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 « Good morning sunshine ! » Louis & Ruby

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Louis T. Delmas
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MessageSujet: « Good morning sunshine ! » Louis & Ruby   Sam 20 Déc - 19:12

Good morning sunshine !
Louis & Ruby

J’avais passé ma première nuit à Etretat, et c’était la première fois de toute ma vie que je m’étais réveillé sans personne pour me dire bonjour. D’habitude, chaque matin, je me levais pour découvrir mes parents dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner, mais cette fois-ci, il n’y avait que moi. Appuyé sur un coude, dans mon lit, je me penchai pour attirer mon fauteuil roulant vers moi et je m’assurai que les freins soient bien mis, avant de poser mes mains sur les accoudoirs et de me hisser dans ma chaise. Heureusement que mes bras fonctionnaient bien, et à ce niveau-là, j’étais le plus chanceux des malades. Ca n’allait pas durer et je le savais, mais pour le moment, je profitais de pouvoir bouger seul. Je fis rapidement mon lit, puis sortis de la chambre pour me rendre dans la cuisine. Je m’arrêtai dans l’encadrement de la porte et observai la cuisine en m’imaginant mes parents dedans. Ils auraient aimé cet appartement, parce qu’il était adapté et assez spacieux. Ils avaient beau me manquer, c’est moi qui avais choisi de partir et il fallait que j’assume, maintenant. Je m’avançai vers les armoires et les ouvris une à une en essayant de mémoriser où se trouvait tout ce dont j’avais besoin. C’était le genre de choses que je n’avais pas ramené de chez moi, parce que mine de rien, ça prenait du temps de monter tous mes bagages tout seul et je ne pouvais pas embarquer toute la maison. J’avais pas mal galéré d’ailleurs, mais j’avais fini par réussir à tout foutre dans mon appartement avant qu’il fasse noir. Pas mal, n’est-ce pas ? Je finis par sortir une assiette, un couteau et un verre du placard et je les déposai sur mes genoux, avant de me bouger jusqu’à la table, où je déposai tout ça. Je n’avais pas eu le temps de faire des courses, du coup, mais ils avaient prévu de quoi manger et de quoi boire, c’était plutôt sympa.

Une fois mon petit déjeuner pris et la table débarrassée, je me rendis dans ma chambre pour prendre de quoi m’habiller dans ma valise – que j’avais eu la flemme de vider, pour le moment – et rapportai tout ça à la salle de bains. Une chemise blanche avec un pull à col en V bleu roi par-dessus, ainsi qu’un jean tout simple. Je laissai couler de l’eau froide dans l’évier pour me rincer le visage avec – une vieille habitude pour me réveiller une fois pour toute – et me brossai les dents tout en laissant couler l’eau du bain pour pas me les geler après. Parce que oui, j’avais un bain ! Et heureusement, sinon j’aurais eu un peu de mal à atteindre le pommeau de douche. Ils étaient franchement bien équipés ici, même si c’était pas non plus du grand luxe. J’avais pas besoin de luxe de toute façon, on n’avait pas une maison très grande non plus, juste ce qu’il fallait. Je finis par me hisser dans le bain en m’appuyant le plus possible sur mes jambes – conseil du kiné. Ce n’était pas parce qu’elles étaient quasiment inutiles que je ne devais plus les utiliser, avait-il dit. Je ne comprenais pas vraiment à quoi ça me servirait vu que je ne remarcherais plus, mais soit, je suivais ses conseils sans broncher. C’était son boulot, après tout… D’un geste habile, je ressortis du bain une fois que j’eus terminé – parce que oui, j’avais l’habitude de prendre un bain tout seul, les amis, et j’y arrivais bien – et me séchai tant bien que mal, avant d’enfiler mes vêtements. Pour le moment, je m’en sortais plutôt pas mal, même si tout me prenait un peu plus de temps que quand je me faisais aider. Mais j’avais besoin d’un peu d’autonomie, il fallait que j’apprenne à vivre comme tout le monde, ou presque. Après avoir rapidement passé ma main dans mes cheveux pour les arranger un tant soit peu – bon, ils étaient en bataille tout le temps donc ça ne changeait pas grand-chose, mais c’était l’idée – je sortis de la salle de bains et soufflai un coup, parce que c’était toute une histoire, quand même.

