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 « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin

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Louis T. Delmas
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MessageSujet: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Mar 7 Jan - 20:31




Esteban & Benjamin

" Touche pas à mon frère. "

Croyez-le ou non, mais j’étais bien à Etretat. Cette petite vie loin de chez moi me plaisait bien, même si ma réputation à l’académie était tout sauf bonne et que je ne faisais rien pour y remédier. Enfin, j’avais fait quelques bonnes actions comme rendre un chat à sa propriétaire, que j’appréciais un minimum parce qu’elle me rappelait étrangement mes petites sœurs. Et puis j’avais pris sous mon aile Whirlwind, un étalon qui me ressemblait d’une façon assez incroyable. On était tous les deux nés pour faire chier notre monde, les gens nous appréciaient peu voire pas du tout et on ne pouvait pas montrer notre réelle nature à tout le monde. Tout d’abord parce qu’on n’en avait pas envie, deuxièmement parce qu’ils nous n’en laissaient pas l’occasion. Alors on se soutenait mutuellement, on discutait chacun dans notre langue et une vraie complicité était en train de s’installer, ou en tout cas j’en avais bien l’impression. Depuis qu’il m’était confié, et dieu sait à quel point je bénissais celui ou celle qui s’occupait des attributions, j’avais eu l’occasion de lire son dossier et j’étais capable de le comprendre un peu plus, même si je préférais largement tirer mes propres conclusions en passant du temps avec lui. Avec tout ça, oui, je vous assure que j’étais heureux. Je n’avais peut-être pas une vie parfaite et c’était entièrement ma faute, mais je laissais aller, je prenais les choses telles qu’elles venaient et je vivais.

A côté de tout ça, j’avais mon boulot. Enfin, mes deux boulots. D’un côté celui que les gens connaissaient, celui dont je parlais ouvertement : mon travail à la caserne de pompier. De l’autre côté celui dont seulement mes clients étaient au courant : la vente de drogue à ceux qui en voulaient. Je ne m’étais pas arrêté de le faire en m’installant ici parce que ça me permettait de m’offrir quelques choses en plus, des petits bonus, comme mes paquets de clopes. Pourtant, côté poison, ça s’arrêtait là. Tout ce que je vendais, je ne faisais que le vendre et je refusais d’en prendre, même si l’idée m’avait déjà traversé l’esprit plus d’une fois. Mais pour ça, j’étais vraiment raisonnable et c’était une de mes plus grandes fiertés, que je refusais de perdre. Je n’étais jamais, au grand jamais shooté à quoi que ce soit. Mais revenons à ce premier boulot, celui dont les gens étaient au courant. En tant que pompier, mes heures de travail étaient très variables. Je bossais parfois en journée, un peu plus souvent la nuit et heureusement, les habitants du village étaient pour la plupart prudents et il n’y avait que peu d’accidents, ce qui me permettait de faire d’autres choses en rapport avec mon boulot, comme la musculation, par exemple. Je me plaisais plutôt bien dans ce que je faisais et puis même si je ne le montrais pas, j’aimais bien jouer les héros comme ça quand les gens en avaient besoin.

Et avec tout ça, nous voilà au moment présent. Je me retrouvais au café du village, nous étions en fin d’après-midi et j’avais dormi toute la matinée puisque j’étais de nuit. Avant de partir en ville, j’avais passé pas mal de temps avec Whirlwind et ça, ça me mettait de très bonne humeur. Quand j’étais avec lui, j’avais envie de bien faire, de m’occuper des personnes autour de moi, de leur porter de l’attention. Et ça, c’était quelque chose d’extraordinaire pour moi, mine de rien. Alors autant vous dire que là, j’étais plutôt aux taquets et que c’était avec une expression douce et détendue que je sirotais mon café, une boisson qui m’aiderait à ne pas m’endormir tout de suite au boulot. Le café du village était quasiment bourré, ce qui était très souvent le cas en fin d’après-midi. J’avais aperçu quelques têtes connues de gens que j’avais dû croiser dans les écuries un jour ou l’autre, et à part ça, j’observais. Je regardais les serveurs s’agiter, je regardais les amoureux se faire des regards doux – ça m’exaspérait plus qu’autre chose, mais soit – et je regardais les jeunes qui sortaient de cours et qui se marraient entre eux. Moi, j’étais seul et ça m’allait très bien. J’étais peut-être de bonne humeur mais je n’avais aucune envie de parler à qui que ce soit à part à mon cheval. C’est en prenant une nouvelle gorgée de café que mon regard se posa sur mon très cher frère, que je n’avais pas encore vu plus tôt. Benjamin était accompagné de gens que je supposais être ses amis et je me mis à les observer un peu, eux aussi. Il y avait pas mal d’hommes, chose qui me fit m’imaginer des choses et je détournai le regard pour chasser ces pensées de ma tête, dégoûté. Puis, je tournai mon regard vers eux une nouvelle fois, préférant me concentrer sur les filles. Je ne pus m’empêcher de baisser légèrement mon regard pour observer leurs fesses – inutile de le cacher – réflexe typiquement masculin auquel je ne pouvais rien faire. C’est qu’il trainait avec de jolies personnes, le p’tit frère. Je ne parle que des filles hein, les mecs je m’en foutais royalement. J’eus un léger sourire en coin à peine perceptible en relevant le regard, soupirant très légèrement. Je pris une autre gorgée de café, restai là pendant quelques minutes, sans faire plus attention à Ben. Pourtant, lorsque j’entendis des voix et des rires un peu trop forts à mon goût venant de la direction de mon frère, je relevai les yeux, les sourcils froncés et je vis son expression du visage changer. Quelque chose n’allait pas. Je le connaissais assez bien pour le savoir. Pour le coup, je me redressai sur mon siège, mes muscles se tendant tous en même temps, prêt à agir si jamais il y en avait besoin. Ca ne sentait pas bon tout ça, la pression montait dans le café et les gens l’avaient remarqué. Puis je vis un des mecs, un peu plus imposant que Ben mais moins que moi bousculer mon petit frère et mon sang ne fit qu’un tour, mon regard s’assombrissant d’un coup.

