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 « Life is a joke, but love is a game » † Gaël C.-L. Fournier

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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: « Life is a joke, but love is a game » † Gaël C.-L. Fournier   Ven 11 Oct - 20:04






Gaël Cristobald

Ludovic Fournier




→ Alors il est maintenant question de caractère. Gaël a, pour faire simple, un caractère très entier et d'un naturel agréable. C'est un garçon gentil et patient, sociable et facile d'accès, sans être une pipelette mais sans être avare de paroles. Outre cela, il est patient et très réfléchi. Il peut faire le vide et froid dans sa tête en cas de décision importante à prendre, par exemple et au contraire être tout ce qu'il y a de plus capable de s'amuser lorsque la situation n'a pas besoin d'un trop grand sérieux. Il a le sens de l'humour mais est aussi intelligent et capable d'analyser rapidement les situations en tous genre. Bon, d'accord, son analyse n'est pas forcément la plus juste qui soit, mais au moins il ne reste pas passif. A côté de ça c'est un type qui sort bien volontiers le soir, qui est prêt à filer un coup de main à un inconnu qui aurait besoin d'aide. Un caractère de crème avec sa franchise et sa loyauté une fois qu'il est attaché à quelqu'un. Il a un côté protecteur assez prononcé, sans être envahissant.

Mais il a la rancune facile. La personne qui osera lui faire des crasses risque de s'en mordre les doigts. Il a l'air gentil et doux aux premières abords,n et ce n'est pas faux. Mais s'il y a bien une chose qu'il déteste, c'est qu'on se fiche de lui, d'une manière ou d'une autre. Il a beau être patient et réfléchi, ce genre d'attitude le fait vite sortir de ses gonds. Vous ne l'entendrez jamais hausser le ton, normalement. Vous entendrez juste sa voix glaciale et son avertissement sans appel. Je saurais vous conseiller de ne pas vous foutre de cet avertissement, en retour. Sinon vous finiriez ben encastré dans un mur comme on épingle un papillon dans un cadre. Gaël n'a pas peur de se battre. C'est d'ailleurs ce qui le rend redoutable. On ne s'attend généralement pas à le voir utiliser la force. Mais il a vite compris que son corps athlétique et son mètre quatre-vingt-onze étaient deux atouts majeurs. Il se contente alors d'un ou deux coups de poing bien appliqués et si l'autre bat en retraite, il le laisse faire. Il ne démolira jamais quelqu'un pour le plaisir de démolir. Il a bien entendu d'autres défauts : très sûr de lui, il sait pertinemment qu'il a une belle gueule qui fait tomber les filles. Sans être du genre une fille par nuit, il s'en sert néanmoins lorsque l'envie lui prend. Il est aussi un peu jaloux sur les bords. Rien d'étouffant, pas d'horribles crises non plus, mais je tenais à le préciser. Il est aussi un soupçon possessif, mais là aussi rien de bien inquiétant, en théorie.

Pour le reste, il y a des points à éclaircir. Notamment au niveau de ce qu'il aime ou non. Car Gaël a beau être gentil et ouvert au monde, il garde pour lui pas mal de choses. Il est plus du genre à suivre le mouvement qu'à s'imposer, même s'il a un peu de caractère et qu'il ne se laisse pas marcher sur les pieds. Si ses amis ont envie d'un cinéma, même s'il n'en a pas forcément envie il les accompagnera. Par contre s'il n'a absolument pas envie d'y aller, ce sera non, et point final. Sans chercher à les en empêcher ou à leur imposer une soirée à la maison autour d'un verre qu'il aurait pu préférer. Lorsqu'on lui demande ce qu'il voudrait faire, il a généralement de bonnes idées, qu'il propose, et sait essuyer un refus sans que cela ne l'embête. Et lorsqu'il y a désaccord, s'il ne trouve pas de terrain d'entente, son repli favori est de dire que finalement il ne fera rien. Toujours avec l'art et la manière de ne pas vexer les différents partis en présence. Cette diplomatie lui vient de son passé, de ce qu'il a fait dans son précédent travail et de ces ennuis qui lui tombaient sur le dos quand quelqu'un était mécontent de son choix. Avec un sourire et de l'amabilité, ça passe mieux, paraît-il.

