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 « Coucou p'tit ange ! » † Alexandre & Elliana

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « Coucou p'tit ange ! » † Alexandre & Elliana   Jeu 23 Oct - 22:45




« Coucou p'tit ange ! »

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Sept heures, un jour de semaine, pour un homme de la nuit comme moi, c'était vraiment trop tôt. Bon, d'accord, je ne travaillais pas depuis quatre mois jours pour jours à cause de mon "accident de chasse" - et autant vous dire que j'appréciais moins d'être le gibier sur lequel un chasseur aveugle s'était trompé en tirant, parce que jusqu'à preuve du contraire il n'y avait pas d'autre piste exploitable - mais bon, quand même, me lever à sept heures, c'était vraiment super casse-pieds, surtout pour une visite de contrôle à l'hôpital. J'en avais eu une il y a un mois et tout allait bon train, sauf qu'il y a quinze jours, au moment du normalement aval pour attaquer la rééducation, c'était le couac, parce que tout n'était pas en ordre. Alors si tout allait bien, aujourd'hui j'aurais le feu vert. Sincèrement, j'espérais pouvoir commencer à remettre en état fonctionnel ce bras droit, quatre mois sans rien pouvoir faire - même pas pouvoir prendre Savannah, la plus jeune de mes sœurs, correctement dans mes bras - ça commençait à me taper sérieusement sur les nerfs et le moral. Et oui, le moral était en chute libre. Du coup, j'avais pris le train direction le nord, puisqu'il était compliqué de conduire une boîte manuelle avec un bras droit plus qu'inutile, et j'avais passé dix jours avec mon père, ma belle-mère, ma benjamine. J'étais rentré la veille au soir, par le dernier train. Réveil compliqué pour quelqu'un pas du matin du tout.

Mais je m'étais fait violence pour sortir du lit. Allez, wake up Leroy, t'as pas le choix ! Directement, j'avais pris la direction de la salle de bain pour une douche tonifiante, bien chaude pour délasser mes muscles raides à force d'inactivité. Bon, mon absence de muscles plutôt. Quatre mois sans rien pouvoir faire étaient venues à bout de ma masse musculaire. Et j'avais plus ou moins fait régime pour éviter de faire trop de gras. Résultat, je faisais pitié à voir, ou presque. Il me manquait des kilos et des abdos. Vivement que je puisse recommencer à bouger un peu pour refaire ma masse. Parce qu'en attendant, j'avais plus l'air d'un claquette que d'un athlète. C'était pathétique et j'avais plus de mal à assumer mon corps dans cet état-là. Il n'y avait plus rien dont je pouvais être fier hormis mes tatouages, mais sur mon corps sans relief - du moins c'était mon point de vue - ils n'avaient plus le moindre intérêt. En fait, vous l'aurez sans doute compris, j'avais presque attrapé un complexe avec mon corps ces derniers mois, ce qui n'avait jamais été le cas avant. J'étais plutôt mal dans ma peau, je me sentais inutile, d'un banal déconcertant, en plus d'être un fardeau pour mes amis proches et ma famille. L'opération douche n'avait plus grand chose d'agréable.

En sortant de la douche, je m'étais essuyé le plus rapidement possible tout en tentant de ne pas trop malmener mon épaule. J'avais ensuite enfilé un jean droit, simple, et un tee-shirt noir, avec un gilet crème en laine torsadée. Je m'étais ensuite battu pour remettre mon attelle en place avant d'aller prendre mon petit déjeuner dans le silence. Jenna était partie, tout comme les éclats de rire de ce studio. Mais j'avais des nouvelles d'elle quotidiennement ; tout se passait bien dans l'école dans laquelle elle était finalement partie en internat. Ses résultats avaient l'air de remonter un peu, ce qui me rendait fier et aussi plus serein. Au moins, elle avait arrêté de foutre sa vie en l'air tout comme je l'avais fait avant elle, sauf que je n'avais pas réagi. Tout ça pour dire que, chez moi, les choses avaient repris leur cours d'avant, et même si ça me faisait bizarre, comme un pincement au cœur, tout allait pour le mieux. A part que je déjeunais dans le silence le plus total et au lance-pierre. Un café noir, deux petits suisses, une orange. Rien de bien exceptionnel et c'était rapidement avalé, mais c'était suffisant pour tenir jusque midi. Au pire je me ferais un goûter, comme les enfants, sur les coups de dix heures. Mon déjeuner avalé et débarrassé, j'étais passé à la salle de bain pour le laver les dents, me coiffer et me parfumer. J'avais ensuite enfilé une paire de converses noires et attrapé ma veste en cuir contenant déjà mes papiers, mon portable et mes clés et j'étais sorti, en refermant le studio derrière moi.