Sans tarder, je me levai et marchai vers eux d’un pas franc et assuré, énervé, aussi. Ca tournait à la bagarre dans le coin du café et j’étais déjà trop tard pour éviter les premiers coups, chose qui me rendait encore plus furax. On ne touchait pas à mon petit frère. Une fois arrivé à la hauteur du mec qui l’avait bousculé en premier, je l’agrippai à la gorge et le poussai jusqu’au mur, le plaquant contre ce dernier d’un geste sans une once d’hésitation. L’adrénaline dans mes veines faisait que j’avais encore plus de force que d’habitude et goûter au mur n’avait pas dû lui faire du bien, mais j’en fichais royalement. Sans faire attention aux autres, je lui dis d’une voix glaciale et menaçante :

« - Je t’interdis de t’en prendre à lui.
Je vis briller une lueur de défiance dans ses yeux et il me répondit sur un ton moqueur :
- Oh, sûrement le copain de la tapette ? Que c’est mignon.
Je le fusillai du regard, avant de lui foutre mon poing dans la figure, sans même essayer de me retenir pour ne pas lui faire trop mal. Avec la force que j’avais quand j’étais énervé, il devait souffrir, le pauvre. Il porta ses mains à son nez et le regard et le sourire mauvais, je lui répondis :
- Esteban, son frère. Evite de l’approcher, tu veux ? »

Lorsque je me retournai, un de ses potes, qui s’était fait discret jusque là s’élança vers moi et me cogna en pleine arcade sourcilière gauche, chose qui m’arracha une grimace. Même si ça aurait pu être pire, ce mec avait pas mal de force et je le sentirais pendant un petit temps, ça. Pourtant, là, je ne fis pas attention à la douleur et lui lançai un coup en plein ventre, le voyant se plier en deux, un geste qui m’arracha un sourire moqueur et satisfait. Pourtant, il disparut et je me tournai vers mon frère, avant de le prendre par les épaules et de l’inciter à me suivre jusqu’à la sortie du café.

« Viens, on sort. »

De toute façon, on finirait par se faire mettre dehors alors valait mieux partir avant que la situation n'empire. Sans dire un mot de plus, je l’entraînai de ruelle en ruelle, toujours mon bras posé sur ses épaules, jusqu’à ce qu’on arrive à un petit banc tout pourri mais qui ferait l’affaire. Je m’y assis et lâchai mon frère, sortant mon mouchoir en tissu propre de ma poche. Je le dépliai, le chiffonnai un peu et me concentrai sur le visage de mon frère, qui était assez abîmé. Sans lui demander quoi que ce soit, je me mis à tamponner ses blessures avec, essayant quand même de ne pas lui faire trop mal parce que c’était évident que ça piquait. Je vous avais dit que je ne supportais pas que les gens s’en prennent à lui, là vous avez un bel exemple. On ne touchait pas à Ben, c’était tout simple pourtant. Je m’arrêtai deux secondes et portai mes doigts à l’endroit où le gars m’avait tapé, constatant que la blessure saignait aussi. Pourtant, j’ignorai cette constatation, serrant simplement la mâchoire, continuant à nettoyer les blessures du frère Giron. Finalement, je lui demandai d’une voix encore sous le coup de l’énervement mais quand même beaucoup plus douce qu’en général, avec lui :

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

Même si je m’en doutais pas mal, en entendant les paroles du gars que j’avais tabassé. Il l’avait traité de tapette et tout s’expliquait. Ils ne supportaient pas le fait qu’il soit homosexuel et cette idée en devenait presque risible, parce que j’étais comme eux. Mais j’évitais de me battre avec Ben parce qu’il ne méritait pas ça, j’aimais l’énerver mais pas de cette façon. Lui taper dessus, c’était lâche, très lâche. Son homosexualité me dégoûtait et me décevait mais ce n’était pas une raison pour lui faire ça, alors pour une fois, j’allais simplement me taire et me comporter comme un vrai frère. Je ne savais pas si j'allais faire ce qu'il fallait, mais il fallait que j’essaye, pour lui. Je ne me voyais pas le laisser dans la merde et quelque chose me poussait à l’aider, sans que je ne sache ce que c’était. A croire que j’étais capable de jouer au vrai grand frère, au final.  



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MessageSujet: Re: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Dim 19 Jan - 21:58



Touche pas à mon frère

Benjamin

Etretat l'hiver c'était franchement pas le top. Benjamin connaissait le vent, la pluie de cette mauvaise période, mais c'était toujours dans le sud. Jamais il n'avait du subir le déchaînement des éléments avec cette violence. Le vent montait d'un seul coup, les rafales le prenant par surprise et plus d'une fois il manqua de se retrouver à terre. Ca ne vous est jamais arrivé de lever un pied en marchant et qu'une grosse bourrasque décide d'emmener ce dit pied plus sur le coté que ce que vous vouliez ?! Et bien Ben en avait fait la découverte et plusieurs fois même, à tel point qu'à un moment il s'était demandé s'il n'allait pas essayer de se déplacer en glissant sur le sol, sans jamais lever les pieds, au moins le vent ne se prendrait pas dedans... Bon sauf qu'il tenait quand même à aller suffisamment vite pour travailler correctement et aussi éviter de passer pour un abruti. En plus de ce vent, il y avait la pluie, la pluie faite d'énormes gouttes qui ne cessent de tomber, une véritable douche ! Encore une fois ben avait eu une drôle d'idée en se disant que ça serait amusant de tester une douche sous la pluie... Sauf qu'encore une fois il n'avait pas spécialement envie de passer pour un con et puis il ne faisait pas assez chaud non plus pour oser sortir en maillot de bain. Le pire dans tout ça c'était quand même que ce temps restait le même depuis des jours et des jours, pas une seule accalmie. A force s'en devenait usant.

Le jeune homme travaillait toujours autant dehors, mais beaucoup moins à cheval, il parcourait la cote en 4x4. Et il se demanda si les gens n'étaient pas totalement inconscient par moment. Plus d'une fois il dut aller prévenir des touristes que la falaise par ce vent c'était une très mauvaise idée et que même la plage restait risquée à cause des vagues et du vent. En plus de veiller sur la cote, il fallait vérifier la forêt et ce n'était plus aussi simple, avec la tempête certains arbres étaient couchés en travers des chemins et il fallait enjamber et parfois même quasiment escalader pour passer de l'autre coté. Heureusement peu de personne s'aventurait dans ce coin et il n'y eut aucune intervention de ce coté là. N'empêche que toutes les journées se finissaient avec des vêtements trempés, à tordre, et une fatigue physique plus importante qu'à l'accoutumée. Les jours s’enchaînaient et pour le coup ils se ressemblaient. La monotonie était l'un des désavantages de cette profession, surtout pendant cette période de l'année, les touristes étaient moins nombreux, il fallait intervenir sur des inconscients, mais cela restait largement gérable. Personne n'était suffisamment bête pour ne pas écouter les conseils qu'on leur donnait, donc les choses étaient bien souvent vite réglées.

Comme les choses étaient bien calme, il purent tous finir plus tôt, Ben prit une douche rapide avant de monter dans sa voiture. L'après midi touchait à sa fin et le jeune homme n'avait pas spécialement envie de rentrer chez lui directement. Il se dirigea donc vers le centre ville, traîna un moment dans les ruelles bien au chaud dans sa voiture. Puis avisant un café, Ben se gara et entra dans le bâtiment. Il commençait à y avoir du monde, des jeunes étudiants et des moins jeunes. Il alla s'installer au bar et commanda une bière, c'est à ce moment qu'il remarqua deux collègues de travail. Avec un sourire les deux hommes le rejoignirent et ils commencèrent à discuter. Ils évoquèrent les petits pépins qu'ils avaient pu rencontrer dans la journée et bien sur de ce temps insupportable. D'autres personnes arrivèrent à leur tour et le petit groupe s'agrandit. Ben n'était pas du genre à se cacher et il eut quelques réflexions un peu limite sur un gars qui entrait ou un serveur avec quelques manières. Cela en amusa plus d'un, mais apparemment ça ne plaisait pas à tout le monde et deux ou trois mecs finirent par en venir à certaines conclusions. Benjamin ne vit pas du tout que ça tournait au drame cette conversation. Il continuait de discuter avec ses collègues qui eux s'étaient faits un peu plus silencieux. Jusqu'au moment ou l'un des gars qu'il ne connaissait pas s'adresse à lui
.