→ Pour un mec de vingt-trois ans, vous trouverez peut-être ça bizarre. Mais j'ai ressenti le besoin impérieux de ne pas disparaître sans laisser de trace, je voulais laisser la trace de mon passage. Autrement que dans la légende des grands prix de moto. la trace de mon histoire. De ma jeunesse. Au cas où quelqu'un qui m'aurait croisé aurait voulu mieux me connaître. Drôle d'idée quand la vie et la réussite vous sourient, quand la santé est de votre côté. Mais la vie s'envole sans qu'on l'ait vu venir. Un claquement de doigts plus tard, il ne reste plus personne. Plus rien à quoi se raccrocher? Alors pour laisser ma trace, il fallait bien se mettre à écrire le jour-même, pour ne rien laisser se perdre.

Je suis né au cœur de Toulouse, il y a de cela vingt-trois ans. Je suis issu d'une famille modeste. Ma mère était monitrice d'équitation. Mon père était skipper. On a toujours eu le sport dans le sang, dans la famille. De différente manière. Je ne me rappelle pas de mes premières années, comme n'importe qui, d'ailleurs. Je sais juste, par ma mère, que j'étais un petit garçon turbulent et toujours prêt à faire une bêtises, chose qui ne se calma pas quand Nicolas, mon petit frère, vit le jour, un an et demi après moi. On est vite devenus inséparables et on a fais les quatre cents coups tous les deux.

La passion du sport a démarré tôt, quand, avec Nico', on était fixés sur l'écran de la télé, à sept et cinq ans, lors des courses de moto. C'est vite devenu un rêve. Puis notre mère nous a mis à poney. J'aimais bien, c'était clair, mais pas la grande passion. Notre père nous emmenait sur son bateau. Bref, on savait déjà qu'on finirait dans le sport, tous les deux. C'était écrit. J'hésitais encore entre le tour du monde à la voile et la moto, à cet âge-là. Les gosses, ça déconne, c'est clair. Mais je ne travaillais pas trop à l'école, sûr de finir baigné dans le sport à haut niveau.

J'ai abandonné la voile l'année qui a suivi, à huit ans. Mon père s'était tué en mer. Le bateau avait chaviré, poussé par une baleine, en pleine nuit alors qu'il prenait un peu de repos sur une course en solitaire. D'après ce que j'ai su, à l'époque, il aurait été assommé et se serait donc noyé sans s'en rendre compte. Je préférais entendre ça qu'une longue agonie, qu'une hypothermie, par exemple. Ça a tellement resserré les liens de la famille... Nico' et moi avions l'air de jumeaux. Et même gamins, on essayait d'aider notre mère, qui nous avait juste fait promettre de ne pas partir en mer comme notre père. Promesse tenue. Je n'ai plus jamais posé les pieds sur un habitable. Juste une fois un ferry direction la Corse, par la suite de mon histoire.

Ce genre de trucs jusque mes quatorze ans. C'est à cet âge-là que je me suis mis sur une moto pour de vrai. Et j'ai adhéré. C'était ça, mon avenir, je le sentais. J'embarquais souvent mon petit frère pour de longues virées sur route, avant de commencer le circuit en junior. J'étais super doué pour ça. Et Nicolas aussi, lorsqu'il s'y mit. J'ai lâché le lycée à seize ans pour un CAP en mécanique qui me permettait, à côté, de travailler pour faire mon entrée dans la cour des grands. A dix-huit ans, j'avais tout en poche. C'est d'ailleurs à la même époque que le frangin prit la tangente et s'échappa pour Marseille, continuant les cours et s'entraînant de front. Il serait peut-être bien plus doué que moi. J'ai commencé les circuits à dix-huit ans, pour de vrai. Si au début je me laissais bouffer, je suis rapidement devenu une sorte de pointure dans ce milieu. J'ai fini par gagner des prix mineurs, à me classer sur des prix majeurs. Et puis, un an plus tard, je commençais à être redouté par ceux qui avaient plus d'expérience, parce que je roulais avec la hargne.

