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 « Ici bas » † Zacharie & Enzo

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « Ici bas » † Zacharie & Enzo   Lun 9 Juin - 22:56


Les ruelles d'Etretat  ◈ Zacharie Blanchard & Enzo Delucca
Ici bas


 




L
e ciel s'était chargé d'une teinte encore plus noire qu'à l'accoutumée. Ni étoiles ni lune n'y brillait, et pour cause, un violent orage s'annonçait. Les nuages alourdissaient un atmosphère qui sentait déjà le bitume chaud. L'air était âcre, pesant, il sentait le chaud et la pluie plus que l'iode, pour l'occasion. Ce n'était pas vraiment ce que l'on pouvait trouver rassurant, pas quand ça grondait déjà au loin et que les éclairs se voyaient à des kilomètres. Pourtant, ça ne m'empêchait vraiment pas d'être dehors. Il devait être deux heures, et les ruelles ne m'avaient jamais paru aussi inhospitalières.


M
a soirée s'était déroulé de manière catastrophique comme rarement. J'étais sorti seul boire un verre et traîner en boîte. Après tout, j'étais célibataire et avec pas grand monde à l'horizon. Il y avait bien cette petite demoiselle rencontrée à la piscine, mais elle ne m'occuperait qu'un temps, et autant dire que pour l'instant j'émettais de très sérieuses réserves. Elle était mineure, moi plus. C'était tout de suite problématique. Et comme je vous l'ai dit à l'instant, elle ne m'occuperait qu'un temps, et je n'étais pas sûr de vouloir briser son petit cœur, si tant est qu'une fille possédant autant de répondant puisse en avoir un. Alors pour le moment, je laissais venir les choses sans buter sur mes positions.


A
vec tout ça, je vous disais donc que j'étais sorti, histoire de satisfaire ma sociabilité naturelle, de faire des rencontres, de tisser des liens. Il fallait dire que j'étais presque le mec avenant par excellence, avec ma belle gueule d'ange et mon style du soir, se composant d'un pantalon noir type slim et d'une chemise ciel sous une veste en cuir, ce qui mettait parfaitement en valeur mon côté élancé et élégant. Sérieusement, sans me vanter, j'étais plutôt grand - un mètre quatre-vingt-trois, c'est pas mal - et fait tout en finesse, on devinait quand même que je n'étais pas fait que d'os, puisque j'avais une musculature effilée mais bien présente sous une peau pâle. Avec mes traits fins et délicats, mes cheveux blonds mi-longs et mes pétillants yeux bleus, j'attirais parfois le regard. Et avec ma démarche souple et mes longues foulées, j'arrêtais l'attention.


C
'est juste que, parfois, je me jouais à moi-même de vilains tours. Ce soir, mon regard avait été attiré par un garçon un peu plus petit que moi, brun, la peau mate, les yeux sombres, du charme. J'avais éclipsé les avances d'une fille, le regard sûrement un peu trop rivé sur lui, et ça ne lui avait visiblement pas plu qu'un homme puisse lui trouver l'intérêt que moi je lui trouvais. Car ce soir, pour moi, il avait eu plus de charme que n'importe quelle fille. Jour face, pour m'opposer au jour pile, si vous préférez. Mais mal m'en avait pris, parce que ma soirée a très mal fini. Derrière la boîte, il s'était accompagné de ses deux acolytes de sortie - du moins visiblement - pour une petite discussion à laquelle je n'avais pas vraiment pu me soustraire. Résultat ? Ma chemise était froissée, le dos de mon cuir griffé, mon pantalon était couvert de poussière. Mon arcade saignait fort - mais c'est une arcade, c'est normal, un petit bobo et on en finit exsangue -, mon pommette était douloureuse - coquard ou pas ? - et j'allais être plus ou moins couvert de bleus. Il y avait longtemps que j'avais oublié qu'aimer aussi les hommes pouvait être un délit passible d'un passage en tabac en groupe.