"Alors comme ça t'es plutôt du genre mecs que filles ?
- Pas spécialement...
- Dis moi pas que t'es des deux cotés !?
- Bah si, pourquoi ça pose un problème ?
"

La réponse fut rapide, un beau direct dans la mâchoire. Ses collègues s'éloignèrent des belligérants et Ben se retrouva seul face à deux gusses qui voulaient le tabasser. Les coups plurent, mais il n'y avait pas, deux contre un c'était pas ça ! Seulement un autre individu entra dans la danse et Benjamin se retrouva en face d'un gars uniquement, il répondit aux coups, mais rapidement on le tira et le fit sortir. Il n'eut que le temps de récupérer sa veste posée à coté de lui. Maintenant qu'il n'y avait plus de menace de poings, il put regarder son sauveur et fut étonné de voir son frère. Sans discuter Benjamin suivit Esteban et enfila sa veste avant d'arriver dehors et de mourir de froid. Il le suivit dans les ruelles sans dire un mot. Sa lèvre inférieure le lançait et il avait aussi mal au niveau de la pommette, comme si elle gonflait, ce qui était peut être le cas. Il avait également reçu un coup dans les cotes, mais il n'aurait surement qu'un bleu, donc rien de grave. Pour finir Esteban s'arrêta sur un banc et Ben fit de même, il regarda son frère sortir un mouchoir de sa poche, c'était très old school les mouchoirs en tissu et Ben ne comprenait pas pourquoi son frère ne avait toujours sur lui... En tout cas il le laissa faire, grimaçant en sentant le tissu sur sa plaie à la lèvre. Il eut droit aussi à ce traitement sur sa pommette et à l'arcade sourcilière, ils ne l'avaient pas manqué ces enfoirés ! Pendant que Esteban s'occupait de ses blessures, le jeune homme constata que les mecs ne l'avaient pas non plus loupé. Il se dit aussi que ses collègues auraient au moins pu le prévenir qu'ils étaient homophobes. Ben était quand même assez intelligent pour ne pas tenter le diable et lorsqu'il se trouvait en personne hostile à son mode de vie, il ne plaisantait pas là dessus, il n'abordait même pas le sujet. Mais ne général il ne se cachait pas, à quoi bon de toute façon ?!

Esteban remarqua enfin qu'il était blessé et qu'il saignait, mais cela ne l'empêcha pas de continuer à panser les plaies de son petit frère. Ben se contentait de serrer les dents et se traitant d'imbécile de ne pas avoir vu venir les coups, il aurait pu aisément les éviter en tournant la conversation vers un autre sujet, sauf que comme il était en compagnie connu, pour une partie, il ne se méfiait absolument pas. Esteban lui demanda enfin ce qu'il s'était passé et Ben leva les yeux vers son frère en haussant les épaules
.

"Rien d'inhabituel, on parlait, ils ont compris que j'étais prêt à leur sauter dessus du coup ils ont voulu me tabasser..."

C'était une plaisanterie bien sur, il ne comptait pas violet quelqu'un, mais bon valait mieux le prendre avec le sourire, sourire qui d'ailleurs tiré sur sa lèvre et rendait la chose plus douloureuse que d'habitude.

"Sérieusement... j'ai rencontré des collègues dans le bar, des potes à eux ont débarqué, on a discuté, je me suis pas méfié et puis... tu sais comment je peux être, j'ai sorti quelques remarques qui leur ont mis la puce à l'oreille et on a terminé par se taper dessus... Les gars savent qui je suis du coup j'ai pas fait attention à leurs potes, j'aurai peut être du..."

Benjamin baissa les yeux en haussant les épaules une nouvelle fois, il soupira puis retira le mouchoir des mains de son frère et sans un mot se mit à essuyer le sang qui avait coulé. Il n'y avait pas grand chose à dire, surtout qu'Esteban était le genre de ces mecs à ne pas accepter l'homosexualité... Qu'il vienne l'aider était donc assez surprenant, surtout après leur dernière conversation.

(c)ARAMIS

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MessageSujet: Re: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Ven 21 Fév - 18:59




Esteban & Benjamin

" Touche pas à mon frère. "

Etretat, un café et beaucoup de sérénité. Trois mots qui résumaient bien la situation, parce que je vais éviter de vous la refaire complètement, j’étais simplement assez heureux d’être là, parce que ma nouvelle vie me plaisait pas mal. Il y avait bien sûr les accrochages en tout genres avec les gens d’ici, mais c’était entièrement ma faute et j’assumais. Alors oui, je vous assure que j’étais heureux ! Et plutôt de bonne humeur, pour une fois. Sauf qu’une chose était venue la troubler. Le fait de voir mon frère ne me faisait ni chaud ni froid, je précise. Le fait de m’imaginer des choses entre lui et ses potes, ça me dégoûtait, je l’avoue. Mais ce n’était pas une raison pour que je m’emporte, j’allais simplement le laisser en paix, pour une fois, et je me contenterais de garder mes pensées horribles pour moi. C’est bien, non ? Ouais. Sauf qu’il avait fallu qu’un mec bouscule Ben pour je ne sais quelle raison, et là, mon sang n’avait fait qu’un tour. On ne le touchait pas, c’était tout simple ! Même pas d’un doigt, je vous dis. Alors je m’étais levé, je m’étais avancé vers l’imbécile qui s’en était pris à mon frère et je l’avais vu foutre son poing dans la mâchoire du petit frère, chose qui m’avait encore plus mis en rogne. Pour le coup, je n’étais plus qu’une boule d’énervement, prête à exploser d’une seconde à l’autre, d’ailleurs impossible de me calmer un tant soit peu. C’est comme si on s’en était pris à moi, mais en pire, je vous dis pas. Je me chargeai donc d’un des deux abrutis, laissant mon frère gérer l’autre, puisque je ne pouvais pas m’occuper des deux en même temps, au risque de me faire un peu trop taper dessus. Je le plaquai contre le mur de toutes mes forces, le regard plein de haine, la voix mauvaise et tous mes muscles tendus, prêts à réagir si jamais il insistait. Il me lança une remarque qui me déplût et je lui mis mon poing dans la tête à mon tour, et mon dieu que c’était plaisant. J’eus un sourire mauvais en le regardant porter ses mains à son nez, puis je me retournai pour m’occuper de Ben, mais je vis trop tard le mec qui me balança un coup en pleine arcade sourcilière, qui me fit un mal de chien. Je lui flanquai un coup dans le ventre en retour et le vis se plier en deux, s’éloignant tant bien que mal. Je ne fis pas plus attention à eux et pris mon frère par les épaules sans plus attendre, l’entraînant vers la sortie, lui parlant d’une voix encore remplie de colère, mais beaucoup plus douce que juste avant. Il prit sa veste au passage, puis sembla remarquer à qui il avait affaire, comme s’il n’avait pas réalisé que je lui étais venu en aide. Oui, enfin, c’était compréhensible, quand même. Parce que je l’avais tellement pourri qu’il ne devait plus connaître mon côté serviable, que je pouvais avoir quand je voulais. Et comme je ne le voulais jamais, bah… voilà.

