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 « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph

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Louis T. Delmas
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MessageSujet: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Jeu 12 Déc - 16:08




Esteban & Saphirine

" C'est la mère Michelle qui a perdu son chat... "

Un, deux, trois, quatre, cinq, six… Vingt-huit, vingt-neuf, trente. Les muscles encore tendus, je me levai et entrepris de m’étirer deux minutes pour éviter les courbatures. Je venais de faire une séance d’abdos en plus de quelques autres exercices pour les muscles et je ne vous dis pas à quel point ça faisait du bien. En tant que pompier, j’avais bien besoin de tout cet exercice et je ne me privais pas d’aller monter à cheval ou de faire un autre sport lorsque j’en avais l’occasion. Sans me vanter, j’avais un corps plutôt présentable et des muscles assez gonflés pour faire bonne impression, d’ailleurs je n’avais pas peur de m’entraîner torse nu, comme maintenant, même si là pour le coup, personne ne me voyait. Je m’étais enfermé dans mon appartement toute la matinée pour ne pas avoir à taper la discut’ avec qui que ce soit, puisque je n’en avais pas du tout envie et que mon humeur massacrante habituelle allait encore me jouer des tours, sinon. Parce que oui, même si tout seul, j’étais calme, je ne pouvais pas m’empêcher de faire chier mon monde lorsque j’étais en compagnie de quelqu’un. A l’instant où je vous écris ce message, cette idée me fait sourire, parce que j’ai presque toujours été comme ça et on ne me changera pas, d’ailleurs j’en suis assez fier, de mon sale caractère. Je le vis bien quoi.

Après cinq minutes d’étirements en tout genres, je me dirigeai vers la salle de bains et pris une douche brûlante pour détendre encore un peu plus mes muscles, pour finalement me sécher et passer à la chambre sans même prendre la peine de me passer une serviette autour de la taille. J’étais seul, alors je m’en contrefichais. Dans une armoire, je pris ma tenue du jour, à savoir un pantalon classique, noir, un t-shirt turquoise avec quelques inscriptions dessus et un pull sportif à capuche gris. Ah et pour le caleçon, c’était un Calvin Klein noir tout simple, si vous voulez savoir, les filles. J’enfilai tout ça, puis passai rapidement un coup de serviette dans le peu de cheveux que j’avais, avant de passer dans le salon pour prendre mes clés et mon portable, mettre ma veste en cuir noire et mes converses turquoises de la même couleur de mon t-shirt. Je sortis finalement et verrouillai la porte derrière moi, avant de dévaler les escaliers des quatre étages à toute vitesse. Ca me ferait un peu d’exercice en plus, tiens. Je poussai la porte du bâtiment des appartements et me dirigeai tout de suite vers l’allée où se trouvait le box de Whirlwind, le nouveau cheval avec lequel j’avais eu une sorte de… connexion.

Lui et moi, on se comprenait. On était pareils. Des chieurs tous les deux, qui ne voulaient qu’une chose, c’est qu’on les laisse tranquille. Ce qui se ressemble s’assemble, comme on dit, et j’avais vraiment l’impression d’avoir accompli des choses avec lui, même s’il n’était pas là depuis longtemps. D’une voix douce qu’aucun humain, à part mes parents et mes petites sœurs, me connaissait, je le saluai et commençai à discuter avec lui, comme à mon habitude. C’était le seul à qui je pouvais me confier et ça me faisait du bien de lui parler, et de l’écouter lui aussi en parallèle. Je restai avec lui pendant un bon bout de temps et partis l’emmener brouter après quelques instants passés dans son box, puis je le rentrai finalement. Une fois Whirlwind remis au box, mon regard se posa sur un chat que j’avais déjà vu quelque part, à mon avis, et je fronçai les sourcils, réfléchissant. Pourtant, je n’avais pas besoin d’y penser bien longtemps parce que mon regard se porta presque naturellement sur l’avis de recherche collé un peu partout dans les écuries et cette fois, je haussai les sourcils. Je secouai la tête et m’approchai du chat, avant de le prendre dans mes bras.

« Viens là toi. » lui dis-je d’une voix douce, mais un poil ennuyée quand même.

Je m’avançai vers une des annonces et j’y jetai un coup d’œil. En-dessous d’une grande photo du chat en question étaient marqués l’adresse et le numéro de la personne à qui il appartenait. Je m’apprêtais à composer le numéro lorsque je me ravisai, préférant aller lui rendre son chat d’amour tout de suite, au lieu de le ramener chez moi et d’être obligé de m’occuper de lui pendant beaucoup trop longtemps à mon goût. Ce n’est pas que j’aimais pas les chats, mais je préférais de loin les chevaux et puis bon, si c’était pour m’emmerder à aller ramener cette boule de poils plus tard dans la soirée… Non, non et non, j’allais le ramener maintenant pour être peinard après.

Le chat dans les bras, je me dirigeai vers le premier étage du bâtiment B des appartements, empruntant les escaliers par la même occasion. Une fois arrivé en haut, je cherchai du regard le numéro de l’appartement marqué sur l’avis de recherche, puis, une fois arrivé à la bonne porte, je posai le chat sur un bras et toquai à la porte. D’une voix ennuyée et peu agréable, je lançai :

« Hey, la mère Michelle ! C’est le père Lustucru… »



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MessageSujet: Re: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Sam 14 Déc - 15:09

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C'est la mère Mihcelle qui a perdu son chat ♫

