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 « Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. » Esteban & Zac

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Louis T. Delmas
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MessageSujet: « Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. » Esteban & Zac   Lun 14 Juil - 21:46




Esteban & Zac

" Parfois, il vaut mieux s'avouer vaincu. "

 Je soupirai et rabattis ma capuche sur ma tête, les cheveux déjà à moitié trempés à cause de la pluie incessante qui ruisselait jusque dans mon slip et mes chaussettes. Comme bien souvent, le temps était pourri à Etretat, mais nous n’étions pas dans le nord pour rien. Vivement que je rentre chez moi dans le sud, parce que j’allais finir par me noyer dans une flaque d’eau si ça continuait. A Manosque, au moins, il y avait la chaleur, le soleil, la piscine et la mer à une heure de route. La belle vie, quoi. Vous me rappelez pourquoi j’avais déménagé ? Parce que franchement, là, y’avait de quoi me faire râler. En même temps, je râle quasiment autant qu’il y a de pluie à Etretat. C’est-à-dire beaucoup, mais j’assume ! Le seul point positif de ce début de journée, c’était qu’il faisait relativement chaud, ça m’éviterait de me taper un rhume pendant une semaine.

Bref. La raison pour laquelle je sortais par un temps pareil ? Le boulot. On m’avait chargé de vérifier l’état d’un ponton qui donnait sur la mer, enfin, plutôt sur des rochers qui précédaient l'eau. Il avait été fermé depuis un bon bout de temps parce qu’une planche s’était dérobée sous les pieds d’un visiteur, qui avait manqué de tomber et qui s’était plaint auprès d’un maître-nageur. Du coup, qui c’est qui était chargé du sale boulot ? C’est Esteban ! J’avais bien failli trouver une excuse pour ne pas y aller, mais je m’étais retrouvé à court d’idées et voilà que je me retrouvais dans la tempête, tout seul, sans la moindre motivation. J’avais pris quelques outils avec moi, au cas où les dégâts seraient légers et faciles à réparer, mais j’en doutais fort. Surtout que vu que le bois du ponton était mouillé, j’aurais franchement du mal à le remettre en bon état en cinq minutes.

La plage était déserte. Même la digue l’était : personne n’était assez fou pour se risquer dehors alors que les nuages étaient d’une épaisseur plutôt incroyable et qu’on y voyait presque rien. En apercevant un promeneur vêtu d’un coupe-vent noir qui lui arrivait jusqu’aux genoux, accompagné de son chien, j’eus un très léger sourire en coin. Finalement, non, je n’étais pas seul. Voilà qui réussirait à me motiver un tant soit peu. D’un pas pressé, je me dirigeai vers le ponton, qui était marqué d’une croix sur la carte que je tentais tant bien que mal de lire. En même temps, l’encre s’effaçait petit à petit à cause de l’humidité et j’avais du mal à la tenir à cause des bourrasques de vent tout à fait pénibles, alors autant vous dire que je galérais. Une fois le ponton atteint, je m’avançai prudemment, appuyant d’abord mon pied sur chacune des planches pour vérifier leur état. La moisissure et les algues recouvraient les côtés de chaque planche, mais au milieu, tout semblait plutôt stable. Ce n’était pas non plus le ponton le plus neuf de la côte, mais j’avais vu bien pire et dans quelques jours, il serait de nouveau ouvert aux visiteurs.