Lorsque j’entendis mon portable sonner, je fis la course jusqu’au salon, décrochai rapidement et souris en entendant la voix de ma mère. « Loulou ! Pourquoi t’as pas appelé en arrivant ? » Je ris légèrement, puis me mis à tout lui expliquer, parce que je savais qu’elle ne me lâcherait pas avant de savoir comment ça s’était passé exactement. Je calai mon portable entre mon oreille et mon épaule et entrepris de mettre mes converses de la même couleur que mon pull, ce qui était aussi un peu galère avec le téléphone, mais pas impossible. Après une dizaine de minutes de conversation, elle me passa mon père, puis ma sœur, et c’est après vingt minutes que je raccrochai enfin, avant de fourrer mon portable dans ma poche. J’agrippai les clés de l’appartement, les déposai sur mes genoux, mis ma doudoune noire puis me rendis dans le couloir. Je verrouillai la porte derrière moi, puis pris l’ascenseur pour sortir du bâtiment. J’aimais bien ma nouvelle maison mais bon quand même, on étouffait à l’intérieur. En passant la porte qui menait à la cour, je souris encore une fois en respirant l’air de Normandie. Ca sentait le cheval par ici, dites-moi. Calmement, je me déplaçai jusqu’aux entrées des écuries, puis fis une pause parce que je fatiguais vite, mine de rien. Je tournai la tête pour observer les têtes des chevaux qui dépassaient des boxes, avant de poursuivre ma route jusqu’à un pré où se trouvaient deux chevaux en train de brouter. Je jetai un coup d’œil à ma montre. Dix heures. Je m’étais levé tôt, mais j’avais mis plus de temps que prévu à me préparer.

Pendant quelques minutes je restai là, à les observer. Un grand alezan et un petit isabelle, qui ne semblaient pas s’intéresser l’un à l’autre, trop occupés à mâchouiller de l’herbe. Lorsque l’isabelle s’approcha de la porte, un très léger sourire étira mes lèvres. En le regardant, j’avançai jusqu’à la barrière, mais je sentis mon fauteuil basculer un peu vers la gauche. Je baissai vivement le regard et remarquai que ma roue s’était enfoncée dans de la boue.

« Bordel… »

Je mis toute la force que je possédais dans mes bras et tentai de me hisser hors de la boue, mais c’était un peu mission impossible. Je n’étais pas assez fort et la boue était trop profonde. Je soupirai et retentai une nouvelle fois, puis une autre, puis encore une autre. Petit à petit, je m’essoufflais, mais je n’abandonnerais pas. C’était pas possible ça, quand même…

 


Emi Burton

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Dernière édition par Louis T. Delmas le Mar 23 Déc - 23:53, édité 1 fois
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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « Good morning sunshine ! » Louis & Ruby   Dim 21 Déc - 19:55




« Good morning sunshine ! »