Champion, voilà ce que j'étais. Vingt-et-un ans. Nicolas venait d'en avoir vingt. Et grand prix sur Marseille avec une semaine de show exceptionnel. Le seul hic ? Ce n'était pas prévu. Je ne faisais généralement pas ce genre de meetings et de shows. C'était le truc de mon frangin et je le lui laissais bien volontiers. On était de la même écurie, après tout, ce n'était pas nécessaire de se télescoper. Bon, d'accord, pour le classement général on se battait vraiment et on voulait la première place tous les deux - logique - mais sinon c'était Nicolas le plus exposé de nous deux, parce qu'il aimait et que je ne voulais pas lui voler la vedette. Juste que là, il nous fallait du monde. On allait démarrer la saison et il fallait se montrer. Donner le change. Les équipes de maintenance étaient logées et pour le premier circuit de l'année, j'avais embarqué le jeune mécano toulousain qui bossait sur ma moto uniquement. Après tout, il l'avait réglée et mise au top depuis quelques temps et c'était bien normal qu'il soit là pour les dernières vérifications avant de se lancer sur la saison estivale du circuit. Au final, Nicolas et moi avons passé une semaine dans la famille Everdeen, puisque la fille était une amie du bahut pour le frérot, qui avait fait un BTS après le bac et qui venait de finir les cours. avec le diplôme. On y passait peu de temps et on prenait notre pied toute la journée. Démonstration sur circuit, exposition, baptêmes de moto, baptêmes sur circuits aussi, quand même deux petites conférences de presse... Au final, la moto était une bête de course et même sur circuit sans que je la pousse, il n'y avait pas la moitié des coureurs qui passaient devant.

Le prix de Marseille a été signé par un doublet des frères Fournier, a-t-on pu lire dans les journaux. Il faut dire qu'on s'était battus comme de beaux diables, Nico' et moi. Je l'avais emporté d'une très courte avance. Il fallait dire que ma moto était boostée au maximum. Le jeune toulousain qui avait travaillé dessus a fait des miracles. Et pour le reste ; Tiffany était une fille sympa avec laquelle je n'avais pas rompu le contact par la suite.

Et après ce fut le grand ballet international des grands prix. A mesure que la saison avançait on continuait de décrocher les podiums. C'était vraiment bon, comme résultats. J'avais une fois eu un accrochage dans une course et j'avais donc un gadin à mon actif. L'autre dans l'accrochage s'était cassé la clavicule et était donc forfait pour la saison. Pour ma part, juste une petite remise en état du petit bolide et quelques égratignures. Au classement général, j'étais premier. Mon frangin troisième. Il faut dire qu'il s'était pris une vraie gamelle à Rome, qui l'avait mis à pied pour deux courses donc il était descendu dans le classement. Il avait pourtant voulu faire la Corse pour ne pas se retrouver dans les choux au classement final. On aurait tous du chercher à l'en empêcher. Son genou était vraiment dans un très sale état et je savais qu'en prime il avait mal, même s'il ne disait rien. Sérieusement, j'aurais du l'en dissuader. Là, je vais m'en vouloir. Toute ma vie. C'est sûr et certain.

Il faisait une chaleur à mourir avant le tour. Avec les combinaisons, sur l'asphalte brûlante, nous suions sans même avoir commencé la course. Mais tout ça, c'était oublié. A deux tours de l'arrivée, rien d'autre ne compte que d'accélérer. Accélérer encore. Défier les lois de la vitesse. Ruser. Et gagner. L'adrénaline pulsait dans mes veines. Dans ma tête, je restais assez froid pour voir avec précision tout ce qui se passait autour de moi. Une telle précision n'était acquise qu'avec l'expérience. J'entendais des informations dans l'oreillette que je portais. J'avais peu d'avance. Nicolas me talonnait de près avec un australien d'une autre écurie. J'avais décidé une manœuvre un peu folle, pour déstabiliser l'autre. Perdre du rythme. Juste assez pour permettre à mon frère de monter à mon niveau. Et après qu'on mette les gaz à deux. On n'avait pas besoin de se concerter pour savoir que ça marcherait. Tant qu'à faire, autant laisser passer l'autre devant. Chose dite chose faite.