Je l’entraînai de ruelle en ruelle, à une distance raisonnable du café, pour éviter de tomber sur d’autres personnes qui voudraient tenter quoi que ce soit. Je m’en chargerais, bien évidemment, mais on serait quand même mieux rien qu’à deux, alors j’avais trouvé un petit banc dans une des ruelles, un peu à l’écart, où je m’étais assis en même temps que Ben. Je sortis un mouchoir en tissu de ma poche – une vieille habitude, d’en avoir un sur moi – et commençai à tamponner doucement ses blessures, tout en essayant de lui faire le moins mal possible. Il grimaçait, donc c’était loin d’être agréable pour lui, mais je ne pouvais rien faire d’autre pour le moment. Je savais bien comment soigner une blessure, vu que j’étais pompier et que ça faisait partie de mon boulot, mais je n’avais que ce mouchoir pour l’aider, pour le moment. Je m’arrêtai et portai mes doigts à mon arcade sourcilière, qui saignait elle aussi, mais je n’y fis pas plus attention que ça et préférai me remettre à m’occuper de Ben. Tant pis pour moi, ça me faisait mal et du sang avait coulé le long de ma joue, mais j’avais supporté bien plus que ça, alors ça attendrait. Je lui demandai ce qu’il s’était passé et il leva les yeux vers moi, pour m’expliquer. Il sortit une plaisanterie et sourit en même temps, ce qui lui fit mal puisque sa lèvre était tout sauf en bon état. Pour éviter de répondre à sa phrase, je lui lançai sur un ton désagréable :

« Arrête de sourire, t’auras moins mal. »

J'évitais de répondre à ce qu'il m'avait dit, parce que d’un côté, j’avais honte. Honte d’être comme eux, en quelque sorte, même si je ne m’en prenais pas physiquement à lui pour ce qu’il était. Moi, c’était mentalement, j’adorais le pousser à bout, le critiquer ouvertement, jusqu’à ce qu’il pète les plombs. Pendant quelques secondes, je me mis à penser que c’était peut-être bien pire, une idée qui me fit me raidir de tout mon corps. Je serrai et desserrai la mâchoire, finissant de nettoyer les blessures de mon frère, tentant de me calmer un tant soit peu. Je n’étais pas pire qu’eux. Je refusais de l’être. Et pourtant… Pour une fois après un très long moment, j’avais des remords. Je regrettais d’avoir fait souffrir Ben comme ça, de ne pas l’accepter tel qu’il était, de ne pas l’aimer et lui montrer de l’affection comme un frère se devait de le faire. J’avais toujours été le grand frère parfait pour mes sœurs, mais pour Ben, jamais. C’était ridicule, en y réfléchissant. Mais je n’étais pas du genre à avouer mes torts, alors je restais silencieux, gardant ces idées pour moi, pour l’instant. Je l’écoutais parler, tout simplement, vu qu’il avait repris la parole. Je ne répondis pas, encore une fois, partagé entre le dégoût et la compréhension. La compréhension. Un sentiment que je n’éprouvais pas, ou alors très rarement. Je n’étais pas compréhensif, non. Je jugeais les gens. Et lorsqu’ils ne me plaisaient pas, je les pourrissais. Jusqu’au bout. Sans chercher à me faire pardonner ou sans même éprouver quoi que ce soit comme pitié. Ben m’arracha le mouchoir des mains et je fronçai les sourcils, prêt à répliquer, mais il se mit à me soigner à son tour, maintenant, et je me tus, le laissant faire. C’est la seule fois que je le laisserais faire, ça c’est sûr. Je détestais qu’on m’aide ou qu’on me soigne, je préférais de loin me débrouiller seul. Mais pour une fois, je n’avais même pas envie de m’opposer à son geste, parce qu'au final, il me faisait du bien. Je refusais de l’avouer, bien sûr, mais il me réchauffait le cœur.

Et dans le fond, j’étais jaloux. Jaloux du jeune homme qu’il était devenu. Ce jeune homme ouvert, drôle, agréable à côtoyer, qui assumait ses choix et ses préférences. Jaloux de son courage, parce qu’il n’avait jamais craqué lorsque je m’étais énervé sur lui, il était toujours resté fort et il avait gardé la tête haute. Ca m’énervait, mais je le respectais beaucoup, pour ça. Il était mon frère, mais il était loin d’être comme moi. Il était bien mieux. Voilà, c’est dit. Il valait beaucoup plus que moi, c’était lui le fils idéal, pas moi. Le frère parfait pour les petites. L’ami fidèle. Le copain de rêve, que ça soit pour une fille ou pour un mec. Je m’en rendais compte, maintenant. J’avais mis du temps, mais je l’avais compris. Ce n’est pas pour autant que j’allais cesser de l’emmerder, mais j’allais essayer d’être un peu plus supportable, tout du moins. Voilà ce à quoi je pensais, pendant qu’il me soignait. Lorsqu’il arrêta, je lui pris le mouchoir des mains et posai mon regard sur lui.

« Merci. » lui dis-je simplement. Un mot que je ne prononçais jamais en sa présence. Je me mordis l’intérieur de la joue et baissai le regard, joignant mes mains, jouant avec la bague que je portais à l’annulaire. « Tu sais, Ben… je… » Je m’arrêtai, cherchant les mots. Je n’étais pas le plus doué pour ce genre de choses, je n’étais pas du genre à beaucoup parler. Surtout pas pour exprimer mes sentiments. Je soupirai en secouant doucement la tête, puis, sans plus trop réfléchir, je le pris dans mes bras, le serrant contre moi, fermant les yeux. Ce geste était tout nouveau, un moment pareil ne nous était encore jamais arrivé. C’était étrange, mais ça me faisait énormément de bien. D’une voix plus douce que jamais, sur un ton qu’il ne me connaissait pas, je lui chuchotai : « Reste comme t’es, p’tit frère. Change pas. »

 



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MessageSujet: Re: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Ven 28 Fév - 23:36