Je m’avançai jusqu’au bout du ponton, passant au-dessus de la planche cassée, mais mon esprit divagua et mes pas furent moins prudents et plus assurés. Trop assurés. Pas assez prudents. Une fois arrivé à la dernière planche, celle sur laquelle les gens s’asseyaient souvent pour avoir les pieds dans le vide, au-dessus de la mer, j’entendis un craquement qui ne signifiait rien de bon. Je baissai le regard, mais avant que j’aie pu faire quoi que ce soit, je sentis mon pied glisser, et tout se déroula à une vitesse effroyable. Je me sentis tomber et essayai en vain de me raccrocher à l’avant-dernière planche, qui ne supporta pas mon poids, contrairement à la première fois où j’y étais passé, et qui se cassa en deux en à peine quelques secondes. Cette fois, la gravité m’emporta, et ma chute, qui sembla durer une éternité mais qui n’était pas si longue que ça, se termina enfin. Je sentis tout le poids de mon corps s’écraser sur les rochers, certes peu pointus, mais beaucoup trop nombreux. Je voulus crier de douleur, mais le seul son qui sortit de ma bouche fut un gémissement étouffé par le choc. L’eau qui entourait les rochers avait amorti ma chute, mais pas assez pour que je n’aie pas mal. Et je souffrais. Mes côtes avaient craqué de façon sinistre et une douleur indescriptible me traversa tout le corps, du bout des doigts à la racine de mes cheveux, de la pointe des pieds au fond de la poitrine. Le noir se fit devant mes yeux, pendant quelques instants, puis je revins à mes esprits et fixai mon regard sur une algue qui balançait doucement dans l’eau devant moi, la respiration saccadée, difficile et trop rapide. J’avais du mal à suivre son rythme, à chaque inspiration mes poumons semblaient se déchirer et mon cerveau semblait déconnecté, comme incapable de faire bouger quoi que ce soit. Je posai ma tête sur un rocher dépassant un peu de l’eau, à quelques centimètres à peine, pour éviter de me noyer. J’avais failli le heurter, et je n’osais même pas imaginer l’état dans lequel j’aurais été par la suite.

Après quelques longues minutes, une fois ma respiration un minimum calmée, je bougeai mes doigts et réalisai que ça ne me faisait rien, la douleur ressentie auparavant était seulement due au choc, ils étaient toujours intactes. J’essayai de soulever mon bras droit, mais une douleur dans l’épaule me fit grogner et j’abandonnai le mouvement, peinant une nouvelle fois à respirer correctement. Un rien me demandait un énorme effort, je ne savais même pas comment j’allais faire pour dégager de là. La plage était déserte, aux dernières nouvelles, et logiquement, personne ne s’aventurerait sur ce ponton. La pression des rochers sur mes côtes était atroce… c’était sûrement pour ça que je n’arrivais pas à respirer. Je pris mon courage à deux mains et, de mes deux bras, je me retournai d’un geste rapide afin de limiter la souffrance. Pourtant, je ne pus m’empêcher de pousser un petit cri grave et de grimacer comme jamais. Je fixai mon regard sur les nuages défilant lentement dans le ciel et m’obligeai à respirer calmement, avant de recracher de l’eau salée qui me piquait la langue, sans que je ne l’aie remarqué avant. Je fermai les yeux et me sentis partir, mais les rouvris pour me forcer à ne pas sombrer dans un sommeil bien trop dangereux dans cette situation. J’avais envie de dormir, j’étais raide mort, mais il ne le fallait pas. Ce qu’il fallait, c’était trouver de l’aide, déguerpir d’ici et passer une bonne nuit à l’hôpital, au chaud dans un lit aux draps blancs. Cette image me fit à nouveau fermer les yeux, mais je luttais contre le sommeil qui me gagnait petit à petit. Incapable de faire quoi que ce soit d’autre, je rassemblai toute mon énergie et appelai d’une voix forte :

« A l’aide ! Y’a pas une bonne âme pour venir me sauver, sur cette foutue plage ? » Je grognai une nouvelle fois et me tus. Parler, et surtout crier me demandait trop d’efforts et je ne pouvais pas faire plus. J’attendis une minute, puis retentai le coup : « Si vous pouviez vous manier ce serait encore mieux ! »

Je voyais rouge. Je n’étais que rage, exaspération, impatience, mais peur, aussi. Oui, j’avais peur. Peur que personne ne vienne m’aider à temps, peur que mon mauvais caractère se retourne contre moi et fasse en sorte que personne ne vienne à mon secours. Je n’avais pas d’autre moyen de remonter sur ce ponton que l’aide d’une personne extérieure, et elles se faisaient tellement rares que j’allais très certainement passer plusieurs jours dans cette eau glaciale qui me donnait des frissons, même si des perles de sueur glissaient le long de mon front. Je fixai à nouveau mon regard sur le ciel, une vue qui semblait m’apaiser ne serait-ce qu’un tout petit peu. Je me surpris aussi à penser à Saphirine, à ses petites piques, à la façon dont elle se défendait quand je l’emmerdais. C’était mignon. Ces pensées réussirent même à m’arracher un très léger sourire, puis je revins à moi et secouai la tête, les sourcils froncés, refusant de penser de telles choses. Cette petite m’exaspérait plus qu’autre chose, même si elle m’énervait moins que certaines autres personnes. Je regardai en l’air vers le ponton cassé, espérant y voir apparaître quelqu’un, mais mon regard se fit trouble et j’eus une nouvelle fois envie de me laisser aller et de dormir pendant de longues heures. Sauf qu’une ombre apparut au-dessus de moi et, plein d’espoir, j’essayai de fixer mon regard dessus, lâchant un grognement à peine perceptible, comme pour appeler l’ombre et l’inciter à venir m’aider. J’étais sauvé. Ou en tout cas, je l’espérais.