Esteban et Saph' → Le froid est pour moi le prix de la liberté


C'était la panique. Et pas que pour Saphirine, mais aussi pour ses deux chats restant. Parce qu'Ambre, la plus aventureuse, s'était fait la malle pour découvrir un peu de quoi l'académie était faite. Bon, ce n'était pas si dangereux que ça, il y avait une route seulement qui permettait d'aller à Etretat, et ce qui intéressait plus la Bengalie, c'était les champs, les forêts. Mais voilà, au bout de deux jours c'était quand même inquiétant... Il lui était peut-être arrivé quelque chose, à moins que quelqu'un l'ait trouvée et décidé de la garder. Un chat du Bengal, c'était beau, c'était cher comme animal alors trouver une petite chose comme ça, qui en plus aimait le contact avec l'Homme, l'occasion était trop belle... Elle avait donc fait des avis de recherche avec une photo haute définition (vive l'appareil photo à 200 euros) d'Ambre, son adresse et son numéro, ainsi que le numéro d'identification de la petite chose. Elle les avait ensuite affichées un peu partout, trois à 4 par écurie, sur le tableau d'affichage du club-house, à l'entrée de chaque bâtiments des studios... Et plastifiés en plus, pour que le gel ou la pluie ne vienne pas pourrir les feuilles. Si avec ça les résidents passaient à côté...
Mais la plus affolée, ce n'était pas elle. C'était surtout Moka, la mère d'Ambre. Elle miaulait sans arrêt, allait et venait dans l'appartement et jusque dans les endroits les plus improbables. Boréal, lui, était plus calme. Mais on voyait bien que l'absence de la Bengalie le perturbait. Elle espérait qu'elle allait bientôt retrouver la disparue, ou que quelqu'un la lui ramènerait. En attendant, elle se démenait sur son piano. Qui sait, ça l'attirerait peut-être plus qu'un assiette de thon. Elle enchaînait ce qu'elle connaissait, apprenait d'autres qu'elle ne connaissait pas, classique comme contemporain. Heureusement, les studios étaient bien isolés les uns des autres et on ne toquait pas à sa porte pour tapage incessant. Sinon, elle ne jouait pas la renfermée et sortait de temps en temps. En rasant les murs, dans l'ombre, sans se faire trop voir, en parlant le moins possible et seulement lorsqu'on l'abordait. Sinon, c'était silence radio et elle ne parlait qu'à ses chats. Sérieusement, elle avait parfois de vraies conversations avec eux ! Surtout avec la siamoise qui était très bavarde et trouvait toujours une occasion pour en placer une. Ca devenait souvent très drôle, elle lui posait des questions et elle miaulait pour lui répondre à chaque fois. Elle finissait toujours écroulée de rire. La chatte avec ses expressions arrivait toujours à la dérider avec ce petit jeu.
Ca faisait deux jours, désormais, qu'Ambre avait disparu. Il ne restait qu'un endroit où elle n'avait pas cherché, c'était la route. Il y avait très peu de chances qu'elle se soit aventurée par là, mais c'était quand même possible... Et Saph' n'avait pas le courage d'aller voir. Elle préférait essayer de se sortir cette idée de la tête en allant d'abord s'occuper de son cheval, White Khôl, un pie noir avec un œil bleu plutôt coquin mais adorable à monter, s'il ne décidait pas de faire une connerie. Et sinon, il restait les paysages givrés à prendre en photo, les occasions à ne pas rater, les dessins qu'on pouvait faire... Elle continuait de les afficher dans son appart', dont un qu'elle espérait que la personne concernée de découvrirait pas. Il était seulement ébauché, quelques traits qui montraient un profil, avec une expression qu'on ne pouvait que vaguement deviner et des mèches qui lui tombaient devant les yeux. Elle en était encore à se demander comment elle avait pu oser le croquer sans sa permission, et laisser tomber son carnet en s'échappant. Du coup, il avait vu le dessin. La honte du siècle. Il n'avait pas eu l'air de le prendre mal, mais c'était quand même l'affiche quoi !
Sinon, elle pianotait, aussi. Aujourd'hui, elle faisait du Disney. Enfin, une chanson Disney, d'abord échauffement sur Skinny Love qu'elle connaissait par cœur, puis quelques variations de Bach. Et ensuite, la chanson qui était sortie il y a peu, du dernier film Disney : Libérée, délivrée. Elle la jouait parce qu'elle l'aimait bien, et parce qu'une partie de l'instrumental était au piano. Elle n'avait pas la voix d'Anaïs Delva, qui était plus aiguë et un peu rauque, mais elle aimait bien l'effet différent que sa voix à elle donnait. Non non, elle ne se jetait pas de fleurs.


L'hiver s'installe doucement dans la nuit
La neige est reine à son tour
Un royaume de solitude
M'a placée là pour toujours

Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain
Il est bien trop fort
J'ai lutté, en vain
Cache tes pouvoirs, n'en parle pas
Fais attention, le secret survivra
Pas d'états d'âme, pas de tourments
De sentiments

Libérée, Délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, Délivrée
C'est décidé, je m'en vais
J'ai laissé mon enfance en été
Perdue dans l'hiver
Le froid est pour moi le prix de la liberté

Quand on prend de la hauteur
Tout semble insignifiant
La tristesse, l'angoisse et la peur m'ont quittée depuis longtemps !

Je veux voir ce que je peux faire
De cette magie pleine de mystère
Le bien, le mal je dis tant pis, tant pis

Libérée, délivrée,
Les étoiles me tendent les bras,
Libérée, délivrée,
Non je ne pleure pas
Me voilà !
Oui je suis là !

Perdue dans l'hiver
Mon pouvoir vient du ciel et envahit l'espace
Mon âme s'exprime
en dessinant et sculptant dans la glace
Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées

Je ne reviendrai pas
Le passé est passé !
Libérée, délivrée,
Désormais plus rien ne m'arrête,
Libérée, délivrée,
Plus de princesse parfaite,
Je suis là comme je l'ai rêvé,
Perdue dans l'hiver

Le froid est pour moi le prix de la liberté.

Elle recommença sans attendre. Elle chantait la première strophe lorsqu'elle entendit toquer à sa porte, et qu'on l'interpellait en l'appelant la mère Michelle et que l'homme – en tout cas, c'était une voix masculine – se nommait Lustucru. Amusée, elle fit les premières paroles de la chanson en frappant légèrement les touches de son piano du côté où les notes étaient plus aiguës, avant de filer ouvrir. Bon, visiblement il avait trouvé Ambre. Elle ouvrit et la vit en premier, qui était à hauteur de son visage. Visiblement elle allait bien, elle ronronnait presque dans les bras de l'homme... ou plutôt du géant. Il faisait au moins une ou deux têtes de plus qu'elle ! En plus, il avait une mine pas vraiment réjouie, si vous vouliez savoir. Elle se retint de reculer et de détourner le regard, sauf lorsque la chatte sauta des bras de l'inconnu pour filer dans le studio. Elle entendit Moka miauler, puis cracher, le bruit d'un coup de patte et un miaulement indigné. Bon, les retrouvailles étaient faites, et en tant que mère, la siamoise avait engueulé la Bengalie. Boréal avait du filer se planquer en sentant une odeur inconnue. Un autre miaulement et un bruit de cavalcade. Elle se tourna vers la studio.
« Ca suffit ! »
Et silence. Elle regarda de nouveau l'inconnu. Euh... Quoi faire ? Déjà, remercier.
« Merci de me l'avoir ramenée... Sans demander une récompense vu celle que la concernée propose, ni la vendre pour un lapin. »
Applaudissez ! Screenez ! Elle avait lancé une vraie phrase, avec un humour – déplorable – timide. Bon, elle allait pas le laisser sur le pas de la porte quand même... Mais pourquoi elle le ferait entrer ? Ah pour un café, peut-être.
« Euh... Vous voulez un café, ou quelque chose à boire ? »
Bon, là, elle commençait sérieusement à s'enfoncer... Qu'il réponde vite, elle sentait la pivoine monter !