Touche pas à mon frère

Benjamin


L'humour était franchement pas le fort d'Esteban, enfin Ben savais qu'il était capable de plaisanter, mais tout dépendait du sujet et de la personne. En l’occurrence se moquer de l'homosexualité de son frère ne faisait pas partie des choses drôles. Sauf que Ben le vivait très bien, en plus il avait beau aimer les hommes, les femmes avaient une place toute aussi importante pour lui... C'était juste deux choses différentes. Benjamin avait souri, il fallait quand même qu'il y en ait un des deux qui se moque de la situation sinon ça serait bien triste, sauf que sa lèvre abîmée lui tira très désagréablement et il comprit qu'il devait être sacrément bien amoché pour que ça fasse aussi mal. D'ailleurs Esteban lui râla dessus, tien ça changeait de d'habitude ça ! Euh... bah non, c'était une habitude chez lui de grogner sur son petit frère. Benjamin fit une petite grimace mais laissa l’aîné faire son boulot de pompier. Pour une fois qu'il le soignait au lieu de lui rejeter toutes les injustices du monde sur le dos. Bref, ils étaient face à face dans une petite ruelle éclairée, assis sur un banc. Jamais ils n'avaient été aussi proches, jamais Ben n'aurait imaginer qu'un tel moment ne puisse arriver. Bien sur que si Esteban se retrouvait dans une mauvaise passe il l'aiderait, car contrairement à son frère, Ben' était du genre chaleureux et pas rancunier, enfin dans la famille et l'entourage proche, il savait prendre du recule lorsque c'était nécessaire et pour aider son frère il le ferait sans soucis. La réciproque l'étonnait beaucoup plus, à moins qu'Esteban veuille juste garder le monopole de la souffrance à lui infliger... Il allait se battre souvent dans ce cas car il y avait pas mal de gens non compréhensif, comme lui.

Voir le sang couler le long du visage du jeune homme embêtait vraiment Benjamin qui finit par récupérer le mouchoir et par soigner la blessure au niveau de l'arcade sourcilière de son frère. Ben le fit ne silence, il n'y avait pas grand chose à ajouté à ses explications, et puis sincèrement ce n'était pas la première fois qu'on s'en prenait physiquement à lui pour ses choix de vies. Avec Zac', ils avaient connu des moments difficiles en sorties de lycée ou lorsqu'ils sortaient le soir. Les insultes ça passaient encore, il suffisait de passer outre et de laisser dire, de toute façon il avait remarqué que s'il réagissait il s'en prenait encore plus plein la tête. Passer en ignorant les belligérants était la meilleure technique. Jusqu'à ce qu'ils ne croisent les premiers vrais violents, ceux qui, lorsqu'on ne leur répond pas, viennent à votre rencontre et ne se privent pas de vous montrer à quel point ce que vous êtes est "immonde et contre nature". Bref les premiers coups étaient tombés, mais pas sans qu'il n'ait répliqué. Benjamin n'était pas vraiment du genre à se laisser faire et cela depuis toujours, il prenait beaucoup sur lui, mais il arrivait à extérioriser après, donc il ne craquait pas, ou très peu. Toutes ses pensées se bousculaient dans sa tête, il se revoyait presque sortir du bahut et les gars contre les murs qui les traitaient de tous les noms d'oiseaux qu'ils connaissaient. Ben s'arrêta dans les soins du visage d'Esteban et c'est la voix de celui ci qui le sortit de sa rêverie. Le jeune homme venait de le remercier, Benjamin n'en croyait pas ses oreilles, depuis des années il n'espérait plus un seul mot agréable venant de son demi-frère, pour lui ils étaient dans une situation de non retour. Esteban campait sur ses positions et lui ne comptait pas changer ses goûts pour le plaisir de son frère... Sauf que voilà, l'impossible venait de se produire, un simple "merci" avait été prononcé.

La suite devint encore plus troublante pour le petit jeune, Esteban semblait incertain, près à dire quelque chose. ses yeux marrons posés sur son frère, Ben' attendit, il lui laissa du temps, de toute façon ils avaient tout le temps qu'ils voulaient, pour lui la soirée était finie. Il ne fallut que quelques secondes à l'aîné pour retrouver la parole, enfin presque car il ne termina pas sa phrase. Encore une fois il paraissait à court de mots et Ben attendit juste qu'il finisse ce qu'il avait à dire. Non mais pour une fois qu'il avait en face de lui un grand frère et pas un être prêt à lui sauter dessus dès le moindre faux pas, il profitait de l'instant. Et puis nouvelle surprise, Esteban le prit dans ses bras. Allo Houston on a un problème ! Ou est passé le frère hargneux et cassant ?! Ben se retrouva comme un idiot avec un Esteban dans les bras. Du coup il lui rendit son étreinte, même si l'information avait mis un peu plus de temps que prévu pour faire tout son chemin jusqu'au cerveau. La situation était étrange et en même temps loin d'être désagréable, Ben savait qu'il n'avait jamais eu de moment pareil avec son frère d'adoption et depuis le temps qu'il se trouvait dans cette famille, jamais il n'aurait pensait que cela arriverait. De nouveau la voix d'Esteban résonna à son oreille. Il avait encore des mots gentils à dire ! Non mais là c'était à noter sur le calendrier ! Benjamin resserra son étreinte un instant avant de se reculer pour faire face à son frère
.

"J'te dirais bien la même chose mais... Non mais je te demande pas de changer... juste d'accepter deux trois trucs."

Un nouveau sourire naquit sur ses lèvres et il était sincère pour une fois, pas de moquerie ou de sourire jaune comme il pouvait le faire parfois en présence de leurs parents. Ben' s'adossa au banc et plaça ses bras le long du dossier, rejetant la tête en arrière et savourant l'air froid. Après une longue inspiration le jeune homme tourna la tête vers son frère.

"J'te remercie pour ce soir... C'est plutôt agréable d'avoir quelqu'un sur qui compter... Surtout quand on ne soupçonne pas cette personne de faire attention à toi."

Benjamin avait conscience qu'il devait profiter, mais pas trop, de ce qui était en train de se passer. Avoir un Esteban aussi sympa c'était rare et il ne voulait pas manquer le coche, surtout pour lui dire que ça le touchait qu'il soit venu l'aider et qu'il entendait parfaitement ce qu'il lui avait dit. Bien entendu, il ne voyait pas trop pourquoi il lui avait dit de ne pas changer, mais si c'était son souhait... Et puis il ne comptait de toute façon pas changer, pas pour quelqu'un, plus maintenant.

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MessageSujet: Re: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Mar 4 Mar - 17:18


Esteban & Benjamin  

« Touche pas à mon frère. »

J’avais remercié Benjamin. C’était une grande première, d’habitude je me contentais de lui marmonner un truc incompréhensible quand il m’aidait, ou alors je ne disais simplement rien du tout. Là, tout était différent, parce que ce qu’il s’était passé dans le café m’avait ouvert les yeux. Je refusais d’être comme ces gens-là. Je m’étais battu contre eux mais dans le fond, nous étions un peu du même côté, non ? Moi aussi j’avais emmerdé Ben pour ce qu’il était, tout comme eux. Moi non plus je n’arrivais pas à l’accepter, à le laisser tranquille bien longtemps. Nous étions pareils. Mais il ne fallait pas, et il fallait à tout prix que je me reprenne. Que je devienne enfin ce grand frère que j’aurais dû être depuis toutes ces années, qui était sympa avec son frère ou qui le respectait, tout du moins. Parce qu’il m’était impossible de promettre d’être agréable avec lui dans le futur, ce n’était tout simplement pas dans ma nature, mais j’allais essayer de limiter mes réflexions désagréables et puis j’allais surtout tenter d’accepter le fait qu’il soit bisexuel. Ca allait demander du temps et beaucoup d’efforts, mais il fallait que j’essaye. Pour lui, mais aussi pour le reste de la famille et un peu pour moi, aussi. Parce que même si le fait de l’engueuler ne me faisait ni chaud ni froid, ce conflit constant dans lequel on se trouvait – à cause de moi – ne m’allait plus, depuis quelques temps.