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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. » Esteban & Zac   Mar 19 Aoû - 12:22




« Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. »

ҩ
Etretat, la pluie, le ciel d'orage. Programme fort peu réjouissant pour ma journée, n'est-ce pas ? Mais j'avais été éreinté par le travail, au cabinet. J'avais eu toute une ribambelle d'enfants, pour des raisons diverses et variées... Entorses du poignet, fracture de la cheville, problèmes respiratoires, scolioses... Bref, autant de rééducations et d'exercices à réussir à faire faire à des enfants en l'absence des parents. Si les plus grands avaient généralement un peu de bonne volonté, les plus petits étaient très difficiles à concentrer, et par conséquent, ils étaient toujours sous ma surveillance. Définitivement, les enfants, ça n'était pas pour moi. En sortant de ma journée de travail, je n'avais qu'une envie, et c'était de décompresser totalement. Mes mains étaient raides, ce qui m'arrivait pourtant rarement, mes épaules étaient tendues. J'avais une solution toute trouvée pour relâcher la pression avant de rentrer chez moi ; marcher sur la plage.

Tant pis pour la pluie. Si je rentrais chez moi directement, je me mettrais devant la télé et je n'en décrocherais plus. Bon, ça pouvait être un programme de soirée comme un autre mais... Non, parce que sinon demain je risquais d'être d'humeur très morose au travail et il me faudrait quelques jours pour reprendre du poil de la bête. Alors pluie ou pas, il fallait que j'aille longer la mer, sinon j'allais devenir fou. En quittant le cabinet, j'avais enfilé ma veste de pluie courte et rabattu la capuche de mon sweat sur ma tête, mettant un maximum de mes cheveux blonds dedans pour éviter le halo de lumière autour de ma tête. Puis j'avais pris directement la direction de la plage. La pluie battait avec régularité et pourtant je réussissais encore à l'éclipser presque totalement.

D'habitude, je me serais dirigé jusqu'au ponton de la jetée aux bateaux pour m'y percher et observer la mer, qui devait battre les côtes avec hargne, cette fois encore. Sauf que le ponton était fermé car un imprudent avait failli passer à travers. Bizarrement, avec ma taille d'asperge et mes pas feutrés, ça ne m'était jamais arrivé... M'enfin, passons. La bonne nouvelle, concernant ce ponton, c'était que normalement il devrait être remis en ordre dans les prochains jours. Alors plutôt que de m'aventurer dessus, j'allais aller voir si jamais quelque chose se passait par là-bas. Au pire, la jetée à bateaux, avec ses rochers, donnait aussi une très belle vue. Par un chemin tracé dans mon habitude, je pris la direction de la digue, que je remontais jusqu'au petit port de plaisance. Il était désert, les plaisanciers ne se plaisant généralement pas à naviguer sous la pluie. Puis je bifurquais, direction la jetée - qui servait pour les catamarans et autres char à voile, si j'avais oublié de le dire -, le ponton, les rochers.

Et en effet, les choses au ponton avaient bougé ;  deux planches de plus étaient brisées. Bon, et bien avec tout ça, ça n'était pas vraiment rassurant, et l'idée de m'aventurer dessus, bizarrement, ne me semblait plus si bonne que cela. Si je pouvais éviter de me tuer... En secouant la tête sous la pluie, je me dirigeais juste à côté, au dessus des rochers, mes pieds reposant juste à la limite de la pente. Les embruns qui montaient, cette odeur iodée, voilà autant de petites choses qui m'apaisaient à la perfection. Cependant, un grognement se fit entendre en contrebas et je me penchais, surpris. Mes yeux s'arrondirent sous l'étonnement, et je ne pus vraiment pas retenir un éclat de rire. Ah non, ça, vraiment, je ne pouvais pas. Je tirais ma capuche en arrière, secouant mon halo blond humide d'un mouvement de tête. De toute façon, j'allais finir trempé. Un sourire un peu méchant étira mes lèvres.