T
oujours est-il que je n'avais plus vraiment le cœur à la fête et que, étant venu à pieds, je n'avais plus qu'à rentrer chez moi de la même manière. Les premiers mètres avaient été laborieux, parce que j'avais l'impression que j'étais brisé, mais au final, ça irait. Le départ était douloureux, pas la suite. Néanmoins, j'étais piteux, et je préférais faire profil bas. Ici bas, j'avais oublié que j'étais une tare. Je n'avais pas choisi de quel côté me ranger et je le payais. Pourtant, je ne changerais pour rien au monde. J'assumais ma vie, mes goûts, mes choix. Je ne regrettais rien, je ne haïssais pas celui que j'étais, contrairement à tous ceux qui ne savent pas comment faire leur coming-out. Je savais que pour certains c'était dur, et pour moi, ça l'était ce soir. Le plus dur, c'était ce dégoût et ce rejet. Sinon, non, j'étais bien dans ma peau. Mais ce soir, mes idées dansaient dans ma tête à la place des étoiles dans la nuit, mes sombres pensées roulant comme le tonnerre dans la plaine. L'orage ne serait pas sur nous avant une heure, peut-être. Mais pour le moment, j'avais autre chose à penser. Je n'étais pas seul dans cette ruelle, et je ne savais vraiment pas ce qui m'attendait.

_________________
Mon royaume assiégé, elle a annexé mon canapé.
Embrasé, désarmé, je me suis constitué prisonnier.
Elle veut de la vie en grosses coupures,
Enfant de luxure tout ce qu'elle touche brûle.
Possédée, possédée. Bien accroché à son cœur de gitane.
Dans les veines du sang d'apache, comme si
Bonnie fumait Clyde pour partir avec le cash.
C'est l'escalade, le road trip puis le crash comme
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MessageSujet: Re: « Ici bas » † Zacharie & Enzo   Mar 24 Juin - 19:05

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« Ici-bas. »

Zac' et Enzo →Il est des soirs où on ferait mieux de se coucher tôt.


