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 « J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée » † Alexandre & Elisha

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée » † Alexandre & Elisha   Lun 24 Mar - 22:34




« J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée »

Et tu t'en es allée avec un bout de moi...
J'allais devenir fou. Complètement fou. Totalement fou. Je ne dormais toujours pas. La nuit, lorsque je ne travaillais pas, je tournais en rond. Et bien entendu le plus discrètement du monde, puisque mademoiselle Jenna, mon adorable adolescente de filleule, avait élu domicile chez moi. Loin de moi l'idée de m'en plaindre, parce qu'elle me changeait les idées sans arrêt, même si des fois je n'étais pas beaucoup plus content de me tracasser avec elle qu'avec mes propres problèmes - et pourtant pour le moment elle était relativement sage - mais bon, une ado' rebelle - une vraie Leroy quoi - chez moi, ce n'était pas toujours très facile. Déjà pour ce qui était de sortir. Toute une galère parce que miss n'était jamais très d'accord pour aller se coucher sous prétexte de cours le lendemain et je n'étais jamais sûr de ce qu'elle ficherait lorsque j'aurais tourné les talons. Alors après pour ramener une fille à la maison... C'était devenu superbement compliqué. Donc je devenais fou, à tourner comme un lion en cage. Il fallait que je change d'air.

Et bien entendu, avec une lycéenne, impossible d'improviser une semaine dans le Nord ou quoi que ce soit de bénéfique ! Ben eh, ce n'était même pas les vacances, je ne pouvais quand même pas sérieusement la faire sécher les cours ! Je devais au contraire m'assurer qu'elle suive les cours de façon correcte parce que franchement, perso', sans diplôme j'avais bien de la chance d'avoir décroché un petit job, alors bon, une jeune sans diplôme maintenant... Elle ne démarrerait franchement pas bien dans la vie ! Enfin, bref, je devais m'aérer. Il était donc huit heures du matin lorsque j'avais enfilé un jogging noir et un tee-shirt blanc des plus banals, avalant juste une tasse de café bouillant, avant de partir courir. De la musique dans les oreilles, je partis dévorer quelques kilomètres de campagne et de forêt. Je pris la route de la plage pour rentrer, et c'est une rage et une douleur sourdes qui me transpercèrent lorsque je débouchai sur la grève. J'accélérais donc, puisant dans tout le négatif qui me faisait bouillonner pour trouver de l'énergie. Il n'était pas loin de neuf heures et demi lorsque je rentrai à l'académie. Jen' était partie en cours et j'en profitais pour prendre une douche. Pas trop longue, ni trop chaude, juste bien pour me débarrasser de la fine pellicule de sueur qui me faisait frissonner, déposée sur mes muscles tendus par le stress que je vivais au quotidien ces derniers temps.

Après cette douche, je finis par me sécher et m'habiller : un jean classique, élimé, qui me pendait légèrement sur les hanches, avec un sweat noir aux inscriptions rouges et blanches fortement voyantes. J'enfilais finalement une bonne vieille paire de basket, puis, d'instinct, glissai dans la poche arrière de mon jean un petit couteau de poche et mon téléphone portable. Oui, j'avais repris mes bons vieux travers qui pouvaient soit me coûter soit me sauver la vie. Je secouais la tête, passablement agacé à cette idée, avant de sortir, refermant derrière moi. Il fallait que je m'occupe, et hors de ce maudit studio, parce que j'avais bien envie de démolir les murs un par un pour qu'ils ne puissent plus me rappeler que j'étais généralement seul, coincé entre eux, et qu'il n'y avait plus de rire à faire résonner doucement contre leurs parois. Je fracassais rageusement ma main sur le panneau de bois que je venais de fermer à clés. Aujourd'hui, mon sang bouillonnait dans mes veines, et il aurait été dangereux de croiser ma route.