Et alors que tout fonctionnait comme sur des roulettes... L'accident, devant nous. La moto australienne dérapa incompréhensiblement et se coucha. A la vitesse à laquelle on allait, avec la distance qui nous séparait, impossible de l'éviter, plantée au centre de la route. Alors j'ai fais un écart qui m'a valu une chute dans l'herbe. Le réflexe fut de regarder ce qui se passait. J'ai vu Nicolas tomber sur la voie. Sa moto se briser contre celle de l'autre qui, lui, avait miraculeusement pu rouler dans l'herbe toute proche. Et une autre moto, qui arrivait derrière, taper mon frère. J'entends encore aussi nettement le choc sourd et les craquements osseux. Dans mon oreille, tout s'affolait. Mouvement de panique dans la foule. Arrêt de la course. Évacuation de la piste. Dans ma tête, c'était le vide. Aucune douleur sourde. Aucune réaction quelconque. J'avais redressé ma moto griffée. J'étais remonté dessus. Et j'avais roulé. J'avais profité de l'ouverture d'une entrée pour permettre aux secours d'entrer pour sortir à toute allure.

Et j'ai roulé. Longtemps. Sans m'arrêter. A folle allure. Incapable de réfléchir. Ce n'est qu'après de longues heures d'errance – je suis bien incapable de vous dire où je suis allé, puisque j'étais dans un état second – que je suis retourné où l'on logeait. J'ai évité tout le monde en bousculant quiconque se mettait en travers de mon chemin. J'ai regagné la chambre que je partageais avec mon frère. Et là... Là, j'ai réalisé. Je me suis effondré sur le lit. Sans même prendre la peine d'enlever ma combinaison. Je n'avais plus de forces. Pas même pour pleurer. J'ai passé la nuit comme ça, les yeux fixés sur le plafond. J'avais refusé d'ouvrir à qui était venu toquer dans la nuit, pour s'assurer que ça allait. C'est au matin, encore tôt, que j'ai enfin eu la force de me lever. J'ai allumé la télé. C'était les infos. Et la scène est repassée devant mes yeux. Là, j'ai pris conscience de ce qui s'était passé. Pleinement. Comme une grande claque en pleine tronche. Ai-je besoin de dire que c'est à cet instant précis que j'ai compris que la vie ne tenait qu'à un fil ? Premières larmes d'une longue série.

J'ai pris conscience de ce qui s'est passé la veille. De mes muscles douloureux de ma propre chute. De ma combinaison poisseuse et déchirée. De la fatigue. Et par dessus tout du chagrin. Après un nouveau long moment d'inactivité, j'ai repris les choses dans l'ordre. J'ai pris une longue douche, pour effacer toutes les traces du dernier jour et constater les dégâts. Pour le plus gros, c'était de longues éraflures sur mes côtes griffées. Une méchante contusion violacée au niveau du foie. Une mauvaise mine. Après cette étude physiologique, je m'étais habillé. Jean sombre, chemise noire. Sans y réfléchir. Puis j'étais sorti. J'avais rejoins l'équipe. Je me souviens de chaque détail. Tout le monde qui se lève à l'unisson. Les condoléances qui pleuvaient. Les encouragements. Puis les questions. Comment je me sentais. S'ils pouvaient faire quelque chose pour moi. S'il y avait quelqu'un d'autre que ma mère à prévenir. J'avais du mal à réaliser. Il fallait me laisser du temps. Et dans un rire glacial, que toute la France au moins était au courant. J'avais boycotté le déjeuner. Rien avalé depuis plus de vingt-quatre heures.