Il faisait nuit et lourd cette nuit-là. Il était deux heures et demi du matin passé, et un orage menaçait. Dans le silence ambiant de ruelles, on pouvait même parfois l'entendre gronder au loin, de la même manière qu'un estomac vide qui réclame pitance. Et pendant ce temps-là, une Ombre rôdait dans les ruelles obscures de la ville d'Étretat. Ses pas se posaient sans bruit sur les pavés inégaux sans qu'il ne trébuche jamais. Elle observait toutes ces personnes marcher en titubant, trébuchant, se pressant, de ses yeux brillants dans l'ombre, sans qu'on remarque jamais sa présence. L'obscurité, qu'ielle avait connue si longtemps, avait fini par l'accepter et elle s'y fondait aussi bien qu'un poisson dans l'eau. Il suffisait qu'elle ne veuille pas être vue et on ne la voyait pas. Elle savait rendre sa présence quasi indétectable, sa respiration silencieuse, se statufier pour ne pas être repérée par un mouvement. Il lui était déjà arrivé de pister des gens sans se faire remarquer, par jeu, lorsqu'elle s'ennuyait. Elle n'était jamais animée de mauvaises intentions dans ces moments-là, elle le faisait juste pour ne pas se rouiller au niveau de son invisibilité.
Seulement, ce soir, avec le temps, personne ne traînait vraiment dehors, par crainte de se retrouver sous la pluie et les éclairs. L'Ombre, elle, ne cherchait pas à rentrer. Seul un séisme aurait pu la convaincre de rentrer chez elle. Rôder contre les murs était une habitude et un besoin pour elle la nuit. Ses yeux accoutumés au noir pouvaient bien voir malgré l'absence de lune et de lampadaires dignes de ce nom. Et cette Ombre s'ennuyait de n'avoir personne à suivre cette nuit, où, avec le noir presque complet, il aurait été beaucoup plus intéressant de traquer quelqu'un.
Visiblement, même la boîte de nuit avait été désertée cette nuit-là. Il n'y avait pas de passage, entrant ou sortant, groupe d'amis ou couple, ou même une silhouette solitaire. Elle arpenta les alentours afin de trouver une cible, et finit par la trouver. Elle se mit presque instantanément en mode traque, silencieux comme un chat et aux aguets d'une possible volte-face de la part de la victime qu'il suivait. Il agissait comme un traqueur, mais pas dans le but de chasser. Juste de suivre sans être vu, ni entendu, ni senti le plus longtemps possible. Cette Ombre-là avait de curieuses activités. Mais quand l'ennui est trop fort, on n'a pas d'autre choix que de le tromper en faisant n'importe quoi qui puisse nous détourner de nos pensées sombres concernant le passé et l'avenir. Car si l'un et l'autre sont inévitablement liés, alors son futur risquait d'être très sombre et dangereux. Mieux valait donc ne pas y penser.
En suivant cet anonyme une envie de jouer lui vint. Un peu comme un chat. Elle n'irait pas loin, et s'arrêterait avant de lui faire croire qu'elle voulait lui faire du mal. Elle le suivit jusqu'à un carrefour, où elle bifurqua, toujours sans bruit, pour prendre une ruelle parallèle afin de l'arrêter net au prochain croisement. Elle connaissait les allées comme sa poche, et savait que si elle courait un peu, elle pourrait s'interposer. Ce qu'elle fit. Quelques foulées amples, et elle arriva quelques secondes avant d'entendre le bruit de pas de l'autre croître en face d'elle. L'Ombre était dans un coin obscur, de sorte qu'elle pouvait voir sans être vue. Elle se rendit compte que c'était une homme qu'elle avait pistée, et qu'en prime, il était dans un sale état. Il avait dû se faire passer à tabac ou se tôler entre le moment où elle l'avait contourné et celui où elle s'était retrouvée devant lui. L'envie de jouer avec lui passa, et l'Ombre partit pour redevenir Enzo. Son jeu d'invisibilité était fini pour ce soir. Enfin presque. Le blond tout frêle était encore à plusieurs mètres, et il en profita pour s'avancer dans la lumière – si tant est qu'on pouvait appeler ça la lumière – tout en laissant son visage dans l'ombre. Ben quoi, c'était peut-être un mec de la Mara chargé de le retrouver ! Quoique, un gars de là-bas n'aurait pas pu se faire tabasser et finir dans cet état, à moins que ces agresseurs aient été plus nombreux que quatre. Dans le doute, il ne laissa pas sa tête visible. Il n'y avait que ses yeux qu'on pouvait voir luire. Il attendit qu'il ne soit plus qu'à un mètre et demi, et donc à portée de voix sans qu'il ait besoin de hausser le ton.
« Dis donc, t'es bien amoché. Et t'as le cran de te balader comme ça ? »

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MessageSujet: Re: « Ici bas » † Zacharie & Enzo   Mer 25 Juin - 0:08


Les ruelles d'Etretat  ◈ Zacharie Blanchard & Enzo Delucca
Ici bas


 




J
'étais visiblement la tare du soir. Les ruelles ne m'avaient pas trop réussi, et à vrai dire je n'avais plus vraiment l'habitude de cet acharnement sur ma peau. Non mais c'était vrai, quoi... Dans mon sud natal, au final, j'avais fini par faire partie du paysage, alors bon, même si quand j'étais avec Benjamin on m'avait souvent pris à parti, eh bien mon caractère relativement bien trempé m'avait toujours plutôt sauvé la mise. Ou du moins évité le pire ce qui était déjà pas mal parfois. Pareil, quand j'étais parti à Bruxelles, j'avais beau être le seul bisexuel de la promotion, il y avait d'autres garçons gays, et j'avais donc assez peu choqué dans le décor. Et pour sortir, je m'étais toujours assez bien entouré pour passer relativement inaperçu. Surtout qu'en vieillissant les problèmes s'étaient raréfiés. Bon, de temps à autre un mec me remettait en place avec un peu de sécheresse, mais se mettre à trois pour me démolir, ça faisait des années que ça ne m'était pas arrivé.