Direction l'arrêt de bus le plus proche. Comme je vous l'avais dit, je ne pouvais pas conduire en ce moment, alors pour tous mes déplacements proches c'était le bus, et dès que le bus n'était plus suffisant il fallait que je me trouve un chauffeur. Mais aujourd'hui, pour ma visite de contrôle à l'hôpital d'Etretat, c'était bus. J'avais entamé le voyage debout, puisque visiblement personne n'avait à cœur de me laisser une place, bien que mon bras en écharpe soit facilement visible. Et avec ma stupide fierté, je n'allais pas quémander pour voyager assis, même si c'était désagréable de me sentir tanguer et d'avoir du mal à me stabiliser avec le bras gauche. Finalement, au bout de deux arrêts - donc pas trop longtemps - c'est une adolescente qui me laissa sa place. Elle eut en retour un de mes sourires de charmeur. Visiblement, ça la mettait dans tous ses états, et moi, ça m'amusait. Encore cinq arrêts et le bus me déposa juste à l'entrée de l'hôpital. J'avais quinze minutes d'avance pour mon rendez-vous, parfait timing. D'ailleurs j'appris avec plaisir que le médecin avec lequel j'avais rendez-vous n'avait pas encore de retard. Jackpot !

Ce qui était drôle, pour moi, à l'hôpital, c'était de croiser les infirmières que j'avais croisées durant mon hospitalisation. A coup sûr je les avais marquées. Ma belle gueule, mon physique d'athlète et mon caractère de merde, c'était un mélange explosif très difficile à oublier. Et mon grand jeu était de leur retourner un large sourire. Bon, ce n'était pas vraiment aimable. C'était plutôt charmeur et légèrement arrogant, mais définitivement c'était craquant sur ma bouille. Heureusement, je ne passais pas trop de temps en salle d'attente. Le médecin me prit juste à l'heure, et après les questions de routine, ce fut la radio pour vérifier que toute l'ossature recréée chirurgicalement était bien en place, avant l'écho pour s'assurer que l'inflammation qui m'avait valu un veto de rééducation n'était plus là. Et là, pactole. C'était, au bout de quatre mois, tout bon. J'avais le droit à de la rééducation pour les prochains mois, et encore un moment sans travailler donc, mais je voyais arriver la fin de l'attelle. Car oui, je devais la garder encore jusqu'à avoir un minimum réutilisé mon épaule en rééducation. Mais on était désormais plus proche de la fin que du départ. Autant vous dire que j'avais quitté l'hôpital d'excellente humeur.

C'était donc avec une excellente nouvelle que j'étais rentré à HB, après être passé acheter des croissants dans la meilleure boulangerie d'Etretat. Aujourd'hui, ma cadette était chez elle, et elle m'avait demandé de la tenir au courant du rendez-vous. J'avais donc décidé de passer chez elle pour lui faire part de ma très bonne humeur qu'elle n'avait pas vue depuis des mois maintenant. J'étais devenu exécrable après mon accident, puis progressivement simplement morose et défait. Avant mon accident, j'étais instable, le cœur à vif, prêt à exploser de rage. En somme, la dernière fois où j'avais pu être aussi léger, Sha' n'était pas très loin. J'avais tiré un trait, depuis le temps. Maintenant, j'en étais à un point où j'allais de l'avant sans me retourner. Je l'avais aimée plus que quiconque avant elle, et elle m'avait brisé le cœur. Continuer de penser à elle ne m'était que néfaste et j'avais simplement arrêté de chercher à ressentir les choses pour continuer. J'avais décidé de ne plus m'attacher, comme avant, à une époque où les choses étaient beaucoup moins douloureuses.

Vous devez vous demander pourquoi les croissants. J'avais une réponse simple à vous offrir ; il n'était pas encore dix heures et j'étais de retour à l'académie. Je ne pouvais décemment pas sabrer le champagne à une heure aussi matinale, et puis je connaissais ma blondinette gourmande. Les viennoiseries lui avaient toujours plus. Alors, en rentrant, j'avais pris la direction du bâtiment A des studios et grimpé les deux premières volées de marches pour arriver sur mon palier, qui était aussi celui de ma sœur et de Raphaëlle. Raphaëlle était, pour ceux qui n'auraient pas suivi, la charmante blonde qui m'aidait à passer le temps. La réciproque était d'ailleurs vraie. C'était aussi la demoiselle à qui je devais la vie, parce qu'on avait été à deux dans ce merdier de chasse à l'homme et que sans son aide pour contenir l'hémorragie dont j'étais la malheureuse victime, je me serais vidé de mon sang bien avant l'arrivée des secours. J'en vins à me demander si elle aurait un quelconque intérêt pour la fin de ma convalescence et le début de ma rééducation. Je secouais finalement la tête, un sourire aux lèvres. Elle s'en soucierait à peine, juste parce que c'était comme une page qui se tournait pour nous deux. On avait traversé ça à deux et bientôt il n'y aurait plus grand chose pour nous le rappeler. Après tout, nous deux, on ne se devait rien. Pas de sentiments, pas d'attaches. Je tournais mon attention vers la porte de ma frangine avant de toquer. J'attendais environ deux secondes et demi avant de lancer, guilleret :

« Room service mademoiselle ! Croissants et bonne nouvelle ! »


Alexandre ҩ Elliana