau de ne pas bosser à cent pour cent... Mais d'un autre côté, il fallait serrer un peu le mois quand même. Ce qui, bien sûr, ne m'empêchait pas de retrouver mon terrain de chasse préféré, qui était aussi mon lieu de travail. J'avais donc un minimum de tenue à garder mais... Disons que même en me tenant comme un ange, mes mouvements fluides de danseur habitué, mon regard bleu glacé et les marques noires s'enroulant sur mes avant-bras attiraient les regards et pigeaient les filles. Vous vous en doutez donc, je n'avais pas fini cette nuit seul, pour mon plus grand plaisir. Je n'avais pas joué à ce petit jeu de la séduction depuis bien trop longtemps à mon goût.

La soirée avait donc fini chez moi, sa peau contre ma peau, ses lèvres contre mes lèvres. Je ne vous ferais pas un dessin de nos activités nocturnes, puisque maintenant vous me connaissez normalement bien assez bien pour savoir à quoi j'appréciais de passer mon temps. Lorsque j'ouvris finalement les yeux, il était quelque chose comme neuf heures du matin, et mademoiselle n'avait pas encore pris la poudre d'escampette, bien au contraire. Sa tête posée contre moi, elle dormait encore comme elle s'était endormie. Je sortis du lit en essayant de ne pas la réveiller. Non pas que je sois un goujat, enfin pas tout le temps, mais plutôt qu'il allait falloir que je bouge un peu. Mon épaule abîmée était totalement engourdie, j'avais besoin de l'étirer, et pourquoi pas d'essayer de l'assouplir. Et puis vu l'heure et vu que miss - Lola, je crois - n'avait pas filé en douce dans la nuit, peut-être qu'il serait de bon goût de ne pas la mettre à la porte sans cérémonie. Un petit déjeuner ne me coûterait pas trop, et ensuite ciao bye bébé, sans rappel.

J'attrapais finalement de quoi m'habiller - un caleçon et le vieux jean élimé dans lequel je traînais généralement au studio - avant de passer par la salle de bain. Raccord coiffure, et pour le reste, il n'y avait plus qu'à coller un sourire de dément sur mes lèvres pour que j'ai l'air au top de ma forme. Ou plutôt au top de mon mental de chasseur. Finalement, je ressortis de la salle de bain, pour me rendre à la cuisine. Inutile, je crois, de vous expliquer comment préparer un petit-déjeuner, et j'étais occupé de m'affairer lorsque mademoiselle entra dans la cuisine, la chemise que je portais la veille sur ses épaules frêles. La scène me fit plutôt rire, et finalement le déjeuner ce passa plutôt dans le silence ; je n'étais pas un bavard dès le matin, et surtout, je me foutais bien de cette fille. J'étais juste un peu moins... Salopard qu'avant, voyez-vous. Et heureusement pour elle, sinon à mon réveil je l'aurais sortie du lit et expédiée dehors à peine ses vêtements enfilés. Je l'avais déjà fait.

Finalement, je venais de finir mon café lorsque la demoiselle passa par la case salle de bain. Ah, tiens, elle se préparait à partir ? Parfait, parce que moi, je comptais profiter de ma journée en tête à tête avec moi même, et ça serait juste parfait. La nuit avec une fille m'avait largement suffit. Et surtout, celle-là, je ne comptais pas la rappeler. Elle était gentille et mignonne mais... Elle, c'était clairement le genre de fille que je ne voulais plus dans ma vie ; une fille qui tombe amoureuse, s'installe, se marie et a deux enfants. Très peu pour moi, l'amour je n'en avais pas voulu, il m'était tombé dessus, m'avait donné envie de m'accrocher à elle comme un naufragé à sa bouée, puis fait succomber à la douleur de la rupture, de l'absence. Alors, retour à ma première résolution ; ne plus jamais tomber amoureux. Ne plus me poser. Continuer ma petite vie de chasseur qui me réussissait à merveilles depuis vingt-cinq ans. Et pour commencer, il faudrait qu'elle parte et que je ne la croise plus. C'était largement possible. Et si je la croisais de nouveau, eh bien... je ferais comme si je ne la connaissais pas. Vous me direz, dans deux jours, je l'aurais oubliée, cette fille. Comme les autres, d'ailleurs.

Dans l'intervalle de temps, avant que la miss ne ressorte de la salle de bain, on sonna à la porte. Il me suffit d'un rapide coup d'œil à ma tenue pour savoir que mon jean me tombait de façon presque provocante sur les hanches. Alors autant afficher ce sourire qui allait si bien avec et qui m'allait si bien. Sauf que bon, je n'avais pas spécialement idée de qui venait sonner chez moi à cette heure-ci. Ce n'était pas l'un de mes proches, déjà, parce qu'ils savaient parfaitement que j'avais repris le travail et que donc cette nuit j'avais travaillé. J'étais donc assez curieux, mais pas assez de bonne humeur pour montrer mes bons travers. Ou de tellement bonne humeur que j'avais envie de jouer à être celui que j'étais avant. A vous de voir, de toute façon. Toujours est-il que j'allais ouvrir la porte et que je tombais nez à nez avec... Un parfait inconnu, ce qui me refroidit immédiatement. Mon visage se ferma et mon expression devint plus farouche ; tout en moi disait « Danger ! ». A savoir si j'attaquerais ou si je me ferais attaquer, difficile de le savoir, et je dardais finalement mon regard glacé sur celui tout aussi clair de l'homme face à moi. Cette couleur n'était pas spécialement courante, pourtant. Avant que je n'ai le temps de dire ou faire quoi que ce soit, mon inconnue de la soirée était à mes côtés. Je tournais vers elle un regard irrité et elle leva la tête, comme pour m'embrasser. Sur un mouvement d'humeur, je détournais la tête.

« Tu m'appelles ? Je t'ai laissé mon numéro.
- Non. Allez, vas-t-en. »


Ma voix n'avait rien de méchant, contrairement à mes paroles. J'étais tout simplement sans appel. Mon intention se reporta sur l'homme. Cette fois, j'étais foncièrement hostile. Il avait intérêt à rapidement me donner sa bonne raison d'être à ma porte à cette heure-ci, sinon il allait se faire recevoir de manière théâtrale. Et ça commençait maintenant, avec ma grande délicatesse à l'égard de cette fille. Elle ne m'avait rien fait, mais la présence d'un étranger à ma porte ne me donnait pas envie de rester plus doux avec elle. Et puis d'un autre côté je m'en foutais pas mal aussi, qu'elle le prenne bien ou mal. Je ne comptais d'avance pas la revoir. Sans me départir de mon humeur désormais juste assez bonne pour avoir les nerfs en pelote, Je commençais à pianoter de la main gauche sur l'encadrement de ma porte. S'il comptait rester muet longtemps, je risquais de lui claquer la porte au nez.


Alexandre ҩ Robin