L
e retour à la réalité était plutôt violent, du coup. Et sans mauvais jeu de mot. A trois contre moi, je ne faisais pas vraiment le poids, et j'avais donc été plutôt roué de coups. Je m'estimais juste heureux de n'avoir rien de visiblement cassé même si j'avais bien mal partout comme il fallait et tout le bataclan. Non mais j'étais vivant au moins, hein. Quoi que, je n'avais pas franchement vu ma vie défiler non plus mais bon, comment vous expliquer que je me serais passé de cette adorable petite frayeur quand même ? Non mais parce que ce n'était pas franchement le truc le plus agréable du monde, surtout que je n'avais strictement rien fait de répréhensible. Il n'y avait qu'à voir les consciences fermées de certains pseudo-bons-pensants - et cette idée me faisait doucement rire - pour savoir que de toute façon, quoi que je fasse, je serais toujours considéré comme une sorte de marginal. J'avais passé ma route.


M
e remettre en route avait été très compliqué, presque douloureux, mais je l'avais fait, parce que c'était ça ou rester sur place à geindre sur mon sort. Très peu pour moi. Depuis que j'étais tout gamin, je passais tant bien que mal au dessus de tout - et des fois c'était l'Himalaya qui essayait de se dresser devant moi - alors ce n'était pas trois cons qui allaient m'empêcher d'avancer. Bon, ça me faisait réfléchir et ruminer quand même, mais pas de quoi me faire baisser les bras. J'étais comme j'étais, tant pis, c'était ainsi. Je m'étais donc remis en marche, même si j'avais mal partout. J'allais être juste recouvert de bleus, à ce rythme-là... Je finis par relever la tête. Au fond de la ruelle, il y avait quelqu'un. Je ne savais en aucun cas à quoi m'attendre, mais pourtant je continuais d'avancer, un peu moins vite sûrement. Je me méfiais, du moins suffisamment pour ne pas baisser de nouveau les yeux vers mes pieds. L'inconnu aussi continuait d'avancer, et droit sur moi, même. Je finis par m'arrêter, assez certain qu'il venait vraiment droit sur moi, et il fit de même, à une distance assez courte, mais tout de même suffisante pour que je ne me sente pas attaqué.


I
l restait dans l'ombre. Pourquoi il et pas elle, lorsque je ne voyais pas son visage ? Parce que cette silhouette, de mon gabarit, était typiquement masculine. Plutôt grand, relativement fin sans être trop osseux sûrement... C'était le peu que je pouvais devenir avec cette ombre qui dévorait son visage. Il se dissimulait, c'était clair. Ses yeux luisaient, ce qui ne le rendait pas moins inquiétant pour autant. Puis il prit la parole, et je redressais le menton avec un semblant d'arrogance. Sûrement dans le but de faire plus vif que mort, parce que là je faisais plus mort que vif surtout. Prendrait ou prendrait pas, je verrais bien, mais en attendant hors de question de me mettre à trembler de partout.

« Tu préférerais que je reste assis à me lamenter sur mon triste sort ? » Mon ton mordant fut interrompu par une longue quinte de toux, qui était venue sans prévenir, et ne semblait pas vouloir me laisser avant quelques longues secondes. « Qu'est-ce que tu me veux ? » Je savais que je n'irais nulle part tant qu'il serait planté alors alors... Je glissais les mains dans les poches de mon blouson désormais déchiré, scrutant avec une grande attention l'obscurité autour de moi.  

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Dernière édition par Zacharie J.-B. Blanchard le Ven 11 Juil - 18:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ici bas » † Zacharie & Enzo   Ven 11 Juil - 18:18

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« Ici-bas »

Zac et Enzo →Il y a des soirs où on ferait mieux de se coucher tôt.