Et j'étais sorti. Sans un autre mot. J'avais juste été voir les dégâts sur ma moto. De la carrosserie, seulement. Puis j'avais consulté les messages sur mon portable, en fixant la mer. Ma mère, qui avait ressenti le besoin de me parler, qui ne comprenait pas mon départ alors que mon frère était mort, qui avait besoin de nouvelles, qui s'inquiétait pour moi, qui m'aimait. Mais aussi Tiffany, atterrée, sincèrement désolée pour moi, en peine comme j'aurais difficilement pu l'imaginer. Qui me disait qu'elle était là, si je désirais parler. A toute heure, du jour ou de la nuit. Alors... J'avais rappelé. Au moment-même où j'avais entendu la fin de son message. J'ai, je crois, passé deux heures avec elle au téléphone. J'avais ressenti le besoin de parler. De vider mon sac. J'avais pu me lâcher, arrêter cette mascarade du gars fort. Parce que je me sentais brisé de l'intérieur. Mon frère, que je connaissais à la perfection, qui me connaissait par cœur, avait eu un accident de moto, sur le circuit. Il y avait laissé la vie. Je n'avais rien pu faire. Je ne l'avais pas empêché de prendre le départ. Et je m'en voulais.

Après avoir raccroché, je suis retourné auprès de l'équipe. Ils m'annonçaient que le classement n'avait pas bougé et que Nicolas serait récompensé à titre posthume. Qu'on organisait, dans le métier, une minute de silence pour lui, à la remise des prix. Mais moi, j'avais pris une décision qui allait marquer ma vie à jamais. Je leur ai répondu de prendre la coupe et les fleurs et de sabrer le champagne à ma santé. Mais que ce serait la dernière fois. Que j'allais raccrocher. Ne plus jamais remonter sur un circuit. Embarquer ma moto. La remettre en état. Et arrêter, tout simplement. Je n'irais pas à la remise des prix. Ce serait comme me réjouir de la mort de mon frère. Il aurait du gagner. Il était plus talentueux que moi – chose que tout le monde lui reconnaissait. J'avais juste eu plus de chance et la meilleure des deux motos. Alors, non, je ne méritais pas de gagner. Qu'ils aillent chercher mon prix qui leur était trop précieux. La victoire avait un mauvais goût. Un goût de douleur et une sensation de perte. Cruelle.

J'ai tenu ma parole. Je n'y suis pas allé. Je n'ai pas suivi la cérémonie. Je me suis contenté de m'enfermer dans un mutisme qui ne me ressemblait pas. Ma mère elle même ne savait pas ce qui se passait dans la tête de son dernier fils. Pourtant, je ne la blâmais pas, ne l'accablais d'aucune chose fausse ou encore ne la repoussais pas. Non, je me contentais de déambuler à travers les pièces de la grande maison toulousaine trop vide sans un mot, le regard perdu, hagard. Parfois, je m'arrêtais et contemplais une photo de Nicolas et moi. Et là, je disparaissais sur ma moto, invariablement. Je savais que la hantise de ma mère soit que je me plante avec. Mais j'étais intelligent. Et je tenais à la vie pour deux, maintenant. Alors elle me laissait faire.

Puis ce fut l'enterrement. Cette journée est passée de la plus irréelle des manières, pour moi. Je ne sais plus qui était là. La couleur des fleurs qui ont accompagné mon frère en terre. Les mots de certains. Ma seule certitude reste la présence discrète de Tiffany à mes côtés. Un appui solide. Avec elle, je pouvais parler de mon frère, de ce qu'il aimait ou non. Parce qu'elle le connaissait presque aussi bien que moi. Et ce jour-là, elle avait été là. Avec ses mots d'encouragement, ses paroles habiles pour me sortir de ma peine. Elle réussissait à me faire parler. Mais je savais que, même si elle restait un peu, elle repartirait sur Marseille et mon calvaire recommencerait. Que je me sentirais encore coupable. Qu'il n'y aurait plus personne pour comprendre ce que je ressentais. Car je savais qu'elle ressentait la même douleur que moi. J'avais l'impression qu'elle l'avait aimé. Je peux me tromper, bien sûr. Je ne lui ai jamais demandé. Quelle importance ? Nicolas est mort, de toute façon.