C'est ainsi que je me retrouvais dans l'allée deux, l'allée des étalons. Je déambulais sans but précis. Juste pour essayer de me vider la tête, ce qui n'était pas vraiment gagné. La seule certitude, c'était que mon regard glacial fuyait d'un cheval à un autre tandis que je caressais un doré au physique un peu rond, mais tout en muscles. Il me tendait sa tête de côté, avec l'encolure tordue, pour présenter les oreilles, que je gratouillais donc avec bonne volonté, ce qui, visiblement, lui plaisait assez... Jusqu'à ce qu'il en ait marre, bien entendu. C'est à ce moment qu'un sourire étira mes lèvres, doucement. c'était de ces sourires désabusés que je servais souvent, maintenant. Comme si la vie m'avait joué tous ses tours et que je savais pertinemment qu'elle m'en réservait bien d'autres. Il se fit légèrement plus franc lorsque le cheval revint chercher le contact de mes doigts, que je tendis doucement, paume vers le haut, lui laissant tout le loisir de me sentir. Contrat réussi : Pour le moment, je me sentais relativement serein. Je me foutais pas mal des pas qui résonnaient dans l'allée, même si je les devinais typiquement féminins. Comme un léger claquement de talon. Je ne parle pas forcément de talons sur des chaussures de ville, de très léger talons de boots pouvaient aussi claquer de cette façon mais... Je trouvais ça typiquement féminin. Et je m'en foutais, royalement. J'avais les nerfs qui frémissaient sous ma peau. J'avais mon regard glacé. Et mon sourire apaisé avait laissé place à un rictus mauvais. J'avais enfilé mon armure, pour détourner qui que ce soit de moi. Je pensais réellement avoir le droit à un petit moment de répit dans ma journée pourrie dès le réveil. Et si je vous disais raté ..?  


Alexandre ҩ Elisha

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Embrasé, désarmé, je me suis constitué prisonnier.
Elle veut de la vie en grosses coupures,
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Possédée, possédée. Bien accroché à son cœur de gitane.
Dans les veines du sang d'apache, comme si
Bonnie fumait Clyde pour partir avec le cash.
C'est l'escalade, le road trip puis le crash comme
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MessageSujet: Re: « J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée » † Alexandre & Elisha   Ven 11 Avr - 23:50

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J'ai l'coeur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée...

Elisha et Alexandre →Now I never, never get to clean up the mess I made and it haunts me every time I close my eyes