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MessageSujet: Re: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Mer 25 Déc - 21:33




Esteban & Saphirine

" C'est la mère Michelle qui a perdu son chat... "

Bon ben voilà que je me retrouvais avec un chat perdu dans les bras et que j’allais devoir le rendre à sa propriétaire en faisant le mec super sympa et sauveur de cette boule de poils. Le héros de service, quoi. Sauf que je n’étais pas un héros et je ne voulais pas en être un non plus. Mais bon, je n’allais pas non plus garder ce chat chez moi puisque je n’avais pas de quoi m’en occuper, même si j’appréciais les chats et que ça ne me dérangeait pas d’en côtoyer. Direction l’appartement de sa propriétaire, donc ! Et tout ça en cinquième vitesse pour ne pas perdre trop de temps. En arrivant devant l’appartement en question, je toquai à la porte en faisant une petite blague – oh, un Esteban comique, notez ça ! – et une petite minute après, la porte s’ouvrit sur une jeune femme beaucoup plus petite que moi, une vingtaine de centimètres si ce n’était plus, plus jeune de plusieurs années aussi. Une petite poupée toute fragile à mes yeux, quoi. Pourtant, ça ne m’empêcha pas de lui lancer un regard ennuyé et, alors qu’elle avait vu le chat en premier, elle sembla un peu mal à l’aise lorsque nos regards se croisèrent. Bah c’est sûr que j’étais plus imposant qu’elle, mais fallait quand même pas avoir peur alors que je n’avais pas encore ouvert ma bouche pour gueuler. Parce qu’à ce moment-là, d’accord, elle avait le droit d’être effrayée, mais pas encore maintenant. Pour finir, le chat sauta de mes bras et j’eus le réflexe de le rattraper pour éviter qu’il se fasse mal, oubliant complètement le fait que les chats étaient capables de sauter sans se blesser. Ca va hein, pour une fois que j’étais protecteur envers quelqu’un, enfin plutôt quelque chose. Je m’adossai à l’encadrement de la porte lorsque la jeune fille se retourna pour engueuler ses chats, attendant simplement des remerciements et puis basta, je m’en irais. J’aurais pu le faire avant d’avoir laissé le temps à la jeune fille de parler mais j’avais toute la journée devant moi et même la nuit, alors je ne perdais rien à attendre.

D’ailleurs, elle se retourna une nouvelle fois et me remercia finalement, chose qui me fit hausser les épaules tandis que j’écoutai le reste de sa phrase, qui m’arracha un sourire en coin à peine perceptible. Elle avait du bol que je sois dans un bon jour, la petite ! Parce que pour que je me mette à sourire, fallait le faire, quand même… D’une voix plutôt indifférente, je lui répondis simplement :

« C’est rien. »

Et silence radio. Pas besoin de dire quoi que ce soit d’autre puisque je n’étais pas un bavard, c’était bien connu et puis très peu pour moi l’idée de parler pour ne rien dire. Je jetai un rapide coup d’œil dans l’appartement et vis les chats s’agiter entre eux, j’en comptais deux. Bon, heureusement pour l’autre que son copain était arrivé à bon port, hein. Finalement, la jeune fille reprit la parole en me proposant quelque chose à boire et d’entrer par la même occasion. Les mains dans les poches, je haussai les épaules tout en lui répondant :

« Pourquoi pas. »

Je rentrai donc dans l’appartement de la jeune fille, regardant autour de moi par réflexe, observant la déco et tout ce qui s’y trouvait. Toujours les mains dans les poches, je m’arrêtai en plein milieu de l’appartement, attendant que… que qui, déjà ? Elle ne m’avait pas dit son nom. Bref, que l’inconnue m’invite à m’asseoir. Parce que même si quand je passais chez mon frère, je n’avais absolument aucun respect et que je m’affalais dans le canapé sans qu’il m’y invite, là j’avais affaire à une fille et plus jeune que moi, qui plus est. Alors très peu pour moi l’idée de m’imposer, pour une fois. Parce que mine de rien, j’avais été bien éduqué et les bonnes manières, je connaissais. En remarquant que je m’étais arrêté juste à côté de ses chats, je m’accroupis et passai ma main dans le poil de celui que j’avais ramené à la maison puisque je savais qu’il n’allait pas me bouffer en moins de deux, un léger sourire aux lèvres. Finalement, je me mis aussi à caresser l’autre de mes grandes mains – parce que oui, j’avais de grandes mains, au cas où vous ne le saviez pas encore – et je finis par me lever, reposant mon regard sur la jeune fille. En montrant les chats d’un coup de menton, je lui demandai :

« Ils s’appellent comment ? »

Encore une petite phrase toute courte. Très bavard, l’Esteban, vous ne trouvez pas ? Comme d’habitude, j’ai envie de vous dire. Mais bon, qu’est-ce que je devais lui dire d’autre ? Lui demander de raconter sa vie ? Lui raconter la mienne ? Merci mais non, je m’en passerais. Surtout que je ne comptais pas m’éterniser ici, c’était simplement pour tuer le temps. Un sourire un peu ironique aux lèvres, je lui demandai d’une façon peu agréable, sans vraiment m’en rendre compte, empruntant juste ma voix habituelle envers les humains :

« Au fait, je prendrais bien une bière, si tu as. » Tutoiement presque automatique puisqu’elle était visiblement plus jeune que moi, et puis je ne me voyais pas me casser la tête à vouvoyer tout le temps non plus. Ce n’était pas, mais alors pas du tout dans mes habitudes. En me reconcentrant sur les chats, indifférent, je dis à la jeune fille : « Moi c’est Esteban. »




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MessageSujet: Re: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Mar 4 Fév - 17:04

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C'est la mère Michelle qui a perdu son chat !

Esteban et Saph' →La timidité est une contracture de l'esprit.