Oui, Enzo s'ennuyait. À mort. Même s'il était bien vivant pour quelqu'un qui s'emmerdait à en mourir. Qui pouvait s'ennuyer la nuit ? Il y avait à voir, à faire, des gens à suivre en s'imaginant leur vie et en ne se faisait pas remarquer le plus longtemps possible. Là, non. Peut-être à cause de la Coupe du Monde de foot. Tout le monde était chez soi pour la regarder. Encore qu'à trois heures du matin passées, Ils devaient plutôt se bourrer et klaxonner comme des malades sur la route pour fêter la victoire de la France, ou de se lamenter avec une bouteille de Vodka vingt-ans d'âge pour faire passer la pilule. Cette fois, ça devait plutôt être la deuxième option, vu comme les rues étaient calmes. Il n'y avait pas un chat. Même un chat, il aurait bien voulu le suivre pour s'amuser ! Mais non, même eux étaient en planque. Quand le chat n'est pas là, les souris dansent, dites-vous ? Eh bien il n'y en avait pas non plus. Elles devaient faire la fête dans les égouts afin se réveiller demain avec une gueule de bois pour avoir trop forcé sur le gruyère.
Lui était un papillon de nuit à la recherche d'un lampadaire où se griller les ailes. Ou autrement dit, un traqueur à la recherche d'une proie à suivre jusqu'à être remarqué, le plus tard possible. À force d'arpenter les ruelles, peut-être qu'une gentille personne allait se matérialiser avec une grande pancarte « suis-moi ! » accrochée au dos. Enfin une gentille personne, il ne savait pas, et sans pancarte non plus, mais il finit bien par y en avoir une. À pas de loup, il commença à la suivre, avec plusieurs mètres de distance pour avoir moins de risques d'être pris en flag. Parce que sinon, son jeu serait terminé et il devrait larguer la seule victime qu'il s'était trouvé depuis qu'il était sorti. Ce serait ballot, quand même. Il se fit donc le plus discret possible. Une ombre aurait été trouvée bruyante en comparaison. Mais suivre quelqu'un, au bout d'un temps, c'était lassant, quand on avait pas le droit de jouer un peu avec. Oh, pas d'inquiétude, il n'allait pas chercher à piéger ce quelqu'un dans une impasse pour voir si ses couteaux étaient bien aiguisés, la Mara ne l'avait pas perverti comme ça. Au pire, il jouait à faire peur en maniant un couteau tout en jouant à refléter la lumière de la lune dedans, au mieux, il n'était pas remarqué. Là, il allait se faire remarquer, en jouant peut-être sur les mots pour intimider, mais il allait être mignon sans jouer au faux-méchant. Parce que ça ne lui allait pas. C'était marrant à donner comme première impression, mais après, quand il recommençait et que la personne qu'il voulait intimider le connaissait bien, ben elle y croyait plus et il faisait un bide. La honte quoi.
Comme je disais, suivre uniquement quelqu'un sans rien faire, c'était ennuyeux. Il finit par bifurquer pour rejoindre une ruelle parallèle à celle où il marchait, en courant pour doubler sa victime et arriver avant lui au carrefour suivant. Pour l'y attendre, bien évidemment. Il garda son visage dans l'ombre, mais sans cacher le reste de son corps. Il avait bien l'intention de se montrer entièrement, mais pas tout de suite... D'abord, il allait jouer. D'ailleurs, son jouet arrivait. Il le voyait à une dizaine de mètres, éclairé par les lampadaires de la ruelle parallèle. C'était donc un homme. Blond, les cheveux mi-longs, et surtout dans un état lamentable. Il avait dû se faire alpaguer par au moins deux personnes dans un coin obscur. Pourquoi, il ne savait pas, et à vrai dire, il s'en fichait comme de sa première cible touchée en son centre avec un couteau. Parce que oui, il savait lancer des couteaux. Il avait déjà cloué des gens à des murs de cette manière, et de façon précise. Sans les toucher, juste en clouant la manche ou un pan de veste. Mais bref, ce n'était pas le thème ni ce dont il était le plus fier. On en parlerait plus tard quand il serait mis en bière, si vous le voulez bien.
Le blond le vit assez tôt, mais il eut au moins le cran de ne pas s'arrêter ou bifurquer pour l'éviter. Il se retint de sourire et, lorsqu'il fut assez près, il lui lança une légère provocation. La réponse fut immédiate, avec un ton qui répondait à merveille à celui qu'il avait utilisé. Dis donc, c'est qu'il avait de la réplique ! Ça allait peut-être être drôle. Son... pouvait-on réellement appeler ça un interlocuteur ? On va dire que oui. Bref, son interlocuteur fut prise d'une crise de toux qui dura assez longtemps. Pour tout dire, Enzo se demanda presque s'il n'allait pas s'étouffer et clamser comme ça, devant lui. S'il pouvait éviter, il préférait éviter de se retrouver témoin de la mort de quelqu'un. Il en avait déjà assez vu comme ça.
« Si jamais tu te retiens de le faire, aie au moins la présence d'esprit de ne pas t'écrouler au milieu de la rue, tu m'empêcheras de passer sinon. « 
Il y avait une pointe d'ironie dans son ton, presque indécelable. Il était d'humeur joueuse, et sa victime répondait parfaitement à ses attentes. Ce qu'il lui voulait ? Tiens, il s'y attendait pas à celle-là. Mais la réponse, toujours aussi narquoise, jaillit toute seule sans qu'il ait eu à réfléchir.
« Tu me bloques le passage, donc je bloque le tien en retour. Et même si tu te décalais, je n'aurais pas spécialement envie de te laisser passer. Nous sommes donc dans une impasse.
Ah oui, très emmerdeur, quand il s'y mettait. Et son sourire, même s'il luisait la pénombre, avait tout de celui d'un enfant qui joue. Sans laisser un seul centimètre de libre pour que l'autre puisse passer, il s'appuya au mur. Pourvu que le blond ne fasse pas demi-tour, il commençait tout juste à s'amuser...