Allez-y. Lapidez-la. Flagellez-la. Mettez-la au pilori. Menez-la à l'échafaud. Parce que là, elle avait fait la connerie du siècle. Rompre avec celui qu'elle aimait, avec qui elle était heureuse. Non mais franchement. Un blasphème à l'amour. Et elle méritait bien de souffrir à ce point. Elle n'avait même pas cherché à l'écouter alors qu'il se justifiait. Elle croyait déjà savoir et ce qu'il avait dit était entré par une oreille et sorti par l'autre. Finalement, ça s'était mal fini... Au début, il y avait eu la période irréaliste. L'étonnement lorsqu'elle se réveillait et qu'elle ne sentait pas de bras tièdes autour d'elle. L'impression que son appartement était d'un coup trop grand, trop vide, trop gris. L'impression de nager dans un mauvais rêve, en espérant qu'il prendra fin. Puis vouloir que ce ne soit qu'un rêve, et se réveiller en se pinçant. Ensuite, les regrets. J'aurais dû l'écouter. Si seulement j'avais été moins bête. Et puis, si seulement cette blondasse n'était pas apparue à ce moment-là, pile quand ils profitaient d'un moment tous les deux, pour piailler « C'est ton fils ! » et se barrer ensuite, après avoir posé une grenade dégoupillée entre eux deux. Et elle n'avait pas tardé à exploser. Sur le coup, la colère avait dominé ses pensées. Comme ça, cette pouffiasse aura ce qu'elle veut. Un père pour son mioche. Elle ne sera plus seule à l'élever, et lui connaîtra la joie, bien que tardive, d'avoir un père. Et la peur qui virait en paranoïa. S'il l'avait rejointe ? S'il était plus heureux avec elle depuis ces temps-là qu'il ne l'avait jamais été avec elle ?
Elle ne dormait plus. Son lit était d'un coup trop vaste, trop frais. Elle s'était habituée à être serrée contre lui, à être au chaud dans ses bras, au point de ne plus aimer le contraire. Lorsqu'elle passait devant le miroir, elle voyait son reflet comme celui d'une étrangère. Plus pâle, des cernes énormes sous les yeux bien qu'elle ne ressente aucune fatigue, et une impression de vide dans le creux du ventre. Mais celle d'en face, elle, n'avait pas trahi à cause d'une colère passagère. Elle était toujours avec celui qu'elle aimait. Elle voulait tellement revenir en arrière. Effacer ses propos venimeux et blessants, les remplacer par des paroles posées et conciliantes. Échanger ses muscles tendus et ses yeux noirs par une position paisible et un regard doux comme elle avait toujours quand elle le contemplait. Oh oui, elle s'en voulait. Mais tout avait été écrit à l'encre indélébile.
Et quand, enfin, la part irréaliste avait compris, elle avait entendu comme un énorme coup de gong, en deux mots. Comment deux mots aussi petits pouvaient-ils être aussi destructeurs, une fois mis ensemble ? C'est fini. Et le vide s'était accentué. C'est fini. Et elle avait eu l'impression de prendre dix ans, de se voûter déjà. C'est fini. Il ne la regarderait plus jamais comme avant. C'est fini. Un retour en arrière était utopique. Le vide avait pris une trop grande place au point de lui faire mal, comme des crampes d'estomac ou des remontées acides, ou les deux en même temps. Elle voulait tellement aller le voir, pouvoir au moins s'excuser même si elle savait qu'il n'était pas du genre à pardonner. Et quand il lui avait tourné le dos, si seulement, au lieu de le regarder avec fureur, elle s'était calmée et l'avait rattrapé in extremis avant qu'il ne soit loin. Elle se sentait comme la fille dans Give me love de Ed Sheeran. Elle regardait les gens s'aimer autour d'elle, mais ne pouvait aimer sans tout gâcher ensuite. Avec Aurélien, en premier, en perdant le contact alors que c'était fort entre eux. Zack ne comptait pas tellement, puisqu'il était amoureux de Juliette en premier. Mais c'était elle qui avait suggéré de s'arrêter là. Et maintenant, Alex. Tout ça à cause d'une pétasse qui était venu tout foutre en l'air en quelques mots. Quand elle y repensait, elle sentait une fureur brûlante monter et s'imaginait sauter à la gorge de cette fille. Elle aurait voulu pouvoir la trouver. Elle habitait forcément l'académie. Mais elle ne savait même pas comment cette blondasse s'appelait, alors autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Quand elle avait appris qu'Alex était reparti sur Paris, un autre gong avait résonné. C'est à cause de toi. Si tu étais allée ne serait-ce que le trouver, il serait toujours là et toi pas dans cette posture. Car maintenant, où qu'elle puisse passer, ceux qui connaissaient Alex et la connaissaient la regardaient avec des yeux noirs. Comme si elle avait besoin de ça. Oui elle savait que c'était elle la fautive. Elle s'était retournée plus d'une fois de façon agressive avec une ou deux phrases acides à la bouche qui leur faisait