Panique à bord dans le bâtiment B de l'académie. Enfin panique, c'était peut-être un peu exagéré. Angoisse ou inquiétude était plus exact. Pourquoi, me demanderez vous. Parce qu'il y avait une disparue d'entre les murs de Saph'. Plus de nouvelles, rien, silence radio depuis deux jours. Elle l'avait cherchée, bien évidemment, dans l'académie et ses alentours, mais le problème était qu'Ambre se déplaçait en même temps qu'elle, rendant la rencontre quasiment impossible. Elle avait donc mis des affiches dans l'académie avec cliché de qualité et plus de renseignements que nécessaire. Comme si mettre mettre le numéro d'identification du chat pouvait servir à quelque chose ! Mais comme on dit, mieux vaut trop que pas assez. Elle avait aussi continué à chercher, tous les jours, au cas où le hasard ferait bien les choses. Mais non, le hasard avait décidé de la laisser en plan. Et quand elle ne cherchait pas, elle essayait de calmer ses autres chats que l'absence d'Ambre et l'agitation de Saph' perturbaient, ou elle s'occupait de faire des photos, de croquer ce qu'il lui passait par la tête ou pianoter. Intensivement. Elle ne s'arrêtait que lorsque ses doigts étaient douloureux et raides. Heureusement que les studios étaient bien isolés les uns des autres, sinon les voisins auraient déjà piqué plusieurs crises à cause des morceaux qui envahissaient son appartement presque sans discontinuer.
Aujourd'hui, après un échauffement assez long, elle avait décidé de s'attaquer aux chansons sur le dernier film d'animation Disney, en commençant par Libérée, délivrée, interprétée par Anaïs Delva. Mais pas la version originale, celle du film. Elle s'étonna en voyant qu'elle ne faisait que très peu de fautes pour une première fois, et voulut recommencer ensuite lorsqu'on l'interrompit. On toquait à sa porte en se nommant Lustucru... En se souvenant de la chanson « La mère Michelle », on pouvait comprendre pourquoi il se nommait ainsi. Il avait sûrement retrouvé Ambre ! Avec ironie, elle se demanda s'il n'allait pas lui demander une rançon pour avoir de nouveau son chat. Elle trouva donc la minette fugueuse dans les bras du gars qui était très grand. Ou en tout cas, grand par rapport à elle qui culminait tout juste à un mètre soixante. Impressionnée par sa taille, elle retint un mouvement de recul. Ambre, toute contente d'être rentrée, sauta des bras du gars qui fit mine d'essayer de la rattraper. Saph' sourit un tout petit peu. Sauf que maintenant, il ne restait qu'eux deux. La Bengalie et sa mère commencèrent à s'engueuler derrière et elle finit par se tourner pour réclamer le silence. Elle le regarda ensuite et le remercia de lui avoir ramené la chatte, en ajoutant une tentative d'humour. D'ailleurs, elle tomba à plat. À retenir pour la suite : ne pas chercher à dérider quelqu'un. Tant pis. Dites donc, c'est qu'il était mutique le gars... Pour une fois qu'elle faisait l'effort de parler longtemps, il mettait tout à zéro... Encore une leçon à retenir ? Pour lui, peut-être... D'après ce qu'elle avait vu en rasant les murs de l'académie, pas mal de personnes montraient plus leur joie de vivre que lui. Sauf qu'une connerie sortit toute seule de sa bouche, sans qu'elle ne la voie venir.
« Si on vous ramenait un être qui compte énormément pour vous et qui a disparu, je doute que vous disiez seulement que ce n'est rien... »
Saph', tais-toi.
La prochaine fois, préviens quand tu veux sortir un truc pareil, qu'on prévoie de quoi parer contre l'apocalypse de tes phrases malvenues.
Elle lui proposa tout de suite après d'entrer et c'est seulement quand il eut passé l'entrée qu'elle se rendit compte de sa bêtise. Elle allait passer pour une folle quand il verrait le bazar monstre qui régnait. Des albums photos ouverts sur la table du salon avec des clichés pas encore rangés et disposés n'importe comment autour et qui attendaient d'être classés, des croquis et des esquisses partout sur les murs, des carnets ouverts ou fermés, des crayons noirs, gris, gras, pastels partout ! Des croquis de chevaux, de ses chats, de paysages, d'une personne qu'elle avait mise alors qu'elle se disait toujours qu'il fallait qu'elle l'enlève du mur... Ses appareils photo posés sur les tables, sur son piano ou à charger... Maintenant, c'était trop tard pour reculer et il allait forcément voir qu'elle était pas tout à fait normale dans sa tête... Encore heureux que pour faire de la gym contorsionniste, y'ai pas besoin de machine ou d'instruments. Son piano faisait partie des éléments les plus normaux de l'appartement. Partout dans le reste du studio, la déco était la même. Dessins et photos affichés.
Elle regarda celui dont elle ne connaissait pas (encore ?) le nom qui s'était accroupi devant Moka et Ambre pour les caresser. Tiens, ce serait peut-être la seule fois où il serait plus petit qu'elle ou paraîtrait plus petit... Bon, déjà la chatte brune semblait l'apprécier. D'un côté c'était pas difficile, elle aimait tout le monde. Sa mère, elle, était plus timide mais il lui avait ramené son « chaton adulte » alors tout de suite c'était plus facile de faire amie-ami. Boréal, lui, ne s'était pas montré du tout. Il était timide, comme chat, et il ne se montrerait pas avant un moment, voire pas du tout si l'homme ne s'attardait pas. Il demanda le nom des deux félins qui jouaient les pauvres bêtes martyrisées en mal d'amour.
« Celle que vous avez ramenée s'appelle Ambre. La siamoise s'appelle Moka et c'est sa mère. »
Sans s'en rendre compte, elle le vouvoyait. Parce qu'elle ne le connaissait pas, et aussi parce qu'il faisait plus âgé qu'elle. Sans avoir l'air vraiment vieux, mais ça se voyait tout de suite qu'il était loin d'avoir seulement dix-neuf ou vingt ans.
Il demanda une bière. Arrêt sur image. Elle ouvrit de grands yeux – heureusement qu'il était penché sur les deux chats – style personnage de manga. Elle avait une tête à boire de la bière ? Non mais parce que là elle était vraiment gênée. C'était elle qui l'avait invité à entrer et alors qu'il lui demandait quelque chose, elle allait être obligée de lui dire qu'il n'y en avait pas. Elle pouvait chercher, puisqu'elle avait repris le studio à un ancien locataire, il avait peut-être oublié la boisson dont il parlait. Elle fila dans la cuisine silencieusement – vive les pieds en chaussettes – et ouvrit les placards pour trouver. Elle faillit pousser un cri victorieux en trouvant deux bouteilles de Kronenbourg. Elle était chanceuse, sur ce coup-là. Elle en prit une et la décapsula. Voyant qu'il était toujours en train de caresser ses chats, elle posa la bouteille sur la table. Elle se souvint l'avoir entendu se présenter sous le nom d'Esteban. Original. Mais il ne ferait pas mieux que son prénom à elle.
« Saphirine. »
Ben écoutez, il était pas bavard alors pas besoin qu'elle le soit non plus !
Elle se mit à genoux, pas loin mais pas près, et attira Ambre vers elle pour la caresser. Il allait pas les garder seulement pour lui hein, ou sinon il aurait vraiment de quoi être surnommé Lustucru, même si son vrai prénom, c'était Esteban !