Pendant le mois qui a suivi son accident, je n'ai pas su garder la tête hors de l'eau. Malgré ma mère. Malgré Tiffany. Je suis devenu de plus en plus proche d'elle. Mais finalement, j'ai recommencé à me battre. La vie a retrouvé des couleurs. J'ai recommencé à manger normalement. A parler ? A m'ouvrir aux autres. A bricoler sur les motos. A sortir. Pour me changer les idées, j'avais mille et une choses pour moi. Alors... Alors j'ai surmonté ça. La vie a repris ses droits. J'ai de nouveau une vie normale. Enfin, s'il existe une normalité. Je n'ai pas perdu le contact avec Tiffany. Ma relation avec ma mère s'est resserrée. J'ai fais le tour de France à la voile. Pas la compétition, mais je l'ai fais. Ça m'a occupé quelques mois et ça m'a permis de repartir. Renouer avec mon père, en quelque sorte. Et puis au final, il me manquait quelque chose pour que le retour à la normale soit total. Alors, j'ai déménagé. Quitté Toulouse pour Etretat. En sachant pertinemment que Tiffany y était. Sans lui avouer que j'arrivais. Même si elle savait que je me rapprochais sensiblement de son nouveau chez elle. Retour à zéro. J'ai trouvé une place dans un garage où le mec m'a pris sans diplôme, parce qu'il savait que je m'y connaissais en moto. Et que je voulais apprendre. Que j'apprenais vite. Et je me suis remis à l'équitation. C'est revenu vite. Je suis un peu rouillé. Maintenant que tout est en place, je n'ai plus qu'à m'installer pour de bon. J'ai déjà mon petit meublé. A moi de m'y faire et d'avancer. Parce que maintenant, je profite de la vie pour deux, en quelques sortes. Si j'ai un regret de quitter Toulouse, c'est que ma mère ne me suive pas. Mais elle m'invite à aller de l'avant, elle m'y incite. Elle est bien, chez nous. Elle n'a connu que Toulouse, toute sa vie. Ce qui m'incite à partir, c'est qu'elle aille bien. Parce qu'elle est la seule de ma famille à me rester, aujourd'hui.

Maintenant, à Etretat, tout va être différent. Ma vie redémarre. Et je ne compte pas rater le coche cette fois ci.

→ Mécanicien moto - 23 ans - Né un 15 août - Originaire de Toulouse  - Cavalier depuis qu'il est jeune – Sa mère était monitrice d'équitation, son père skipper - A un petit frère dont il était très proche – A été coureur de moto grand prix au niveau professionnel - A perdu son frère lorsqu'il avait 21 ans sur la piste de course - A arrêté les courses à la suite de cet accident mortel - A fait le tour de France à la voile hors compétition - Est venu rejoindre Tiffany, son seul soutien, à Etretat - A retrouvé Valentin, son mécanicien moto, au garage et ils travaillent à deux.




Ceux que je recherche:



    Question de confiance: Je te dis tout, tu me dis tout, et c'est la confiance, un point c'est tout.
    Mes amis: Je ne mords pas...
    Mes connaissances: Croisés au coin d'une rue ou d'un box, ta tête me dit quelque chose.
    Mes ennemi(e)s: Je ne peux aimer tout le monde, et nous n'étions apparemment pas fait pour nous entendre.
    Fantôme de mon passé: Tu viens d'avant. Positif ou négatif, tu fais parti de ce qui m'a forgé.
    Ma famille: Cousins, cousines, oncles, tantes...
    Autres liens: Divers et variés, proposez!



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Possédée, possédée. Bien accroché à son cœur de gitane.
Dans les veines du sang d'apache, comme si
Bonnie fumait Clyde pour partir avec le cash.
C'est l'escalade, le road trip puis le crash comme
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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « Life is a joke, but love is a game » † Gaël C.-L. Fournier   Ven 11 Oct - 20:05

Girls just wanna have fun ♫


La personne à côté de moi ♦

Tiffany Everdeen ♦


Tiffany est devenue mon indispensable. Elle était une amie de Nicolas avant l'accident et nous nous sommes connus sur Marseille suite à un drôle de concours de circonstances. Entre nous ça a tout de suite plutôt accroché et on n'a pas rompu le contact. On a eu le temps de se lier d'amitié et tout s'est amplifié au décès de Nicolas. Elle était une présence discrète qui savait ma peine et ma douleur alors que j'avais perdu mon cadet dont j'étais si proche. Depuis nous n'avons plus rompu le lien et elle sait quasiment toujours tout. C'est pour me rapprocher d'elle que je suis venu, parce que je pensais qu'un nouveau départ serait plus simple avec quelqu'un que je connaissais.