Donc je m’étais excusé. Un premier pas vers la réconciliation. Je lus une certaine surprise dans les yeux de mon frère, mais c’était tout à fait normal. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il se passait dans sa tête, à ce moment-là. Tiens, l’horrible gars qui me sert de frère essaye de se rattraper. Ou alors : Esteban a enfin compris que ça ne pouvait plus durer ainsi. Je ne savais pas à quoi il pensait, et ça me faisait me sentir un peu incertain. L’incertitude, ce n’était pas un sentiment que j’éprouvais souvent, mais là, si. Alors je m’étais lancé, je n’avais pas terminé ma phrase, et finalement, je l’avais pris dans mes bras. Vous vous imaginez le truc, un peu ? Déjà, moi dans les bras de quelqu’un, non. Cette idée-là était complètement absurde. Mais alors en plus, dans les bras de Benjamin Giron, là c’était dix fois plus étrange encore. Et pourtant, c’était tellement agréable. Je n’en disais rien, mais j’avais fermé les yeux, un très léger sourire aux lèvres, profitant simplement de cette étreinte fraternelle qui aurait dû avoir lieu bien avant. Il ne me la rendit cependant pas tout de suite, ce qui me fit sourire de plus belle. Il ne s’y attendait pas le moins du monde, visiblement, et moi non plus à vrai dire. Mais finalement, il passa aussi ses bras autour de moi et je lui dis quelques mots, des mots que je pensais ne jamais réussir à lui dire. De ne pas changer. Parce qu’au final, il valait bien plus que moi. J’aurais peut-être pu être jaloux de lui, mais je m’en fichais pas mal, de ce qu’il avait de plus que moi. Alors non, ce n’était pas de la jalousie. Il resserra un peu son étreinte sur moi, puis se recula pour me faire face, avant de reprendre la parole. Il m’annonça qu’il m’aurait bien dit la même chose, avant de faire une pause après un mais. Un léger sourire étira mes lèvres, puis il poursuivit en me disant qu’il ne voulait pas que je change, juste que j’accepte deux, trois trucs. J’eus un rire ironique et moqueur, mais seulement envers moi-même, parce qu’il avait raison.

« J’crois que je vois de quoi tu veux parler. » lui répondis-je simplement, un sourire aux lèvres, avant de poursuivre : « Je vais faire de mon mieux, mais… le fait de préférer les hommes aux femmes… Ou tout du moins de les aimer autant… » je fis mine de réfléchir, avant de secouer la tête en haussant les épaules :  « Non, ça me dépasse. » Je n’étais pas vraiment sérieux en disant ça. Enfin, ce n’était pas pour le blesser, pour une fois. Je l’avais d’ailleurs dit avec le sourire, puis je repris mon sérieux et terminai : « Je te promets rien, Ben, parce que je veux pas te faire des promesses que je saurai pas tenir. Mais en tout cas, je vais essayer de t’accepter tel que tu es, même si ça risque d’être compliqué au début. »

Je fixai mon regard sur le mur en face de nous et sentis mon frère se détendre complètement à côté de moi, chose qui m’apaisa aussi. J’avais visiblement trouvé les bons mots, même si j’avais galéré comme un malade, au début. Je restai silencieux pendant quelques secondes, puis, quand il se remit à parler, je reposai mon regard sombre sur lui. Il me remerciait à son tour. Et ça me fit chaud au cœur. Le lien qu’on avait, avait changé du tout au tout en l’espace de quelques minutes et ça faisait du bien, mine de rien. Lorsqu’il termina de parler, je fronçai légèrement les sourcils, posant sur lui un regard sérieux.

« Je l’ai toujours fait, Ben. J’ai toujours essayé de faire attention à toi, même si je suis certainement loin d’avoir tout vu et que je n’étais pas là quand t’as eu des emmerdes. Je m’en voudrai toujours, pour ça, parce que je m’étais juré de te défendre dès que t’avais des soucis. J’en ai juste jamais eu l’occasion, jusqu’à maintenant. » Je me reconcentrai sur le mur en face, serrai la mâchoire et poursuivis : « Je t’ai entendu parler à maman, un soir. Tu disais que t’avais eu des ennuis à la sortie du lycée, avec des gars qui acceptaient pas tes idées et qui se privaient pas de te le montrer. Tu t’en souviens ? » Je reposai à nouveau mon regard sur lui,  tout en continuant : « J’ai suivi toute la conversation, en cachette, et je m’en suis voulu de ne pas avoir été là quand t’avais besoin de moi. J’aurais pas pu deviner ce qui t’arrivait puisque j’étais pas dans le coin, c’est vrai, mais… je sais pas, je me suis toujours senti mal depuis. Je te l’ai jamais dit parce que j’étais bien trop fier pour te l’avouer, mais j’ai toujours veillé sur toi, sans que tu le saches. » Je soupirai et, vu que j’étais lancé, autant ne pas m’arrêter tout de suite. J’avais gardé tout ça pour moi jusqu’à maintenant, et j’avais sûrement besoin d’extérioriser, pour une fois. Ca ne m’arrivait jamais, et pourtant… Je poursuivis donc, faisant basculer mon regard de Benjamin aux choses qui se trouvaient autour de nous. « Un jour, y’a un type qui m’a cherché en me demandant si j’étais aussi gay que mon frère. J’ai pas réussi à garder mon calme et je l’ai balancé contre le mur le plus proche. On s’est battus, et j’ai été puni. Je vous ai toujours dit que c’était un accident à la con, que ça n’avait pas d’importance et qu’il m’avait simplement insulté. Je vous ai caché la vraie raison, mais maintenant, toi tu la connais. »

Je passai une main dans mes cheveux coupés courts, soupirant une nouvelle fois. Ben devait se demander ce qu’il m’arrivait, mine de rien. Parce que cette situation était loin d’être normale, et je me surpris à me demander si je serais toujours comme ça avec lui, à l’avenir. Sûrement pas, parce que ce n’était pas du tout mon caractère. Mais c’était plutôt agréable, pourtant. Je me remis à sourire, avant de lancer à mon frère :