« Attends, laisse-moi deviner... Tu fais la sieste dans les rochers après être tombé du ponton ? »

J'étais ironique, et pour le coup, je pense que vu sa tête, j'avais tous les droits de me moquer. Après tout, du temps où je sortais avec son petit frère, il nous avait carrément rendu la vie impossible. Et au final... Je ne l'aimais pas du tout, l'aîné Giron. Bon, au final, j'étais beaucoup trop gentil pour le laisser crever comme ça dans la flotte, mais d'un autre côté, je n'allais pas non plus accourir et me mettre en quatre pour lui. Appuyant ma main contre un poteau du ponton, j'entamais une descente dans les roches rendues glissantes par la pluie. Si en plus je me faisais mal pour ce con, ça allait barder. Sauf que la descente se fit sans le moindre souci et que je finis les converses dans l'eau froide. Alors si avec ça il trouvait encore le moyen de m'envoyer balader, je crois que je le laissais pourrir là en attendant les secours - que j'appellerais quand même, trop gentil que je pouvais être. Sauf que pour le moment j'étais un peu en position de force, quand même.

« Franchement, je me demande pourquoi je devrais t'aider... Parce que, soyons honnête, tu sais que tu vas rester coincé là si personne d'autre ne vient t'aider ? » J'eus un sourire éclatant, bien content de ne pas me laisser marcher sur les pieds par Esteban, pour une fois. « Donne-moi une seule bonne raison de t'aider. Non, parce que, tu vois, moi la situation m'amuse, beaucoup. »

Un rire moqueur s'échappa de mes lèvres. Je n'étais normalement pas comme ça, j'étais plutôt du genre assez serviable, et surtout pas naturellement méchant pour deux sous, mais je détestais ce mec juste pour ce qu'il avait été capable de faire endurer à Benjamin quand nous étions ensemble. Bon, vous me direz, à la base c'était le problème de Ben, mais comment aurait-il pu être bien dans sa peau avec un abruti pareil pour sans cesse lui rappeler qu'il était - enfin, du point de vue de son frère, et pas réellement - une abomination de la nature. Au final, j'avais failli pâtir de la situation, vu que j'étais l'élément déclencheur de certaines railleries, même si visiblement les deux frères ne s'étaient jamais trop bien entendus. En fait, qu'il soit le frère de mon ex ne changeait pas grand-chose, parce qu'il y avait une base qui faisait que je le détestais ; il jugeait les gens qui n'avaient pas le même penchant que lui pour l'autre sexe. Rien que ça, ça me le rendait détestable. D'ailleurs, je ne lui avais jamais caché que je ne l'aimais pas du tout. C'était plus ou moins un secret de polichinelle, vous voyez. En tous cas, j'attendais sa réponse, sans me départir de mon arrogance, en le regardant du haut de mon mètre-quatre-vingt-trois. Définitivement, cette situation avait de quoi me plaire...


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MessageSujet: Re: « Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. » Esteban & Zac   Lun 25 Aoû - 14:38




Esteban & Zac

" Parfois, il vaut mieux s'avouer vaincu. "

 Le con qui m’avait envoyé sur ce ponton en pleine tempête allait payer cher. Je me souvenais parfaitement bien de sa voix mielleuse que je ne supportais pas, me demandant d’y aller aujourd’hui et pas demain. Oh que oui, j’allais me venger. Il ne me restait plus qu’à savoir comment. L’idée de vengeance me remonta un peu le moral et même si je devais lutter pour garder les yeux ouverts et que la douleur était atroce, je me sentais un peu mieux. Et lorsque je vis une ombre au-dessus de moi, un sentiment d’espoir et d’apaisement m’envahit. Je n’étais pas seul, et je sortirais de là bientôt. J’allais souffrir, c’est sûr, mais au moins j’aurais un moyen de me rendre à l’hôpital. Cependant, l’éclat de rire qui se fit entendre au-dessus de moi me fit paniquer un peu. C’était pas bon, ça. Pas bon du tout. Et puis, ces cheveux blonds, cette silhouette mince et immense penchée un peu en avant… Merde. La mâchoire crispée, j’entendis Zac me lancer une pique, comme il savait si bien le faire. Cette fois, c’est lui qui se vengerait, j’en étais bien conscient. Si je faisais la sieste dans les rochers après être tombé du ponton ?