détourner le regard sitôt prononcées. Elle avait l'impression d'être devenue une machine. Du vide à l'intérieur, qui savait juste comment se maintenir en vie. Le reste lui passait au-dessus de la tête. Et ensuite, il était revenu. Il y avait d'abord eu la joie quand elle avait entendu les rumeurs. Il était revenu à l'académie ! Mais la deuxième partie l'avait glacée. Il était redevenu celui qu'il était en arrivant. Qui couchait comme il respirait. Prédateur, avait-elle entendu. Ses yeux étaient pire que de la glace, avait-elle perçu. Elle l'avait aperçu, mais de loin, on ne se rendait pas compte. Les filles célibataires en chuchotaient dans les écuries. Elle préférait passer son chemin en mettant ses écouteurs plus fort. Elle avait supprimé des chansons douloureuses de sa playlist. Et surtout celle qu'ils avaient écouté en dernier. Aux malentendus, aux mensonges, à nos silences. À ces phrases qu'on dit trop vite et sans qu'on les pense. Aux vivants qu'il aurait fallu tuer..
L'envie de le voir se faisait de plus en plus lancinante. Elle ne savait même pas pour quoi faire, pour quoi dire. Ça ne lui sortait pas de la tête, c'était obsédant. C'était kamikaze, comme idée. Il n'allait sûrement pas l'accueillir les bras grands ouverts, mais plutôt le visage grand fermé, et les poings aussi. Oh, ne croyez pas qu'elle en avait peur. Elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal, ou du moins croyait savoir. Elle redoutait plutôt son regard ou ce qu'il pourrait dire. Il ne cachait pas ce qu'il pensait, et pouvait vous lancer une torgnole littérale en pleine face aussi simplement que bonjour, avec l'expression du visage qui convenait et donnait l'impression d'avoir reçu un uppercut. Mais ce n'était qu'une sorte de rêve. Comme s'il allait se laisser approcher. Il l'enverrait paître ou s'éloignerait avant même qu'elle soit à quatre mètres. C'était sûrement la distance vitale qu'il avait imposée inconsciemment pour éviter qu'elle ne puisse recommencer à le faire souffrir. Enfin, elle le faisait sûrement souffrir même sans être là. Vu comme elle avait mal rien qu'en pensant à lui, ou plutôt à la manière dont il l'avait regardée pour la dernière fois, il devait sûrement être dans le même état... Ou pas. S'il voulait l'oublier, il devait sûrement s'empêcher de penser à elle.
Aujourd'hui, elle dût se réveiller tôt. Elle avait des papiers à signer chez le notaire vers huit heures et demi. Et évidemment, pas question de se pointer en jean-t-shirt. Non, là, il fallait sortir la tenue fatale. Enfin, en disant fatale, c'était le genre qui suggère, mais sans être provocante. Une jupe crayon noire taille haute, qui descendait juste au-dessus des genoux en suivant la courbe des jambes, une chemise à jabot blanche, des chaussures à talons aiguilles assez haut pour allonger les jambes et la rendre moins petite, puis la partie haute de sa chevelure relevée et attachée en espaçant ses boucles. Pour le maquillage, elle s'était arrangée pour qu'il soit visible, mais sans que ça fasse pot de peinture ni vulgaire. Elle cherchait peut-être un peu la petite bête en s'habillant de telle manière. Mais zut hein, elle avait bien le droit. Et en plus le maquillage cachait le manque de sommeil. Elle prit le dossier concerné par le rendez-vous et s'y rendit. Pas la peine de m'éterniser là-dessus hein, cela prit un moment, elle surprit le regard un peu trop aventureux du notaire à cause de ses formes mises en valeur, et ses tentatives discrètes, mais elle n'était pas rentrée dans son jeu. Pas d'humeur. Et puis même, il ne l'attirait pas. Qui serait attiré par un homme au crâne dégarni luisant, qui suait et qui restait encastré dans son fauteuil pivotant parce qu'il était obèse et coincé entre les accoudoirs ?
Elle choisit de passer par les écuries en rentrant au lieu d'aller directement aux studios. Ainsi, elle pourrait voir si personne n'avait prévu de monter le cheval pensionnaire qui lui était confié. Elle entra dans l'écurie où se trouvait son box... Et se demanda si elle devait faire demi-tour ou passer. Non parce que là, en fait, c'était un peu compliqué. Il ne l'avait pas remarquée, ou alors si c'était le cas, il faisait comme si il ne l'avait pas entendue arriver. Après, il était occupé à papouiller un cheval alors il pouvait aussi avoir entendu sans faire le lien entre le claquement de ses talons aiguille et le fait qu'il y avait forcément quelqu'un dans lesdits talons. Mais est-ce qu'elle devait passer sans lui parler, ou au contraire engager la conversation et voir comment ça tournait ? Le pire, même si je l'avais déjà dit, serait sûrement le regard qu'il allait avoir sur elle. Soit il serait glacial, pas du tout engageant, exprimant