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MessageSujet: Re: « Ici bas » † Zacharie & Enzo   Dim 20 Juil - 10:14


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M
e retrouver face à cet inconnu planté en plein milieu de la ruelle n'était pas nécessairement la situation la plus rassurante du jour, ou plutôt de la nuit. Je m'étais déjà fait démolir une fois, très peu pour moi. Et puis, je ne voyais pas son visage, alors que celui de mes trois agresseurs, je l'avais vu clairement. Alors c'était peut-être l'un d'eux qui revenait à l'assaut, je ne pouvais pas vraiment le savoir. Même genre de silhouette, en tous cas. Donc je n'étais pas spécialement rassuré, et j'étais d'ailleurs suffisamment méfiant pour darder mon regard sur lui sans ciller, mais j'avais trop de fierté et de caractère pour me faire oublier. Je préférais de loin garder le menton un peu redressé en le jaugeant du regard avec cette arrogance naturelle qui avait fini ou finirait par me caractériser. C'était presque dans mes gènes, à ce niveau-là. Le même port de tête altier que ma mère, le même regard dur et insistant que mon père. Un vrai petit Blanchard !


D
'entrée de jeu, l'autre me piqua, et je pris le temps de riposter. C'était plein de conviction et d'assurance, comme réponse, point positif, non ? Mouais, et la quinte de toux en prime, c'était pire que nul, mais bon... Je n'avais vraiment pas pu l'endiguer, celle-là. Je me battais plutôt pour récupérer mon souffle, et je ne répondis à la provocation que par un haussement des épaules et un regard pétillant d'un expression un peu vicieuse, pour le coup. Ça, ça ne me ressemblait pas. Du tout, même. Mais l'autre me cherchait, c'était carrément visible, et si je répondais trop à ses attentes, je n'allais pas m'en sortir. Surtout qu'il avait l'air de bien s'amuser à mes dépens, ça s'entendait comme un TGV à Savas-Mépin. J'aime beaucoup cette référence made by Bloody d'ailleurs, et pour ceux qui ne verraient pas le truc, bah imaginez un TGV au fond d'une vallée, et une ferme à un gros kilomètre en haut de la vallée. Ça résonne fort. Bref, ça s'entend, et distinctement, quoi.