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MessageSujet: Re: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Mar 11 Fév - 21:53




Esteban & Saphirine

" C'est la mère Michelle qui a perdu son chat... "


Spoiler:
 

Il fallait dire que la petite en face de moi avait un sens de l’humour un peu particulier. La petite blague qu’elle avait ajoutée à la fin de sa phrase pour me remercier d’avoir ramené son chat m’avait arraché un très léger sourire en coin à peine perceptible – je n’étais même pas sûr qu’elle le voie, c’est vous dire – et je lui avais répondu que ça n’était rien sur un ton assez indifférent. Ne pas le ramener aurait été complètement horrible de ma part, et même si je pouvais être un monstre quand je voulais, voir toutes ces petites affiches dans les écuries m’avait fait un peu mal au cœur pour elle. Un peu ! Ce n’est pas non plus comme si je m’en faisais pour elle, c’était simplement la moindre des choses d’avoir fait ce que j’avais fait. Elle me répondit alors que si on m’avait ramené un être qui comptait énormément pour moi et qui avait disparu, j’aurais dit plus que « ce n’est rien. » Sa phrase me fit sourire en réalisant qu’à Etretat, il n'y avait aucun être que j’aimais énormément. Enfin, pas directement. Ouais, donc on repasserait, pour ça, hein ? Elle m’invita alors à entrer et contrairement à mes habitudes, je ne refusai pas, ayant bien envie d’une petite bière, pour l’occasion. Tout en entrant, je lui lançai encore sur le ton peu agréable que je prenais bien trop souvent selon certaines personnes :

« Faudra aussi penser à dégager toutes ces affiches des écuries, ça fait mal aux yeux. »

Finalement, je jetai un rapide coup d’œil à l’appartement de la fille – parce que oui, pour moi, elle avait à peine la majorité, vu sa taille et la manière dont elle se comportait – qui était très mal rangé. Ca m’étonnait, ça, parce qu’on m’avait toujours dit que les endroits où habitaient les filles étaient super bien rangés et qu’il n’y avait rien qui traînait. Chez elle, il y avait des dessins, des photos, des crayons, des appareils photos… Partout ! Je haussai les sourcils en observant tout ça, puis préférai m’attarder près des deux chats que j’avais sous les yeux. C’était bien connu : j’étais dix fois plus amical avec les animaux qu’avec les humains, et je le vivais très bien, merci. Je me mis à les caresser, doucement, avant de demander leur nom à la propriétaire. Elle me répondit que celle que j’avais ramenée s’appelait Ambre, et l’autre Moka, c’était sa mère. Je hochai simplement la tête, continuant à m’occuper des deux chats qui semblaient plutôt accueillants. Je remarquai aussi que la jeune femme me vouvoyait. C’était évident, puisque j’étais plus âgé qu’elle, mais elle ne devait pas s’attendre à ce que je le fasse aussi, voyez-vous. Très peu pour moi cette idée-là. Allez comprendre pourquoi, hein, moi non plus je ne savais pas ! C’était comme ça, point à la ligne. Par contre, elle avait tout à fait le droit de me tutoyer si elle voulait, ça ne me dérangeait pas. Enfin bref, dans ma tête, vous voyez ce que ça fait hein, parfois… La logique, c’est pas mon truc, mais soit, passons ! Finalement, comme elle m’avait proposé quelque chose à boire, je lui demandai une bière et un silence se fit, chose qui m’étonna un peu. Qu’est-ce qu’elle fichait ? Pourtant, je restai concentré sur les deux chats et lorsque la jeune fille revint, je la vis poser une bouteille de bière sur la table, puis elle vint s’asseoir près de moi, attirant un des chats contre elle. Elle se présenta alors à son tour, ne disant que son prénom, qui m’arracha d’ailleurs un sourire moqueur. Je ris légèrement sur ce même ton moqueur, puis lui lançai, tout en me levant pour aller prendre le verre :

« A tes souhaits ! Tes parents ont rien trouvé de mieux, comme prénom ? »

Je posai mon regard sur elle, tout en portant la bouteille à mes lèvres, avalant quelques gorgées. Quoi, pourquoi vous me jetez ces regards noirs ? Oh, j’étais pas gentil ? J’ai bien envie de dire que ce n’était pas nouveau, comme truc. C’est vrai que j’aurais pu me montrer un peu plus agréable avec elle, surtout qu’elle semblait tout sauf à l’aise avec moi, mais le ton cassant que je prenais, il était presque naturel. Il l’était, en réalité, c’est juste que j’essayais de le cacher, parfois. Et puis quand je m’attachais vraiment à quelqu’un, il disparaissait au fil du temps, même si ça ne valait pas pour tout le monde. Ben, je m’y étais attaché plus que ce que je ne l’avouais. Sauf qu’avec lui, je refusais d’être sympa, il me dégoûtait et j’avais comme un blocage quand je lui parlais. Quelque chose qui faisait que je ne parvenais pas à lui dire quoi que ce soit de gentil. Pourtant, dès qu’il avait des emmerdes, j’étais là hein. C’est juste que j’évitais bien de le lui montrer. Je bus une nouvelle gorgée de bière, avant de la secouer doucement en posant mon regard sur Saphirine, un sourire toujours ironique mais déjà un peu plus sincère aux lèvres. En même temps, je lui lançai :

« Merci pour la bière, au fait. »