« Ouais, et si tu veux venir faire dodo avec moi, je t’en prie ! » lui lançais-je d’une voix aussi forte que possible, remplie de colère.

C’est pas vrai… En plus d’avoir eu le malheur de m’aventurer sur ce ponton, il fallait que la seule personne capable de me sauver soit Zac, le mec – enfin, demi-mec – qui m’insupportait, celui qui était sorti avec mon petit frère et qui m’avait tellement dégoûté en le faisant que je n’avais jamais réussi à l’apprécier. Je soupirai, mais mon soupir se transforma en sifflement. Je grimaçai une nouvelle fois en sentant mes côtes abîmées bouger à cause du poids de mes poumons, puis je fixai mon regard sur Zac, qui avait entamé une descente capable de le tuer s’il glissait et retombait mal. Alors comme ça, il viendrait m’aider ? J’avais presque envie d’éclater de rire tellement ça m’étonnait. Surtout qu’il ne s’était pas fait prier pour descendre, alors que je ne lui avais rien demandé. Une fois les chaussures dans l’eau, il continua à me parler et je le regardais d’un regard trouble, incapable de voir net pour le moment. Son sourire m’agaçait. Il m’agaçait grave. Une bonne raison de m’aider ?

« Parce que si tu me laisses crever ici, tu seras à moitié responsable de ma mort… » Je fis une pause, grimaçai, puis poursuivis, dans un murmure : « Et que tu verras Ben moins souvent si tu te retrouves en taule. »

Je ne pouvais pas le laisser se foutre de ma gueule sans même me défendre. J’avais une certaine fierté à préserver, quand même. Sauf que j’allais devoir la ravaler pour éviter de souffrir pendant des jours, mais l’idée ne m’enchantait pas. Son rire moqueur et la façon dont il se tenait et respirait l’arrogance me donnait envie de l’éclater de mes propres mains, mais je gardais cette idée bien pour moi, encore et toujours en me disant que je ne parviendrais jamais à remonter, sinon.

« J’espère que tes chaussures sont étanches, ça serait dommage de les bousiller pour moi… » lui soufflais-je encore, d’une voix râpeuse.

Puis silence. Je détestais ce mec, mais pour une fois, j’allais la fermer. Je n’allais pas non plus être gentil, fallait pas abuser, mais j’avais un cerveau et j’étais capable de l’utiliser quand je voulais. Et le premier qui me fait une remarque ou me dit le contraire j’le transforme en cochon bleu, compris ? Je portai ma main à mon épaule, qui avait commencé à me tirailler d’un seul coup. Je grognai, mais malgré tout, je fis une tentative pour me redresser. Raté. Je portai mes mains à mes côtes dans une grimace affreuse. Ca ferait rire l’espèce d’abruti qui se trouvait près de moi, mais tant pis. Pas d’humeur à me défendre de trop, aujourd’hui, et surtout incapable de le faire sans avoir mal. Quelle poisse…





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MessageSujet: Re: « Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. » Esteban & Zac   Mer 22 Oct - 22:32




« Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. »

ҩ
Non mais c’était juste le pactole d’être tombé sur Esteban en si mauvaise position. Il fallait le faire, de venir se détendre sur la plage, sous la pluie battante, et tomber sur le seul type capable de me hérisser le poil. Il n’y avait pas, c’était une véritable journée de merde ça. Bon, petit éclat de soleil, là il était dans une position qui me donnait un peu de supériorité et je ne me privais en aucun cas pour le provoquer. Après tout, il l’avait fait suffisamment souvent lorsque j’étais plus jeune, et que j’étais avec son frère, surtout. C’était peut-être un juste retour des choses que le jeune homme mieux que jamais dans sa peau et désormais affirmé que j’étais devenu ne lui renvoie la pareille. Surtout que là j’avais éventuellement une possibilité d’avoir le dessus sur lui vu le sale état dans lequel il devait être pour ne pas s’être lui-même dépêtré de cette situation pour le moins délicate dans laquelle il s’était mis tout seul comme un grand. Je lançais donc ma première pique un brun assassine, moqueur, un rire froid l’accompagnant. La réponse d’Esteban ne se fit pas prier et je haussais un sourcil avec dédain.

