Partagez | 
 

 « J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée » † Alexandre & Elisha

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


avatar
Alexandre L. Leroy
Admin Bloody; La plus méchante (a)

Messages : 5090
Date d'inscription : 04/05/2010
▌AGE : 22
▌LOCALISATION : Tu voudrais savoir hein?
▌EMPLOI : Flemmarde à plein temps!
▌HUMEUR : Un plus un ça fait trois :3


Carte d'identités
Pseudo: Bloody
Autres comptes: Grégoire E.-G. Carpentier ; Ruby C.-M. Delcourt
Personnages sur le compte: Alexandre L. Leroy ; Gwen Lemerle ; Gaël C.-J. Fournier ; Jérémy Y.-M. Ambroziewicz





MessageSujet: « J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée » † Alexandre & Elisha   Lun 24 Mar - 22:34




« J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée »

Et tu t'en es allée avec un bout de moi...
J'allais devenir fou. Complètement fou. Totalement fou. Je ne dormais toujours pas. La nuit, lorsque je ne travaillais pas, je tournais en rond. Et bien entendu le plus discrètement du monde, puisque mademoiselle Jenna, mon adorable adolescente de filleule, avait élu domicile chez moi. Loin de moi l'idée de m'en plaindre, parce qu'elle me changeait les idées sans arrêt, même si des fois je n'étais pas beaucoup plus content de me tracasser avec elle qu'avec mes propres problèmes - et pourtant pour le moment elle était relativement sage - mais bon, une ado' rebelle - une vraie Leroy quoi - chez moi, ce n'était pas toujours très facile. Déjà pour ce qui était de sortir. Toute une galère parce que miss n'était jamais très d'accord pour aller se coucher sous prétexte de cours le lendemain et je n'étais jamais sûr de ce qu'elle ficherait lorsque j'aurais tourné les talons. Alors après pour ramener une fille à la maison... C'était devenu superbement compliqué. Donc je devenais fou, à tourner comme un lion en cage. Il fallait que je change d'air.

Et bien entendu, avec une lycéenne, impossible d'improviser une semaine dans le Nord ou quoi que ce soit de bénéfique ! Ben eh, ce n'était même pas les vacances, je ne pouvais quand même pas sérieusement la faire sécher les cours ! Je devais au contraire m'assurer qu'elle suive les cours de façon correcte parce que franchement, perso', sans diplôme j'avais bien de la chance d'avoir décroché un petit job, alors bon, une jeune sans diplôme maintenant... Elle ne démarrerait franchement pas bien dans la vie ! Enfin, bref, je devais m'aérer. Il était donc huit heures du matin lorsque j'avais enfilé un jogging noir et un tee-shirt blanc des plus banals, avalant juste une tasse de café bouillant, avant de partir courir. De la musique dans les oreilles, je partis dévorer quelques kilomètres de campagne et de forêt. Je pris la route de la plage pour rentrer, et c'est une rage et une douleur sourdes qui me transpercèrent lorsque je débouchai sur la grève. J'accélérais donc, puisant dans tout le négatif qui me faisait bouillonner pour trouver de l'énergie. Il n'était pas loin de neuf heures et demi lorsque je rentrai à l'académie. Jen' était partie en cours et j'en profitais pour prendre une douche. Pas trop longue, ni trop chaude, juste bien pour me débarrasser de la fine pellicule de sueur qui me faisait frissonner, déposée sur mes muscles tendus par le stress que je vivais au quotidien ces derniers temps.

Après cette douche, je finis par me sécher et m'habiller : un jean classique, élimé, qui me pendait légèrement sur les hanches, avec un sweat noir aux inscriptions rouges et blanches fortement voyantes. J'enfilais finalement une bonne vieille paire de basket, puis, d'instinct, glissai dans la poche arrière de mon jean un petit couteau de poche et mon téléphone portable. Oui, j'avais repris mes bons vieux travers qui pouvaient soit me coûter soit me sauver la vie. Je secouais la tête, passablement agacé à cette idée, avant de sortir, refermant derrière moi. Il fallait que je m'occupe, et hors de ce maudit studio, parce que j'avais bien envie de démolir les murs un par un pour qu'ils ne puissent plus me rappeler que j'étais généralement seul, coincé entre eux, et qu'il n'y avait plus de rire à faire résonner doucement contre leurs parois. Je fracassais rageusement ma main sur le panneau de bois que je venais de fermer à clés. Aujourd'hui, mon sang bouillonnait dans mes veines, et il aurait été dangereux de croiser ma route.

C'est ainsi que je me retrouvais dans l'allée deux, l'allée des étalons. Je déambulais sans but précis. Juste pour essayer de me vider la tête, ce qui n'était pas vraiment gagné. La seule certitude, c'était que mon regard glacial fuyait d'un cheval à un autre tandis que je caressais un doré au physique un peu rond, mais tout en muscles. Il me tendait sa tête de côté, avec l'encolure tordue, pour présenter les oreilles, que je gratouillais donc avec bonne volonté, ce qui, visiblement, lui plaisait assez... Jusqu'à ce qu'il en ait marre, bien entendu. C'est à ce moment qu'un sourire étira mes lèvres, doucement. c'était de ces sourires désabusés que je servais souvent, maintenant. Comme si la vie m'avait joué tous ses tours et que je savais pertinemment qu'elle m'en réservait bien d'autres. Il se fit légèrement plus franc lorsque le cheval revint chercher le contact de mes doigts, que je tendis doucement, paume vers le haut, lui laissant tout le loisir de me sentir. Contrat réussi : Pour le moment, je me sentais relativement serein. Je me foutais pas mal des pas qui résonnaient dans l'allée, même si je les devinais typiquement féminins. Comme un léger claquement de talon. Je ne parle pas forcément de talons sur des chaussures de ville, de très léger talons de boots pouvaient aussi claquer de cette façon mais... Je trouvais ça typiquement féminin. Et je m'en foutais, royalement. J'avais les nerfs qui frémissaient sous ma peau. J'avais mon regard glacé. Et mon sourire apaisé avait laissé place à un rictus mauvais. J'avais enfilé mon armure, pour détourner qui que ce soit de moi. Je pensais réellement avoir le droit à un petit moment de répit dans ma journée pourrie dès le réveil. Et si je vous disais raté ..?  


Alexandre ҩ Elisha