En déposant ma bouteille sur la table, encore à moitié pleine – j’aurais pu dire à moitié vide, mais allez, soyons positifs ! – je remarquai un dessin sur cette dernière, que je pris entre mes doigts, le soulevant doucement pour le regarder de plus près. En voyant ce qu’il représentait, je serrai et desserrai la mâchoire, le regard noir fixé sur le visage de la personne. Alors comme ça, elle connaissait mon frère. Fallait avouer que le dessin était merveilleusement bien réussi, vu que je l’avais tout de suite reconnu et il ne m’avait fallu que deux secondes pour m’énerver, c’était encore moins que d’habitude. Je repris ma bière en main et, tout en buvant une nouvelle gorgée, je partis m’asseoir près de la jeune femme, par terre, serrant la bouteille de toutes mes forces pour éviter d’avoir à frapper quoi que ce soit. Je n’aurais jamais, au grand jamais frappé Saphirine, hein, que les choses soient claires. Mais un mur, oui, pourquoi pas. Au moins, le verre de la bouteille de bière n’exploserait pas, c’était pas mal comme défouloir. Je tendis le dessin à la jeune fille et, d’une voix énervée – énervement que j’essayais pourtant de contenir – je lui demandai :

« Tu le connais ? » Je serrai une nouvelle fois la mâchoire et, lorsqu’elle me répondit que non, elle ne le connaissait pas – désolée pour le power gaming, c’était pour faire avancer le truc – je lui lançai : « J’te présente Benjamin Giron, mon frère. Insupportable, celui-là. Enfin, à mes yeux, en tout cas. »

Je finis ma bière d’une traite, puis claquai la bouteille sur le sol, avant de prendre un des deux chats sur mes genoux, souriant doucement. Ils étaient le seul moyen de me calmer un tant soit peu, alors fallait pas que je m’en prive, surtout. Sauf si Saph’ me mettait dehors parce qu’elle ne supportait pas qu’on touche à ses animaux, bien évidemment. Mais là, j’irais juste gueuler un bon coup sur tout le monde dans les écuries et je passerais à autre chose, y’avait pas non plus de quoi en faire tout un plat. Voilà. Entre l’ironie, l’énervement et le ton désagréable que j’aimais tant prendre, la jeune fille en voyait de toutes les couleurs avec moi ! Mais au final, ça m’amusait plutôt bien, tout ça. Ca me faisait presque rire.  





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MessageSujet: Re: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Mer 26 Fév - 7:31

© made by Islande



C'est la mère Michelle qui a perdu son chat !

Esteban et Saph' →La timidité est une contracture de l'esprit.



Réponse postée à la place de titou :
 


En ouvrant la.porte, autant dire que Saph' ne s'était pas attendue à voir un espèce d'escogriffe sur le seuil de son studio. Encore moins avec Ambre dans les mains. À peine affectée par son escapade de plusieurs jours, la chatte n'attendit pas d'être posée et sauta de ses bras pour filer à l'intérieur de l'appartement. Sympa le soutien, la jeune fille se retrouva donc seule en tête à tête avec lui. Elle tenta tant bien que mal de commencer une discussion, avant de lui proposer d'entrer. Il accepta. Elle se rendit compte de son erreur en prenant conscience du capharnaüm qui régnait chez elle à cause de ce à quoi elle s'intéressait. Rien n'était rangé, c'était tout juste s'il restait un peu d'espace où poser les pieds. Mais elle n'avait pas spécialement eu la tête à mettre de l'ordre. Aucune photo ne représentait la même chose, les dessins se dépareillaient de par leur avancée et leurs couleurs, sans classement logiques sur ses murs. Elle arrivait à s'y retrouver, mais un étranger pouvait facilement s'y perdre. Le piano faisait un peu décalé quand on le voyait au milieu de tous ses papiers. Limite on aurait pu croire qu'il avait été livré chez la mauvaise personne, jusqu'à ce qu'on voie les partitions étalées et qu'il était ouvert. Et encore, ici on ne voyait pas ses instruments de (torture) gym, là il aurait tout de suite pu être fixé et sortir à reculons en se disant "Je suis chez une folle, sortons vite avant d'être condamné".

Lorsqu'elle lui avait proposé quelque chose à boire, elle ne s'était pas imaginée qu'il allait lui demander une bière. Pas qu'elle soit contre l'alcool, mais... Elle n'en buvait pas non plus ! Alors demander une bière chez elle, c'était demander de l'eau douce au milieu de la mer morte sur un radeau... Heureusement, la chance décida d'être de son côté pour une fois et lui permit d'en trouver deux bouteilles dans un de ses placards. Elle en décapsula une pour la lui donner et le trouva en train de caresser ses chats. Il s'était présenté, aussi elle se dit que ce serait bien si elle lui disait son nom elle aussi. Le commentaire qui suivit fut à la hauteur. Ses parents avaient choisi le premier nom qui était venu lorsqu'elle était née. On ne lui avait encore jamais fait, celui-là. Des à cause de tes yeux, ouah y'avait pas plus simple, après Violette et Rose voilà Saphirine, il y en avait eu des originaux, et celui-là ne battait pas de records. La presque encore adolescente se ferma plus à case du ton d'Esteban qu'à cause de la remarque. Elle n'en montra rien et se demanda si elle devait partir dans son sens ou le rectifier. Finalement, elle choisit la seconde option.

"Non, c'était juste des originaux qui ne faisaient pas comme tout le monde. Mes autres prénoms ne sont pas plus normaux... Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"

Elle avait été tout à fait sérieuse en disant ça. Non mais, après bientôt vingt ans à avoir entendu des remarques pire que celle-ci, elle était habituée, et elle allait pas se plaindre à cause d'une autre. Au moins, elle allait pouvoir l'ajouter à sa collection de remarques plus ou moins désobligeantes. Ce qu'elle avait pu donner à Esteban semblait lui convenir, puisque la bouteille était déjà bien entamée et qu'en prime il la remercia. Par contre, en reposant la bouteille, il prit un dessin dans la foulée, abandonné tout proche. Lui qui n'avait de prime d'abord pas l'air chaleureux, il se contracta et s'assombrit tellement qu'on aurait presque pu voir une aura noire autour de lui. Elle rougit au départ parce qu'elle n'aimait pas qu'on regarde les dessins à peine esquissés qu'elle faisait, avant de se raidir à cause de l'humeur du jeune qui s'était manifestement détériorée. Quoi, il était prof de dessin et avait repéré tellement de défauts sur le croquis que ça le mettait en rogne ? Il se rapprocha d'elle - merde, allait-elle passer un mauvais quart d'heure ? - et Saph' vit très nettement qu'il serrait sa bouteille tellement fort que ses jointures devenaient blanches. Elle se demanda si elle devait s'écarter pour sa sécurité ou ne pas bouger. Elle devint aussi figée qu'un bout de bois en attendant qu'il souligne tout ce qui n'allait pas et sans quitter la bouteille des yeux, des fois qu'il déciderait de s'en servir. Elle ne pouvait pas savoir qu'il n'aurait pas de geste agressif envers elle. D'ailleurs, qui lui disait qu'il n'était pas dangereux ? Et elle l'avait fait entrer dans son salon ! Ses parents lui avaient toujours dit de ne pas parler à un inconnu ni d'accepter d'aller chez lui quand elle était petite, mais elle avait fait pire en l'invitant à entrer ! Elle commençait à se créer des scénarios où elle finissait découpées en petits morceaux, lorsqu'il reprit la parole. Et toute sa paranoïa passagère s'éteignit dans un grand pouf. Il voulait savoir si elle connaissait le "modèle". Elle lui fit signe que non, sans lui expliquer qu'elle ne le connaissait pas parce qu'elle l'avait dessiné à distance et sans qu'il s'en rende compte. Non, non, c'était pas bien de faire ça dans le dos des gens, et encore moins lorsqu'ils le découvraient. Elle en avait fait l'amère expérience en laissant tomber son carnet à dessin après avoir été prise en flag. Non que le gars l'ait mal pris, mais elle en avait honte. Encore plus lorsqu'elle croisait le portrait qu'elle avait mis sur un mur. Oui, très sérieusement, elle l'avait affiché dans son studio. En gros, si le concerné se pointait pour une raison X ou Y, elle était doublement grillée. Mais elle prenait le risque...