« Cet abruti de tout à l’heure m’a bien eu, j’arrête pas de parler, c’est pas normal ! » Je portai mes doigts à ma blessure pour vérifier qu’elle ne saignait plus, avant d’inspecter rapidement le visage de Ben, à peine deux secondes. On allait éviter l’hôpital, quand même hein. Parce que j’avais peut-être perdu la tête, mais ça me changeait en bien alors je m’en fichais royalement !
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MessageSujet: Re: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Jeu 19 Juin - 12:10



Touche pas à mon frère

Benjamin


Les confidences entre frères étaient surement ce qu'il y avait de plus rare dans la famille Giron. Cela faisait bien des années qu'Esteban et Benjamin ne s'étaient pas parlés autant sans se crier des insanités. C'était devenu leur truc et tous ceux qui les connaissaient pouvaient dire que jamais ils ne les avaient vu dans la même pièce avec un sourire et totalement détendu. Pourtant Ben n'avait jamais eu l'impression d'abuser de la patience de sa famille, le seul garçon qu'il ait amené chez lui et qu'il avait présenté comme son copain avait été Zacharie, ce n'était quand même pas comme s'il amenait des mecs différents chaque semaine. Et puis il avait eu des copines aussi, ça n'avait jamais duré aussi longtemps qu'avec Zac', mais il avait voulu montrer à ses parents que les filles ne le rebutaient pas, au contraire même. Le pire dans cette histoire était quand même qu'Esteban ne comprenait pas la difficulté qu'il pouvait y avoir à s'accepter tel que l'on est. Ce n'était que grâce à Zac' que Ben ne se cachait plus et qu'il n'avait plus envie de se cacher. Son orientation sexuelle ne faisait pas tout ce qu'il était, ça ne guidait qu'une part de sa vie. En tout cas le jeune homme fit remarquer à son frère qu'il n'avait pas à changer, mis à part quelques points sur lesquels travailler ne lui ferait pas de mal. C'est avec le sourire que son demi-frère lui répondit et ce qu'il dit amusa plutôt Ben. Le fait qu'il essaie était déjà un grand pas en avant, il ne demandait pas beaucoup plus. Et puis il se doutait parfaitement que ce n'était pas le genre de chose qu'il comprenait et il ne comprendrait surement jamais, il fallait juste qu'il accepte. Et bien sur que cela allait être compliqué, il lui avait fallut un peu de temps pour s'accepter pleinement alors pour qu'Esteban fasse de même il allait falloir du temps et Benjamin avait tout son temps !

"J't'en demande pas plus tu sais... Et puis on a tout notre temps, tu sais il m'a fallut aussi un moment pour comprendre et accepter complètement qui je suis... Je pense que j'ai du me battre au moins trois quatre fois avec moi-même avant de savoir qui j'étais."

Sourire moqueur aux lèvres, cela ne dura pas car Ben sentait sa lèvre se craqueler à chaque fois qu'il esquissait un sourire et il n'avait aucune envie de mettre du sang partout. Enfin il pouvait se détendre et s'installer de manière plus décontractée. Il laissa quelques secondes de silence s'étirer avant de remercier à son tour Esteban. Et non il n'allait pas avoir le monopole des remerciements ! Le grand frère prenait cela très au sérieux et quand Ben croisa son regard, il se demanda ce qu'il avait pu dire pour que son demi-frère prenne un air aussi grave. La réponse arriva bien vite et Ben fut assez surpris. Depuis qu'ils étaient petits il y avait eu des différents entre eux et il ne pensait pas vraiment avoir Esteban derrière lui, prêt à l'aider en cas de nécessité. Alors comme ça il s'en voulait même de ne pas avoir été toujours présent lorsqu'il en avait besoin ?! Benjamin, lui, ne lui en voulait absolument pas, déjà parce qu'il avait su plus ou moins se débrouiller seul et puis parce qu'il n'y avait aucune raison que ça soit son grand frère qui prenne pour lui. Même si la vie n'avait pas était toujours simple, il avait apprit que cela durerait, la vie ne fait aucun cadeau et il encaissait sans broncher. Esteban lui reparla ensuite de l'un des nombreux soirs ou Ben avait expliqué à sa mère que des gars du lycée lui cherchaient des noises parce qu'il était bi et que ça ne leur plaisait pas... Bien entendu qu'il se souvenait de ce genre de soirée, il y en avait eu plus d'une. Benjamin acquiesça d'un signe de tête, les yeux posés sur le visage de son frère. Le jeune homme n'avait jamais eu conscience de la présence de son frère, en fait il pensait juste qu'il ne l'acceptait pas et donc ne voulait plus rien avoir à faire avec lui. Sauf qu'apparemment il se trompait royalement et qu'Esteban aurait voulu réagir. Saleté de fierté ! Il aurait pu être au courant avant si la fierté ne retenait pas le jeune homme.

Esteban était vraiment parti sur le chemin des confidences puisqu'il ne s'arrêta pas là. Il enchaîna avec une anecdote que Ben ignorait totalement. Alors comme ça les imbéciles du lycée étaient suffisamment cons pour s'en prendre à son frère ?! Y en a un qui avait du amèrement regretter ! Ben trouvait ça complètement idiot de sa part de s'en prendre à son frère, quel était le rapport entre lui et son frère ?! Tous les opposés ! En tout cas Benjamin ignorait que sa bisexualité avait pu atteindre autant sa famille, elle avait du vouloir le protéger, pourtant elle n'avait pas pu le protéger de tout. Heureusement d'ailleurs qu'il n'avait pas été enfermé dans une bulle d'amour et de pays des bisounours sinon il aurait bien déchanté en entrant dans la réalité. Là au moins il avait conscience, et totalement conscience de ce que les autres étaient capable de lui faire subir et il pouvait plus facilement passer au dessus des remarques acerbes des gens ignorants et qui ne voient que par leurs principes. Ben resta silencieux après cette annonce d'Esteban, déjà parce qu'il ne savait pas trop quoi lui répondre et puis aussi parce qu'il réfléchissait aux choses qu'il avait lui même cachées à toute sa famille. Les yeux dans le vague, il regardait sans voir le mur d'en face, perdu dans ses pensées. Ce n'est que lorsque le jeune homme reprit la parole que Ben reposa ses yeux sur Esteban. Son sourire s'élargit un peu, mais pas trop sinon il allait vraiment pisser le sang et ce n'était pas envisageable là
.

"T'as peut être une commotion... Ou alors c'était juste que leur connerie a battu la tienne..."

Oui ceci était une plaisanterie et Esteban n'avait pas à mal le prendre. Bon, il le pouvait, mais ce n'était vraiment pas le but de cette phrase. Ben laissa son frère inspectait son visage et cela dut le satisfaire car il ne dit rien. Il posa un doigt sur sa lèvre légèrement enflée et soupira, bon bah il allait être marqué pour un moment, ça le ferait au boulot ça ! Seul point positif : leurs parents n'étaient pas là.

"Heureusement qu'on est pas à la maison quand même, en rentrant les parents auraient pu penser qu'on s'est foutu sur la tronche..."