clairement un renvoi, soit, et ce serait le pire, il la regarderait comme une étrangère, une fille qu'il n'avait pas connue. Encore que celui-ci, elle doutait qu'il le lui lance. Ils avaient trop vécu tous les deux, et même en le voulant le plus fort du monde, on ne pouvait pas tirer un trait dessus et les laisser sans un regard en arrière. Elle le savait à ses dépends, lorsqu'un souvenir remontait sans prévenir, et semant la douleur en même temps. Le mariage de Céleste et Florent, par exemple. Ou une de leur sorties. La soirée avec Jake, Camilla, Kayleigh et les deux mariés, même si à cette époque ils ne l'étaient pas encore. Le quart d'heure avant que la massacre au centre commercial commence. La fête au club-house organisé par Florent. Ils lui rappelaient les moments de bonheur avant d'être traînée plus bas que terre. Le pire, c'est qu'elle ne pouvait pas en parler. Il n'y avait personne qui ne la jugerait pas après qu'elle ait tout dit. Même Maïa avait déserté, un peu avant. Elle avait l'impression de vivre en ermite, maintenant. Elle ne parlait quasiment plus à personne, à cause des regards accusateurs qu'elle ne voulait pas voir, ou des regards qui jugent sans savoir, ou des phrases blessantes concernant ce qu'elle savait déjà.
Bref, le blond ne donnait pas spécialement envie de l'approcher. Même si son sweat floutait sa silhouette, on devinait aisément à sa posture qu'il était tendu, comme un fauve prêt à bondir, et des quelques mètres plus loin où elle se trouvait, elle saisissait parfaitement l'éclat glacial de ses yeux bleus. Mais... ça ne l'impressionnait pas. Enfin si, quand même un peu, mais plus parce que s'il la regardait, ben il aurait cette même température dans le regard que parce qu'elle redoutait qu'il puisse être violent. Elle savait que s'il avait un trop-plein de fureur à évacuer, il le ferait dans un objet à proximité et pas sur elle. Le cheval avec lequel il jouait sembla sentir son changement d'humeur, car il finit par se reculer et retourner dans son box, un peu vers le fond de préférence. Merci pour le soutien. Maintenant, elle était obligée de l'approcher ou de s'en aller sans tarder, avant que, potentiellement, il tourne la tête pour voir qui était celle qui le regardait depuis quelques minutes. Elle se doutait parfaitement qu'il allait monter en pression d'un seul coup lorsqu'elle allait lui parler, mais elle voulait... Dire quoi en fait ? Oh là là... Elle voulait lui parler, elle était sur le point de le faire et elle savait même pas quoi dire ! Bon ben... Elle allait devoir y aller « au talent » comme disent certains... « À l'impro », réellement.
« Alex... »
Pitoyable. Non là, il allait falloir qu'elle fasse mieux...
Elle se rapprocha en serrant son dossier pour avoir quelque chose à quoi se raccrocher, en essayant d'ignorer le fait qu'il allait se tendre à l'extrême, de façon proportionnelle croissante à la distance décroissante qu'il y aurait entre eux. Cette phrase n'est pas compréhensible. La RPGiste a trop pris le soleil dans la voiture, excusez-la. Elle s'arrêta à côté de lui, et elle était ainsi face à son profil. Elle se retenait aussi de ne pas détailler sa silhouette. Ils n'était plus en couple – ouille –, ça aurait été déplacé de le reluquer après quelques temps. Elle prit une grande inspiration pour se donner du courage et être sûre d'avoir de l'air à expirer lorsqu'elle parlerait.
« J'sais que j'ai déconné... Et j'ai envie, besoin plutôt, de m'expliquer, dire pourquoi j'ai réagi de la sorte. Je me souviens qu'une première fois, j'ai eu affaire à des apparences trompeuses, mais je t'ai écouté quand même ensuite parce que je voulais te croire, et croire que je n'étais pas trahie. Tu ne vois peut-être pas les choses sous cet angle, mais aujourd'hui, les rôles sont inversés et c'est à moi de dire ce qu'il s'est passé. »
Elle avait l'impression de se ratatiner sur place au fur et à mesure qu'elle parlait. Elle butait sur les mots, ne trouvait pas les termes exacts de ce qu'elle voulait dire. Elle n'avait jamais été douée pour s'exprimer ou exprimer ce qu'elle ressentait. Les tournures, les expressions, tout ça, lui était étranger et elle ne savait pas les employer. On lui avait parfois reproché de ne rien ressentir, ne jamais dire ce qu'elle avait sur le cœur. En vérité, elle ne savait juste pas comment le dire. Ça lui avait nui. Là encore, elle avait l'impression de n'être pas convaincante. Et c'était quoi, cet argument pour qu'il l'écoute ? Non, vraiment, elle était pathétique.
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MessageSujet: Re: « J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée » † Alexandre & Elisha   Mer 16 Avr - 15:13