Apparemment, ils étaient frères. Le modèle du dessin pointé par Esteban et Esteban lui-même. Celui représenté s'appelait Benjamin et... Il était insupportable aux yeux de celui qui était en face d'elle. C'était peut-être pour ça que le dessin le mettait dans une humeur pareille. Ils devaient vraiment être en froid... Elle se garda bien de lui dire l, mais maintenant qu'elle savait qu'ils étaient frères, elle leur trouvait un air de famille. Il finit sa boisson cul-sec - ça devait vraiment le mettre sur les nerfs - avant de poser la feuille et prendre le chat sur lequel il avait déjà jeté son dévolu auparavant. L'autre, jalouse, demandait aussi sa part d'attention, parce que ces derniers jours il n'y en avait eu que pour Ambre alors évidemment, elle réclamait sa part ses caresses. Elle repéra un mouvement un peu derrière eux. Son troisième félin qui était resté planqué depuis le.début laissait sa curiosité prendre le dessus, sentant qu'il n'y avait pas de tension pouvant dégénérer. Toutefois, il restait encore à distance sans être vu de l'intrus. Esteban souriait, maintenant. Comment arrivait-il à passer d'une humeur avec l'expression qui allait avec à une autre opposée ? Elle le regardait à la dérobée, sans savoir s'il se rendait compte qu'elle l'observait puisqu'il ne réagissait pas, afin de le.voir changer d'expression. Parce que quelqu'un qui passait d'une expression à l'autre, c'était pas tous les jours qu'elle en voyait. Pas qu'elle le considérait comme une bête curieuse à étudier hein ! Mais en fait, il l'intriguait par ses changements brusques d'humeur qui ne prévenaient pas. S'il était aussi comme ça avec son frère, ça devait parfois faire des étincelles s'ils se ressemblaient de caractère.

Elle avait envie de lui demander quelque chose à propos de l'esquisse, mais s'il le prenait mal, elle ne serait pas plus avancée. En fait, elle voulait savoir s'il était énervé parce qu'elle avait dessiné son frère ou parce qu'il était jaloux de le voir croqué et de ne pas l'être lui-même. Ça faisait vraiment bête comme question, et elle finit par décider de lui poser plus tard. Un commentaire sortit tout seul, cependant, et même formulé tout bas, dans le silence de l'appartement il s'entendit aussi fort que si elle avait crié.

"Quand même, j'ai pas une tête à m'appeler Michèle... Ni lui à s'appeler Lustucru !"

Quand elle se rendit compte qu'il l'avait très certainement entendue, elle devint tellement rouge qu'elle devait ressembler à un gyrophare d'ambulance. Elle préféra laisser son chat et se réfugier devant son piano. Là, elle tournait le dos à Esteban et il.ne pouvait pas ou plus voir la couleur de betterave qu'elle avait pris. Elle ne savait même pas quoi jouer pour se donner une contenance. Et d'abord, est-ce que ça se faisait quand on avait quelqu'un chez soi ? Elle finit par se décider à jouer la partie partie d'Underwater. Vu qu'elle était populaire en ce moment, il allait forcément reconnaître et peut-être se dire qu'elle ne jouait pas dans l'originalité, mais tant pis, elle pouvait s'occuper la tête et les mains de cette manière.


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MessageSujet: Re: « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph   Mer 26 Fév - 15:56


Esteban & Saphirine  

« C'est la mère Michelle qui a perdu son chat... »

Saphirine… Saphirine ? Vous êtes sérieux ? C’était quoi ce nom à la mord-moi le nœud ? On aurait dit que ses parents voulaient simplement la faire chier en lui donnant le nom le plus compliqué à prononcer au monde pour un enfant. C’était triste, mine de rien. Mais bon, elle s’y était sûrement habituée, ou en tout cas je l’espérais pour elle, parce que sinon elle avait vraiment de quoi se plaindre. C’est vrai qu’Esteban n’était pas le nom le plus commun non plus, mais j’en connaissais d’autres, des gens qui portaient ce nom. Alors qu’une Saphirine, non, je n’en connaissais qu’une. Enfin, connaître, c’était un grand mot. Disons que je connaissais son prénom, c’était déjà ça, non ? Surtout en sachant à quel point j’étais pas sociable du tout. Bref, on reprend ! Elle me répondit que ses autres prénoms n’étaient pas plus simples et que ses parents avaient préféré lui donner des noms originaux. Je ris ironiquement en secouant la tête et pris une gorgée de ma bière. Moi, mon deuxième prénom c’était Raphaël et j’en étais bien content. Ce n’était ni facile, ni compliqué, alors c’était bien. Bref, rappelez-moi pourquoi on parle de prénoms ? Je me contentais de rester silencieux pour éviter de la critiquer une nouvelle fois, puisque j’étais d’humeur à le faire, tout à coup. J’en avais vraiment envie, voyez-vous, parce que j’aimais bien emmerder les gens et c’était pas nouveau. Mais pourtant, je me tus, parce qu’elle m’avait quand même invité chez elle et je ne pouvais pas trop l’ennuyer, à moins de me faire passer pour l’enfoiré de première que j’étais capable d’être quand je voulais. Oui, mais non, pas aujourd’hui. Sauf que sur la table à côté de moi, j’aperçus un dessin, étrangement bien fait. Il représentait mon frère, et l’idée qu’il ait posé pour elle m’agaçait au plus haut point. Beaucoup de filles le trouvaient canon, mon petit frère, mais quand même, fallait pas abuser. Ce n’étaient pas mes affaires, mais je ne pouvais pas m’empêcher de serrer ma bouteille de bière de toutes mes forces pour éviter d’avoir à défoncer un mur ou une porte. Ca ne se faisait pas dans l’appartement d’une autre personne, s’il vous plaît ! Je m’approchai de la jeune fille, le dessin en main, et je la vis se raidir complètement, comme si elle me craignait. Je l’avais bien vu, et pourtant, je n’en dis rien, préférant lui demander si elle connaissait la personne du dessin. Elle secoua la tête et je fronçai les sourcils, me demandant comment ça se faisait qu’elle l’avait dessiné, dans ce cas. Le charme naturel du frère Giron, sans doute. Je lui expliquai donc de qui il s’agissait et j’ajoutai encore qu’à mes yeux, il était vraiment insupportable. Information inutile, j’en conviens. Mais ça devait sortir. Je bus cul sec ma bière et la claquai au sol, tentant de me reprendre un tant soit peu.