« Sans façon. Les enfoirés comme toi, c’est définitivement pas mon genre. »

Mon temps avait quelque chose de ferme et de définitif. Il fallait que ça sorte, ça, de toute façon. Et mieux valait que ça sorte avant que je n’attaque ma descente si vous préférez. Difficile de ne pas me tuer lorsque j’avais des piques qui me trottaient en tête et me déconcentraient. Finalement, j’arrivais néanmoins en bas tout à fait entier, sans même avoir glissé. Bonne nouvelle d’ailleurs, parce que si déjà ça glissait à mort en descendant seul, en remontant avec l’autre enflure, ça allait devenir carrément beaucoup plus compliqué. Bon, par contre avoir les pieds dans la soupe, ça c’était super moyen. Ma réaction à ce désagrément fut une autre pique en direction de l’aîné Giron, qui me regardait un peu sans me voir. Mouais, il n’était définitivement pas au mieux de sa forme là, j’allais p’t’être quand même passer la marche avant pour le sortir de là avant qu’il ne fasse une hypothermie ou une connerie comme ça. J’émis un claquement de langue agacé à la fin de sa réponse. S’il partait sur ce terrain-là…

« Honnêtement, tu n’avais pas mieux comme argument ? J’ai rompu avec ton frère depuis plus de trois ans. Ta mémoire flanche mon vieux ! »

J’étais presque tout à fait arrogant en rétorquant ça. Et puis, c’était vrai aussi. Benjamin et moi, nous étions encore très proches, mais nos vies ne dépendaient en aucun cas de l’un ou de l’autre. Nous n’étions plus ensembles, et il n’était pas question que nous le soyons de nouveau un jour. Ce garçon avait été une vraie aubaine pour moi, et je l’avais aimé sincèrement, mais les amours de lycée devaient rester au lycée. Au moins, nous continuions à nous entendre à merveilles, à être proches, à être naturels l’un avec l’autre. On s’était manqué, et on s’était retrouvé autrement. C’était mieux de ne pas reprendre là où nous nous en étions arrêtés. Bref. J’éclipsais rapidement Ben’ de mes idées, puisque là le sujet était nettement moins agréable, aîné Giron oblige. D’ailleurs, le brun m’envoya une nouvelle pique, mais elle était assez légère celle-là, et quelque chose me disait vaguement qu’il commençait à fatiguer. Je fronçais légèrement les sourcils avant de rétorquer du tac au tac.

« Si t’as tant de considération pour mes chaussures t’auras qu’à m’en repayer une paire. »

Sérieusement, c’était des converses, alors un tour en machine et on n’en parlerait plus, hein, alors franchement ce n’était pas la première chose pour laquelle je m’inquiétais. Je m’inquiétais un peu plus de savoir si on allait savoir remonter, par exemple. Ou de savoir si je pouvais bouger Esteban sans qu’il ne me tue sous le coup de la douleur – ou de la simple volonté d’ailleurs. Et visiblement, l’emmerdeur de service n’était vraiment pas au top, et il semblait plié. Bon, le connaissant, ce n’était pas du cinéma, donc il y avait de quoi me faire redescendre un peu de mes grands chevaux. Je vous ai déjà dit que j’étais un véritable gentil, en théorie ? J’eus néanmoins une réaction un soupçon exaspérée en le regardant.

« Arrête de gigoter, tu veux ? J’aimerais pouvoir te sortir de là avant que tu te noies avec la marée montante, parce que ça serait vraiment con comme mort. » Moi ? Je suis totalement agréable mes gens, du moins autant que je le peux avec un abruti pareil en face de moi. « Est-ce que tu peux me dire, sans m’aboyer dessus, où tu as mal exactement ? A part aux côtes, ça j’ai compris. »

Non mais il valait mieux que je continue avec un soupçon d’arrogance sinon j’allais me faire casser en beauté par ce mec. Non mais parce que bon, pour lui, j’étais moins qu’un homme, alors si je voulais garder un peu d’effet, il fallait aussi que je lui montre clairement que j’avais du caractère et de la ressource. Alors j’allais trouver un moyen de le sortir de là sans lui faire souffrir le martyr, ça serait quand même pas trop mal. Après, une fois qu’il était en haut… Il se démerdait comme un grand enfoiré qu’il était !


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« Parfois, il vaut mieux s’avouer vaincu. » Esteban & Zac

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