B
ien entendu, je voulais quand même savoir ce qu'il me voulait, l'autre, là. S'il voulait me casser la gueule, autant que je m'y prépare psychologiquement, parce que cette fois ça risquait quand même plus ou moins de m'achever. Je n'étais pas sûrement, ni spécialement endurant à la douleur, voyez-vous. Bon, je n'étais pas non plus une chochotte, il ne fallait pas abuser, mais mon seuil de résistance à la douleur n'était pas plus élevé que la moyenne masculine. Non mais parce que je sais bien que des fois j'ai des airs ou des faits de fille, mais je reste un homme. Un jeune homme atypique si vous le voulez, mais je suis bien un mec. Et ça se traduisait aussi par de la franchise et quelque chose à mi-chemin entre le courage et la bêtise quand je m'adressais à un inconnu, visiblement complètement retord et un peu fou, sans même prendre de précautions. Non mais si en plus je tombais sur un tueur en série à Etretat, j'abandonnais moi, il s'est passé assez de trucs graves par ici en... Allez, disons deux ans, pour faire simple. Donc en fait avec trente secondes de réflexion, c'était assez flippant comme situation, là.


J
'étais en prime visiblement tombé sur un vrai fou, parce que là, il fallait le faire. Donc moi, avec ma carrure de sauterelle, mes longues pattes et mon corps d'asperge, je lui bloquais le passage ? Non mais il lui fallait les Champs-Élysées pour passer ou comme ça se passait ? Parce que là en fait il y avait largement la place pour passer, à mon niveau. Bon, d'accord, au sien la ruelle était vraiment plus étroite et il aurait fallu se frôler pour passer, mais là il passait deux fois de front à côté de moi sans problème. Donc visiblement j'étais son petit jeu du soir... Et ça avait un petit quelque chose de déplaisant. Je laissais m'échapper un petit bruit réprobateur tout en enlevant ma veste déchirée et en la balançant contre le mur d'un mouvement ample et souple. Tout en ne quittant pas du regard cet inconnu au visage caché par des ombres dévorantes, je m'assis sur ma veste, contre le mur, appuyant mon dos contre le mur tout proche. J'étendis une jambe devant moi, repliant l'autre pour poser sur mes genoux mes bras négligemment croisés. Je finis par renverser légèrement la tête en arrière, pour pouvoir appuyer mon crâne contre le mur et le regarder en même temps.

« Tes nuits sont ennuyantes à ce point-là, vraiment ? Tu dois vraiment mourir d'ennui pour te créer des impasses imaginaires. » Je secouai la tête, mi-agacé mi-amusé, au fond. « Sors au moins de l'ombre, sinon tu n'as aucun moyen de me faire peur. » J'eus un sourire désabusé. « C'est pas que tu sois facile à cerner, je n'te connais pas et j'm'en fiche, c'est juste que des mecs comme toi, j'en ai croisé assez pour savoir que du courage, vous n'en avez que planqué dans vos ombres. »



L
à, c'était carrément de la provocation, et c'était vraiment stupide de ma part, surtout en étant assis devant un inconnu qui m'apparaissait comme complètement barge. Je n'avais aucune idée de comment il pouvait réagir, alors je risquais un peu ma peau quand même, là, très honnêtement. Et je n'étais que méfiant. J'avais sûrement pris un sacré coup sur le coin de la tête, pour réagir avec aussi peu de bon sens. Mais après tout, je ne craignais plus grand chose. Ma veste était déchirée, ma chemise sérieusement froissée, notamment au niveau du torse et du col, là où j'avais été littéralement empoigné. D'un geste ferme et franc, je tentais d'éradiquer quelques plis, en ne quittant presque pas des yeux cet inconnu. Non mais s'il essayait de me tuer ? Il valait peut-être quand même mieux que je le garde un soupçon à l'œil de temps à autres. C'était plus prudent. Et dans tant d'imprudence, un soupçon de prudence, ce n'était vraiment pas du luxe.

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MessageSujet: Re: « Ici bas » † Zacharie & Enzo   Jeu 23 Avr - 17:47

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Ici-bas.