« J'ai l'cœur en vrac et si je dérape c'est parce que t'es partie aussi vite que t'es arrivée »

Et tu t'en es allée avec un bout de moi...
Mes muscles se tendaient et se détendaient sous ma peau alors que les pas se rapprochaient. Puis il y eut une pause, et j'eus la très désagréable sensation d'être épié, ce qui me fit bouillonner de l'intérieur. Une extrême tension émanait du moindre de mes muscles, à chaque souffle, et chaque battement lent de mon cœur ne faisait qu'amener dans chaque fibre de mon corps un peu plus de cette tension couplée à de la rage qui prenait sa source dans les décombres et les éclats tranchants de mon cœur brisé en mille morceaux. Ne restaient, à cet endroit, dans ce creux de ma poitrine, que des débris coupants et un froid glacial. Je m'affairais à réparer les dégâts, en me montrant sous un jour différent. Cinq ans de moins. J'étais de nouveau le très jeune adulte que son père avait arraché de force à son Paris natal, aux ruelles sombres et dangereuses qui l'avaient vu grandir et se forger, à ses amis avec lesquels il avait vécu et qui montrait son mécontentement en passant outre les règles, les lois, qui enchaînait en une soirée plus de conneries que certains n'en pensaient en un mois. Toutes ces ondes négatives devaient faire vibrer dangereusement l'air autour de moi, car le cheval recula dans le fond de son boxe, les oreilles couchées contre son crâne. J'appuyais mes deux mains sur la porte, fermant mes doigts jusqu'à faire saillir les tendons et blanchir les jointures. Les pas reprirent dans l'allée, s'intensifiant, et je me doutais immédiatement qu'ils se rapprochaient. Puis une voix me parvint. Sa voix. Je retins le frisson qui ne demandait qu'à me parcourir. Volontairement, j'attendis un peu avant de me tourner vers elle. Je voulais être sûr d'être maître de moi. C'est donc après quelques secondes, avec un regard glacé et un sourire méchant aux lèvres que je me redressais de toute ma hauteur. Je la regardais de coin sans laisser transparaître la douleur qu'elle me causait. Elle s'approchait, et au fur et à mesure qu'elle approchait, je devenais de plus en plus ignoble. J'étais mi-accusateur mi-désinvolte, sans pour autant être capable d'enlever de mon visage la trace de la violence à l'intérieur de moi. Tu m'as blessé. Je ne te fais plus confiance. Je refusais de lui faire face. Je ne lui laisserais jamais la satisfaction d'avoir fait de moi son jouet, son pantin. Je me foutais pas mal qu'elle soit superbe, ainsi maquillée et habillée. Je me foutais pas mal de ce qu'elle faisait ici dans cette tenue, d'ailleurs. Tout ce que je voulais, c'était m'en aller loin d'elle, sans même lui laisser la satisfaction de la fuir. Je resterais fier jusqu'au dernier moment. Je refusais de lui accorder plus d'attention.