Souriante première rencontre ♦

Camilla Deleska ♦


C'est un peu par hasard que j'ai rencontré Camilla à mon arrivée ici. J'étais occupé de bosser sur ma moto lorsqu'elle est arrivée et bien qu'elle n'y connaisse rien en grosses cylindrées à deux roues, ce fut un conversation plaisante à ce sujet qui démarra. En tout cas elle est tout ce qu'il y a de plus naturel, agréable et ouverte, m'a-t-il semblé et c'est un trait de caractère que j'apprécie fortement chez elle. Personne agréable, donc, qui, malgré des connaissances très limitées dans ce sujet, s'est intéressé à ma moto. Ce qui me change des filles qui s'intéressent à la moto avant de s'intéresser à moi pour des fins moins avouables, ce qui est plutôt gonflant et n'a pas été le cas dans cette rencontre. Ouf ! [Et un lien qui part en vrilles  ]

Petite chose fragile ♦

Cléia Mazurier ♦


Cléia est typiquement cette petite chose fragile que j'aurais peur de brisée. ce genre de petite femme que je ne côtoie pas. Mais visiblement, entre Val' et elle, il y a un truc. C'est un peu au hasard d'une soirée que j'ai rencontré cette demoiselle. Pour le moment, les choses m'intriguent. Qu'est-ce que Val peut bien voir en elle ? Elle est mignonne mais... Plutôt sauvage !

Petite tigresse ♦

Clarissa Charmant ♦


Clarissa est la copine de Cléia, et donc je l'ai rencontrée en même temps. Et autant vous dire que derrière ses airs extrêmement timides, mademoiselle à des griffes et j'ai failli en faire les frais ! Mal m'en aura pris de dire une stricte vérité ; Val' ne mangera pas Cléia, jamais, ce n'est pas son genre. Cette facette un peu guerrière de la blonde m'intriguerait presque...

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Dernière édition par Ruby C.-M. Delcourt le Mar 17 Mar - 22:55, édité 2 fois
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Alexandre L. Leroy
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MessageSujet: Re: « Life is a joke, but love is a game » † Gaël C.-L. Fournier   Ven 11 Oct - 20:05

Boys, boys boys ! ♫


MON mécano ♦

Valentin Pâques ♦


Pour faire simple ? Valentin était le jeune mécano qui travaillait sur la Mistral à l'époque où je courais encore. C'est vraiment un génie pour ça, parce qu'il ne travaillait que sur la Mistral, qui avait la même base que toutes les motos de mon équipe, et il a réussi à faire de la mienne une bête de course qui me faisait facilement gagner deux secondes sur une piste. Du coup, on s'est souvent côtoyé et un lien d'amitié nous unit. Je ne vous dis même pas ma surprise quand je l'ai retrouvé ici et que j'ai compris que j'étais désormais son collègue ! Ça promet de parler moto et courses, tout ça !

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MessageSujet: Re: « Life is a joke, but love is a game » † Gaël C.-L. Fournier   Mar 17 Mar - 22:57

A jours ♫ Réclam' et oublis par ici ♫

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Embrasé, désarmé, je me suis constitué prisonnier.
Elle veut de la vie en grosses coupures,
Enfant de luxure tout ce qu'elle touche brûle.
Possédée, possédée. Bien accroché à son cœur de gitane.
Dans les veines du sang d'apache, comme si
Bonnie fumait Clyde pour partir avec le cash.
C'est l'escalade, le road trip puis le crash comme
Une marquise de Sade qui fait dans le White Trash.
White Trash


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« Life is a joke, but love is a game » † Gaël C.-L. Fournier

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