Zacharie & Enzo → J'ai trop chéri les astres pour avoir peur de la nuit. - Sarah Williams


Cette situation amusait vraiment Enzo. Trouver quelqu'un à suivre, et qui avait encore du répondant malgré son état qui laissait supposer une bastonnade, ce n'était pas donné à tous ceux qui traînent la nuit ! Le jeune homme comptait bien en profiter. Si jamais l'autre avait prévu de rentrer vite chez lui pour se coucher, pauvre de lui. L'américain comptait bien l'embêter un moment avant de le laisser tranquille. Oh oui, vous pouviez le plaindre, très largement même. Quand Enzo s'accroche à votre cheville et ne vous lâche plus, recouvrez le de plomb et il est un boulet parfait. Et quand il vous lâche, mettez de l'huile, qu'il ne puisse plus s'agripper à vous. C'est pas agréable d'avoir la peau huileuse, mais c'est un mal pour un bien : Enzo ou l'huile.
Donc je disais, le Californien s'amusait bien. Il faisait évidemment bien preuve de mauvaise foi en disant que le blond lui bloquait le passage. N'étant lui-même pas large d'épaules, il pouvait très bien passer à côté de cet inconnu qui ressemblait à un fil de fer. Mais tous les prétextes étaient bons pour rester là. D'ailleurs, lorsqu'il enleva sa veste de cuir, Enzo vit bien qu'il était encore plus fin que ce qu'il pensait. Les vêtements pouvaient faire merveille sur les morphologies. C'était tout juste s'il n'avait pas une carrure féminine, les formes courbes en moins. Et vu sa tête, il devait penser avoir affaire à un demeuré. Ce n'était pas tout à fait faux. Il n'était parfois pas tout seul dans sa tête, comme en ce moment-même. Et le pauvre jeune en faisait les frais. Enfin, il pouvait s'avouer soulager, Enzo avait juste envie de l'emmerder, pas de le tabasser. De toute manière, il semblait avoir eu son compte.
Il le regarda lancer sa veste au sol et s'asseoir dessus, le dos contre le mur, avec une nonchalance qui, si elle était naturelle, lui allait bien. Un sourire amusé lui échappa en entendant son ironie un peu sèche. Le blond était vraiment un partenaire de choix en ce qui concernait le renvoi de piques.
Tu n'en as aucune idée... Avec ce temps, personne n'est assez fou pour rester dehors, je n'ai personne à espionner. À part nous deux, peut-être. Je m'considère pas comme tout à fait sain d'esprit, c'est pour ça que j'suis dehors... Mais toi ? Tu aurais pu appeler un taxi depuis une rue, au lieu de crapahuter dans le noir après t'être fait chopper...
Sortir de l'ombre ? Et pourquoi ? Le jeu s'arrêterait aussitôt. Et Enzo s'amusait, comme il ne s'était pas amusé depuis longtemps. Il n'avait pas envie que ça se finisse immédiatement. Autant faire durer le plaisir, non ? Il continua d'écouter son voisin de rue, et son sourire s'agrandit encore. Il allait finir par ressembler au Joker, à force ! Il ne bougea pas, se contentant de passer d'un pied sur l'autre en s'amusant du bruit que faisaient ses fausses Rangers sur le sol qui commençait à se mouiller de la pluie qui tombait, fine, mais qui risquait de devenir plus drue.
Tu ne me connais pas, et ça t'empêche de me juger sur mon physique... Tu n'entends que mes mots, tu ne peux me juger que sur ce qu'il se passe dans ma tête. C'est déjà beaucoup, cela dit, vu tout ce que je sors, tu dois déjà me prendre pour un dingo. Et tu as tout à fait raison, d'ailleurs. Or il se trouve que je n'ai pas une tête accordée à mon mental. Autant le connaître avant de la voir, ça te laisse le temps d'essayer de fuir avant de te laisser prendre dans les mailles de cette bouille d'ange... Ne t'inquiète pas pour mes chevilles.
Ou comment faire perdre la tête à quelqu'un en disant quelque chose sans réel sens. Pendant tout son discours sur le jugement, il avait marché de long en large dans la ruelle, allant d'un mur à l'autre et se redonnant de l'élan en posant un pied dessus pour partir d'un côté à l'autre, tout ça en rythme avec ce qu'il disait, et accompagné de gestes théâtraux des mains, qui ne servaient sûrement à rien parce que le blond ne devait pas réussir à les voir. Mais Enzo s'amusait bien avec ce rôle de mec qui dit des conneries avec énormément de sérieux.

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« Ici bas » † Zacharie & Enzo

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