Pourtant, elle parla. Elle avait besoin de s'expliquer, hein ? Des semaines après ? Elle se fichait clairement de moi. Et à quoi comparait-elle cette rupture ? À un simple mal entendu que j'avais réglé dans la journée, parce que j'avais eu tellement peur de la perdre. Si à l'époque je m'étais battu pour qu'elle m'écoute, c'est parce que j'avais tout à y perdre, si jamais elle cherchait réellement à partir, ou ne serait-ce qu'à tirer un trait sur moi. Aujourd'hui, elle voulait que je l'écoute ? J'avais de nouveau tout à y perdre plutôt qu'à y gagner. Je souffrirais, parce que j'avais changé. Je ne pouvais, ne voulais plus refaire les même erreurs. Je ne voulais pas prendre de nouveau le risque qu'elle me brise le cœur. D'ailleurs, les éclats acérés me faisaient terriblement mal, j'avais juste l'impression que... J'allais y rester. Je me défendis donc tout à fait à ma façon : un ricanement s'échappa de mes lèvres. Un de ces ricanements qu'elle ne pouvait pas me connaître mais que Florent ou Camilla avaient entendu un millier de fois lorsque, sur Paris, je défiais du regard tous ceux qui étaient autour de moi ou encore lorsque j'étais occupé de corriger un mec. C'était un ricanement foncièrement mauvais et moqueur. J'étais en réalité blessé, mais je paraissais juste avoir tiré un trait sur tout, un peu comme un enfant aurait tiré un trait sur ce qu'il voulait et qu'on lui a refusé, mais qu'il avait trouvé le moyen de le faire regretter. Je me tournais donc vers elle, un rictus à la fois blessant et désinvolte aux lèvres. Mon regard glacé brûlait aussi d'une flamme d'une noirceur sans fond. C'était ma méfiance, ma défiance mais aussi le fond de noirceur que j'enfermais depuis des mois qui ressortait. Oh, elle n'avait pas le droit au grand coup de je te déteste ni de voir l'homme blessé. Elle se retrouvait juste face à ce que, je crois, elle n'aurait jamais pensé voir un jour. Celui que j'étais depuis toujours. Le garçon qui avait traîné les rues, qui avait été assez respecté pour se faire un nom dans les bas quartiers. Celui qui avait fait de la prison. C'était sûrement bien plus impressionnant de lui faire croire qu'elle ne m'atteignait plus, que je ne ferais que lui rire au nez plutôt que de lui présenter ce qu'elle avait du s'imaginer.

« Oh mais que vois-je ! Son Altesse me ferait-elle enfin la faveur de s'expliquer ? Que vous êtes bonne avec moi ! »

Un nouveau ricanement purement méchant m'échappa, et mon cœur se brisa un peu plus. Ça me coûtait. Chaque mot me coûtait. Néanmoins, je ne regrettais pas. Ma voix était terriblement différente de celle qu'elle me connaissait, malgré quelques points communs, comme l'assurance par exemple. Mais les différences étaient significatives. Elle n'avait rien de doux, elle était acide. Elle n'avait rien d'agréable, elle était juste bonne à vous dresser le poil sur l'échine. Ma phrase n'était pas une agréable moquerie que j'avais en stock, mais plutôt une raillerie non dissimulée. Avec ce mélange d'ironie et de cynisme grinçant, j'étais à milles lieues de l'homme qui l'avait pris dans ses bras pour lui murmurer des mots tendres.

« Eh bien, vas-y, je t'écoute. Mais fais vite, avant que je ne change d'avis. »

Froid, sec et cassant. De quoi la décourager, ou du moins je l'espérais.


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