ҩ
Aujourd'hui c'était journée de relâche. Je ne faisais pas de semaines type, en réalité. Trois jours de journée, une journée de relâche, trois jours de nuit, une journée de relâche, enfin bref, vous imaginez un peu le rythme. À vrai dire ce n'était pas comme faire les trois huit à l'usine, puisque j'avais choisi un superbe métier, un métier de passion. Mais tout de même, j'étais assez contente de pouvoir avoir une journée pour moi, histoire de découvrir un peu l'académie, de faire des rencontres, m'occuper de sociabiliser encore plus mon chien, ce qui était un travail constant aux vues de sa nature de chien-loup. En tous cas, je ne m'étais pas levée très tard puisque j'avais fini par un poste de jour hier soir et que j'avais donc eu tout le loisir de me coucher à une heure décente. J'avais donc toute la journée – ensoleillée mais froide à mon avis – devant, ce qui me permettait un million de possibilité. J'avais donc commencé par un petit déjeuner dans les règles de l'art, Gulliver collé à mes pieds dès mon réveil. Cette boule d'amour tout à fait impressionnante était mon petit rayon de soleil matinal et c'était aussi mon meilleur moyen de ne pas m'ennuyer seule dans mon appartement. Bref, une fois le petit déjeuner avalé, je filais sous la douche. Au programme, shampoing et épilation, bref, un truc de filles et la deuxième partie du programme n'avait rien d'une partie de plaisir. Finalement, je sortis de sous le jet brûlant pour enfiler un peignoir et passer un coup de brosse dans mes cheveux, que je séchais finalement rapidement au sèche-cheveux de manière la plus naturelle possible, histoire que ça boucle joliment sans que je ne choppe la mort en sortant. Je finis par me sécher aussi et par filer dans ma chambre pour attraper quelque chose à enfiler dans mon placard. J'optais pour un slim bordeaux, un tee-shirt blanc très simple avec une photo en noir et blanc imprimée dessus et un long gilet en laine tressée crème, que j'enfilais rapidement. Je retournai finalement à la salle de bain pour me maquiller discrètement ; un peu de fard à paupière gris pâle, du mascara, une touche légère de gloss rouge pas trop voyant, et je pris le temps de ramasser la partie haute de mes cheveux en arrière pour les faire tenir avec une grosse pince noire toute banale. Vu le vent qu'on pourrait avoir, en Normandie, il valait quand même mieux que je ne laisse pas ma longue crinière bouclée se balader n'importe comment.

Voilà, il était peut-être neuf heures et j'étais déjà opérationnelle. J'attrapais une paire de boots noires – mais pas des boots d'équitation, des boots de ville en cuir – et mon long imperméable crème plutôt bien chaud, avant d'attraper la laisse de Gulliver qui sautait déjà dans tous les sens. Ce chien était une bombe de dynamisme. Et vu qu'il n'était pas vraiment petit, c'était parfait difficile de le laisser s'exprimer, surtout qu'il avait tendance à japper, une tendance que je me battais pour lui faire oublier. Finalement, je lui passais son collier en cuir noir qui ressortait bien sur son pelage roux, et instantanément il s'assit, parce qu'il savait très bien que s'il n'était pas un peu calme avant de sortir, je lui mettais une muselière, au cas où nous croiserions quelqu'un ou un autre chien. Avoir un chien de Saarloos était une aventure fantastique, surtout avec un caractère aussi peu typé que celui du mien – moins sauvage, moins impulsif que ses congénères, plus grégaire aussi, mine de rien, et moins méfiant –, mais aussi une contrainte car ils pouvaient parfois être lunatique et avaient une effroyable puissance dans les mâchoires. Le jour où Gully mordrait quelqu'un, cela ne serait pas sans conséquence. Bien sûr, pour le moment il n'en était rien, et à part japper ou gronder, il ne faisait pas grand-chose quand il était en colère. J'y veillais tout particulièrement. En tous cas, une fois mon chien assis et à l'écoute, je passais une main affectueuse sur sa tête, qu'il y frotta sans retenue. Je ris légèrement avant d'enfiler mes affaires et de prendre mon portable et mes clés. J'attrapais ensuite la laisse du chien-loup avant de sortir et de verrouiller mon appartement. Il était neuf heures vingt et mon programme était d'emmener mon chien se balader en forêt pour le défouler. Suite à quoi, nous passerions par les écuries visiter un peu. Une fois qu'il serait bien défoulé, il ne poserait plus de problème.