« Je sais pas comment ça se fait que tu l’aies dessiné alors, vu que tu le connais pas. » Finalement, je pris un des deux chats sur mes genoux, remarquai l’autre derrière nous mais n’y fis pas plus attention, vu qu’il ne semblait pas décidé à venir nous voir. Je restai silencieux pendant une petite minute, avant de poser mon regard sur Saphirine, continuant à caresser la dénommée Ambre. « Tu le trouves beau ? » lui demandais-je finalement, sur un ton étonnamment calme. « Mon frère, je veux dire. » j’eus un demi sourire, reportant mon regard sur le chat sur mes genoux. Quoi, pourquoi vous me regardez comme ça ? J’allais pas l’étriper si elle me disait qu’il était canon, hein ! D’ailleurs, j’ajoutai rapidement, pour le lui faire comprendre : « Tu peux me dire ce que tu penses vraiment, hein. Je vais pas te juger pour ça. »

De toute façon, Ben avait été adopté, alors quoi qu’elle me dise, ça ne m’atteignait pas. Certains nous trouvaient un petit air de famille, jusqu’au moment où je leur disais qu’en fait, il n’était pas vraiment mon frère, ou en tout cas pas de la façon dont ils le pensaient. A ce moment-là, ils tombaient de haut et ça me faisait rire intérieurement. Je n’en montrais rien hein, fallait pas trop rêver. Mais voilà, c’était assez drôle, tout ça. Finalement, un silence se fit tandis qu’on s’occupait tous les deux des chats – c’était bien la première fois que je m’attardais autant sur une personne, c’était étrange – et c’est Saph’ qui le rompit en lâchant une petite remarque, à peine audible, mais qui me fit hausser un sourcil et qui m’arracha un sourire moqueur, surtout en voyant à quel point elle devenait toute rouge. Je me tus pourtant, ne sachant pas trop quoi répondre, sur le coup. Je la vis se lever et s’enfuir derrière son piano, pour finalement commencer à jouer une chanson qui me disait quelque chose. Je ne mis que très peu de temps avant de trouver le titre, ainsi que l’interprète. Je lâchai le chat et me levai, partant déposer ma bouteille de bière dans la cuisine, tout en lui lançant :

« Si tu tiens vraiment à m'entendre chanter du Mika, t’attendras encore un peu ! »

Je revins dans le salon et m’adossai au mur, le regard rivé sur la pianiste. J’aimais cet instrument. Et je jouais assez bien, qui plus est. Je jouais que très rarement, et seulement quand j’étais chez moi, à Manosque. Parce que je refusais que les gens voient ce côté de ma personnalité, c’en était presque ridicule, non ? Un emmerdeur qui joue du piano. Ouais, c’était une image un peu étrange, mais pourtant vraie. Je l’écoutais donc jouer, silencieux, le visage calme et apaisé. C’était un magnifique son, et elle était vraiment douée. Pourtant, je ne lui en dis rien, préférant garder mes idées pour moi. A la place, je m’approchai d’elle après un petit moment et je l’incitai à se décaler un peu, pour que je puisse me mettre à côté d’elle sur le tabouret. Un tabouret de piano, c'est assez petit et j’étais donc assis à moitié dessus seulement, et puis quasiment collé contre elle, aussi. Mais je m’en fichais pas mal, à vrai dire.

« Je peux ? » lui lançais-je en chuchotant, pour ne pas l’interrompre trop brusquement.

Ben oui, quand même, elle pourrait mal le prendre. Et même si je me fichais bien de ce que pensaient les gens de moi en général, là, je n’avais pas envie de tout foutre en l’air. Doucement, je posai mes mains sur les touches et entamai le morceau que je connaissais le mieux, qui était aussi celui que j’aimais le plus. Pirates des Caraïbes. He’s a pirate. C’était une musique dynamique et rapide, qui nous mettait directement dans l’ambiance du film. C’était assez dur à jouer, mais je m’étais tellement entraîné que même des mois après, j’y arrivais toujours sans problèmes, sans mettre une note à côté. Il dura trois bonnes minutes et je terminai sur des notes à peine audibles, et, plutôt fier de ma prestation, je retirai mes mains du clavier, les posant sur mes cuisses, tout simplement. Je souris légèrement, content d’avoir retrouvé cette agréable sensation que me procurait le fait de jouer du piano, puis je tournai la tête vers Saph’, et je me trouvais assez près d’elle, du coup. Ce qui me donnait l’occasion de la draguer si je voulais. En temps normal, je ne m’en serais pas privé. Mais là, c’était vraiment différent, sans que je ne sache réellement dire pourquoi. Pour le coup, je lui dis sur un ton étrangement gentil, toujours ce sourire apaisé aux lèvres :

« Ca faisait longtemps que j’avais plus joué, c’est plutôt cool de m'y remettre. » Je tournai à nouveau la tête, histoire d’être face au piano, et jouai quelques accords, histoire de me donner une contenance. Sur un ton à première vue indifférent, mais qui ne l’était pas tellement, dans le fond, je finis : « Alors, t’en penses quoi ? » Je souris, tout en enfonçant quelques touches d’un geste doux. Vous m’expliquez ce qui m’arrivait ? Parce que moi je sais plus !  
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« C’est la mère Michelle qui a perdu son chat… » Esteban & Saph

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