Petit rire léger, Ben était du genre à ne pas se prendre la tête et même s'il venait d'avoir une sérieuse discussion avec Esteban, c'était pas possible de rester sage aussi longtemps. Après quelques secondes Benjamin se leva et s'étira. Il avait prit quelques coups aussi au niveau du buste, mais rien d'aussi grave qu'au visage, il allait juste être courbaturé le lendemain. Son regard noisette se posa sur l'entrée de la ruelle et il se dit qu'il était temps de ressortir, déjà parce qu'il ne comptait pas camper là et puis parce que ça se rafraîchissait sérieux là ! Un frisson le parcouru et il enfonça ses poings dans le fond de ses poches.

"Et si on reprenait le chemin du retour ? J'ai une soudaine envie d'une longue douche bouillante !"

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MessageSujet: Re: « Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin   Jeu 28 Aoû - 16:57


Touche pas à mon frère.
Esteban & Benjamin.

Aveux et compagnie. Pas vraiment mon point fort en général, mais faut croire que quelque chose me poussait à m’expliquer avec Ben. Qu’après toutes ces années, j’avais enfin trouvé le courage et la volonté de lui dire ce que je ressentais vraiment, de ravaler cette fierté qui m’empêchait de parler normalement à mon frère. Vingt-trois ans que je le connaissais, et je n’avais jamais pris la peine d’écouter ce qu’il avait à dire. Bien sûr, quand on était gamins, c’était tout à fait différent et on se limitait aux petites querelles entre frères, comme tout le monde, mais en grandissant, j’avais eu de plus en plus de mal à l’accepter. Il était différent des autres mecs, quelque chose ‘clochait’. J’ai rapidement compris de quoi il s’agissait le jour où il a ramené Zacharie à la maison… J’avais d’abord refusé d’y croire, mais petit à petit, l’idée s’était formée dans ma tête : alors que moi je raffolais des filles, lui aimait les mecs en plus. Il savait apprécier les deux, disons. Depuis ce jour-là, dans ma tête, ça avait été le bazar complet, et j’avais du mal à le voir comme le Benjamin que j’avais connu avant, celui avec qui je jouais au foot dans le jardin et à qui je parlais de mes conquêtes les plus récentes. J’étais déçu, je rejetais la faute sur lui. Et il m’avait fallu des années entières pour comprendre que non, il n’était pas différent. Enfin en quelque sorte si, mais il faisait partie de la famille Giron, et il fallait que je m’excuse. Que je lui montre que je n’étais pas le monstre qu’il avait pu apercevoir à chaque fois qu’on se voyait.

Cette discussion m’avait fait le plus grand bien, je me sentais dix fois mieux maintenant. J’avais peur de l’humeur massacrante du lendemain, parce que j’étais sûr à cent pourcent que ma bonne humeur ne durerait pas, mais pour le moment, je profitais. J’avais aussi avoué à Ben qu’il me faudrait du temps, et que je ne pouvais pas lui faire des promesses que je serais incapable de tenir par la suite. Je ne voulais pas lui promettre de l’accepter pleinement dorénavant, parce que ça serait mission impossible pour moi, mais… j’étais prêt à faire des efforts pour qu’on s’entende mieux. Il m’avoua ensuite qu’on avait tout notre temps, puisque lui aussi s’était battu plusieurs fois avec lui-même avant de comprendre qui il était.

« Ah bon ? » lui dis-je en haussant un sourcil. « Je pensais que t’étais au courant depuis que t’étais petit. Enfin, j’y ai jamais vraiment réfléchi, mais ça me paraissait évident. »

Alors comme ça, il ne le savait pas depuis toujours ? Pourtant, c’est ce que j’avais pensé pendant toutes ces années, mais apparemment, je m’étais trompé sur toute la ligne. La conversation continua et c’était le moment de lui parler de certains souvenirs, toujours gravés dans ma mémoire. De lui parler du fait que j’avais toujours essayé d’être là pour lui, et que je m’en étais voulu au moment où je n’avais rien pu faire pour le sauver. Je vis à sa tête qu’il était plutôt surpris, et je réalisais à quel point il avait cru ne jamais pouvoir compter sur moi. C’est vrai que j’agissais plutôt dans l’ombre et que je n’avais jamais osé lui parler de ce qui m’était arrivé avec le mec qui s’en était pris à moi en me comparant à Ben… En fait, je ne m’étais jamais comporté en tant que grand frère avec lui, depuis l’annonce qui avait tout changé. Enfin, pas en face, en tout cas. Après ma petite histoire, Ben resta silencieux, perdu dans ses pensées, et en souriant, je lui annonçai qu’ils ne m’avaient pas raté puisque je n’arrêtais plus de parler. Ca le fit sourire et il enchaîna sur ma connerie, ce qui m’arracha un nouveau sourire amusé.

« Si seulement toutes les commotions pouvaient avoir cet effet-là… »

Parce que mine de rien, la situation me déstabilisait, mais ça me réussissait. Alors j’étais loin de m’en plaindre ! En plus de ça, je me surpris à rire à ce que Ben me dit à propos de nos parents, et je hochai la tête, bien d’accord avec lui.

« Et puis on se ferait engueuler par Louise et je me prendrais une gifle en prime. »

Oui, parce que la plus grande de nos sœurs avait un sacré caractère, et quand quelque chose ne lui plaisait pas, elle le faisait savoir. Ses gifles m’étaient d’ailleurs toujours réservées, Ben ne s’en prenait jamais, parce que bon, c’était toujours moi qui étais en tort, selon elle. C’était souvent le cas, mais fallait pas abuser non plus, je n’étais pas le seul responsable à chaque fois. Pourtant, je m’entendais à merveille avec elle et les rires étaient plus fréquents que les engueulades, tout comme avec l’autre sœur, un peu plus discrète mais un sacré numéro aussi quand elle s’y mettait. Benjamin finit par se lever et je le suivis du regard, puis l’entendis me proposer de rentrer parce qu’il avait envie d’une douche bouillante. Je me levai et le dévisageai d’un air faussement dégoûté, avant de lui répondre :

« Oui enfin, t’aurais pu te limiter à la première phrase, quand même. J’ai pas besoin de savoir ce que tu fais dans ta douche. »

Tout de suite après, un nouveau sourire étira mes lèvres et je lui frottai le haut du crâne de mes phalanges repliées sur elles-mêmes, avant de me mettre en route en même temps que lui. Si je me mettais à être d’humeur taquin en plus, fallait vraiment se poser des questions… Un bout du chemin se fit dans le silence, tandis que j’arborais un très léger sourire apaisé qui ne me ressemblait pas. J’irais me coucher d’excellente humeur ce soir-là, en espérant que personne ne vienne me taper sur les nerfs d’ici là.

« Tiens, en parlant de Louise… Faudrait qu’on retourne à la maison juste le temps d’un week-end pour leur dire bonjour, alors si monsieur le flic a un trou dans son agenda, qu’il me le fasse savoir. » Je souris, pour terminer : « Moi, il me reste une tonne de jours de congé, alors c’est quand tu veux ! »

 

© Belzébuth

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« Touche pas à mon frère. » Esteban & Benjamin

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