La forêt n'était vraiment pas loin de studios et s'y rendre fut rapide. Visiblement, Gully et moi y étions seuls, et je lâchais donc mon chien, qui partit comme une fusée pour regarder autour de lui et renifler de nouvelles odeurs. Il adorait la forêt, je le savais bien. Et d'un autre côté, c'était presque normal aussi, il avait cela dans les gènes. C'était un croisement plutôt pur de loup, il était à 50% chien et 50% loup, ce qui avait conservé de nombreux instants en éliminant les caractères héréditaires trop dangereux. Ça n'était pas à proprement parler un dominant avec les autres chiens, il n'aimait juste pas qu'on vienne l'embêter de trop. En fait, il n'aimait pas vraiment se sentir bousculé. À part ça, il était extra sociable avec ses jeunes congénères et il était capable de les sociabiliser d'une bonne manière par rapport à leurs aînés. Patience et souplesse, voilà ce qu'il avait avec les chiots. Avec les humains, c'était différent, parce qu'il se méfiait et avait toujours un peu tendance à gronder, crocs découverts, sur les inconnus. Avec son poil de loup hérissé sur le dos, il avait de quoi impressionner. Mais on travaillait justement à limiter les risques de réaction vive de mon chien, parce que mine de rien, il était super imprévisible quand je n'étais pas avec lui. Je vous le dis, il vaudrait mieux qu'on n'essaye pas de me cambrioler en pleine nuit parce que c'était un monstre de garde particulièrement dissuasif, et qui n'avait jamais hésité à se mettre entre moi et le danger, depuis qu'il était tout petit et que je l'avais récupéré, à trois mois, dans l'élevage de famille. Oh, ce n'était pas l'élevage de mes parents, mais plutôt celui de ma marraine. Bon, ça n'était pas une information très intéressante pour vous, j'en conviens.

Finalement, le rouquin revint vers moi, un énorme morceau de bois dans la gueule, la respiration un peu hachée mais les yeux encore pétillants d'énergie. Lorsqu'il me déposa le jouet improvisé sur le sol, je le lui lançai, et répétai plusieurs fois la manœuvre. À chaque fois, le résultat était le même ; il me le ramenai et repartait aussi sec. Néanmoins, au bout d'un moment, il se contenta de s'asseoir avec son bout de bois et de me regarder. Bien, ça lui suffisait. Je lui remis la laisse avant de sortir de la forêt, réfléchissant à ce qu'on allait bien pouvoir faire. J'avais dis d'emmener Gulliver faire un tour aux écuries et je comptais bien m'y tenir. Il fallait bien que mon petit chien apprenne à se tenir sage dans les écuries, de toute façon. Et depuis la forêt, le moyen le plus facile de rejoindre les écuries c'était de longer le cross puis les pâtures, choses que je fis en gardant mon petit monstre au pied le plus possible et en regardant avec distraction les quelques chevaux qui étaient dehors malgré l'état extrêmement boueux des terrains herbeux. Mon regard vagabond se posa sur un garçon en fauteuil roulant. Il semblait se démener à faire bouger son fauteuil, sûrement bloqué par la boue. Je me dirigeais vers le jeune homme, une expression légère sur le visage, tenant bien court Gulliver qui commençait à tirer pour aller voir ce qu'il se passait et certainement pouvoir gronder sur le jeune homme en prime. Néanmoins, une fois à proximité du jeune homme – qui devait avoir dans les environs de mon âge – j'attrapais le chien-loup par le collier, le tenant fermement à mes côtés. Je repoussais une mèche de cheveux sauvée avant d'interpeller calmement l'homme.

« Bonjour ! » Si jamais il me regardait, tout ce qu'il verrait était une jeune fille souriante et prête à croquer la vie. « Je peux vous aider ? »

Il n'y avait aucune pitié dans ma voix, juste une volonté naturelle de venir en aide à quelqu'un. C'était un peu ma vocation, en quelques sortes.  


Ruby ҩ Louis